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Raphaël Zacharie de Izarra

Oisif mélancolique, oiseau unique, ange joliment plumé, ainsi se présente l'auteur de ces lignes (une sorte de Peter Pan cruel et joyeux, mais parfois aussi un rat taciturne). Au-delà de cette façade mondaine, loin de certaines noirceurs facétieuses j'ai gardé en moi une part de très grande pureté. Dans mon coeur, un diamant indestructible d'un éclat indescriptible. Cet éclat transcendant, vous en aurez un aperçu à travers mes modestes oeuvres. Est-ce une grâce de me lire, pensez-vous ? Osons le croire.

- TEXTE DE PRESENTATION -

Je vous salue tous chaleureusement. Je vais me présenter à vous en quelques lignes avec l'espoir de ne point trop vous déplaire...

Je suis né dans l'ouest de la France et j'habite le Mans à l'ombre des augustes remparts gallo-romains de la vieille ville, au bord de la Sarthe qui coule avec une nonchalance toute provinciale. Sachez que je ne goûte guère aux mets superficiels en général. Les touristes de la culture me paraissent trop légers, et les creux lurons m'ennuient. Mais je vais tendre l'oreille ici, avec plein d'humilité, de tolérance et de patience à vos aimables chansons.

Je ne prétends pas être plus sage ni plus parfait qu'un autre. Je tente simplement l'expérience de la communication avec vous. J'avoue être curieux de connaître les fruits futurs de ces échanges.

Je respecte le savoir, loue la culture, vénère les enseignements. Il est important à mes yeux d'édifier, de construire, d'enrichir son esprit autant que son coeur. Gageons que je trouverai en ce lieu de rencontres matière à réflexion. Je souhaite des échanges vraiment féconds avec vous tous.

Sachez qu'en général je me meurs d'ennui. Je suis un oisif, une espèce d'aristocrate désoeuvré en quête d'aventures, d'amours, de futiles occupations. Je tue les heures de mon existence trop facile à coup de mots bien placés, d'idées et d'émois d'un autre monde.

Apprenez également que mon nom est basque. Il est tiré de la petite cité nommée "Izarra", au pays basque espagnol. Toutefois je n'ai jamais mis les pieds en ces terres barbares. Je viens d'ailleurs en vérité. Je suis né sous les lueurs de la nuit.

Mes pères, les Anciens, viennent du ciel. Ils descendent des étoiles. Mon nom "Izarra" signifie "Etoile", en souvenir précisément de l'une de ces lumières qui brillent aux nues et d'où est issu mon sang. J'ai l'allure fière, le coeur haut, et mes pensées sont fermes. Ma poitrine porte les marques vives de ma gloire : des cicatrices imaginaires héritées au cours de duels (j'ai dû voler lors de quelques songes au secours de femmes à la vertu offensée...).

Je suis craint et respecté, mais surtout très aimé. Et pas uniquement des femmes. Mes terres sont presque aussi vastes que celles des plus riches propriétaires et seigneurs du pays réunis. C'est là le legs de mes ancêtres, terres conquises au prix d'un bien noble sang... L'étendue de mes richesses n'a pas d'équivalent, en aucune contrée que je connaisse.

L'or et la musique sont les hôtes continuels de mon château où l'on n'y boit nulle part ailleurs meilleurs vins. La fête, l'art et la danse forment l'ordinaire de mes jours insouciants. Avant tout, je suis un oisif je le répète. Les femmes convoitent mes dignes étreintes, non seulement les plus élégantes et les mieux tournées du pays, mais encore les filles des grands seigneurs des provinces reculées, et même les très lointaines princesses de l'Orient. A croire que ma renommée ne connaît point de bornes.

Mon coeur a cependant déjà choisi. Je n'ai pas ignoré les intrigues de l'amour, très souvent déjouées par les jaloux, les rivaux, les éconduits. Combien d'épées tirées pour l'amour d'une femme ? Ou pour défendre son honneur ? L'amour idéal commence par un coup d'épée, une cicatrice, du sang.

Je suis le plus bel oiseau de ces lieux, l'unique albatros de cet espace de libre expression. Ma plume admirable et mon aile majestueuse confèrent à ma personne autorité, dignité et infinie élégance. Mes détracteurs sont des corbeaux jaloux de mon éclat. Et les gracieuses colombes planant dans mon sillage, mes disciples.

