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Accueil du site > Tribune Libre > La bombe atomique de l’autoentrepreneur

La bombe atomique de l’autoentrepreneur

Sarkozy vient de se féliciter d’un « phénomène de société » : l’autoentrepeneur, qualifié de sportif de haut niveau, sauf que c’est tout le contraire, ils sont dopés avec le concours de l’Etat. Cela rappelle Virenque au Fouquet’s.

 Il était attendu 300 000 autoentrepreneurs pour 2009 il y en a déjà 150 000 au premier trimestre et ce + 150 000 fait bondir de joie notre Kaiser Sarkoko. Enfin un chiffre qui permet de se congratuler. Mais en fait ce statut, s’il est très favorable à ceux qui l’utilisent (cela fait quelques heureux et extraordinairement satisfaits, cela est une certitude, ceux qui l’ont choisi et qui réussissent) c’est en revanche au global une bombe atomique à retardement. Ce statut va poser de gigantesques problèmes dans l’avenir - c’est le prototype même de l’idée non simple mais simpliste dont on a mesuré aucune conséquence obéissant à un dogme - ce que je vais vous démontrer avec ma craie et mon tableau noir.
 
Qu’est ce que le statut d’autoentrepreneur ?
 
Simple (sur le site officiel c’est un peu long, vous pouvez sauter mais c’est essentiel) :
Forme juridique :
Obligatoirement Entreprise Individuelle (EI) (pas de capital minimal et responsabilité illimitée de l’exploitant)
 
Avantages particuliers :
Dispense d’inscription au Registre du Commerce et des Sociétés RCS ou au Registre des Métiers RM. (Les professions libérales ne sont pas concernées par cette dispense).
Application du régime fiscal et social des micro-entreprises.
Création et radiation extrêmement simplifiées et rapides (possible par Internet)
En plus de sa résidence principale, l’entrepreneur individuel pourra par une simple déclaration chez un notaire rendre insaisissables tous ses biens fonciers bâtis et non bâtis dans la mesure où ils ne sont pas affectés à l’usage professionnel.
La nécessité d’autorisation administrative pour utiliser son domicile situé en rez-de-chaussée en tant que local professionnel sera supprimée, y compris pour une activité commerciale.
 
Accessibilité :
Ce statut n’est accessible qu’aux entreprises ayant un chiffre d’affaires maximum de :
  • 80 000 euros HT pour une activité de vente de marchandises, d’objets, de fournitures, de denrées à emporter ou à consommer sur place ou une activité de fourniture de logement,
  • 32 000 euros HT pour les prestations de services relevant de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC).
 
Charges sociales :
Obligatoirement régime micro-social (du régime micro-entreprise) avec prélèvement libératoire trimestriel ou mensuel (au choix) calculé sur le chiffre d’affaires et égal à partir du 1° janvier 2009 à :
  • 12% pour une activité commerciale.
  • 21,3% pour une activité de prestations de services
  • 18,3% pour les prestations de service des professionnels libéraux affiliés à la CIPAV.
Aucune déduction de frais ou de charges possible pour l’application de ce pourcentage
 
Fiscalité :

Si la condition de revenu maximum du foyer fiscal est remplie, prélèvement libératoire trimestriel ou mensuel (au choix) calculé sur le chiffre d’affaires, mis en place au 1° janvier 2009 et égal à

  • 1 % s’il s’agit d’entreprises dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place, ou de fournir le logement,
  • 1,7 % pour les entreprises dont l’activité principale est de fournir des prestations autres que celles relevant du seuil de 80 000 euros,
  • 2,2 % autres prestations de service, imposables dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC).

Aucune déduction de frais ou de charges possible pour l’application de ce pourcentage

Cette option n’est possible que pour les personnes ayant déjà opté pour le régime micro-social.
Si la condition de revenu maximum du foyer fiscal n’est pas remplie l’auto-entrepreneur sera assujetti au régime de base de la micro-entreprise, barème progressif après un abattement forfaitaire.

TVA, taxe sur la valeur ajoutée :

Étant obligatoirement sous le régime fiscal de la micro-entreprise l’auto-entrepreneur n’est pas soumis à la TVA. 

 

Taxe professionnelle :

Les contribuables ayant opté pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu sont exonérés de la taxe professionnelle pour une période de deux ans à compter de l’année qui suit celle de la création de leur entreprise, ce qui correspond de fait à trois ans sans payer de TP. Le 05/02/2009 Monsieur Sarkozy a annoncé la suppression de la taxe professionnelle en 2010.

 
Pour cela il faut faire un calcul très simple. Vous êtes un petit artisan de service à la personne. Pour un employé que vous payez environ 1 500 euros bruts . Vous avez environ 400 € de déplacements par mois
1 500 * 1,1 (congés payés) * 1,42 (charges patronales) = 2 434
déplacements 400
Total 1 = 2 834
Marge minimale pour les frais annexes (comptabilité, secrétariat etc .) = 20 % = 566,80
Total 2 = 3 400,80
TVA à 19,6 = 666,56
Total facturé à un particulier = 4 067,36
 Pour l’employé il touchera 1 500 - 22 % (charges sociales) = 1 117
les charges sociales totales s’élèveront à 1 056 €
 
De son côté l’autoentrepreneur pour avoir la même rémunération de base fera le calcul suivant
déplacements 400
rémunération = 1 117
Total 1 = 1 517
frais de structure largement diminués disons 10 % = 151,70
Total 2 = 1 662,87
Total à facturer (charges sociales 21,3 %) (petite règle de trois à la Darcos : x - x*21,3% = 1 662,87 soit X = 1 662,87/1- 1*0,213) =2 112,92
Charges sociales = 450
 
Comme on le voit pour un particulier la différence est très importante presque du simple au double (4 000 contre 2 100), et pour une entreprise qui récupère la TVA cela donne : un coût de 70 % plus élevé de passer par un artisan. Dans ce cas on peut facilement envisager le métier de coursier, il suffit d’un véhicule et si c’est pour de petits paquets un scooter fera l’affaire.
 
Alors pourquoi est-ce une bombe à retardement ?
 
Cela est évident. Déjà en période normale cela poserait un problème mais en période de crise le travail se raréfie. Alors si on vous propose en toute légalité un travail qui coûte moitié moins vous n’allez pas hésiter, et si c’est 70 % pour une entreprise il n’y aura pas à hésiter non plus. Il faut donc distinguer deux cas de clients. Celui du particulier et celui de l’entreprise. Les conséquences ne sont pas les mêmes.
 
Pour les particuliers :
 
On peut estimer que cela diminuera le travail au noir (le problème est une question de proportion car cela peut au contraire le renforcer car une société artisanale voyant ses clients le fuir pour résister proposera plus facilement du travail au noir faisant jouer sa compétence et sa connaissance du client qui lui fera jouer la concurrence ente l’artisan et le néo autoentrepreneur). Cela peut aussi développer un marché car si à un coût de 100 on ne peut pas s’offrir quelque chose peut-être qu’à 50 on le fera. Sous condition que l’on ait ces mêmes 50 et que l’on ait quelque chose à faire faire. Soyons généreux disons que si un autoentrepreneur prend la place d’un salarié (équilibre) en globalité pour les particuliers cela en crée au moins 50 % en plus. Considérons que les particuliers représenteront 70 % de la clientèle de l’ensemble de ces autoentrepreneurs.
 
