Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > La triste démonstration grecque

La triste démonstration grecque

La Grèce de l’Antiquité a été le berceau miraculeux d’une philosophie dépouillée d’une spiritualité, d’un recours au divin qui étaient pourtant partie intégrante de la culture grecque, - dans Homère chaque héros est protégé par un dieu ou une déesse qu’il intègre dans sa personnalité comme une expression de cette grand idée qu’il y a une part de divin dans chaque être humain-, et qui dominait également la pensée courante de l’époque.

La Grèce a ainsi légué à l’Europe, une philosophie, une pensée, une culture profondément méditerranéenne qui a été prolongée par la civilisation arabe à son apogée après Rome, qui lui ont permis de développer les sciences, la littérature, les arts… indépendamment d’une église par ailleurs très pesante. En cela nous devons beaucoup à la Grèce.

Aristote a aussi analysé la société de son époque et notamment le rôle de la monnaie et des marchands. Il a ainsi mis en évidence une leçon malheureusement oubliée qui concerne le pouvoir d’exploitation des gens par la monnaie. Il y a également dans le christianisme l’idée de la nocivité des marchands pour la société humaine. On était pourtant loin, à l’époque, de la véritable déification des marchés qui marque notre monde d’aujourd’hui.

Changer la société, ce qui est un impératif parce que le système ultralibéral a mis l’humanité à l’arrêt au niveau économique et l’a dégradée sur plan de la morale, alors que pour survivre elle doit s’adapter et progresser, nécessite une profonde réflexion notamment sur les mécanismes d’exploitation des peuples et de l’être humain. Ainsi que sur la vraie gouvernance qui est cachée aux peuples dans le cadre d’une véritable domination que le système exerce sur eux.

Sans vouloir mettre en avant un nouveau dogme qui se substituerait à la lutte des classes, on peut néanmoins dire que nous sommes dans une lutte des peuples contre un système.

L’épisode que nous venons de vivre avec la Grèce et qui est loin d’être terminé, - il est rythmé par les échéances des prêts que la Grèce a souscrit auprès des marchés et la prochaine est en juin-, est exemplaire de la difficulté, pour un peuple, de remettre en cause la domination totale que le système exerce sur lui.

 

Les échecs des mouvements sociaux

 La France est agitée continuellement par des mouvements sociaux et il y a eu deux grands mouvements nationaux récemment. Celui sur les retraites qui a mobilisé près de 3 millions des personnes et celui nommé « la Manif (famille) pour tous » dont l’interprétation par le pouvoir et les médias a été caricaturale.

Contrairement aux simplifications manipulatrices que l’on veut imposer, en gros une manif de gauche et une manif de droite, ces deux grandes manifestations étaient dirigées contre le système. C’est naturellement compris en ce qui concerne les retraites, cela l’est moins pour la Manif pour tous parce que celle-ci a fait l’objet d’une intense contre propagande de la part du pouvoir et des journalistes au service du système. Elle a notamment été présentée essentiellement comme une manif anti gay [alors que les sondages montraient bien qu’une grande majorité de français acceptaient le mariage pour tous] et estampillée de droite (venant d’un pouvoir qui œuvre en serviteur zélé de l’extrême libéralisme c’est osé, mais cela marque le degré de soumission idéologique des gens).

La manif sur les retraites reprenait comme une routine, c’était là sa première faiblesse, les actions classiques sous la bannière syndicale. Cela a été malheureusement un échec retentissant et démoralisant. Le fait que cela n’ait pas été reconnu comme tel par les états majors syndicaux et politiques de gauche (c’est une formulation tellement galvaudée que l’on dit maintenant ; la gauche de la gauche, la vraie gauche, la gauche radicale comme pour Syriza.. ) est très handicapant au niveau de l’analyse politique pour les organisations de cette mouvance qui prétendent combattre le système.

La Manif pour tous était plus dangereuse parce qu’elle était politisée. Et d’ailleurs elle n’a subi qu’un échec relatif. Une Loi a certes été votée, mais les mesures les plus destructrices pour la morale et la cellule familiale classique ont été repoussées. Ainsi l’atroce business de la GPA, Gestation Par Autrui, que des leaders d’une gauche, à la dérive sur le plan des idées, soutenaient.

 C’est déjà une première indication. La véritable lutte se situe au niveau politique. Ainsi défendre la sidérurgie sur le thème de la conservation d’emplois ne marche pas. Faute d’avoir mis en avant la question de la place incontournable de la sidérurgie pour une industrie lourde de haut niveau technologique. Donc l’aspect politique majeur.

Heureusement toutes les luttes pour l’emploi et contre les délocalisations ne sont pas vouées à l’échec. Mais quand elles aboutissent c’est dans un contexte de fort impact politique des fermetures programmées.

Quelles sont les raisons de ces échecs ?

 L’échec de méthodes traditionnelles devrait inciter les états major syndicaux, ainsi que les partis politiques engagés dans des projets de changement de système, à réfléchir et à proposer des analyses ouvrant la voie à des méthodes de luttes plus efficaces. Il n’en est rien et nous verrons que Syriza s’est présenté à cette phase d’affrontement avec les représentants du système, complètement démuni à cause d’une absence totale de réflexion de fond qui l’a empêché d’utiliser des atouts majeurs. Avec, en plus, la croyance naïve qu’il lui était possible de diviser les pays des traités européens et notamment de s’appuyer sur la France, afin de contrer l’Allemagne le gardien rigide d’un système ultralibéral maintenant inscrit dans les institutions européennes. Alors, qu’en est-il ?

Une des grandes forces que possédait le capitalisme était celle de s’adapter, d’évoluer en fonction de ses contradictions afin de lutter contre des tendances destructrices. L’une de celles-ci, mise en évidence par Marx, est la baisse tendancielle du taux de profit. L’adaptation l’a conduit à utiliser les ressources d’un réseau informatique mondial diffusant l’information en temps réel. Afin de multiplier les opérations financières à caractère de plus en plus spéculatif, sur les places financières du monde. Ainsi que de multiplier la spéculation sur les échanges commerciaux et les flux de matières premières.

Au tournant des années 70/80 le capitalisme a effectué une révolution interne, notamment avec la mise en place progressive d’un système économique sur le mode néo libéral de l’école de Chicago et en délocalisant massivement la production. La grande capitulation des responsables politiques devant le système a notamment permis aux Banques privées de mettre la main sur la monnaie. Un laxisme complet a permis à l’ingénierie financière de créer beaucoup de produits dérivés, d’utiliser des paradis fiscaux et des filières de transferts de capitaux discrètes.