Je détiens quelque chère vérité, certain secret des arts, possède la science de l'amour. Pétri de noblesse, je me prétends défenseur des belles causes, de ma particule et des femmes laides, mais surtout des jolies filles, et ma plume est prolongée par le fer vengeur et justicier d'une infaillible épée. Ces deux flammes vives sont inséparables chez moi : plume et épée forment mon double panache.

Je suis l'ennemi de la populace, l'ennemi du vulgaire, l'ennemi de la bassesse. Cependant je protège et défends indifféremment les faibles, les veuves, les orphelins, les beaux sangs comme les têtes communes, les nantis comme les déshérités, les poètes comme les bourgeois, les joliment chaussés comme les va-nu-pieds.

Je vole également au secours de ceux qui forment la vaste roture de ce monde. Une fois extraits de leur fange, je tente de les élever jusqu'à ma hauteur. Et s'ils s'ingénient à demeurer dans leur aveuglement, je me permets d'exercer contre eux l'acier de mon art. Pour certains, ce sera celui de ma plume, pour d'autres, celui de mon glaive.

Je suis un authentique chevalier, un prince dans l'esprit, un guerrier des belles causes, un albatros, un ange tout de plume et d'épée.

Nul ne saurait accéder à ce degré de gloire où à la force de l'âme je suis parvenu. En qualité, noblesse et coeur qui peut se targuer de me valoir ? Comme l'astre roi, je suis unique.

Inégalable.

Dans l'existence ma plus chère occupation consiste à pratiquer l'oisiveté aristocratique. Je suis un rentier, un désoeuvré. Quelques paysans besognent sur mes terres héritées. Je gère ces affaires de loin, avec détachement, voire négligence. J'occupe mes jours libres à observer mes humbles semblables défavorisés par le sort pour mieux porter sur eux mon regard hautement critique.

J'évite tout commerce, de près ou de loin, avec la gent grossière. Toutefois je daigne me frotter au peuple, de temps à autre. Et puis je lui trouve quelque attrait, par-dessous sa face vile et épaisse. Je le taquine avec charité et lui porte attention avec condescendance. Je lui parle également, choisissant bien mes mots, mon vocabulaire, de crainte de le blesser ou de ne pas parvenir à me faire comprendre de lui. Il convient d'être prudent avec le peuple : ses réactions peuvent être vives, crues, irréfléchies. Il faut un minimum de psychologie afin de bien le dompter. Bref, mes rapports avec la masse sont enrichissants et amusants. La populace m'offre le spectacle gratuit et plaisant de ce que je ne saurais être, moi.

Je suis un chevalier, un prince, un roi. Soyez disposé à l'entendre ainsi. Et qu'il en soit de mes rêves comme il en est de vos plus chers désirs d'internautes.

Me voici présenté à vous en toute simplicité.

Raphaël Zacharie de Izarra

NDLR : Voir également cette interview faite par le Journal culturel Le Mague ainsi que quelques articles publiés sur cette revue.
 

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Derniers commentaires

  • Par Raphaël Zacharie de Izarra (---.---.---.222) 30 décembre 2012 20:34
    Raphaël Zacharie de Izarra

    Foufouille,

    En effet, en tant qu’esprit sain et positif je préfère voir des gens heureux, épanouis, fortunés plutôt que drd êtres tristes, perdants, malades et malheureux...

    Peut-être vous repaissez-vous de la ruine et de la misère de vos semblables, en ce qui vous concerne ?

    Raphaël Zacharie de IZARRA

  • Par Raphaël Zacharie de Izarra (---.---.---.222) 30 décembre 2012 14:28
    Raphaël Zacharie de Izarra
     Considérations misanthropiques sur Noël
    Certains n’aiment pas les rats, les araignées ou les asticots.

    Moi je n’aime pas les chiens (leurs odeur et moeurs me dégoûtent, je ne supporte pas leurs aboiements et crains leurs crocs), les enfants(pas tous mais en général car peu d’entre eux sont des surdoués) et les vieilles gens séniles (les vieux retombant en enfance incarnent la déchéance de la fin de vie).

    En bref je suis allergique à la vue des êtres faibles, sots, handicapés, diminués.

    Je préfère voir les humains en pleine santé, intelligents, cultivés, habiles, talentueux, heureux, épanouis, radieux, glorieux.