 
Pour les entreprises :
 
Comme nous sommes en période de cris, si elles fournissaient à l’extérieur un certain travail, celui-ci sera pour le mieux stable mais pour le plus en diminution. L’autoentrepreneur prendra donc la place d’un salarié et ne créera globalement aucun emploi. Un remplacement. Mais il faut aller plus loin. Cet autoentrepreneur étant 70 % moins cher va déstabiliser des entreprises fagiles qui ont peu d’employés. Arrivé sous un seuil minimal, ce n’est pas seulement la place prise mais le risque de faillite pour l’artisan et donc plus de chômeurs.
 
 
Mais il faut aller plus loin. On sait déjà que la défiscalisation des heures supplémentaires est une trappe à l’emploi. On fait du chômage et on creuse les déficits sociaux et de l’état (moins d’impôts et moins de rentrée sociale). Les chiffres le prouvent maintenant définitivement : coûteux et créateur de chômage. Ce statut est le parfait complément de cette erreur magistrale, erreur et en plus très injuste : celui qui a un emploi en profite encore plus au détriment de celui qui n’en a pas, mais en plus à rémunération annuelle égale et à situation familiale égale il payera moins d’impôts qu’un autre, double injustice, création d’une société encore plus inégalitaire et encore moins solidaire, plus à ceux qui ont déjà et moins fiscalisés par dessus le marché). Imaginons un patron qui a un employé qui voudrait bien se mettre à son compte. Il lui propose le deal : tu te mets auoentrepreneur et on partage la poire en deux, on est chacun gagnant, la différence des 70 % on se la prend pour nous. Tu gagnes plus et moi au global je paye moins. Et ça c’est c’est le cas le plus favorable. Un autre cas est : la solution sinon je ferme la boîte c’est que tu te mettes autoentrepreneur, même salaire. Quelles en seront les différences ? Très simple on passe du statut protégé du CDI à celui d’indépendant. Pas d’heures supplémentaires, pas de 35 heures et surtout on peut ne plus avoir de travail du jour au lendemain sans indemnités ni de licenciement ni de chômage. La catastrophe.
 
Ce statut est une bombe en puissance. Au-delà du fait qu’il crée une distorsion inadmissible dans un marche qui doit être libre et non faussé, on crée un déséquilibre en matière sociale (plus de protection du statut de salarié), on crée de la concurrence non supportable entre salarié et indépendant, on crée une autre concurrence avec les autres indépendants soumis à des charges autrement plus lourdes, on crée une illusion car cette facilité d’installation ne crée pas du travail là où n’y en a pas et cette première facilité fait croire que c’est facile et si quelqu’un croit qu’il est subitement devenu un créateur dans l’instant, alors que son caractère en fait ne le permet pas, ou son réseau est insuffisant ou il a des compétences techniques mais aucune soit de gestionnaire soit de commercial cela va amener à des drames individuels lourds de conséquences d’autant que derrière il n’y a pas d’indemnités de chômage. C’est aujourd’hui un succès en chiffre indéniablement 150 000 c’est impressionnant, mais combien vont durer ? Mais cela va entraîner combien de pertes d’emploi ailleurs ? Et dernier point un calcul simple. Entre un autoentrepreneur et un salarié il y a une différence de charges sociales de 600 euros dans mon calcul grossier. Si on arrive au score de 300 000 cela veut dire que l’on va creuser les déficits sociaux de, tenez vous bien, 180 millions par mois soit plus de 2 milliards par an, pour précariser l’emploi, et créer - c’est à dire le transfert entre les salariés qui se seront mis à leur compte ou ceux qui auront perdu leur emploi à cause de cette concurrence déloyale, disons 50 000 emplois ou même admettons 100 000, ce que je ne crois pas cela coûterait annuellement 20 000 € par emploi avec paupérisation des licenciés et sous-rémunéraion des néo-indépendants. Selon moi, on s’achemine vers des drames multpiles : artisans désespérés obligés de licencier, néo-entrepreneurs trompés par la facilité de création, précarisation absolue de l’emploi, tirage vers le as des salaire à cause de la concurrence, et aggravation à terme de l’emploi et immédiatement des déficits. Ce statut est une hérésie économique, sociale et sociétale. Sarkoko a raison de dire que c’est un phénomène de société. Ce statut correspond exactement ce contre quoi Bayrou s’élève : une société aux inégalités croissantes et où le libéralisme est sauvage. Car lâcher dans la nature des personnes qui ne sont pas faites pour cela va en laisser un bon paquet sur le bord de la route. C’est en fait la loi de la jungle. Les plus forts s’en sortiront, mais l’Etat aura eu la responsabilité de faire croire qu’il suffisait de passer 15 minutes sur un site Internet par la facilité de réer sa structure pour transformer le gars du coin en entrepreneur fier et conquérant. Et de plus c’est une légende (et j’en sais quelque chose) que de dire que c’est un parcours du combattant pour créer son activité. Depuis très longtemps il existe le guichet unique, la société unipersonnelle existe déjà, la société de fait depuis 50 ans, structure très légère et sans registre de commerce. Tout cela n’est qu’esbroufe et danger, injustice et risque et correspond à une société qui effectivement n’est pas du tout la même que celle de l’humanisme qu’oppose Bayrou à celle que nous met en place le Kaiser Sarkoko avec le placement de ses séides à la tête des banques et des sociétés de télécommunication.
 
 
 

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34 réactions à cet article    


  • eugène wermelinger eugène wermelinger 16 mai 2009 11:50

    Bravo l’auteur pour cette belle et juste analyse. Déprimante. 

    C’est comme le Loto et ceux qui y jouent sont à peu près sûrs de perdre, leur argent, leur énergie, leur espoir. 
    « Donnons-leur des jeux et prenons-leur le pain. »
    La nouvelle donne d’un empire décadent. 
    Le Nouvel Ordre Mondial ? 


    • Rage Rage 16 mai 2009 17:10

      Bonjour,

      L’auto-entrepreneur : en voilà une belle bombe à retardement.

      Sous le nom - flatteur - se cache néanmoins de nombreux excès qui risquent vite de faire déchanter.

      L’idée - simple et simpliste - de pouvoir faire bénéficier tout quidam de la possibilité de monter son affaire à moindre frais est toujours séduisante en 1ère lecture. Et si l’on s’arrête sur les conditions avantageuses, on pourrait y croire.

      Le vrai problème, c’est que c’est tellement beau qu’on se demande pourquoi ne pas y avoir penser avant ?

      La réponse est simple : on ne l’a pas fait car ce statut est bourré de risques.
      Le 1er, simple à comprendre, est la distorsion de concurrence. Quelle différence entre l’artisan en solo et l’auto-entrepreneur ? L’un paie 45% de charges, l’autre 2 fois moins.
      Le second est certes limité en CA, ce qui ne fait que précariser les 2, puisque l’un perd des marchés et l’autre vivotte, le tout sans rentrées pour l’Etat ni pour les couvertures sociales.

      En 2nd, encore plus simple à comprendre : pourquoi recruter si je peux avoir des « mercenaires » auto-entrepreneurs ?
      Je suis dirigeant d’une agence immobilière et je paie au SMIC + commissions : pourquoi m’emmerder à payer mes gars s’ils peuvent eux-mêmes assumer cette activité sous ce statut ? Il suffit pour moi de leur offrir l’accès aux offres, à eux de se rémunérer dessus et moi je touche ma com’...
      Pour simplifier, cela substitue des emplois stables et « normés » vers des emplois précaires pour vivoter.

      D’ailleurs, ce statut se développe vite car la crise passant par là, elle pousse les chômeurs à « tenter leur chance », permettant au passage de minimiser les chiffres du chômage.
      Il n’en demeure pas moins que les « bénéficiaires » vont pour l’immense majorité des cas vivoter, le tout bien évidemment sans aucune garantie pour les couvertures sociales : en effet comment octroyer des droits quand une activité est à temps partiel, et partielle dans l’année ?