Cette mutation profonde du système capitaliste a logiquement engendré un nouveau rapport de force particulièrement pour les questions sociales.

Au temps du capitalisme industriel d’état, il était possible de faire reculer le système et d'obtenir de lui des avantages en termes de salaires et sur le plan social.

Il y avait des possibilités de relance économique par la consommation.... la production était encore le centre des mécanismes d'exploitation..

Aujourd'hui nous sommes sous le joug d'un capitalisme financier qui se trouve au-delà des pays, y compris l’Angleterre et les USA qui abritent les deux plus grandes places financières, et qui n’est pas rattaché à une culture... Une sorte de pouvoir supérieur occulte. Dont une arme majeure est constituée par son emprise sur la monnaie.

Les prêts des marchés financiers aux états, collectivités locales, particuliers, mais aussi pour les entreprises, les artisans… sont au cœur de l'exploitation du capitalisme d'aujourd'hui. Qui d'ailleurs prend la forme d'une véritable domination des individus dans un monde orwellien. A cause des médias achetés et des hommes, - journalistes, experts, philosophes, scientifiques…-, vendus à un système qui développe naturellement une certaine forme d’élitisme.

La pression idéologique du système dominant est telle que ne pas analyser toutes les facettes de sa domination sur les peuples, les nations et leurs gouvernements, est une faiblesse rédhibitoire au moment de l’affrontement.

La Grèce

 La Grèce est devenue le pays des accords européens le plus sinistré. A partir d’un premier défaut de paiement en 2012, dont la charge a été renvoyée sur le secteur public, les exigences de l’eurogroupe et l’action de la Troïka, BCE, commission européenne et FMI, ont conduit à la ruine de ce pays avec une chute vertigineuse de son PIB, un appauvrissement dramatique de sa population et un littéral dépeçage de ses richesses au profit d’intérêts privés.

Syriza a été élu sur un programme d’urgence sociale et de récupération de richesses permettant une vraie relance de l’économie.

Le ton a immédiatement été donné par la commission de Bruxelles, l’Eurogroupe, et les serviteurs zélés du système, avec nos gouvernants en première ligne : peu importe le vote grec, la Grèce doit tenir ses engagements au niveau de la dette et des réformes. Le fait que ce soient précisément celles-ci qui empêche la Grèce de rembourser une partie de ses dettes ne joue pas.

Il est à noter que ce que la Troïka exige de la Grèce : privatisation de l’énergie, du commerce, des transports, flexibilité des contrats de travail, diminution des retraites, démolition de l’enseignement, …. sont des mesures que la France applique où se prépare à mettre en œuvre. La Loi Macron a été imposée à la France par la commission européenne à la suite de son incapacité à respecter la règle du déficit budgétaire.

Le problème de la Grèce étant à épisodes avec une fréquence qui s’accélère, l’Allemagne a décidé indépendamment du résultat de discussions, d’exclure la Grèce de l’Eurozone.

Parce que la Grèce est incapable de payer même les simples intérêts de sa dette et d’avoir une mince marge de manœuvre budgétaire. Donc, soit on restructure sa dette. Une manière de qualifier un effacement partiel de la dette. Soit on lui prête de l’argent pour faire face à ses échéances, mais cela revient à intégrer une nouvelle dette grecque, qui ne vaut rien, dans des actifs bancaires. Dans tous les cas il y a un problème bancaire.

Il s’agit aussi d’imposer à la Grèce de ne pas revenir sur les privatisations qui permettent aux intérêts privés d’exploiter les richesses grecques.

Mais cette mesure de débarquement qui a donné lieu à un néologisme péjoratif : le Grexit, fait peur à plusieurs pays de l’eurozone, dont la France.

Finalement cela a semble-t-il fait aussi peur au nouveau gouvernement grec, qui n’était pas préparé à une bataille aussi radicale, malgré son qualificatif de gauche radicale, et qui a cédé pratiquement sur tout devant l’eurogroupe. Notamment sur le point crucial de ne pas revenir sur les privatisations, ce qui le prive de moyens pour relancer l’économie grecque.

Et il ne lui reste qu’une très faible marge de manœuvre pour les mesures d’urgence.

L’emblématique membre de Syriza, Manolis Glezos, ne s’y est pas trompé qui a dénoncé un habillage de mots pour cacher une capitulation devant l’eurogroupe.

Ce qui a pesé lourd, c’est le fait que le gouvernement grec s’est retrouvé devant l’obligation d’organiser une sortie de l’Euro au pied levé.

Concrètement cela signifie :

 * imprimer des Drachmes

 * prendre des mesures pour éviter la fuite des capitaux

 * convaincre la population de ne pas retirer en masse des euros

 * commencer à établir des relations commerciales extérieures permettant d’amortir le choc d’une monnaie dévaluée.

 * redéfinir des relations politiques

 * financer un programme de relance économique en évitant l’inflation

 * …

Pour la partie économique du programme mieux vaut s’appuyer sur des économistes qui prônent la sortie de l’Euro.

Je doute qu’il le fasse , mais le gouvernement grec devrait utiliser le temps, court malheureusement, qu’il reste avant la prochaine échéance des prêts pour préparer la sortie de l’Euro qui est inéluctable pour la Grèce, puis pour d’autre pays dont la France.


Moyenne des avis sur cet article :  4.27/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

34 réactions à cet article    


  • ALEA JACTA EST ALEA JACTA EST 28 février 2015 09:51

    On est à la croisée des chemins.NO CHOICE ! Tsipras devrait profiter du petit ballon d’ oxygène dont il dispose pour quelques mois encore pour réfléchir sur la meilleure manière de se désengager peu à peu...Les grecs doivent à tout prix battre leur propre monnaie pour se donner une marge et distribuer du pouvoir d’ achat sur leurs produits nationaux et mettre en oeuvre une autre politique que celle prônée pàr l’ orthodoxie austéritaire merkelienne...

    Un bon capitaine doit savoir naviguer par vents contraires et on savait bien que Syriza n’ aurait pas pu à court terme obtenir de la troika l’ argent nécessaire pour mette en oeuvre sa politique de relance...Les premières concessions inévitables de Tsipras ne présagent en rien d’ un futur renoncement....J’ ose espérer que ces premières concessions ne sont qu’ une manière habile de gagner du temps.