    Est-ce donc interdit d’avoir de telles préférences ?

    J’aime voir les enfants heureux... de ne rien recevoir à Noël. Ces IZARRA en modèles réduits sont malheureusement assez rares.

    Je préfère voir des enfants heureux à l’idée de faire ceinture à Noël, donc des enfants intelligents. Si les parents étaient assez pédagogues et courageux envers leur progéniture ils leur expliqueraient que les vrais cadeaux ne sont pas toutes ces sottises matérielles dont on les gave à Noël et même chaque jour de l’année mais l’intelligence, cette richesse de l’esprit. Un enfant assez intelligent pour comprendre qu’il doit être heureux de ne rien recevoir à Noël est infiniment plus plaisant à mes yeux qu’un de ces petits crétins ignares pourris de cadeaux qu’il ira revendre le lendemain sur EBAY ! (Parce qu’en plus ils ont l’ordinateur dans leur chambre avec l’accès à INTERNET, ce qui en soi est un cadeau quotidien qui vaut tous les Noël de leur vie !)

    C’est Noël tous les jours dans notre société d’abondance mais combien s’en rendent vraiment compte ? Les enfants devraient s’émerveiller chaque jour de l’année non seulement de toutes les belles choses dont ils jouissent, mais aussi du ciel, de la nature et des étoiles au lieu d’attendre le jour de Noël pour commencer à écarquiller les yeux sur les inepties qu’on leur offre !

    Les gamins de nos jours sont aussi abrutis que les parents : gavés de game-boy, de jeux en réseaux débiles, de téléphones portables et de programmes de décervelés débités par les bouquets de chaînes, ce sont des cancres analphabètes qui ne savent même plus apprécier les joies essentielles de l’existence. Surcouvés, « yaourtisés » à outrance, ce sont de futurs adultes souffreteux (ils n’ont plus d’anticorps à force de vivre sous des toits surchauffés) qui vont réclamer leur retraite dupontesque avant cinquante ans !

    Nombreux parmi eux ne savent même pas ce qu’est une vache, une giboulée de mars ou une grenouille, emmitouflés qu’ils sont dans leurs cages à lapins anti-éducatives ! Ils s’imaginent que les poissons sont carrés et que les piercings sont des accessoires indispensables qui leurs son dus.

    Génération « limacière » d’ignares blasés par les écrans, les fast-foods et les Noëls quotidiens car Noël avec eux c’est tous les jours de l’année mais tout comme leurs abrutis de parents ils ne s’en rendent même pas compte.

    Aujourd’hui les enfants élevés à l’Iphone, rebelles et frondeurs, alcoolisés à 11 ans, dépucelés à 13 ans, ne savent plus s’émerveiller devant les choses simples de la nature et pourtant infiniment plus denses que leurs technologies de petits imbéciles incultes.

    Cela dit je ne déteste pas vraiment les enfants : je n’apprécie que les enfants silencieux, intellectuellement surdoués, bien éduqués et socialement avantagés. S’ils ont hérité de la particule c’est encore mieux.

    Quant à la progéniture des Dupont, elle m’incommode singulièrement.

    Je suis réellement allergique à la bêtise infantile et parentale, ce n’est pas de la provocation de ma part de dire cela mais la simple et banale vérité.

    Voir la beauté du monde permet d’avoir la volonté de lutter contre sa laideur.

    C’est précisément ce que je fais ici, je ne me focalise pas sur la laideur du monde, bien au contraire : c’est sa beauté qui m’intéresse, d’où ma préférence pour les être aboutis, expérimentés, sages, intelligents. Le simple fait de savoir poser un regard émerveillé sur la beauté des choses et non de s’attarder sur leur laideur suffit à embellir le monde, même si par ailleurs on ne fait pas nécessairement la démarche active de redresser la laideur.

    Je n’ai pas le culte imbécile et politiquement correct de l’enfance si cher à notre société démagogue, même si j’estime être un authentique Peter Pan par ailleurs, ce qui n’a rien de paradoxal. L’enfance est un paradis quand on y est mais dès qu’on est un adulte l’enfance -du moins celle des autres- est considérée comme un handicap, un état de dépendance, de faiblesse et d’ignorance. J’ai fait un stage dans une maison de retraite pour grabataires en 1991 : je pense la même chose en ce qui concerne la vieillesse sénile. J’avais pitié de ces vieux finissant leur existence dans la misère mentale et physique et certains m’insupportaient dans leur gâtisme, souillant leur literie d’excréments.