      In fine, il s’agit pour moi d’une statut « rustine », à la marge, sensé permettre après avoir « tout essayé » de sortir encore quelques centaines de milliers de personnes du chômage.

      Ce qui est triste c’est que beaucoup risquent de se rendre contre trop tard que ce statut est très précaire : dommage, le concept est intéressant mais les excès sont beaucoup trop faciles à mettre en place (notamment dans le batiment et la sous-traitance....)


    • JL JL 16 mai 2009 12:01

      Tout ça c’est de la politique de patachons.

      Pour les heures supplémentaires je n’y reviendrai pas, j’ai déjà donné ici.

      En revanche, ce que l’on ne dit pas, c’est que les 35 heures ont échoué pour une bonne raison : les artisans craignaient de voir leurs employés leur voler des marché en travaillant au noir pendant leurs RTT. Et ça c’est rédhibitoire.


      • Cap2006 16 mai 2009 12:18

        Je souhaite tempérer ce point de vue... 
        Le temps libre des salariés, du bâtiment en particulier, ont permis aux particuliers de trouver de la main d’œuvre qualifié pour faire réaliser des petits travaux pour lesquels les entreprises ne se déplacent pas...

        Pour un certains nombre de salarié, la semaine c’est décomposé ainsi :
         4 jours pour le patron ( 35h)
         2 jours pour la bricole ( un sacré bonus en terme de salaire)
           1 jour de repos en famille 
        Cela reste des bonnes semaines de travail... le travailler plus pour gagner plus..


      • JL JL 16 mai 2009 13:05

        @ Cap2006, je ne dis pas le contraire. Mais je pense que les patrons ont, dans ce pays, plus d’influence que leurs employés. Et c’est leur point de vue qui l’a emporté.


      • Cap2006 16 mai 2009 12:10

        Bonjour à tous,
        IL existait déjà, depuis longtemps, un statut très comparable... la micro entreprise... plus qu’une révolution, c’est une simplification logique...

        Ce statut a une grande vertu : la simplicité pour encourager la création d’activité rémunératrice.
        Il a un inconvénient majeur : très faible protection sociale, en particulier pour la retraite...

        Les grands gagnants : ceux qui ont un statut ( déjà salarié, étudiant, retraité) et qui récupère soit un complément de revenu, soit légalise une pratique existante.
        Les grands perdants : l’article en parle... seul l’avenir confirmera ou infirmera... Il ne faut pas tomber dans le catastrophique pour autant... Il y a des lois plus stupide que celle ci dans l’actualité législative...

        PS : mon conjoint est en micro entreprise ( déjà très simple administrativement )... et bénéficiant de l’ACCRE, aucun interet pour ce statut...


        • Marc Bruxman 16 mai 2009 12:58

          Les limitations de CA ne rendent ce statut bon que pour démarrer une activité qu’il faudra ensuite transformer en SARL ou autre si cela fonctionne bien.

          Vivre avec 30 000 € HT de CA ce n’est PAS possible. Parce qu’une fois vos charges payées il ne vous reste plus assez pour vivre.

          Ensuite cela a l’avantage énorme d’éviter le travail au noir. Il y a beaucoup de gens qui font de temps en temps un petit boulot et se le font rémunérer. Et jusqu’à présent, ils n’avaient pas de façon simple de se mettre à leur compte vu que les déclarations d’entreprises étaient trop couteuse par rapport à leur activité. Résultat : Du travail au noir. L’avantage de ce statut est qu’il va réduire ce travail au noir, ce qui est bon pour tout le monde.

          Mais du même coup, cette concurrence déloyale vis à vis des artisans existaient déja. Elle sera maintenant taxée ce qui est bien.

          Quand au fait que des entreprises vont de plus en plus prendre des autoentrepreneurs plutot que des salariès effectivement cela va être dans l’air du temps. Et on va effectivement voir les plafonds de CA du statut d’autoentrepreneur augmenter progressivement parce que c’est un besoin social.

          Le statut de salarié était adapté à l’ére industrielle car le salarié avait besoin de matériel et d’environnement. Aujourd’hui dans la plupart des cas il a besoin d’un ordinateur, d’un téléphone et d’une connexion à internet. Il va donc redevenir auto-entrepreneur. Le patron ne fournit plus l’outil de travail et ne fournit plus en échange de protection. Cela va être le cauchemar des communistes mais c’est ainsi.

          Pour ceux qui veulent voir de quoi sera fait l’avenir c’est ici :
          https://www.mturk.com/mturk/welcome

          (Oui c’est mal payé d’un autre coté c’est des boulots qui sont déja outsourcés en Inde, donc le tarif est à mettre en regard des salaires indiens).

          Rien ne sert de pleurer l’ancien monde avec son salariat et sa protection, le nouveau monde sera de plus en plus faits d’indépendents à part dans quelques secteurs très particuliers. Et cela ne veut pas forcément dire que l’on vit mal. Je connais plusieurs freelance qui se font de très très gros salaires (du 7 000 € par mois) et qui de ce fait vivent mieux que la plupart des kokos qui défilent.


          • Imhotep Imhotep 16 mai 2009 18:07

            Excusez-moi, mais votre raisonnement est un peu court. Tout d’abord la majeure parie du travail au noir est faite par les artisans eux-mêmes : le carrossier que vous payez de la main à la main, le peintre, le menuisier etc. Ceux qui font de petits boulots sont rares en proportions. Et tout le monde le sait. Tous les artisans proposent de payer de la main à la main quand ils peuvent. Je vous rappelle que la TVA à 5,5 était prévu pour diminuer le travail au noir.


            Ensuite vous m’amusez avec vos exemples. On va faire un petit calcul.

            Vous êtes autoentrepreneur et vous voulez passer la vitesse supérieure. Vous allez passer de 30 000 € HT (et excusez moi mais avec des frais faibles ce qui est le cas de ce statut, il n’y a pas de TVA, cela fait plus de 2 000 par mois pour un ouvrier qui en gagnait avant 1 500 il y verra un net gain. Bon vous êtes un super cacou et vous passez à la vitesse supérieure. En faisant très fort vous voulez augmenter votre chiffre d’affaire de 50 % Vous passez donc à 45 000 €. Donc vous changer votre activité de nature. Vous créez une sarl. Bon déjà vous entamez vos réserves pour la constitution de la société, il vous faut un siège social, donc au minimum une adresse commerciale qui va s’ajouter à vos frais, il va falloir faire plus de secrétariat (déclaration de TVA).
            Mais maintenant expliquer deux choses :

            Commet allez vous expliquer à vos clients particuliers que vos tarifs vont être multipliés par deux ? Vous allez les perdre tout simplement. Mais admettons que vous arriviez à en garder quelques uns, et que par un travail acharné vous arriviez à en trouver d’autres. Vous allez passer beaucoup, beaucoup plus de temps en prospection et donc vous allez travailler encore plus.

            Mais deuxième question. Comment allez vous vivre vous qui dites qu’avec un CA de 30 000 euros on ne peut pas vivre, admettons que cela vous procurait 2 000 mensuel car avec votre CA de 45 000 € avec les nouvelles charges vous ne toucherez que 1 200 euros au maximum ? Il faudra attendre que vous doubliez à peu près votre CA pour arriver à ce même salaire et cette fois confronté à une concurrence dure : même tarif que vos voisins et plus du tout 50 % moins cher. Et tout ce temps supplémentaire te toute cette énergie supplémentaire fera des morts sur la route de la réussite. ET avec cette même énergie et ce même temps si vous aviez commencé dans la concurrence dure vous seriez arrivé plus vite et vous iriez plus loin.