    • César Castique César Castique 28 février 2015 10:15

      « ...convaincre la population de ne pas retirer en masse des euros... »


      Mais pour cela, il faudrait susciter un virulent mouvement populaire anti-Boches, entretenu par le non-paiement de dommages de guerre et de réparations après 1945.

      Les peuples ne sont vraiment forts que lorsqu’ils sont face à un ennemi - réel ou fictif, peu importe - unanimement reconnu. C’est d’ailleurs l’exhausteur de croissance qui fait rédhibitoirement défaut à l’U.E. depuis l’éparpillement « façon puzzle » du bloc de l’Est.

      Les Grecs ont, de surcroît, la possibilité d’exalter un sentiment national ombrageux, prenant appui sur une antiquité parmi les plus prestigieuses de la planète : 

      Schaeuble n’est pas Darius, Juncker n’est pas Xerxès, ces ternes burocrates ne pèseraient rien face à l’esprit de Marathon et des Thermopyles.

      Mais ça, la gauche entonnoir, elle ne sait pas faire... Quoique, si on lit attentivement le discours de Staline du 3 juillet 1941...

      • Céphale Céphale 28 février 2015 11:34

        Le préambule de cet article peut se résumer à cette phrase : nous sommes dans une lutte des peuples contre un système.


        C’est une philosophie de comptoir du café du commerce. Les peuples des pays européens sont représentés en principe par un parlement élu suivant des règles définies dans une constitution. Le système est une chose mal définie dans laquelle de puissants intérêts privés s’opposent au mépris de toute règle. Tout irait bien si nous étions dans une vraie démocratie, mais ce n’est évidemment pas le cas.

        Concernant la Grèce, il faudrait que le nouveau gouvernement fasse respecter les droits du peuple face aux exigences des représentants du système. J’espère qu’il y parviendra sans que ce pays quitte la zone Euro.

        • César Castique César Castique 28 février 2015 13:03

          @Céphale


          « ...nous sommes dans une lutte des peuples contre un système. »

          Et quand l’abject Juncker déclare : « il n’y a pas de choix démocratique possible contre les traités européens déjà ratifiés », c’est de la dictature de zinc du Bar des Sports ?


        • JMBerniolles 28 février 2015 21:20

          @Céphale
          je n’avais pas tellement envie de répondre, mais je vous trouve très méprisant pour les gens qui fréquentent les bistrots. Il y a des cafés littéraires, des cafés avec soirée philosophie... Et Socrate c’était la leçon de philosophie dans la rue. Le propre de la Philosophie est justement de n’être pas confinée dans des cercles élitistes.


          La lutte des « peuples contre un système » ressort du domaine social et politique et non de la philosophie. 

          Erreur à nouveau : ce sont les élus au Parlement qui représentent les citoyens qui les ont élus. ( à condition qu’ils défendent le programme sur lequel les électeurs ont voté pour eux)
          Le Parlement est une instance d’un système plus ou moins démocratique, suivant précisément les pouvoirs du Parlement.
          Le Parlement européen n’ayant pas le pouvoir de légiférer et n’ayant pas le dernier mot vis à vis de la commission européenne composée de responsables désignés, il en résulte que les institutions européennes issues des traités ne sont pas démocratiques.

          Si vous trouvez le système mal défini, c’est que vous avez un problème de compréhension.

          Les grecs ont parfaitement compris que la Troîka, -BCE commission européenne et FMI-, représente un système bâti sur le néo libéralisme. Il n’y a rien de plus clair.

          Mon préambule vise à montrer que nous avons des raisons d’être attachés à la Grèce.


        • alinea alinea 28 février 2015 15:34

          Voici la lettre que Syriza a envoyée à toutes les gauches radicales de l’UE ; elle est en anglais, j’en a


          • alinea alinea 28 février 2015 15:35

            @alinea
            fausse manip !! excuse !


          • alinea alinea 28 février 2015 15:39

            je l’ai comprise dans les grandes lignes, mais si un anglophone avisé pouvait préciser !

            Open Letter to the MPs of Die Linke MPs - and to other the parties of the radical Left in Europe

            Vote “no” to the agreement between the Greek government and the Eurogroup

            Dimitris Belantis - Stathis Kouvelakis, Syriza Central Committee
            Dear comrades,

            We want to inform you and your parties aboout the content of the provisional agreement between the Greek government and the leadership of the Eurozone on February 20 2015 – or at least how we understand it. At the same time we want to give you a brief assessment of the content of the reform list sent by our Finance Minister Gianis Varoufakis to the Eurogroup.

            Neither text corresponds to the main points of Syriza’s electoral program. What is even worse, they make it impossible to implement the main points of that program.

            We will give you here only a few examples. Increasing the minimum wage to 750 euros [that is its 2009 level] cannot be in the short-term decided “unilaterally” by our Parliament. It can only be a long-term perspective, subject to the condition that it doesn’t harm the country’s “competitiveness”.

            The privatizations which are already completed will be left untouched. For those that are still underway, the process should be completed “respecting their legality”. No objection of principle to privatizations is be found at any point in the text.

            Instead, the agreement asserts that the “modernization” of the social security system should be carried out, and we know that, as in the past, this kind of “modernization” actually means drastic cuts in welfare. Under the terms of the agreement, the control of the financing of the health system will be in the hands of foreign “institutions”, including the OECD. And one essential point of the electoral program of Syriza – namely tax relief for wage earners and tax exemption on annual incomes of less than twelve thousand euros – will be postponed for an indefinite period of time.

            Almost no bill may pass in Parliament without prior consent of the Troïka, which has now been renamed as the « Institutions », and it can’t be introduced without measures compensating its financial cost.

            This means that even the measures for the solution of the humanitarian crisis should be designed so as to entail no net budgetary impact.

            We wish to stress that the extension of the financing agreement of 2012 for four months without complying to the Memoranda, and to all their legal implications, is politically and legally impossible. To separate the financing agreement from the Memoranda is simply impossible. This means that, in violation of the central commitment of Syriza’s to the Greek people, the Memoranda and the set of laws enforcing them will remain substantially in place.
            Scepticism about, and rejection of, this new contract were expessed in a very clear way at the meeting of the parliamentary group of Syriza on Wednesday February 25. In an internal vote of the group, seventy members of the group voted in favour of the agreement, fourty MPs rejected it (against or ‘blank’ votes) and thirty MPs were not present in the room at that moment. The new President of the Parliament, Zoe Kostantopoulou and six ministers rejected the agreement. This weekend, a meeting of the Central Committee of SYRIZA will take place and decide on the agreement and the list of reforms submitted by the Greek government.