    Je ne vois rien de glorieux à torcher des vieillards. Je trouve dégradant et déplacé de s’enorgueillir de cet acte faussement charitable puisque la prétendue élévation d’âme de la personne soignante est au prix de la misère de ces vieux. La vraie charité ne serait-elle pas de faire le sacrifice de sa propre humilité afin de servir une cause heureuse ?

    Voir mon texte biographique N°781 à ce sujet « L’étable des morts-vivants »  :


    Contrairement à la mère Térésa qui semblait se complaire dans les odeurs rances de la vieillesse miséreuse de Calcutta, je préfère les parfums nobles de la vieillesse radieuse. Certes elle soulageait la misère et c’est très louable, mais elle n’avait pas tellement de mérite puisque c’était précisément sa vocation. Elle ne pouvait chrétiennement rien faire d’autre dans sa vie.

    Ce qui n’est pas mon rôle à moi : IZARRA n’est pas mère Térésa.

    Chacun doit être à sa place et y faire son travail et la mienne n’est pas à Calcutta mais ici dans la démythification des cadeaux de Noël que je nomme « imbécillités pour petits crétins déjà gavés toute l’année ».

    Je déteste le Père Noël, scorie publicitaire typiquement yankee pour le Coca-Cola !

    Rappelons que le Père Noël est une invention marketing des années 1940 pour vendre du Coca-Cola. C’est pour moi l’image de la décadence mise sur le trône mensonger d’une tradition qui n’est ni la nôtre ni même légitime pour ses créateurs (les publicistes américains)qui ont dévoyé le message de Noël pour en faire un coup marketing de longue durée.

    Rien à voir avec le véritable Noël !

    Les pères Noël qui traînent dans les zones commerciales où ils sont payés à l’heure ne me font pas rêver.

    Ce sont même des tue-rêve par excellence.

    Tout n’est que récupération commerciale, les enfants sont décidément bien trop bêtes pour ne pas le voir ! Pendant qu’ils rêvent, les adultes manipulateurs, cyniques, se frottent les mains et les parents, abrutis au dernier degré, ouvrent leur porte-monnaie sans compter.

    Enfants rois = parents esclaves.

    Quand j’étais petit naïvement je pensais que les forains étaient heureux de me faire monter sur leurs manèges. Adultes, j’ai compris qu’ils n’en ont rien à faire de la joie des enfants. Seul leur importe l’argent que leur rapportera leurs sourires hypocrites (quand ils l’affichent car la plupart du temps les forains ont une mine crapuleuse et montrent à longueur de temps leur mauvaise humeur).

    Quel sens peut avoir Noël quand c’est Noël tous les jours ?

    Pour moi un vrai Noël qui me fait réellement rêver c’est un Noël dépouillé dans le froid hivernal, un Noël pieux en contact avec les âpres éléments, un Noël monacal où seul l’essentiel comble les âmes lassées de l’abondance matérielle qui étouffe l’esprit.

    Lisez mes contes de Noël, révélateurs de ma pensée : ils traitent tous du renoncement aux artifices pour un retour à l’essentiel.

    Les imbécillités relatives au Noël païen, depuis la bûche aux édulcorants jusqu’aux cadeaux obscènes (jeux vidéos martiaux et Iphones) ou mièvres au bas du sapin clignotant (qui parfois, comble de l’horreur, est en plastique) m’ennuient mortellement, ne me font pas rêver du tout. Je trouve tout cela fort trivial, vulgaire, pesant, indigeste et finalement vide.

    Je préfère me promener seul la nuit sous la neige loin des écrans, du bruit parasite et de tous les artifices de la vie moderne, chose que je fais d’ailleurs à chaque fois qu’il neige.

    Pour être honnête je dois préciser que j’apprécie les veilles et nuits de Noël pour la raison que l’espace public se dépeuple agréablement de toute roture, trop occupée qu’elle est à festoyer devant la télévision. Il est délicieux de me promener en campagne dans le froid de la nuit pendant que le reste du monde me laisse en paix. Cela dit je trouve quand même dommage que ces gens se privent de cette joie pure et virile consistant à renoncer à leurs imbécillités de Noël. Pour aucun Noël profane au monde je n’échangerais mes belles promenades nocturnes contre une soirée de télévision dans une pièce surchauffée dégoulinante de guirlandes et de cadeaux clinquants.