            Et bien moi je vous dis que ce n’est pas un tremplin, mais une nasse. On s’y met, soit on coule soit on n’en sort pas. Sauf bien sûr car il y a toujours une proportion qui réussira, mais cette même proportion aurait réussi sans cela mais en revanche cela n’aurait pas créé les drames que je vois se profiler à l’horizon.

            Tout ceci vient de l’aveuglement du rêve américain où là-bas avec 1 dollar on crée une société. Mais là-bas c’est tout autre chose, en fait c’était tout autre chose. Il y avait accès immédiatement à un arché de près de 300 000 millions de consommateur, et avec une idée vous trouviez des investisseurs, ou des distributeurs. mais ce n’est en aucun cas le seul fait de créer en 5 mn une société à 1 $. C’est tout le reste. Et là-bas la précarité es absolue, là-bas on licencie comme on respire et là-bas 1 % des riches possèdent 40 % de la richesse alors que c’était 20 % il y a dix ans. 

            Ce qui est désolant c’est de prendre des cas particuliers de réussite individuelle pour en faire une généralité. Lorsque l’on fait un système c’est pour la majorité et non la minorité qui a réussir. le système est une catastrophe pour la majorité et une injustice pour la globalité tant en matière sociale, qu’économique et qu’éthique.

          • Kalki Kalki 16 mai 2009 13:00

            L’autoenpreneur, l’artisanat peut être une bonne idée, mais dans notre vision économique (avec une économie largement ’déficitaire’ pour le bénéfice d’une mane financière élitiste, c’est sur que le compte n’y est pas).

            C’est le retour du valet pipi pour la monarchie avec ses richesses.

            Il y aurait plus de liberté structurelle mais : ceux qui ont le pouvoir et l’argent sont toujours les même.

            L’auto enpreneur sont pour la plupart des ’consultants’ pour entreprises.

            Flexi Flexi Flexibilité ... Soumi Soumi Soumission.

            Pour un changement il faudrait aussi revoir la vision de l’organisation des entreprises (ca faut pas trop y compter : chez les grandes entreprises ’famillialle’ mafieuse)

            Je copie une théorie économique ( que je ne connaissais pas )

            par Diapason (IP:xxx.x14.123.214) le 20 mars 2009 à 23H37

            Et si tout le problème venait simplement du fait que l’usage de l’argent est INVERSE.
            Actuellement, je te rends un service, tu me donnes de l’argent. Et cet argent gagne à être accumulé, travaille par lui même et produit des intérêts, avec toutes les dérives que l’on a pu observer.
            Si au lieu de cela, lorsque nous rendons service à un « client », ou que nous lui offrons un bien dont il a besoin, nous lui transmettions par la même occasion une dette, sous forme d’une monnaie en effet, dont il devrait alors se débarrasser au plus tôt en offrant à son tour ses biens ou services à qui en aurait l’usage, s’acquittant, ainsi, de son dû à l’égard du collectif, tout en maintenant sa dette à un niveau acceptable...
            Alors cet argent « dans le bon sens », nous n’aurions aucun intérêt à l’accumuler, car la production d’intérêts ne ferait que renchérir la dette détenue, et plus on tarderait à rétablir l’équilibre, plus cela nous coûterait, nous incitant à une sobriété de bon aloi.
            Ainsi, pour obtenir ce dont nous avons besoin, il nous suffirait de ne pas détenir une dette trop importante, ce qui signifierait que nous ne rendons pas au système l’énergie que nous lui demandons, mais en même temps, nous n’aurions pas besoin d’argent pour obtenir le nécessaire. Comme chacun peut se rendre utile d’une façon ou d’une autre, il serait commode d’adapter nos besoins à notre capacité à nous rendre utile, quelle que soit notre activité.

            • jeanpaul 25 mai 2009 21:42

              Bonjour
              moi perso, j’ai commencer en micro entreprise ya 11 ans (paysagiste)
              3 ans après mon début je me suis mi avec une escription normale (comptable-tva ect.)
              et depuis quelques mois, entre la crise, cette saloperie de auto entrepreneur, les chèques emploie service, les ARD et le noir, je me retrouve avec presque plus de boulot, un ouvrier bientôt au chômage et un intérim qui reste chez lui. En espérant que le travail rentre un peut et que je soit pas obliger d’arrêter.
              J’en pense quoi de « l’auto entrepreneur » ? : pour moi c la dernière goutte qui va faire déborder le vase, une merde de plus.
              - Moin de boulot pour les comptables aussi
              -des retraites inexistantes
              -des travaux qui seront réaliser sans matériels, par des gens qui pipent que dalle et à des prix très bas.
              Quelle relance, c pas dommage !

              merci de me lire et de corriger les fautes


            • La Taverne des Poètes 16 mai 2009 13:03

              L’autocenseur aussi est un genre qui prospère sous le règne de Sarkozy. Le président tient ses promesses d’augmentation du pouvoir d’achat...des riches !


              • Candide Candide 16 mai 2009 13:19

                Ce statut bidon d’autoentrepreneur n’est rien d’autre qu’une variable d’ajustement du chômage. Combien de rmistes ou de précaires sur les 150.000 ? 


                Au fait Imhotep, vous qui êtes très prolifique combien de temps faut-il avant de voir son article diffusé ici ? Simple question. Merci

                • Kalki Kalki 16 mai 2009 13:36

                  Cela dépend si vous plaisez à assez d’autres modérateurs, bons, c’est encore passable ...

                  Donc après vient l’étape d’au-dessus.

                  Cela dépend de votre statut dans le média citoyen, démocratique , bien sûr, si en plus vous ne commencez pas avec des articles quelque peu consensuels.

                  Au final, cela peut varier entre : Un jour, 5 jours, 2 mois s’il y a de la place,(si un doigts dérape sur le clavier ou qu’on à pas mis les lunettes), ou pas du tout.

                  Mon parler vrai risque de me couter chère ?

                  Il y a d’autres solutions d’organisation, et de production d’articles et d’informations possibles.


                • Imhotep Imhotep 16 mai 2009 17:35

                  Pour être publié il faut que 4 modérateurs aient voté positivement. Au début c’est souvent plus difficile. C’est vrai que c’est plus facile pour moi à cause de mon antériorité. Mais j’ai aussi certains articles qui ne passent pas. Peu. Récemment j’avais fait une charge très violente contre un journaliste de l’Espress, mon article a été rejeté. J’y étais allé avec un fusil à pompe. Les modérateurs sont comme vous : Ghandiste ...


                  Il faut aussi que je fasse un peu plus mon travail de modérateur. J’en lis quelques uns par jour, mais je n’ai pas non plus tant de temps. Parfois j’en refuse mais c’est rare, je préfère ne ps voter. Sinon je vote pour, y compris ceux qui ne sont pas dans la lignée de ce croits.

                • Arnes Arnes 16 mai 2009 13:58

                  Article juste, mais vous n’instruisez qu’à charge.

                  Bénévole à l’ADIE, association distribuant des micro crédits pour les exclus du système bancaire, nous accompagnons ces créateurs qui veulent se sortir de la misère des minimas sociaux .

                  C’est une population qui existait avant la crise et qui va certainement se développer maintenant.