            For us, it is clear that the ratification of this agreement by the European parliaments, with the consent of the parties of the radical Left, goes against the interest of the Greek workers and of the Greek people.

            Solidarity between radical Left parties and formations in Europe and support for the Syriza government are necessary but they must be subject, in our view, to one decisive condition : that the policies of the Memoranda are abandoned and that neoliberalism is countered effectively and not only through neologisms and PR spin.

            Given this situation, the question arises, what position should the MPs of the radical Left in the Bundestag and in other parliaments of Europe take where this agreement will be submitted ? In our opinion, a “no” vote will help the Greek Left and in particular Syriza to realize its programme. Conversely, a « yes » can only create illusions and future disappointments.

            Dimitris Belantis, Lawyer, member of Syriza’s Central Committee
            Stathis Kouvelakis, Reader at King’s College London, member of Syriza’s Central Committee


          • JMBerniolles 28 février 2015 17:10

            @alinea
             Excusez moi, je pense que ce n’est pas Syriza en tant que tel qui écrit cette lettre, mais un membre important d’une tendance de ce mouvement sans doute.

            Il commence par dire que rien dans l’accord entre le nouveau gouvernement grec et les dirigeants de l’eurogroupe (non élus remarque au passage), ni dans la liste remise à l’eurogroupe par Gianis Varoufakis ne correspond au programme de Syriza. (concrètement cela veut dire capitulation du gouvernement grec devant l’eurogroupe).

            Il dit qu’il y a pire. L’accord empêche même d’envisager de mettre en oeuvre le programme de Syriza à l’avenir.

            Par exemple le relèvement du salaire minimum ne peut plus être décidé unilatéralement par le parlement grec. Cette hausse à 750 euros n’est possible que si elle ne grève pas la compétitivité de l’économie grecque.

            L’exemption d’impôts pour les revenus inférieurs à 12.000 euros annuels est repoussé à l’infini.

            La « modernisation » du système de santé grec le met entre les mains d’institutions étrangères dont l’OCDE.

            Cela veut dire que les mesures pour faire face à la crise humanitaire ne devront pas avoir d’impact budgétaire important.

            Aucune loi ne pourra passer au Parlement grec sans l’accord de la Troïka, renommée « Institutions ».

            Les privatisations passées ne seront pas remises en cause et celles à venir seront achevées.

            Dans le débat interne à Syriza sur cette accord avec l’eurogroupe, le scepticisme et le rejet de ce memorandum [l’accord gouvernement/eurogroupe] se sont largement exprimés.

            Un vote interne à Syriza a donné :
            70 en faveur de l’accord
            40 contres ou blancs
            30 membres étaient absents au moment du vote

            Le nouveau président du Parlement grec Zoe Constanpoulou et 6 ministres ont rejeté l’accord.

            Cet accord doit être ratifiés par un certain nombre de Parlements de pays européens [en Allemagne notamment, en France non]

            La solidarité des partis de gauche radicale en Europe est nécessaire, ainsi que le soutien de Syriza, mais cela doit s’exprimer par le rejet du mémorandum et le combat contre le néo libéralisme autrement que par des néologismes [Institutions pour Troïka] et des pirouettes.

            Le vote Non dans les parlements tels le Bundestag aidera Syriza à mettre en oeuvre son programme.

            Cela est signé par deux membres du comité central de Syriza

            Dimitris Belankis homme de loi

            Sthatis Kouvelakis Lecteur au King’s College de Londres [Université prestigieuse]

            Donc l’affaire grecque est loin d’être terminée



          • alinea alinea 28 février 2015 20:20

            @JMBerniolles
            C’est « syriza Paris »
            http://www-syriza-gr/
            http.//syriza-fr.org/

            Merci pour la traduction ; j’avais à peu près compris, mais j’en avais déduit que, forcément, cet « accord » ( très forcé !!) n’était pas une fin en soi ! Un passage obligé mais qui a besoin de soutien pour en sortir !


          • jaja jaja 28 février 2015 16:31

            Ce texte est celui de la gauche de Syriza qui s’oppose à l’accord signé par la direction majoritaire du Parti.... et, hélas, non celui de Syriza dans son ensemble...

             Ce que dit cette gauche de Syriza c’est Stathis Kouvelakis, membre du comité central de Syriza,signataire du texte publié par Alinéa, qui l’exprime le mieux :

            « Syriza n’avait pas de « mandat de sortir de l’euro ». S’il était sur cette position, il n’aurait pas gagné les élections. Dit sous cette forme, le raisonnement est absurde. Certes, il n’avait pas de "mandat de sortir de l’euro". Mais il n’avait certainement pas de mandat d’abandonner l’essentiel de son programme pour rester dans l’euro ! Et il n’y a aucun doute que s’il s’était présenté aux électeurs en disant "voilà mon programme, mais si on voit que son application n’est pas compatible avec le maintien dans l’euro alors oubliοns-le", il n’aurait obtenu le moindre succès électoral.
             Et pour cause : le maintien dans l’euro à tout prix est exactement l’argument de base des partis pro-Mémorandum qui ont gouverné la Grèce pendant toutes ces années. Et Syriza, s’il n’avait jamais clarifié sa position sur l’euro, avait toujours refusé la logique de « l’euro à tout prix ». Rappelons sur ce point que, contrairement à ce que pensent la plupart des commentateurs, les textes programmatiques de Syriza n’excluent ni la sortie de l’euro en tant que conséquence imposée par le refus des Européens ni le défaut de paiement sur la dette, mais il est vrai que ces derniers temps ces textes avaient été quelque peu mis au placard. »

            http://blogs.mediapart.fr/blog/ananda-cotentin/250215/reponse-aux-sophistes


            • jaja jaja 28 février 2015 16:39

              Réponse à alinéa bien sûr...