    Enfin, remuer un chiffon rouge devant un taureau ou bien le flatter avec des gerbes de foin sont les meilleurs moyens de canaliser son énergie à notre profit. On applique la même méthode aux humains sauf que les mots agissent tantôt comme des aiguillons, tantôt comme des caresses. Les hommes politiques savent user à la perfection de cette ruse vieille comme le monde.

    Les buts sont assez divers mais ici il consiste à éprouver les caractères, mesurer les intelligences.

    Le surenchérissement izarrien est un excellent test pour mes interlocuteurs.

    Il y en a qui répondent par l’humour à mes chiffons rouges, d’autres par la rhétorique, d’autres encore par l’injure.

    Il est toujours très intéressant d’observer toutes ces réactions.
     
  • Par Raphaël Zacharie de Izarra (---.---.---.222) 29 décembre 2012 22:26
    Raphaël Zacharie de Izarra
    <iframe frameborder="0" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/video/xs780w_le-bel-oiseau-que-je-suis-raphael-zacharie-de-izarra_news » target=" bel="bel" oiseau="oiseau" que="que" je="je" suis="suis" -="-" zacharie="zacharie">a> <i>par <a href="http://www.dailymotion.com/etoileizarra » target=">a></i>cccc


  • Par Raphaël Zacharie de Izarra (---.---.---.222) 29 décembre 2012 22:17
    Raphaël Zacharie de Izarra

    UN AGRÉABLE INTERMÈDE


    Un peu de douceur et de rêve dans ce débat houleux :


    Raphaël Zacharie de IZARRA
  • Par Raphaël Zacharie de Izarra (---.---.---.222) 29 décembre 2012 21:38
    Raphaël Zacharie de Izarra
    Je suis un pacha parmi de faux pauvres
    Je me considère comme un privilégié et j’estime, avec mes « maigres » revenus, vivre encore dans le luxe et l’opulence et je remercie le sort de ne pas avoir fait de moi un éternel geignard blasé et insatisfait ! J’ai su garder ma lucidité et ma capacité d’émerveillement. Onze ans après l’avènement d’INTERNET en France je suis émerveillé comme au premier jour des possibilités offertes par ce merveilleux joujou d’autant que tout progresse en ce domaine. Bientôt je passerai à la fibre optique pour le même prix que mon présent abonnement !

    Je suis heureux de vivre en France avec tous les avantages que ce pays moderne, civilisé et opulent m’offre, heureux de pouvoir de temps à autre aller à la pêche aux trésors dans les poubelles de ce pays de Cocagne.

    Pour un prolétaire ou un employé du secteur secondaire et tertiaire ma situation serait considérée comme misérable, pas enviable du tout. D’ailleurs je suis officiellement considéré selon les critères de cette société comme un authentique pauvre avec moins de 800 euros mensuels de revenus... Nous vivons dans une société de fous ! En réalité je vis comme un pacha et mes concitoyens aveuglés par leurs critères de repus me plaignent ! Les gens des pays pauvres sont moins bêtes, ou plutôt pas encore aussi pourris, gavés, blasés que nous : eux donneraient beaucoup pour être à ma place : protection sociale, soins médicaux et dentaires, INTERNET haut débit, alimentation saine, variée, abondante, 485 euros mensuels sans travailler versés par un système de nantis basé sur la solidarité, vélo, voiture, sorties, liberté, restaurants, matériel informatique, luxe, luxe et encore luxe !

    Il faudrait que je sois d’une profonde ingratitude pour oser me plaindre de cette belle vie qui m’offre infiniment plus que le simple nécessaire vital ! J’aurais honte d’aller manifester pour la retraite ou une augmentation de mes revenus !

    Comment peut-on désirer toujours plus sur le plan matériel, crier à l’injustice du système, accuser les patrons, condamner la société, la dénoncer comme inégalitaire, manifester et même tout casser, pleurer sur son sort, voire se suicider de désespoir quand on a, comme moi, non seulement un toit, à manger tous les jours, une voiture, INTERNET, l’accès aux soins, à la culture, mais encore bien d’autres choses superflues en abondance !

    Quelle indécence ! Quelle incroyable corruption de mentalités !