                  Même avec le statut de la micro entreprise, le mythe du guichet unique (que vous dites avoir pratiqué !) ne marche que pour l’inscription, après, il faut passer des journées interminables avec l’ Ursaf, le RSI, la Cipav et autres administrations taxant à retardement sur des bases forfaitaires et ne se mettant jamais à la portée de ces créateurs : arrogance, langage abscons, courriers comminatoires.

                  Le statut de l’auto entrepreneur a l’avantage pour ces créateurs de payer les charges le mois ou le trimestre où le chiffre d’affaires se fait : 0 gagné, 0 payé ; 1000 gagné, 120 payés. Cela permet de tester une création d’entreprise : soit ca marche et dès que l’on dépasse les plafonds( bonne nouvelle), on devient alors une entreprise normale, soit ca ne marche pas et on peut s’arreter tout de suite sans avoir des rappels de cotisation infinis, les prélevements de l’auto entrepreneur étant libératoires.

                  Ce statut s’inspire du statut anglo saxon du « self employement » qui est un modèle établi ( et n’est pas responsable de la crise des subprimes !!) et les dérives que vous envisagez sont toujours possibles mais assez théoriques : le petit patron convainquant son salarié de se mettre en auto entrepreneur et partageant à 50/50 l’écart avec le statut salarié est très peu crédible : cet auto entrepreneur partagera plutôt l’écart avec le client et le petit patron perdra son marché.

                  Grâce en particulier à Marie Novack, Présidente de l’ADIE, ce statut a pu voir le jour et est trés bien adapté aux micro créateurs.


                  • Yohan Yohan 16 mai 2009 15:56

                    D’accord avec vous Arnes,
                    le statut d’auto-entrepreneur est certes imparfait et potentiellement perfide pour la concurrence, mais il est trop tôt pour jeter le bébé avec l’eau du bain. L’un des points positifs est quand même d’avoir montré à quel point notre système soviétique" des Greffes et l’agressivité des administrations taxeuses est préjudiciable à la création d’entreprise.
                    Ce vieux système montre ses limites face à la mondialisation, il suffit de regarder autour de nou. Ce n’est pas en pleurant sur notre passé industriel prestigieux qu’on va remonter la pente. SInon, on mourra tous avec nos souvenirs et je pourrai continuer à enfiler quelques tranches de souvenirs de ce passé trépassé...


                  • Imhotep Imhotep 16 mai 2009 17:44

                    Vous voyez votre côté positif et je l’ai écrit en début d’article, ceux qui en bénéficient sont contents. Mais il existe déjà la micro entreprise. Et si cela pourra permettre à quelques uns de se développer cela va entraîner en majorité :

                    - perte d’emploi pour le salarié à qui on pique son boulot
                    - augmentation vertigineuse des déficits sociaux
                    - création d’une sorte d’esclavagisme car ceux qui ne s’en sortiront pas feront 50 heures sans congés
                    - cela va faire baiser le niveau de salaire ou empêcher les augmentation
                    - il y aura un énorme retour de bâton pour ceux qui se sont rêvés leur propre chef et qui ne pourront pas réussir car la facilité de créer la structure est rien à côy-té de la dureté de la concurrence
                    - dire que l’on passe facilement ensuite à une autre étape est du domaine du rêve car il faut faire un tel saut passer d’une structure sans charge à une structure chargée, c’est-à-dire faire le double de CA pour le même salaire ! c’est du rêve. Bien sûr quelques uns y arriveront mais les autres soit resteront dans les limites du forfaits car il ne pourront jamais doubler le CA pour le même salaire car ils perdront alors leurs clients : c’est une passe et non un tremplin, soit ils couleront.

                    Sauf pour quelques us c’est un piège qui se referme de tous les côtés et en cas d’arrêt c’est la catastrophe : pas de chômage !

                    Alors si cela est utile à quelques uns, je mets ma main à couper que globalement c’est coûteux, dangereux, injuste, non solidaire et c’est développer la loi de la jungle.

                  • Cap2006 16 mai 2009 17:54

                    @Arnes,
                    vous écrivez :
                    "Même avec le statut de la micro entreprise, le mythe du guichet unique (que vous dites avoir pratiqué !) ne marche que pour l’inscription, après, il faut passer des journées interminables avec l’ Ursaf, le RSI, la Cipav et autres administrations taxant à retardement sur des bases forfaitaires et ne se mettant jamais à la portée de ces créateurs : arrogance, langage abscons, courriers comminatoires."

                    Je confirme ... pour le pratiquer depuis tout juste 1 an maintenant... ( En fait, une réforme de regroupement RSI faite dans le style à la mode aujourd’hui : au pas de charge...)


                  • Suldhrun LOL 16 mai 2009 14:59

                    Com dirait cér ven t est , ; ! on part chercher de la laine ,et on revient , , tondus !!!


                    • goc goc 16 mai 2009 17:56

                      on peut aller plus loin dans les consequences de ce statut

                      d’abord pour l’entreprise qui employera un auto-entrepreneur, le risque de voir ses clients partir vers l’auto-entrepreneur. A vouloir chercher le moins cher possible, il ne faut pas s’etonner que ses propores clients cherchent a faire la meme demarche.

                      ensuite pour l’auto-entrepreneur, qui verra son chiffre d’affaire approcher de la zone dangereuse, celle qui le fera passer dans le statut d’entreprise classique et donc payer des charges consequentes. Par exemple, l’autoentrepreneur qui arrivera a 29k€ en octobre, s’appercevra tres vite, que s’il gagne encore un peu plus, c’est tout son chiffre de l’année qui le fera basculer vers le statut d’entreprise classique (sarl, eurl, etc..) et du coup, on lui reclamera le rappel des charges correspondantes a son nouveau statut, et donc qu’il travaillera les 2 derniers mois, uniquement pour l’etat, voir meme, il risque de perdre de l’argent. Donc au final, il preferera travailler au noir.


                      • Imhotep Imhotep 16 mai 2009 18:12

                        C’est dit un peu différemment la réponse que je viens de faire plus haut. Il sera tout bonnement impossible de passer du statut d’autoentrepreneur à celui de sarl :

                        - vous serez obliger de doubler les prix et vous perdrez tous vos clients sinon vous bosserez dix fois plus pour les remplacer par les nouveaux avec en plus une nouvelle confrontation avec la concurrence et cette fois-ci sans y avoir été préparé et sans désormais l’avantage des tarifs 50 % moins élevés.

                        Bonne réflexion pour le risque passage en sarl en fin d’année qui favorisera le noir.

                      • Arnes Arnes 16 mai 2009 19:48


                        @ Goc

                        Pour votre premier point, vous avez raison, mais c’est le comportement normal de tout consommateur client

                        Pour le deuxième point, nous avons réalisé un simulateur excel : pour un faible chiffre d’affaires, le statut auto entrepreneur est le plus intéressant ; et lorsque le CA arrive près du plafond, les niveaux de charges sont équivalent, donc il n’y a pas de mauvaise surprise. Le seul probleme, c’est qu’il doit facturer la TVA, ce qui n’est pas trop grave en tant que commercant, mais pose un probleme pour les sociétes de service qui doivent majorer leurs tarifs de 19.6% pour conserver leur revenu. Dans le cadre de notre accompagnement, nous les aidons à anticiper cela. Je vous signale que le problème est le même sinon pire pour la micro entreprise puisqu’elle paie ses charges en différé et c’est la cause de la faillite de la 3ieme année où toutes les charges des années precédentes s’accumulent et si le createur n’a pas provisionné ces charges, il coule.

                        Là encore, c’est plus sûr d’être auto entrepreneur que micro entreprise.