            • César Castique César Castique 28 février 2015 18:24

              @jaja

              Elle est toujours aussi trognonne, la gauche entonnoir, les décennies peuvent passer, les générations se succéder, on en reste toujours au sempiternel pur qui trouve un plus pur qui l’épure... smiley

            • alinea alinea 28 février 2015 20:14

              @jaja
              Je ne peux pas m’empêcher de penser que, d’une part, ils ont besoin d’aide et de soutien, d’autre part qu’ils ont agi au plus pressé pour « survivre ».
              N’oublions pas que la Grèce en entier n’est pas derrière Syriza, mais que les manifestations populaires, dernièrement,rassemblent beaucoup plus que ses électeurs.
              Avec un soutien intense des gauches européennes, ça peut aider au courage du gouvernement !
              Je ne suis pas d’accord pour dire que Tsipras s’est couché, parce que c’était couru d’avance ; tu le dis bien : un programme « sans ambiguïté » aurait fait long feu !
              C’est la merde en Grèce, c’est le bordel et les ennemis sont partout !
              Si toutes les gauches se lèvent, partout, je suis convaincue que cela peut aider ! et plutôt que penser à la pureté d’un programme, pensons au peuple !


            • jaja jaja 28 février 2015 22:42

              @ alinea :

              « Alexis Tsipras avait proclamé son refus du programme négocié par le précédent gouvernement dirigé par la droite mais vendredi dernier, il a plié  : la Grèce a accepté de s’inscrire dans le cadre général de ce programme en échange de la poursuite de l’«  aide  » européenne durant quatre mois. Le contrôle des «  institutions  » est réaffirmé. Durant cette période, la Grèce s’engage à continuer à rembourser dans les délais les sommes dues au titre de la dette et à ne prendre aucune mesure unilatérale qui aurait un impact budgétaire négatif...Des mesures sociales au rabais
              Parmi les mesures annoncées ce lundi, la lutte contre l’évasion fiscale et la corruption et une réorganisation de la fonction publique. Et surtout Athènes assure qu’elle ne reviendra pas sur les privatisations déjà lancées et que des nouvelles sont possibles. Les banques seront gérées selon les règles commerciales. L’augmentation du salaire minimum est repoussée et sera décidée en consultation avec les partenaires européens. Le dernier volet du programme est constitué de mesures sociales d’urgence pas vraiment précisées mais qui ne devront pas peser sur l’équilibre budgétaire. »

              http://www.npa2009.org/actualite/grece-capitulation-devant-les-institutions-europeennes


            • jaja jaja 28 février 2015 22:52

              @César...

              Notez que les contradictions qui opposent DEA, la gauche de Syriza et Tsipras représentant la majorité du parti grec se jouent au sein d’un même camp réformiste qui pensait possible de modifier la donne par les urnes... et non pas entre les « purs » épurés et les moins purs....

              Chacun dans la gauche révolutionnaire sait que la possibilité de vaincre passera par les armes si la contre-révolution envoie ses soudards contre elle, la force du nombre et donc la lutte sans merci contre le capitalisme....

              Syriza sera une nouvelle démonstration que les réformistes ne veulent ni ne peuvent tenir leurs promesses. Seul le soulèvement général des travailleurs grecs peut sauver la situation....


            • alinea alinea 1er mars 2015 00:03

              @jaja
              Je le vois mal ça !!le soulèvement du peuple, contre une méduse géante qui les enserre ; moi j’y vois ( ils avaient le couteau sous la gorge, et, en fait, ce n’était pas un accord !) l’air à n’importe quel prix pour entamer leur programme ; d’abord rentrer des sous, lutte contre la corruption et rentrée d’impôts ; préparer le terrain intérieur pour la sortie de l’UE le cas échéant.
              je n’en dirai plus rien, j’attends !


            • doctorix doctorix 28 février 2015 18:04

              Il était urgent de temporiser et d’enfumer Bruxelles : c’est fait.

              Pendant que l’Europe crie sa victoire, Syriza va pouvoir affûter ses couteaux.
              Combat des Horace contre les Curiace, le vainqueur ne sera pas celui qu’on croit.
              Poutine et les chinois vont passer par là.

              Puisque personne n’en parle, j’en profite pour dire que l’assassinat de l’opposant Russe ressemble fort à un false flag pour diiaboliser Poutine un peu plus.
              Quelque soit l’envie qu’il pouvait avoir d’éliminer un adversaire,Poutine n’aurait jamais fait cette connerie.
              Vous remarquerez que cet opposant politique complètement inconnu jusqu’ici devient aujourd’hui pour nos merdia le fer de lance d’une puissante opposition. Un peu comme en Syrie...
              Quand on a 85% de sa population derrière soi, on n’a nul besoin de se débarrasser de son opposition, c’est parfaitement ridicule.
              Qui a fait ça, CIA ou opposition, toutes les options sont permises.
              Mais Poutine, surement pas.

              • bakerstreet bakerstreet 28 février 2015 20:21

                @doctorix


                Tout à fait d’accord avec vous au sujet de la mort de cet opposant.
                 Un joueur d’échiquier de haut niveau ne va pas mettre le roi en danger pour prendre un pion


              • bakerstreet bakerstreet 28 février 2015 18:55

                Je n’aime pas trop donner des leçons, et tirer sur un peuple à terre, surtout les plus pauvres d’entre eux, les vrais victimes, c’est pour ça que je fais une distinction entre les grecs, peuple que j’aime bien, la culture, le pays, l’histoire, et ce qui leur arrive maintenant. 


                Mais il me semble que les analyses qu’on fait de cette situation sont assez bancales, orientées, borgnes, très partisanes en tous cas. 
                En gros, il s’agit de marteler que les grecs sont victimes des oligarches européens. 

                Désolé, mais même si je n’ai pas une sympathie avec les cranes d’œufs de Bruxelles, ça ne passe pas. 
                Ca peut passer quand on ne connait pas l’histoire, et avaler des couleuvres, mais si on la connait, on sourit. 

                D’abord les grecs n’ont pas été victimes d’un jeu financier. 
                Ce sont les chefs d’états qui l’ont fait rentrer dans l’Europe, ( surtout VGE et chirac, en rapport avec des relations d’amitié) en dépit de l’avis contraire des spécialistes économiques, qui ont tout de suite vus qu’on allait à la catastrophe, la Grèce ne courant pas dans la même catégorie que les autres pays. 