    Je n’ai jamais dit que j’étais un pauvre, j’ai dit que la société me considérait comme un pauvre.

    Moi j’ai toujours estimé être un privilégié, non par rapport à mes revenus mais simplement parce que je vis en France, un pays d’abondance. Mais si en plus de cet « avantage de naissance » j’ai des revenus sans travailler, alors je suis comblé... Matériellement parlant j’entends.

    Le fait que je suis psychologiquement inapte à travailler prouve mon excellente santé mentale : il faut être nécessairement dégradé mentalement pour accepter de travailler à l’usine afin de financer une voiture à l’aspect flatteur, l’acquisition d’une affreuse maison Phénix sur 15 ou 20 ans ou même plus modestement -et plus lamentablement-pour pouvoir partir en vacances avec sa caravane chaque été...

    Quant à mes explorations de poubelles, je mets ma fierté d’authentique aristocrate avant tout dans la morale : la vraie indécence c’est de laisser perdre de bons aliments et d’aller se plaindre ensuite de ne pas avoir de quoi les acheter !

    En outre, et c’est le plus important, par le simple avantage inné que j’ai hérité de la particule, je n’ai rien à prouver, rien à devoir, rien à regretter par rapport au fait de plonger la main dans les poubelles. Un ouvrier aurait honte d’en faire autant, ce qui prouve bien que sa fierté, il la met dans son statut d’ouvrier avec la part d’indécence, d’aveuglement, de misère morale que cela comporte. Ce sont ceux qui seraient en droit de se scandaliser le plus du gaspillage et de se servir les premiers dans les poubelles qui font la fine bouche... Les moins nantis (je n’ai pas dit les plus pauvres, j’ai dis les moins nantis) manquent décidément de morale et de cohérence... Et après ils se plaignent que la vie est chère !

    Pouvoir faire les poubelle sans s’en cacher est un vrai privilège. Ceux qui ont encore des choses à prouver, notamment par rapport à leurs chères apparences, ne peuvent pas se le permettre. Seules les grandes âmes comme moi peuvent faire les poubelles au grand jour. Et je le fais sans avoir besoin d’y mettre volontairement du panache : le panache chez moi est naturel. Nul besoin de me forcer.

    Une âme choquée par mes moeurs de prince me faisait remarquer que des chiens errants risquaient de plonger leur museau dans « mes » poubelles... Aucun risque ! Pour eux il existe des refuges où ils sont choyés par de bonnes âmes recevant des dons soit des individus, soit de l’Etat (associations). Pour l’anecdote, sachez qu’au Mans même les chiens des SDF boudent ces fameuses poubelles en face de la boulangerie qui font ma joie ! En effet, ils sont nourris avec de bons aliments pour chiens que leurs maîtres leur achètent au magasin du centre ville avec l’argent de la manche.

    Je suis un pacha sur bien des plans. Les SDF aussi sont des pachas, sur le plan alimentaire. Du moins ceux qui vivent à proximité des poubelles, qui n’ont de poubelles que le nom d’ailleurs : en réalité ce sont des puits intarissables d’aliments sains, frais et excellents ! De véritables cornes d’abondance. La plupart des aliments sont non seulement encore dans leur emballage d’origine, mais en plus ils sont bien gardés dans des sacs-poubelles hygiéniques et hermétiquement clos. Autant dire un garde-manger, carrément un frigo l’hiver ! Il n’y a plus qu’à se servir, ce que je fais sans honte ni complexe et même avec une certaine ostentation provocatrice. Quand je suis en costume, revenant d’un enterrement ou d’un mariage (mais plus souvent d’un enterrement, le noir accentuant les contrastes entre le costume et la poubelle), je m’adonne encore plus volontiers à cet exercice « socialement incorrect », ce qui fait encore plus honte à ma compagne ! Tenez, au prochain enterrement je me retape une benne et me fais prendre en photos !

    Et encore, ce n’est même pas véritablement pour m’alimenter que je fouille les « ordures » mais pour m’amuser car j’ai déjà tout ce qu’il me faut par ailleurs.

    Ma quête de « déchets » ce n’est même pas pour mettre du beurre dans les épinards mais pour mesurer l’indécence de mes concitoyens, autrement dit mesurer l’écart entre l’excellente santé économique de la société et sa misérable santé morale.

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