                      • goc goc 17 mai 2009 04:09

                        @ Arnes

                        le pb, c’es surtout pour ceux qui sont « à la marge », c’es a dire dont le CA fluctue autour du max de l’AE. Si le passage de AE vers SARL est relativement simple, le cas devient bien plus douloureux en cas de baisse du CA, car là visiblement, le retour en arriere est impossible, car il faudra payer les charges de l’AE et continuer a payer des charges (parfois forfaitaires ) de l’ancien statut.


                      • MortytheReaper 16 mai 2009 19:39

                        La seconde bombe à retardement est l’ouverture et droits et liquidations CQ et retraite. Je m’explique, l’autoentrepreneur qui aurait la mauvaise idéee de ne pas ou trop peu déclarer de revenus (régime déclaratif on contrôlé) aurait une base de calcul CQ et retraite iexistante voire trop faible pour acquérir des trimestre. Bref ,la couverture à court terme ou moye terme serait peu ou mal assuré. D’autant plus que, si une activité principale existe et n’est pas à temps complet, les droits acquis en régime général seront proportionnels aux cotisations. Idem en autopentrenreur et « 0 x8,4%= 0 ». Conséquence, les caisses se réservent le droit de radier au bout d’un an (rumeur de la semaine) l’autoentrepreneur qui n’aura pas réalisé de cotisations.

                        Puis, dans trois ans les autoentrepreneur devront choisir etre « micro-entreprise » classique ou « réel simplifié »
                        En micro-entreprise, payé ou pas il faut soritr les fonds pour le sappels trimestriels.Le papier bleu arrive vte en cas de difficulté.
                        Au réel simplifié, les « obligations » administratives sont plus rigoureuses.
                        Reculer pour mieux sauter ? Il aurait mieux fallu une réforme de la micro-entreprise pour mieux organiser la trésorerie que la fausse bonne idée qui risque au-delà des effets de concurrence déloyale par dumping, d’en laisser plus d’un sur le carreau au moment de la liquidation des droits.... ;


                        • furio furio 16 mai 2009 21:14

                          l’auto-machin c’est le paravent qui autorise « officiellement » le travail au blackos !! C’est l’apologie du travail de charlatan ! C’est l’insécurité la plus totale. Bref c’est de l’ultra libéral ! On sait ce que cela donne. l’équipe à talonetto continue sur sa lancée pour faire de la France une copie à l’identique des states et de la Grande bretagne ! Comme si la crise s’était arrétée aux frontières de notre douce France.


                          • Plus robert que Redford 16 mai 2009 21:30

                            Je suis d’accord avec nombre d’intervenants qui ont bien saisi les implications perverses de ce sustème :
                            L’auto-entrepreneur est un homme qui va exercer son activité seul ! à ces niveaux de blocage du chiffre point, n’est envisageable de fonctionner à deux ; peut-être sera-t-il même difficile de faire appel aux services des professionnels qui lubrifient grandement le fonctionnement des petites entreprises : comptable, juriste, service contentieux (eh, oui ! c’est pas parce que l’on est auto-entrepreneur que l’on sera mieux ou plus vite payé qu’une entreprise normale !)
                            Résultat, au moindre faux pas, au moindre pépin de santé, l’auto-chose sera dans une merde noire ! pas de remplaçant, pas de chômage, (pas sûr qu’il ait souscrit une assurance perte de revenu !) et les clients qui fuitent illico à la concurrence...
                            Entre le blocage par le haut sur un CA à 32.000€ et la déconfiture totale en cas de pépin, nous voilà en face d’une belle voie sans issue, une machine à fabriquer des exclus des aigris ou des RMIstes, sans compter les dégâts qu’une telle concurrence à peine loyale, aura entre-temps provoqué dans le tissu des PME nationales !!!


                            • hpspt 16 mai 2009 23:03

                              L’article melange deux choses :
                              - vaut-il mieux etre salarie qu’independant... (vaste probleme)
                              et
                              - les avantages de l’autoentrepreneur par rapport aux autres statuts d’independant. (En fait tous les avantages sauf un : on ne peut pas vivre avec 800E par mois).

                              Sinon le systeme de charges sociales va, en France, a long terme, faire disparaitre les salaries (sauf les fonctionnaires).
                              Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? la reponse n’est pas si evidente.
                              La securite du salarie n’existe plus plus et la liberte d’un entrepreneur n’a (presque) pas de prix....


                              • depassage 17 mai 2009 01:05

                                Un point qui n’a pas été évoqué ici c’est que le statut « auto-entrepreneur » n’a jamais été conçu pour créer une entreprise à part entière mais bien plutôt pour constituer un apport de revenus supplémentaires à des personnes disposant déjà d’un revenu fixe.

                                Par exemple un enseignant disposant de longues périodes d’inactivité pourra bricoler dans le bâtiment pendant qq. semaines, que ça marche ou pas ne sera pas un souci vu qu’il retrouvera sa paye à la rentrée.

                                Plus pervers : Un salarié dans une entreprise quelconque pourra concurrencer sa propre entreprise en exerçant la même activité pendant son temps libre.

                                En conséquence les entreprises déjà existante et exerçant à temps complet subiront la concurrence d’une masse de bricoleurs à temps partiel qui n’auront guère à se soucier d’obtenir un résultat probant puisqu’ils sont déjà rémunérés par ailleurs, et pour ceux qui auront eu la folie de créer une entreprise à temps complet sous ce statut ce sera la bérézina à court terme.

                                Il faut insister sur le fait qu’il s’agit d’un statut « jetable » qui ne coûte que si l’on s’en sert. Des 150.000 inscrits pompeusement annoncés combien l’utiliseront-ils vraiment ?

                                Mais il y-a encore pire : Les aficionados du travail au noir sont depuis longtemps organisés pour dissimuler les revenus de leurs activités parallèles, leur seule limite résidait dans le fait qu’ils ne pouvaient s’infiltrer partout en raison des risques potentiels de se faire repérer et aussi l’impossibilité de se faire connaître officiellement via des manifestations spécialisées.

                                Avec un statut auto-entrepreneur ces barrières tombent mais ce n’est pas pour autant que les revenus de l’activité seront déclarés. Un salarié ou un fonctionnaire doté d’un revenu officiel peut sans problème déclaré que son revenu auto-entrepreneur a été de 300€ pour l’année même si il en a rapporté 10.000 dans les faits. Par contre une entreprise ou un indépendant n’ayant que le statutA.E. comme source de revenu peut difficilement se permettre ce genre de plaisanterie.

                                C’était ma bombe à neutrons.

                                PS : Les activités purement commerciales sont également gravement touchées par ce statut sous sa forme actuelle mais cette dernière catégorie socio professionnelle semble n’intéresser personne. Un peu dommage non ?


                                • pigripi pigripi 17 mai 2009 16:46

                                  Bonjour,

                                  Etant moi-même AE, il est très clair pour moi que c’est une formule destinée à aider les entreprises qui « croulent sous les charges », qui délocalisent parce que « le travail est trop cher en France » et qui sont les seules, moyennes et grandes, à profiter du système sarkozien « faire travailler plus moins cher pour gagner plus sans redistribuer ».

                                  Depuis que je suis AE, je suis sollicitée par des agences de recrutement ou des agences de services qui sont séduites par mon « indépendance » administrative et qui me proposent des boulots rémunérés au minimum du marché. C’est moi qui prend les risques, pas les entreprises.

                                  L’avantage, c’est que je peux espérer piquer de la clientèle à ces esclavagistes smiley))) Ce n’est pas facile car, évidemment, elles mettent plien de pare-feux entre moi et le client mais ce n’est pas impossible ....