                Passe encore pour le marché commun, mais en 95-96, il était hors de question de faire rentrer l’Europe cette fois ci dans la monnaie unique, pour des raisons évidentes ( pas de rentrées d’impôt, corruption, déficit déjà abyssal)
                Qu’à cela ne tienne les grecs ont maquillé les comptes, tous comme c’est vrai la France, mais là d’une façon aberrante, avec l’aide de Goldman sachs, ce qui a fait bondir totalement la dette grecque d’ailleurs auprès de cette banque, https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=3&cad=rja&uact=8&ved=0CDAQFjAC&url=http%3A%2F%2Fwww.latribune.fr%2Factualites%2Feconomie%2Funion-europeenne%2F20120309trib000687366%2Fquand-goldman-sachs-aidait-la-grece-a-tricher-pour-600-millions-d-euros-.html&ei=IvzxVLOcFYK5aZejgaAO&usg=AFQjCNGzqb80qElHI9cKeDOI-kTZ8AXNvw&sig2=VrYI6XYse8gs9grzdYCGxA

                Quand le pot aux roses est découvert, en 2010 la Grèce fait profit bas, révélant par ailleurs que son déficit était de 12 %, et non des 3 % préalablement annoncées......
                L’Europe est abasourdie...
                Il faut sauver déjà le soldat grec. 
                Pendant six ou sept ans elle a vécu totalement déconnectée de la réalité : Jeux olympiques de toutes les gabegies, doublement ou triplement des salaires quand partout en Europe c’était la crise !
                Le pays a joué avec les euros comme avec une boite de magie, persuadée que l’Europe compenserait éternellement, dans l’accroissement d’une dette, après avoir été le pays européen qui avait déjà le plus profité des subventions. 
                Le retour à la réalité à été très dure, mais pouvait il en être autrement ?

                En vérité, on le savait et on l’a vu, cette entrée était une erreur tragique.
                 Elle a mélangé deux types d’économie qui n’avait rien à voir, et fait rentrer un pays aux forceps en déstabilisant les deux parties.. 

                En 2013, nous révèle encore le canard enchaîné, il y eut trois contrôles fiscaux dans le pays. 
                Pour m’être balladé en Grèce, je sais que les comptes sont opaques, que rien n’est déclaré, on vous refuse la carte bleue. 

                C’est vrai, chacun se débrouille ; 
                Pas d’impôts perçus, ou si peu. Pas de cadastre....
                La résistance s’organise contre ce qui est vu comme une spoliation insupportable.
                Ca ne date pas d’hier, de l’occupation Turque en fête. Une longue occupation qui a donné de mauvaises habitudes. On n’avait pas alors la notion de frauder quand on échappait à l’impôt des envahisseurs.

                 Le problème, c’est que le réflexe est resté, et que c’est maintenant l’Europe qui fait office de bouc émissaire.

                • alinea alinea 28 février 2015 20:30

                  @bakerstreet
                  Tous les peuples sont soumis à une propagande ; j’ai entendu dire que les Slovènes aussi, qui ont vite déchanté. Si Syriza arrive pour essayer de mettre de l’ordre à tout ça, il n’y a rien à redire ! au contraire !
                  Il n’est qu’à voir ce que fait notre gouvernement aujourd’hui, j’aimerais pas qu’on m’associe d’office à lui !
                  Quand au peuple grec si on lui a chanté carmen et qu’il l’a cru, et bien, oui, il déchante ; mais on imagine mal le péquin dire : tout ça c’est du flan, les gars, refusons !!
                  Les Espagnols et les Irlandais aussi se sont fait couillonner ! Maintenant l’Irlande s’en sort à peu près parce qu’elle triche sur la fiscalité ! et à voir si tout le monde est bien content là-bas.La belle affaire !


                • bakerstreet bakerstreet 28 février 2015 21:04

                  @alinea


                  Tout de même, il y a tout ce fric qui est parti à pleins milliards dans les paradis fiscaux !

                  . La Grèce n’est pas la seule à l’avoir pratiqué, elle n’est pas la seule à avoir triché sur la dette et ses avoirs, elle n’est pas la seule à être corruptive, mais c’est elle qui a fait la pire dans ces trois domaines. 

                  On peut considérer aussi qu’elle n’a plus d’autre choix que de proclamer des changements. Moi, je voudrais bien que Tsipras se mette debout et dénonce les paradis fiscaux, qui sont le vrai problème en la matière. Car l’argent des états est bien la bas, avec ce que ça signifie pour les états : Dumping, concurrence acharnée vers le bas, abandon du social et régression. 

                  C’est là que se trouve le problème et l’objet de la lutte. Et ça ne servira à rien de recapitaliser la Grèce sur ses fondations boiteuses, tout en la laissant démagogiquement réclamer une vieille guerre de dette aux allemands, dans un réflexe borgne, et manipulateur. Car le grand changement, je pense que si certains en Grèce y aspirent, je ne pense pas que ce soit le cas des armateurs, du clergé, et de pas mal de margoulins et d’apparatchiks. 

                • alinea alinea 28 février 2015 22:06

                  @bakerstreet
                  Oui, l’ennemi est à l’intérieur aussi ! sinon, il n’y aurait jamais eu d"adhésion à l’UE.
                  Seulement c’est notre lot à tous !
                  Je ne vois guère de peuples heureux et actifs dans cette UE !
                  La Grèce inaugure un mouvement qui devra se généraliser ; elle est faible et ceux qui veulent s’en sortir le sont encore davantage.
                  Le peuple a une force énorme, mais dans le monde actuel, complexifié à souhait par les profiteurs, il n’est pas aisé de le bouger !
                  La seule chose que l’on puisse souhaiter, c’est que l’évolution des choses donnera le courage aux Grecs de sortir de cette nasse ; mais là encore, vue la configuration mondiale, c’est pas gagné !
                  En tout état de cause, on ne peut pas attendre les bras croisés que le capitalisme version troisième millénaire, se casse la gueule tout seul ! Juste parce qu’on vit, que nous ne sommes pas encore réduits au rang de rats de laboratoires !


                • bakerstreet bakerstreet 28 février 2015 23:36

                  @alinea


                  Une histoire de ministre corrompu remontant à un peu plus d’un an, et assez révélateur. Le genre de type qui sans doute indiquait que les allemands étaient responsables des malheurs de la Grèce, et flattait le sens nationaliste...

                  D’autre part, l’ancien ministre grec des Finances George Papaconstantinou est accusé d’avoir falsifié une liste de près de 2.000 Grecs soupçonnés d’avoir planqué du fric à l’étranger, en particulier des membres de sa famille. Il est actuellement jugé à Athènes.



                  Bon, il faut avouer que Tsipras entame là un sèrieux bras de fer avec des apparatchiks.
                  Parlera t’on un jour des travaux de Tsipars : Il lui faudra après ça nettoyer les écuries d’augias, qui se trouvent quelque part dans les montagnes suisses.

                   Après tout il n’est peut être pas impossible que dans cette opération mains propres, le petit levier grec soit détonnant, et soulève des pierres où sont cachés pas mal de magots. 

                  On ne demande pas mieux ! 

                  Car ce sont ces paradis fiscaux qui minent l’Europe et le monde, et la crisé actuelle n’a pas d’autre source. Car on le sait tous, l’enrichissement n’a profité qu’à une minorité..


                • alinea alinea 1er mars 2015 00:08

                  @bakerstreet
                  oui, ça serait bien que le petit levier grec soit le grain de sable qui enraye toute la machine !!
                  mais ça serait mieux si le moyen levier français faisait de même aidé par l’espagnol qui bougerait le portugais qui réveillerait l’italien.. ; ah, toutes ces poulies qui, grinçant sur leur rouille, se mettraient en branle dans un bruit de tonnerre...


                • bakerstreet bakerstreet 1er mars 2015 13:11

                  @alinea

                  Tout se tient et il faudra pas qu’il n’y ait qu’une demi solution, mais que quand un domino tombera, il entraîne tous les autres dans sa chute...

                  Derrière tout ça, c’est une énnième crise du libéralisme le plus sauvage, avec sa cohorte habituelle : Corruption, paradis fiscaux, délits d’initiés, corruption endémique, montages d’escrocs, comme ceux de Goldman sachs.

                  La city anglaise au lieu de la cité athénienne, l’une dans l’obscurité des comptes, l’autre dans la lumière des valeurs. . 

                  Marx n’avait pas modélisé toutes ces inepties, qui font que les monde n’a jamais été si riche, mais que les états disparaîtraient, attaqués par des meutes de chien qui la dépouillent, dévorant même dans leur folie, les mains qui leur donnent à manger. 

                  Franchement je ne vois pas comment on peut se sortir de tout ça.

                   A moins de prendre des mesures extrêmes, mais qui ne pourront venir qu’après une catastrophe énorme ; en finir avec le capitalisme sauvage, et peut être le capitalisme tout court, c’est à dire empêcher par exemple des entreprises qui font des bénéfices de faire des plans sociaux, de revendre leurs actifs et leurs employés comme au marché au bestiau, s’attaquer aux montages financiers, et évidemment avant ça, faire disparaître la tumeur et les métastases : C’est à dire les paradis fiscaux et la mondialisation.....

                  On pourrait d’ailleurs imposer une taxe sur le frêt assez dissuasive pour contrer l’effet d’aubaine des délocalisations...Dans ce sens, les portiques d’écotax même si c’était insuffisant était un début de solution....

                  Je n’aimerais pas être dans la tête dans un de ces benêts rouges instrumentalisés, qui n’ont travaillé que pour leur patron.
                  En tout cas, cette crise c’est un peu comme la pipe de Magritte....ceci n’est pas une crise grecque

                • alinea alinea 1er mars 2015 14:19

                  @bakerstreet
                  Non, ce n’est pas une crise grecque !
                  Il y a des pays comme ça, quoi, des « capteurs » ? Je ne retrouve plus le mot pour exprimer celui qui emmagasine les miasmes alentour !!
                  Il y a Israël, l’Ukraine, la Grèce... chacun à sa manière, bien entendu


                • colere48 colere48 1er mars 2015 14:41

                  @alinea

                  Je ne retrouve plus le mot pour exprimer celui
                  ....

                  catalyseur peut-être ??


                • alinea alinea 1er mars 2015 15:05

                  @colere48
                  Oui !! quelque chose comme ça, mais avec, en plus, ce côté « énergies », comment dire, négatives !! mais par lesquelles passent forcément l’évolution...


                • Layly Victor Layly Victor 28 février 2015 21:41

                  Jean-Marie

                  Ton article est bien écrit et très intéressant. Avant de parler de Syriza, j’aimerais faire une mise au point au sujet de l’histoire. Tu parles de la merveilleuse pensée grecque, prolongée par les arabes, « malgré le côté pesant de l’Eglise », et ceci me paraît très tendancieux, ou pour le moins partiel. Les Arabes, notamment les califes de Bagdad, en tant que grande puissance de l’époque, ont eu l’immense mérite de faire ressortir la pensée grecque (mathématiques, astronomie, littérature) et le monde leur en est débiteur. Exactement comme les Chinois, future (et déjà) grande puissance du 21ème siècle, sont en train de sauver et de s’approprier la culture et la pensée européennes abandonnées par les pays européens (principalement dans les domaines sinistrés comme les mathématiques, la musique, les arts classiques, la littérature-cf le beau film « Balzac et la petite tailleuse chinoise »).
                  Il est vrai que l ’Eglise du moyen âge a eu une attitude réactionnaire face au développement des connaissances. Il ne faut cependant pas sous-estimer le moyen-âge et tout ce qu’il a apporté, notamment en architecture (par exemple, dans notre région, l’abbaye de Silvacane qui, par sa beauté simple et limpide, rejoint l’idéal Grecq).
                  Cependant, l’Eglise a eu une attitude très intelligente, pour une fois dans son histoire. Après l’échec des guerres de religion, elle a eu l’idée de la contre-réforme. Au lieu de prétendre lutter contre la réforme par le feu et par le sang, elle a eu l’idée de concurrencer la réforme en produisant ce qu’il y avait de meilleur, dans tous les domaines. Ce fut l’éclosion de l’art, des sciences expérimentales et théoriques, et surtout du mouvement universitaire qui est à l’origine de l’essor technique, scientifique, et littéraire prodigieux de l’Europe. Même si quelques princes de l’Eglise récalcitrants ont tenté de s’opposer à l’essor des connaissances (affaires Galilée, Copernic, Giordano Bruno), le mouvement était lancé, qui ne devait se terminer que de nos jours, avec l’effondrement moral actuel. Comme les réformés ne voulaient pas être de reste, ils ont aussi produit des merveilles.
                  Mais nous sommes dans un pays où il est bien vu de cracher sur notre histoire et sur nos racines (je sais que ce n’est pas ton cas).