                                  • David Meyers 17 mai 2009 17:38

                                    L’idée « géniale » (toute con en fait), du statut de micro entrepreneur, c’est de pouvoir « démarrer » une activité sans avoir à casquer d’avance à tout un tas de régimes ogrivores. Et c’est énorme.

                                    Il ne s’agit pas de se lancer dans la production industrielle automobile ou de fabriquer des fusées pour l’espace mais de tester des modèles, des idées, des travaux divers en prenant ses propres risques sans engraisser Ursaff et Cie.

                                    Dire qu’il a fallu attendre des décennies (siècle) pour en arriver là est proprement pathétique.

                                    Comme lu dans de nombreux commentaires, ce statut n’est guère viable seul. Il peut venir en complément d’un autre travail (salarié), en complément à une autre forme de rémunération (portage, micro entreprise, SARL) ou pour répondre à des marchés difficilement viables dans les formes classiques (vendre d’oranges bleues à coins carrés par exemple).

                                    L’intérêt de l’article, en dehors de sa charge parfois juste mais virulente, c’est bien de montrer que la politique, et spécialement le droit du travail, repose sur de fragiles équilibres qu’il est toujours difficile de rompre par des lois simplistes issues du matin en se rasant.

                                    On reparlera de cette incompétence notoire de nos gouvernants actuels, et de leur attachement aux idées simplistes de Monsieur le Président de la République, lorsque le travail du dimanche reviendra devant les godill.. les députés, cet été.


                                    • xa 18 mai 2009 12:01

                                      @l’auteur

                                      Tout d’abord, je suis globalement d’accord avec les risques que vous soulevez sur ce statut, en ce qui concerne la concurrence entre un artisan hors miro entreprise et un artisan en autoentrepreneur. Au détail près que cette situation correspond à peu près à la concurrence entre un micro artisan n’ayant pas le statut d’auto entrepreneur, et un artisan hors micro entreprise. Donc ce problème existe depuis que le statut de micro-entrepreneur existe.

                                      On a pas vu, jusqu’à présent, d’effet notoirement défavorable aux artisans ou aux salariés. Plutôt des débuts d’activités nouvelles, donc de la création « d’emplois » (guillemets, puisque ce ne sont pas réellement des emplois, le micro entrepreneur étant un TNS).

                                      Par contre, le risque bien réel de dépassement du CA autorisé et la requalification de la société pouvant de facto entrainer une faillite est lui bien réel, et nombre de micro entrepreneur l’ont découvert à leur dépend le jour où ils ont passé la barre fatidique.

                                      Par ailleurs, juste pour corriger votre lien, auto-entrepreneur.fr n’est pas le site officiel !
                                      Le site officiel est lautoentrepreneur.fr, dont vous verrez la mention Urssaf tous droits réservés en bas de chaque page.

                                      @Rage
                                      « Quelle différence entre l’artisan en solo et l’auto-entrepreneur ? L’un paie 45% de charges, l’autre 2 fois moins. »

                                      Idem. Vous comparez l’autoentrepreneur, en micro entreprise, un l’artisan hors micro entreprise. Le meme artisan solo, avec un CA limité, pourra choisir le régime de la micro entreprise, et de fait avoir des charges limitées à :
                                      - 14 % pour les entreprises dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place, ou de fournir le logement.
                                      - 24,6 % pour les entreprises exerçant une autre activité.

                                      D’ailleurs, on peut se demander l’intérêt de conserver ce statut de micro entreprise parallèlement au statut d’autoentrepreneur. (je ne me suis pas suffisement penché sur la question pour trouver des avantages au statut micro EI par rapport au statut auto entrepreneur).

                                      "Je suis dirigeant d’une agence immobilière et je paie au SMIC + commissions : pourquoi m’emmerder à payer mes gars s’ils peuvent eux-mêmes assumer cette activité sous ce statut ?"

                                      Euh ... peut etre parce que ce statut ne convient pas vraiment. Un agent co ne maitrise pas vraiment le CA qu’il va générer, donc il lui est difficile de rester sous les 30k de commissions par an ... En salarié, l’agent immobilier sera au smic en avance de commission + commissions (ce qui signifie qu’il doit, avant de toucher réellement une commission, rembourser ses salaires précédents).

                                      Prenons un agent co/immo ayant un rendement correct. Il réalisera 130 à 160k de CA pour son agence par an.

                                      Avec un tel CA, meme le salarié, dont le commissionnement est très inférieur à l’agent co, dépassera les 30k en propre. Du coup, l’agent co ne peut être auto-entrepreneur .... sauf é vouloir faire cela à mi-temps, ou en complément d’une activité principale. Par ailleurs, l’agent co non rattaché à une agence devra posséder sa carte pro et souscrire à sa propre garantie (ce qui n’est pas déductible dans ce statut, ce qui le disqualifie pour cette activité).

                                      Mais votre remarque générale reste ... pour des métiers dont le CA est plus maitrisable.

                                      @bruxmann

                                      « Vivre avec 30 000 € HT de CA ce n’est PAS possible. Parce qu’une fois vos charges payées il ne vous reste plus assez pour vivre. »

                                      Pour peu que le métier engage eu de frais, cela laisse 2000 euros apres charges et impots, ce n’est pas suffisant pour vous, j’en conviens, mais ne dites pas qu’on ne peut pas vivre avec ca, sinon plus de 60% des francais n’ont pas de quoi vivre.

                                      Il n’existe pas de tels métiers ? Bien sur que si. Il suffit de réfléchir à tous les métiers dont le salaire brut est inférieur à 30k et qui ne nécessite pas ou peu d’investissement. Développeur Web, par exemple. 2000 euros de frais de matériels, d’électricité et de connexion par an suffisent. Et encore, il n’est pas vraiment nécessaire de changer de desktop ou de laptop tous les ans, non ?

                                      Un exemple plus simple : femme de ménage. En salaire réel, elle « facturera » 10 euros nets, 11 euros CP inclus, soit 18 euros CC. En auto entrepreneur, pour les memes 11 euros (puisque pas de CP du coup), elle facturera 14 euros seleument ... soit 30% d’économie pour l’employeur. Ou alors elle facturera toujours les 18 euros, mais elle en gagnera du cout 15 de l’heure.

                                      Si vous pense : on ne peut pas créer une activité importante avec ce statut (surtout dans votre domaine), je suis d’accord. Ce statut permet de tester une activité indépendante pour les métiers à forte valeur ajoutée, ou de contourner des charges pour des métiers plus manuels (l’exemple de l’artisan de l’auteur est à ce titre judicieux). Et dans ce cadre, il met effectivement en concurrence des salariés classiques avec des autoentrepreneurs.

                                      @goc

                                      Le problème est connu. Et les micro entrepreneurs classiques étaient déjà sous cette guillotine du dépasement de CA. La seule solution, pour ces personnes, c’est le suivi minutieux de leur facturation, afin de limiter réellement le CA. Et jouer avec les dates de facturation.

                                      Ca demande du temps et de la rigueur. Et la le risque, à mon sens, c’est qu’à vendre ce statut pour sa simplicité extrême, on ne permette pas aux AE de prendre en compte cette nécessité comme le faisaient les micro entrepreneurs (et pourtant bcp se sont fait avoir en ME aussi). Or ce risque est bien réel, et le franchissement de la barre fatitiduqe peut s’avérer ruineux pour celui qui ne s’est pas préparé (d’autant qu’il est de fait responsable sur ses biens propres).


                                      • Christophe Certain Christophe Certain 26 mai 2009 08:50

                                        Etant moi-même auto-entrepreneur, j’ai quelques réflexions à apporter à ce sujet :
                                        d’une part, ce statut est peut-être une bombe atomique sociale mais ceux qui peuvent travailler avec ce statut ne sont pas à la charge de la société pendant ce temps-là. Si ça ne marche pas ils peuvent toujours arrêter et faire autre chose étant donné que les frais d’inscription sont très faibles. Et quelle est la différence entre chercher des clients et ne pas en trouver avec le statut d’auto-entrepreneur ou arriver en fin de droit au chômage ? Les allocations ne sont pas éternelles. Tant qu’à faire autant chercher des clients si on sait qu’on ne peut pas trouver d’employeur.

                                        Alors c’est vrai c’est tellement mieux d’avoir un emploi salarié dans une entreprise citoyenne qui ne prend pas ses employés pour des esclaves, plutôt que de bosser pour des clopinettes, mais ce n’est pas donné à tout le monde. Si je prends mon exemple personnel, j’ai 43 ans, je suis développeur de sites web depuis 15 ans, et aucune société ne veut de mes services en tant que salarié avec un salaire décent, je n’ai jamais de réponse aux CV que j’ envoie de temps en temps pour voir quand je trouve un poste qui me plairait vraiment, alors qu’il y a 10 ans je n’avais que l’embarras du choix.
                                        Avec le nouveau statut j’arrive tout juste à survivre alors qu’avec l’ancien, j’ai depuis 3 ans creusé mon endettement au lieu de m’enrichir. Aujourd’hui je ne suis pas en concurrence avec des grosses boîtes à qui je vais tondre la laine sur le dos en raison du peu de charges que je paie, je suis en concurrence directe avec des informaticiens marocains ou malgaches qui font la même chose que moi pour le tiers du prix... Expliquez-moi comment je peux faire pour lutter ? Aller vivre au Maroc ? En entreprise ce n’est pas mieux car pour vous donner un ordre d’idées, aujourd’hui on embauche sur Paris des jeunes ingénieurs à 1500€ voire 1200€ par mois dans les grosses boîtes. Je précise bien sur Paris !

                                        Vous aurez du mal à me faire pleurer sur le sort des artisans, notamment dans le bâtiment, qui ont des carnets de commande pleins 2 ans à l’avance ici à Nantes (il est vrai qu’ils doivent souffrir peut-être un peu avec la crise, mais on n’en parlait pas quand l’argent rentrait à plein depuis 10 ans). Quant à leurs employés (j’en connais dans mon proche entourage) ils profitent tous des 35 heures pour arrondir leurs fins de mois en faisant du boulot au noir. Et je ne parle pas de tous ceux qui retapent des appartements au noir depuis des années, au vu et au su de tout le monde, et qui vont même refaire des appartements chez des inspecteurs des impôts, tout en touchant le RMI.
                                        Ce n’est pas de la provocation poujadiste, il se trouve que je connais de près au moins deux personnes qui sont dans ce cas depuis des années et qui survivent eux aussi comme ils peuvent, même si certains dans le lot doivent certainement gagner un peu d’argent à la fin. Combien ça coûte en charges sociales qui ne rentrent nulle part tout ça ? Il faut arrêter l’hypocrisie.

                                        Parmi les gens qui ont mon âge et que je connais, aucun n’ a les moyens de payer un artisan pour faire des travaux chez lui (par exemple mes beaux-parents ont fait refaire leur petite salle de bain par des artisans cela leur à coûté 7000 € pour poser une douche, un peu de carrelage et mettre deux coups de peinture, et on a été obligés de repasser derrière avec ma femme car les finitions étaient mal faites) Ils font donc logiquement appel à des gens qui coûtent moins cher. Ah c’est vrai ce n’est pas bien d’embaucher des gens au noir, mais comment faire autrement ?
                                        Nous sommes dans une vaste spirale déflationniste qui ne dit pas son nom. Et c’est pour cela que ce nouveau statut devenait indispensable pour prolonger un peu le système avant que des millions de travailleurs n’aient plus de travail du tout. Le long terme est sacrifié pour sauver le court terme, jusqu’à ce que tout explose. A chaque tour de spirale notre niveau de vie descend d’un cran, comme cela s’est passé aux Etats-Unis, jusqu’à la faillite totale du système, car personne pour l’instant n’a envisagé de moyen de sortir de cette spirale infernale. Il n’est plus temps de savoir si le statut d’auto-entrepreneur est bon ou pas, il est la seule bouée de sauvetage pour beaucoup de gens avant le RMI. C’est le système dans son ensemble qui est sur le point de sombrer. Et ceux qui ne s’en aperçoivent pas doivent être encore un peu trop haut dans la sphère sociale pour voir à quoi ressemble la clochardisation des couches les plus basses du pays.


                                        • Dominique 26 mai 2009 17:47

                                          Comme vous le soulignez très justement, le statut d’auto entrepreneur est loin d’être un choix pour de nombreux chômeurs qui voient le terme de leur indemnisation Assedic arriver à grands pas. Quand on a été licencié à plus de 50 ans, on n’a pratiquement aucune chance de retrouver un emploi et les pôles emplois orientent systématiquement ces + de 50 ans vers l’auto entreprise.

                                          Or, il ne suffit pas de maîtriser une technique -l’électricité- par exemple pour réussir ; certains sont d’excellents techniciens mais n’ont aucune compétence ni goût pour la facturation, son suivi, les relances ou comment faire face aux clients de mauvaise foi qui refusent de payer ...

                                          Pour certains travaux, des assurances sont indispensables, qui viennent renchérir les coûts, sans compter la concurrence des CESU pour lesquels existent un dispositif de défiscalisation à l’intention des particuliers. Il y a énormément d’offres de service CESU dans les journaux locaux.

                                          Nous sommes effectivement dans une spirale infernale et si les premiers touchés sont les classes sociales les plus défavorisées, ce n’est qu’un début. Peu à peu, c’est le plus grand nombre qui sera atteint d’une façon ou d’une autre car il est loin d’être exclu que les pensions de retraites soient drastiquement revues à la baisse pour atteindre à terme un plafond par foyer fiscal ... ce qui remettra de force des retraités sur le marché du travail comme aux Etats Unis ou en Grande Bretagne, tandis que les taxes locales et impôts augmenteront pour nourrir nos hauts fonctionnaires, les élus de la nation et de l’UE, nos diplomates et fonctionnaires internationaux.

                                          Jusqu’à l’effondrement du système ...


                                        • jean 26 mai 2009 13:40

                                          Petite rectification.
                                          Dans l’article, on parles d’un déficit de charges social de 600 euros par auto entrepreneur. et l’on se sert plus loin de ce chiffre pour calculer un déficit social globale de 180 millions d’euros ! Ce calcul est on ne peut plus simpliste, car si les auto entrepreneur cotises moins, c’est aussi qu’il ont droit a moins de prestations social comme cela est précisé dans l’article. Je ne vois pas comment un travailleur qui ne cotise pas pour les assedic par exemple pourait creusé son déficite, puisqu’il ne recevras jamais un cent de cet organisme ! Et de même pour si l’auto entrepreuneur tombe malade, son salaire ne seras plus assuré, donc Oui c’est un gros risque pour l’auto-entrepreuneur et il est important d’en être concient, mais qu’on ne dise pas que cela va creuser la dette sociale, je crois au contraire que c’est pour l’état un moyen de se désinvestire de la protection sociale tout simplement. Et donc d’économiser.
                                          Au risque et péril de l’auto entrepreneur.

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