                  Dans la littérature hellénique, le thème qui revient souvent, c’est le héros confronté aux caprices et à la vanité des dieux, qui lui coûtent cher. Un peu comme Syriza : un héros confronté à une puissance contre laquelle il n’a aucun pouvoir. Seuls le christianisme, et ensuite l’Islam, ont introduit la notion d’un Dieu bienveillant pour l’être humain (ou pourvoyeur d’opium, si on est marxiste).
                  Donc, Syriza n’a pas d’atout, puisque l’argent appartient aux banques, et n’appartient plus aux peuples. Comment veux tu qu’il ne soit pas condamné à reculer ?
                  Ton argent, mon argent, notre argent, appartiennent aux banques, qui nous le prêtent pour qu’on puisse consommer, à condition de fermer notre gueule et d’être à jour sur les paiements. Et pour nous donner l’illusion que nous avons notre mot à dire sur l’organisation de la société, elles ont inventé les élections, les députés, les hommes politiques, tout ce cirque que les journalistes appellent « la démocratie ».
                  Ce qui ne m’empêche pas d’avoir une grande sympathie pour Syriza et la Grèce, notre mère à tous.


                  • bakerstreet bakerstreet 28 février 2015 23:55

                    @Layly Victor

                    Les mythes grecs nous montrent une chose : Que rien n’est impossible aux hommes, peut être mortels et fragiles comparés aux dieux, mais finalement assez malins. 

                    La ruse associée à l’énergie sont les marques des héros antiques, de Prométhée qui vole le feu aux dieux à Pénélope qui tient à distance ses courtisans...

                    Au niveau de la stricte réalité, De Gaulle, ou Jeanne d’arc, pour parler de héros de chez nous étaient des cinglés, pour se lancer dans des aventures condamnés d’avance. 

                    A contrario, l’armada espagnol s’est planté sur les cotes d’angleterre, et bien des empires fait pour durer des millénaires n’ont pas durés dix ans. 
                    Après tout, pourquoi Tsipras ne s’en sortirait pas.
                     Le monde n’attend que des héros, des gens qui font rêver !
                    N’allez pas chercher ailleurs les causes des révolutions !

                  • JMBerniolles 1er mars 2015 10:06

                    @Layly Victor
                    Victor

                    Merci beaucoup pour ton commentaire.

                    Dans l’Iliade, Hector est précisément décrit, composé, comme un magnifique être humain.
                    Il a compris que les dieux ne le protégeraient pas. Même si Athénée elle-même je crois, le sauve d’un combat mal engagé contre l’un des Ajax.
                    Sa motivation c’est la défense de sa ville, de sa famille.
                    Malgré sa peur et sa certitude qu’Achille est protégé par les dieux et qu’il ne pourra donc le vaincre, il va malgré tout l’affronter hors des murs de la cité.

                    Il y a ensuite une description magnifique des tractations menées par les troyens pour récupérer le corps d’Hector. Qui expriment le respect pour l’être humain, la compréhension de son triste destin, au-delà de ce qu’Hector représentait pour la ville de Troye. Hector n’est pas un noble mais un être humain.

                    C’est grâce au génie d’Homère que cette bataille, très longue il est vrai, a traversé les siècles comme un sujet littéraire, pour le théatre et pour les idées, fascinantes quand on ^pense à quels temps elles remontent.


                  • coinfinger 28 février 2015 23:19

                    Il existe un fait plus profond, qui provoquera La chute de l’Europe et de l’euro s’il y a grexit .
                    On a avec la Gréce l’application de la pensée unique , universelle , typiquement occidentale , à une nation qui n’est pas Occidentale . La seule rattachée à l’Europe .
                    La culture Grecque fait partie de la culture Est orientale , qui a beaucoup plus de rapport avec la Russie . C’est impossible à admettre , parce qu’en Occident on nous a inculqué que notre culture était d’origine Grecque Antique . Pourquoi pas Sumérienne ou Egyptienne ?
                    Hors c’est faux , archi faux cette culture Antique n’a non seulement aucun rapport , ou si peu avec nous , mais aucun avec celle qui régne en Gréce actuellement . La culture Grecque Antique c’était il y 3 milles ans ! Méme si il semble qu’il existe des cultures ( Chine , Inde , Egypte ) qui ont perduré , çà ne résiste pas à l’examen . Pour les Egyptiens du Moyen Empire par ex les pyramides n’avaient pas de sens .
                    Deuxiéme remarque , sur K Marx , là aussi enterré profond . Ses écrits politiques sont une chose , le capital , une autre , d’une rigueur , mathématiques , dans le cadre de postulats/hypothéses
                    il ne décrit pas ce qui est comme on le croit , mais élabore les lois de ce qui est , ne sont pas , mais devrait étre appliquée , compte tenu du contexte ( capitaliste ) d’où l’échec fatal . Il n’y a plus de baisse tendancielle du taux de profit , parce qu’il n’y a plus de capitalisme , ce qui est est pire ( du point de vue culturel au moins mais aussi technique : civilisationnel ) .
                    Les classes il n’a pas inventé il a repris çà d’Augustin Thyerry qui a expliqué à une époque où l’Histoire avait encore des ambitions théoriques , l’Histoire de France , depuis les Mérovingiens par la transformation initiale de la lutte des races en lutte des classes . Ce qui laisse entrevoir un possible retour inverse . Il ne faut pas comprendre race au sens Allemand , mais au sens de ceux qui se marient entr’eux . On pourrait dire ’Nation’ aujourd’hui .
                    Faute de prises en compte de ces vérités je crois qu’on ne peut que tourner en rond dans les discours convenus , de droite ou de gauche , et passer à coté , des pb actuels ou ces vérités reprennent une importance énorme .


                    • JMBerniolles 1er mars 2015 13:19

                      @coinfinger
                      il me semble évident que les délocalisations en dehors de transferts de technologies, de possibiité de déplacements de capitaux... sont aussi faites principalement pour accroitre le taux de profit en écrasant les salaires.


                      Il me semble aussi que toutes les opérations financières, essentiellement spéculatives, participent à l’accumulation du capital. Le problème pour le système est que cette accumulation est presque déconnectée du monde réel. On génére de l’argent avec de l’argent ...

                      Donc au bout du compte, il y a un réel problème de valeur de ce capital accumulé.



Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

JMBerniolles


Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès