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Prévenir l’embrigadement terroriste par l’éducation à la psychologie du soi

L’actualité explique suffisamment que politiciens et scientifiques recherchent des solutions au problème posé par la radicalisation djihadiste. Etonnamment, la prévention ne fait pas encore partie des voies explorées. Comprendre que la radicalisation vient de la fragilisation inhérente à l’adolescence permet d’envisager une forme de prévention basée sur l’éducation aux processus de construction du « soi » et de la « réalité ».

 

 « ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être bien adapté à une société profondément malade. » Jiddhu Krishnamurti

 

Le phénomène de société que constitue par son ampleur et ses formes l’embrigadement djihadiste est-il lié à la nature ou à l’histoire de l’islam ? Opère-t-il une radicalisation inhérente à la notion de djihad ou doit-on plutôt y voir, comme le suggère Olivier Roy dans un remarquable article du Monde daté du 24 novembre, la conséquence d’un besoin individuel de radicalité qui s’alimente à un storytelling djihadiste de circonstance ?

Le texte d’Olivier Roy balaye les innombrables explications mettant en cause les religions en général, l’islam en particulier, en rappelant les faits suivants :

  1. De tous temps des jeunes en sont venus à se rallier à des causes pour lesquelles ils étaient prêts à tuer comme à sacrifier leurs vies :

« Le ralliement de ces jeunes à Daech est opportuniste : hier, ils étaient avec Al-Qaida, avant-hier (1995), ils se faisaient sous-traitants du GIA algérien ou pratiquaient, de la Bosnie à l’Afghanistan en passant par la Tchétchénie, leur petit nomadisme du djihad individuel (comme le « gang de Roubaix »). Et demain, ils se battront sous une autre bannière, à moins que la mort en action, l’âge ou la désillusion ne vident leurs rangs comme ce fut le cas de l’ultragauche des années 1970. »

Daesh s’inscrit donc dans un ensemble d’organisations idéologiques religieuses ou athées qui, tout au long de l’histoire, ont offert l’occasion à des individus de se radicaliser jusqu’à envisager des actions terroristes, éventuellement suicidaires. Quelque discutable qu’elle soit par ailleurs, la nature islamique proclamée de Daesh est donc ici d’emblée écartée du statut de cause explicative de l’embrigadement djihadiste actuel. Daesh est tout au plus une circonstance, une offre qui rencontre une demande. Reste à savoir laquelle.

  1. La même logique s’applique à la « souffrance postcoloniale ». S’il y avait là une cause structurelle de l’embrigadement djihadiste pourquoi seule une infime part des personnes concernées se trouveraient-elles affectées ? A l’exception de quelques provocateurs chacun peut constater l’existence d’un « consensus fort » des musulmans de France et/ou des anciens colonisés pour vivre en paix hors de tout ressentiment victimaire. De fait, comme le souligne Olivier Roy, les recrues du djihadisme se trouvent en marge des communautés musulmanes et n’ont « presque jamais un passé de piété et de pratique religieuse, au contraire. »
  2. Ceci est d’autant plus vrai qu’une bonne part d’entre eux sont des « convertis de souche », qui plus est, souvent originaires des campagnes françaises et donc passablement isolés des communautés musulmanes.

Les causes du phénomène d’embrigadement djihadiste ne pouvant, en toute logique, être attribuées à ces facteurs situationnels communs que sont l’islam ou la colonisation, il convient alors de les rechercher parmi les dispositions communes aux sujets concernés.

Selon Olivier Roy, le principal contingent des radicalisés vient des immigrants de deuxième génération et, le reste, grosso modo, des « convertis de souche » de sorte qu’un point commun s’en dégagerait sous la forme d’une « révolte générationnelle » définie par le fait que... :

« les deux [groupes] rompent avec leurs parents, ou plus exactement avec ce que leurs parents représentent en termes de culture et de religion. »

L’idée-force serait que, dans un cas comme dans l’autre, la « transmission » intergénérationnelle a échoué sous le rapport de la religion.

L’argument est séduisant, mais est-il solide et surtout, est-il suffisant ? On peut en douter car dans le contexte d’une société française fortement sécularisée, il apparaît improbable que, pour les convertis de souche, « la clé de la révolte [soit] d’abord l’absence de transmission d’une religion insérée culturellement.  »

Ce serait, en effet, postuler l’existence d’une norme de religiosité qui n’a plus d’actualité et qui ne peut donc sérieusement motiver une révolte.

Même s’il est des raisons de penser que cette hypothèse pourrait être plus légitimement défendue sous l’angle non pas de la religion mais de la spiritualité — eu égard au vide spirituel de nos sociétés dites de consommation — elle n’en délaisserait pas moins un invariant trop significatif pour être ignoré : la catégorie d’âge des candidats au djihad.

Ainsi que divers spécialistes [1] y insistent, il s’agit, en effet, de jeunes qui se situent pour la plupart entre 15 et 25 ans. Ce constat élémentaire pointe vers la problématique délicate du processus de (re)construction identitaire et subjective propre à l’adolescence qui est, justement, marqué par une forme de rupture avec le monde des parents. Le passage de l’enfance à l’âge adulte suppose en effet un changement de régime relationnel et/ou intersubjectif qui peut considérablement fragiliser un individu ; surtout si, étant issu d’un milieu familial peu nourricier, il peine à s’affirmer, c’est-à-dire, à être reconnu pour ses qualités et ses accomplissements par l’entourage social correspondant à ses aspirations.

L’adolescent en filiation échouée qui n’a pas une bonne image de ses parents et n’acquiert pas une bonne image de lui-même dans le « miroir social » de pairs parfois inexistants aura une plus grande appétence et sera donc moins regardant vis-à-vis de ce qui s’offre à lui, notamment sur internet, pour alimenter son besoin identitaire sous la forme — caractéristique de cet âge — a) d’une affiliation qui le valide dans son être et b) d’une « fable personnelle » lui permettant de se voir comme unique, omnipotent, invulnérable avec un destin particulier, voire une mission.

Ce dernier point, ce vif besoin d’un devenir héroïque, permet aussi de comprendre que même les adolescents qui semblent réussir, tant d’un point de vue social que scolaire, puissent prêter l’oreille aux sirènes du djihadisme. Un être idéaliste, sensible et intelligent qui observe le monde actuel sans a priori ne peut manquer de constater sa profonde corruption et, notamment, la distance considérable qui existe entre, d’une part, les valeurs prônées par les uns et les autres dans une quasi-unanimité et, d’autre part, les actes ou les agissements des « puissances de ce monde ». Comment ne pas alors prêter l’oreille à des discours de rupture sollicitant un engagement total pour contribuer à l’avènement d’un monde de vérité et de justice ? N’offrent-ils pas une occasion somme toute inespérée de s’affirmer et même de s’accomplir d’une manière encore perçue comme la plus noble qui soit : par le sacrifice de soi ? Ne peut-on envisager qu’un adolescent sain de corps et d’esprit entre en djihadisme comme auparavant on entrait dans les ordres, pour se mettre au service de la Vérité, au service de Dieu ?

Bref, dans le contexte actuel, le tableau de l’adolescence en déshérence donne immédiatement à penser que la fragilisation du soi pourrait constituer le terreau commun aux différentes formes de radicalisation. De fait, ne se trouve-t-elle pas déjà associée à ces troubles bien connus que sont les conduites à risques (sexe, alcool, violence et autres addictions), l’anorexie, la dépression, le suicide, la schizophrénie, etc. ?

La plupart des éléments dont nous disposons excluent a priori les djihadistes de la sphère des troubles psychiatriques — ne serait-ce qu’en raison, nous dit-on, de la sélection opérée par les recruteurs — mais cela n’interdit pas de postuler l’existence d’une zone de susceptibilité à la radicalisation qui soit proche de la pathologie, par exemple sous l’angle des troubles de la personnalité, dont l’intensité variable réalise un continuum du normal au pathologique.

Ce rapprochement avec la pathologie est d’autant plus intéressant que lorsqu’on en vient à s’interroger sur les voies de la déradicalisation, on ne peut pas ne pas tenir compte du fait que la psychoéducation constitue une forme d’intervention thérapeutique très efficace dans chacun des différents domaines où l’adolescence pose problème sous l’angle, justement, de sa radicalité (violence, toxicomanie, anorexie, automutilation, suicide, schizophrénie, etc.)

Celle-ci consiste à fournir à la personne concernée, comme à son entourage, les connaissances nécessaires pour acquérir une représentation plus juste et donc une meilleure maîtrise de leurs situations respectives.

On pourrait penser qu’une psychoéducation axée sur les mécanismes de la construction sociale du soi et de la « réalité », en particulier à l’adolescence, pourrait faire obstacle aux phénomènes de radicalisation, djihadiste ou autres, Mais comment toucher les rares individus concernés si ce n’est en ciblant la population adolescente dans son ensemble, c’est-à-dire, en mettant en œuvre une véritable prévention ?

Considérer qu’en dépit du risque présent, le jeu n’en vaudrait pas la chandelle serait probablement faire un mauvais calcul. La fragilité mentale des adolescents ne constitue-t-elle pas, déjà, en soi, un problème de santé publique suffisamment sérieux pour mériter des interventions de cette nature ? Les phénomènes de radicalisation djihadiste peuvent être vus comme la pointe extrême d’un iceberg de souffrance adolescente à laquelle nous nous sommes habitués mais dont l’actualité nous oblige à prendre à nouveau la mesure.

Ne serait-il pas salutaire de mettre les savoirs sur la construction sociale de la personne à portée des adolescents — avec des supports attrayants (vidéos, BD,...) dans les différents (cyber)espaces qu’ils fréquentent et, en particulier, les établissements d’enseignements — plutôt que de les laisser cantonnés à des ouvrages spécialisés ?

Alors que d’aucuns revendiquent une éducation philosophique de la maternelle à l’université, il me semble que le mal-être adolescent et, de manière générale, le malaise dans l’éducation appellent une éducation à la psychologie sociale interpersonnelle (loin de la vulgate psychanalytique) qui donnerait à chacun les moyens de comprendre comment il se construit dans le « miroir social  », c’est-à-dire, comment la dynamique de ses émotions, de ses pensées, de ses désirs et de ses actes se trouve influencée par l’innombrable variété des formes sous lesquelles le jugement des autres vient à se refléter sur l’image de soi. L’intériorisation du « regard » des autres nourrit le soi mais le rend dépendant et surtout manipulable s’il n’en a pas conscience.

Eduquer à la psychologie du soi — et donc à la santé mentale —constituerait une forme de prévention de l’embrigadement d’autant plus intéressante qu’en contribuant à former des citoyens davantage en maîtrise d’eux-mêmes, plus conscients et donc plus libres, on peut en escompter non seulement une réduction des risques sanitaires liés à l’adolescence mais aussi une réduction sensible de la conflictualité sociale, étant donné que le narcissisme, c’est-à-dire la défense de l’image de soi, constitue une des principales sources de violence.

Permettre qu’au moins à titre expérimental, dans quelques académies, un tel enseignement soit prodigué ne serait-ce qu’à des élèves de terminale sous la forme d’une recherche-action menée dans un ou plusieurs lycées pilotes pourrait constituer une réponse gouvernementale au risque de radicalisation qui, éducative plutôt que répressive, apparaîtrait tout à la fois responsable, pertinente, simple et peu coûteuse donc bienvenue en ces temps de dramatique crise budgétaire.

 

[1] Cf. par exemple, les écrits de Dounia Bouzar ou de Fethi Benslama.


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159 réactions à cet article    


  • bakerstreet bakerstreet 1er février 11:35

    Article intéressant. Comment une cellule saine se transforme t’elle en cellule cancéreuse ? Sans doute était elle boiteuse déjà, qu’elle a reçu des informations qui l’ont fait passé de l’autre coté.

    Le sujet n’est pas facile à circonscrire, car se trouvant à la frange de plusieurs domaines. Et sans doute chacune des causes amène son petit contingent de djihadistes. En toute cas, contrairement à la brillante sortie de Walls, qui joue à l’adjudant, il faut réfléchir aux causes du désastre, car celui qui ne réfléchit pas à la justification et au bon sens de ses actions se condamne. On pourrait en dire autant de ces volontaires pour l’horreur. Il y a un vide sociétal qui cherche un cadre, et Daesh arrive à point nommé. Personne ne croit sérieusement que la religion a un rôle à jouer la dedans : Elle servira juste de leurre de justification. Nous revoilà donc dans les zones grises de l’homme, bornée par les lois morales et la culture, ce long apprentissage dont certains se démettent avec jubilation, dans des rituels sanguinaires de passage et d’adhésion. L’homme assurément est un animal névrosé, penchant du coté du mal et de la perversion pour se venger d’une blessure narcissique, s’il juge que la société ne lui a pas donné l’occasion de sa réalisé, ou l’a empêché. C’est ainsi que sont nés les nazis, une boule de haine qui n’a plus d’échappatoire autre que sa force centrifuge se consolidant jusqu’à l’explosion quand elle est lancée. Il n’y a pas de retour possible. 
    Les individus sont responsables de leurs choix, mais reste qu’il faut s’interroger sur l’alternative que notre société offre, en terme d’opposition au projet djihadiste : C’est à dire une place, une structure, une famille, une utilité, un mythe....

    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er février 12:16

      @bakerstreet
       
      Merci pour ce commentaire encourageant avec lequel je m’accorde dans les grandes lignes, même là je pourrais trouver à redire.
       
      Ainsi, on est bien d’accord que « personne ne croit sérieusement que la religion a un rôle à jouer là-dedans » pour autant que cela veuille bien dire que « personne (de sérieux) ne croit... etc.). Car des personnes peu sérieuses comme Christophe Barbier de l’Express n’ont qu’un mot à la bouche : »islamisme«  ; et qu’une idée en tête : lui faire une guerre totale. Bref, ce triste sire croît le plus sérieusement du monde que la religion islamique est ici en cause.
       
      Par ailleurs, oui, je pense en effet que nous avons là, avec la radicalisation, islamique ou autre, quelque chose qui n’est pas étranger aux rites de passage, qui font passer de l’enfance à la réalité, de l’adulte et qui opère donc une construction identitaire en même temps que la construction de »LA réalité« .
       
      Enfin, concernant le »retour« , cad le renoncement à la radicalisation, il me semble que le travail qu’on pourrait dire de »remédiation« de Dounia Bouzar démontre qu’il est possible, même si extrêmement délicat à réaliser.
       
      C’est pourquoi je pense qu’il faudrait aussi d’ores et déjà entreprendre un travail de prévention car outre il bénéficierait à tous (vu l’étendue des »fragilités" adolescentes), il faciliterait aussi le travail de déradicalisation grâce à une meilleure connaissance partagée des processus psychiques à l’oeuvre tant dans les phénomènes de persuasion que dans la construction sociale du soi


    • philouie 1er février 12:34

      @Luc-Laurent Salvador
      que « personne ne croit sérieusement que la religion a un rôle à jouer là-dedans »

      Ben si, moi.
      Mais pas l’excès de religion, plutôt l’absence de religion.
      La religion en tant qu’elle est structurante, qu’elle pose des valeurs, qu’elle véhicule un discours.
      La nature a horreur du vide, en matière spirituelle également.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er février 12:50

      @philouie
       
      OK, vous jouez sur les mots mais c’est de bonne guerre. On peut en effet entendre les choses ainsi ; en tout cas je vous suis bien.
      Il importe seulement de s’accorder sur le fait que la religion ne saurait être ici en cause. Evoquer son absence, c’est confirmer son innocence.


    • bakerstreet bakerstreet 1er février 13:28

      @Luc-Laurent Salvador
      D’accord en tous points avec vous. Il va de soi que « la religion n’a rien à voir la dedans », est à voir un peu comme une boutade, une réaction épidermique envers ceux qui n’admettent que cette cause, refusant de voir ce qui les dérange. Si certains jeunes adhèrent à ces postulats, c’est à mon avis comme mode d’introduction obligatoire à admettre pour épouser le reste, et s’intégrer à ce mouvement en tout point nihiliste et pervers. Car la jubilation de passer à l’acte en grandeur nature, « de se la péter » comme on dit, est omniprésent aussi. Les psychopathes rejoignent les paumés de tous horizons...Pour combattre ce cancer, il faut un plan : Élimination à l’extérieur, et prévention à l’intérieur. Dans ce sens ça ne serait pas con de s’inspirer de la logique Daesh, de façon toute relative évidemment, mais en s’interrogeant du pourquoi l’adhésion marche. La société actuelle, celle des 1%, des actionnaires, des castes, a dégagé une haine indicible pour certains. A tort ou a raison ils pensent qu’ils n’ont plus leur place. Le projet comme vous le dites doit se construire autour de rites de rencontres et d’initiation. Le travail la dedans à un rôle prépondérant, et l’établissement d’une société d’espoir, où tout n’est pas clivé par des interdits, des contrôles, des balises, justifié par le tout sécuritaire. Bref, remettre de la souplesse, ce qu’on appelait auparavant le libéralisme, avant que ce mot soit dévoyé de son sens. Même la construction d’une maison en bois, l’obtention d’un simple permis de conduire est devenu une montagne administrative , et figurent des montagnes infranchissables pour certains qui se désespèrent. L’alternative à daesh ? ....c’est pour moi par exemple des luttes, comme celle des zadistes à Notre dame des landes, qui ont construit une fraternité autour d’un combat, apprenant, récoltant vivant ensemble un rêve une construction...J’en avais fait un article il y a quelques temps. 

      La lutte contre Daesh passe par Notre-Dame-des-LandesIl faudrait que chaque ville, chaque commune se lance dans un projet alternatif, comme ça c’est fait par exemple pour ce galion, à Rochefort. Pas forcément un projet coûteux, mais où tout le monde serait associé, travaillerait de concert serait reconnu. Bon, je m’arrête là, mais je pense que vous voyez le sens de mon idée générale. Tant de territoires sont à repeupler ! Pourquoi l’état ne fait il pas préemption pour redistribuer des utopies et des terres ?

    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er février 14:08

      @bakerstreet
       
      J’aime bien votre projet. Mais il est autrement plus ambitieux que le mien !
      L’éducation psychologique aiderait quoi qu’il en soit à en comprendre tout l’intérêt.
       
      Nous sommes bien d’accord que nous avons un furieux besoin de redonner du sens au collectif sur un autre mode que les discours creux de nos zompolitics pour parler comme Coluche.
       
      L’action collective dans un large projet qui donne sa place à chacun est assurément une excellente voie de restauration de l’unité, comme du sens, et comme toujours il s’agira d’un mouvement populaire , même s’il n’est pas exclu que des politiciens intelligents y prennent part ou même en soient à l’initiative (songeons au projet du Puy du Fou).


    • bakerstreet bakerstreet 1er février 14:52

      @Luc-Laurent Salvador
      Oui, et je pense au chateau de guedelon, par exemple près d’Auxerre, où l’on a commencé à construire un château féodal à l’ancienne, dont le but n’est absolument pas qu’il soit fini rapidement, bien au contraire. Le ciment ne se trouve pas qu’entre les pierres. D’ailleurs un mortier dont on a retrouvé la formule, comme un symbole.

      Daesh est une utopie, malheureuse, mais une utopie quand même. 
      C’est leur pouvoir d’attraction, le vide qu’ils ont repéré qui les rend attractif. A nous d’en construire d’autres, d’allumer des contres feux ; Pour cela il faudrait casser toute une rigidité institutionnelle, qui fait le jeu des gens en place, les nantis protégeant leur privilèges en usant d’’artifices, comme dans la situation d’avant la révolution française, encombré de corporations. 
      Il nous faut réenchanter le monde, donner de l’espoir, du lien, surtout multiplier les possibilités de rêver ensemble de construire des projets


    • Le chien qui danse 1er février 11:50

      Si la construction su« soi » à abouti à un échec et que le jeune se « radicalise ». Bon ben si on introduit un cursus de « lucidité » dans la formation des « jeunes » va y avoir encore plus de radicalité. Je ne defend pas les jihadistes mais c’est quand même d’abord les tenants et aboutissants de nos sociétés qui amènent ces jeunes épris d’autenticité à se « radicaliser ». L’élan de jeunesse avec sa forme de candeur et une énergie qu’une société doit permettre l’éclosion et s’en inspirer. M^me le christ était radical.

      Ce n’est pas seulement pour les « radicalisables » qu’il faudrait donner des cours de « soi ». Bien des « moutonnable » en aurait bien besoin aussi.


      • Le chien qui danse 1er février 11:52

        @Le chien qui danse
        Ecris vite avec des fotes...


      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er février 12:30

        @Le chien qui danse
         
        Merci de soulever ce point.
        Comprendre les tenants et aboutissants (de la construction) du soi serait en effet utile à tous autant que nous sommes.
         
        D’abord parce que nous sommes tous moutonniers d’une manière ou d’une autre. Comme disait Thoreau : « Si un homme ne marche pas au pas de ses camarades, c’est qu’il entend le son d’un autre tambour. » Autrement dit, nous imitons tous. La question est de savoir quel tambour ?
         
        Les radicaux sont plus déterminés, plus disposés à s’éloigner du troupeau mais ils risquent de s’égarer en écoutant des sirènes.
         
        Oui, le Christ était bien un radical, mais il n’a pas versé dans la radicalisation.

        C’est pourquoi une éducation psychologique, dès lors qu’elle « édifie » et rend « lucide », loin de favoriser la radicalisation, aide à s’en déprendre car elle aide à ne pas succomber aux lectures psychologiques simplettes et naïves qui portent à la mise en accusation de l’autre et à l’acte violent.
         
        Bref, il y a tout à gagner à une éducation psychologique.


      • bakerstreet bakerstreet 1er février 14:42

        @Luc-Laurent Salvador
        Education psychologique ? Ca me laisse dubitatif...ce n’est pas parce que vous connaissez les mécanismes de la dépression que vous ne vous n’envisagez pas le suicide. Si un cliché réside dans le fait de penser que cette chose est uniquement d’obédience religieuse, un autre réside dans la croyance au fait que ces jeunes sont soit sous-cultivés, très manipulables.

         Des témoignages et des travaux montrent que pour une bonne part d’entre eux ils n’en ai rien. Il y a un parallèle évident que beaucoup ont fait avec les nazis, qui eut pour soutien des « têtes », Heidegger par exemple. Il y a là des gens qui choisissent d’extraire un logiciel de pensée, et en mettent consciencieusement un autre à la place, préférant privilégier leurs sens et leurs addictions, leurs envies, à une pensée rationnelle. 
        La réponse ne peut pas être intellectuelle, mais s’attaquer plutot au pathos de l’individu, la même corde que Daesh, mais pas configurée sur le même arc. 

      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er février 16:44

        @bakerstreet

        Réflexion ô combien légitime.
        Bien sûr, il faut des preuves.
        Mais comme vous le savez, la connaissance est un pouvoir, alors a priori, l’hypothèse fait sens.
        Connaître les mécanismes de la dépression ? Qui les connaît ? Je doute qu’on ait beaucoup d’études ayant testé l’effet d’une connaissance approfondie des mécanismes et facteurs portant au suicide sur les candidats au suicide.
        Je ne doute pas une seconde que cela ait un effet mais je doute qu’il y ait qui que ce soit dans la gent médicale pour prendre ce genre d’approche au sérieux (au moins en France, aux USA et au Canada, ils sont plus ouverts. D’ailleurs la psychoéducation, ça vient de là-bas).
        En tout cas, pour ma part, je mise tout sur cette approche qui n’est pas seulement intellectuelle car elle a surtout l’avantage d’aider à mettre de l’ordre dans ses émotions, de les comprendre et de ne pas se laisser déborder par elles dès lors qu’on en saisit la logique.
        Il est clair qu’un cours de philo sur le ça, le moi et le surmoi, ça n’aide personne à éviter le suicide. Au contraire, c’est un truc à se flinguer tellement c’est présenté sur un mode intellectuel et plutôt morbide je dirais même.


      • bakerstreet bakerstreet 1er février 17:40

        @Luc-Laurent Salvador
        Donner à chacun des moyens d’analyse est intéressant, mais pas suffisant. Car savoir se servir d’un kit de survie, avec mode d’emploi, a des limites que la frustration lamine. C’est essentiellement sur le collectif, et à une idéalisation qu’on pourra je pense s’en sortir.

        « Nous ne manquons pas d’idéaux, nous manquons de subjectivations collectives. Un idéal, c’est ce qui incite des jeunes à s’occuper des autres...Il faut des symbolisations égalitaires, ouvertes à tout le monde, et qui, au delà des thèmes spécifiques, les réfugies, l’écologie, la banlieue, permettent l’inclusion des »sans parts« . Mais un peuple se constitue aussi localement, par rapport à une domination donnée qui s’exerce dans un espèce national » -(Jacques Rancière)-

      • Shawford Shawford 1er février 17:44

        @Bakerstreet

        Qui parle là, le chien ou le canari ? ( smiley ? )


      • bakerstreet bakerstreet 1er février 17:55

        @bakerstreet
        Quand aux mécanismes de la dépression, même si évidemment on ne peut se permettre d’être exhaustif, sur un sujet dont les causes de départ et de fermentation sont aussi nombreuses au moins que pour les jeunes partant faire le djihad, il y a tout de même au niveau clinique, bien des choses identifiables. 

        Des facteurs endogènes liées à une maladie, et d’autre exogènes liées au stress par exemple. On note pourtant que les situations de guerre ne causent pas plus de suicides, et même parfois les atténuent, l’individu devant affronter des problèmes élémentaires de survie, ceci évitant d’affronter des problèmes, existentiels. il n’y avait pas d’anorexiques à Dachau. 
        Mais suffit de regarder la pyramide de Maslow, des besoins fondamentaux, pour s’apercevoir qu’il y a tout de même en se moment un problème au niveau de la réalisation de soi, pour beaucoup, par des phénomènes de société, qui n’ont rien à voir avec l’existentialisme de chacun.
         On a beau le savoir, ça n’empêche pas d’être victime, de se sentir victime, avec tous les symptômes et le sentiment de perte que ça représente. Pour retrouver la confiance, il faut un terrain pratique d’exercice. Bref ,du boulot, « une place » pour parler court, en lien avec un groupe qu’on aime, et dont on est fier. Et voilà pourquoi par exemple « l’affaire Cahuzac », est destructive, et pousse dans le sens de la roue de l’absurde et du désespoir. Les capitaux partent vers l’asie, les jeunes partent vers l’orient, On trouve ainsi pas mal de vases communicants. 

      • bakerstreet bakerstreet 1er février 17:59

        @Shawford
        Le cerveau a deux hémisphères, qui communiquent plus ou moins parfaitement avec l’autre. Quand j’étais gamin, je faisais parler les deux doigts courant sur le mur qui m’accompagnaient le matin, qui me donnait la réplique, qui n’était pas toujours avec moi.

         Une schizophrénie tranquille, à vélo, en moto, ou à pied. 

      • Clouz0 Clouz0 1er février 18:24

        @bakerstreet

        Le cerveau a deux hémisphères, qui communiquent plus ou moins parfaitement avec l’autre.
        Houla !
        Certes, c’est pas faux...
        Sauf dans le cas de Shaw. Il a au moins 42 hémisphères (au dernier recensement) et aucune connection entre tous les éléments du système. 
        Evidemment, c’est un peu le bazar sous son crane, mais pour selon il ne s’en sort pas si mal que ça.

      • Griffon Jaune Kylo Ren 1er février 18:24

        @bakerstreet

        Pas schizo du tout

        Tu as vu mon toutou, voici mon canari smiley


      • Griffon Jaune Kylo Ren 1er février 18:26

        @Clouz0

        Salut Philippe

        Prends ma place qu’on juge sur pièce smiley


      • Griffon Jaune Kylo Ren 1er février 18:31

        @Clouz0

        Et sinon donc, tu es Charlie WINSTON ?


      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 2 février 04:04

        @bakerstreet
         
        Nous n’allons pas passer notre temps sur ce pont aux ânes. Oui le savoir ne suffit pas, il faut la connaissance, qui suppose l’action et l’action individuelle ne suffit pas, elle n’est rien sans l’action collective qui lui donne son sens.
         
        Mais il n’en reste pas moins que sans le savoir, sans la pensée, quand il n’y a que l’action/réaction, on s’égare très vite dans l’inanité et le trivial de la répétition et même si c’est celle de l’action collective, il peut être bon d’en sortir quand celle-ci est mal engagée.
         
        Je vous rappelle que la guerre est une action collective et il est bien temps d’en sortir...


      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 2 février 04:09

        @bakerstreet
         
        Une psychoéducation sur la position victimaire aurait assurément un effet salutaire sur la paix dans le monde.
        99% de la violence physique du monde est le fait de victimes !
        (et cela même si 99% de la violence économique est le fait des 1% de satisfaits smiley)


      • chantecler chantecler 2 février 09:01

        @Luc-Laurent Salvador

        Bonjour,
        Merci pour ton article .
        Il y a une trentaine d’années beaucoup de connaissances ont été rassemblées dans le cadre de la psycho pathologie .
        J’ai en mémoire des dizaines de livres ...
        Le plus concis et le plus élaboré est de mon point de vue « l’abrégé de psychopathologie » de Bergeret qui était un immense chercheur et psychiatre .
        Je crains que ce courant majeur en Europe n’ait été relégué au second plan par la psychiatrie américaine avec ses classifications de cow boy , ses thérapies simplistes et la main mise des laboratoires pharmaceutique sur le tout psychotrope .
        Qui fait tant de dégâts mais qui représente tant d’argent .
        L’autre dérive c’est la suprématie de l’investissement actuel sur les neuro sciences où le focal est axé sur les dysfonctionnements du cerveau où l’on se concentre sur les gènes, les tissus, les médiateurs chimiques ,les interactions, les liaisons atomiques etc, etc un peu comme si l’on considérait que le cerveau humain n’était qu’un ordinateur un peu évolué où l’on pourra changer ou améliorer un jour les microprocesseurs ou les carte mères ...
        Ce qui je le crains ne soit globalement qu’une impasse, même si l’on peut espérer quelques progrès .
        Le cerveau a mis des centaines de millions d’années à se constituer , à évoluer cf l’embryologie et l’évolution et il me semble illusoire de croire que l’on pourra en connaitre et maitriser rapidement tous les aspects.
        Cdt.
        Cr.


      • bakerstreet bakerstreet 2 février 10:36

        @Luc-Laurent Salvador
        C’est sûr que la discussion évite ces pas de deux, partant sur des points de détails, expression fâcheuse là aussi il faut le reconnaître. Globalement, je suis d’accord avec vous. L’éducation est essentielle. Le problème, c’est bien que les situations politiques, la démagogie, l’instrumentation, des techniques de management, travaillent à rebours, clivent. Car comme pour le marché, le pouvoir dans sa conception actuelle, c’est comme le marché, ils sont aux mains d’une oligarchie qui ne se satisfait naturellement pas de gens heureux, épanouis.

         Quelqu’un d’heureux, c’est quelqu’un qui n’achète pas, ou peu, un client en moins. Violence économique, violence sur les peuples, sur la conscience de l’homme vont naturellement de pair.

      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 2 février 11:03

        @chantecler

        Merci pour cette contribution. Oui, il y a de bons ouvrages, mais il manque une didactique et une pédagogie qui rendent ce savoir accessible aux adolescents. Il est très clair que la direction prise par la psychiatrie, Big Pharma et les neurosciences mène aux antipodes de ce qu’il conviendrait de faire.
        C’est pourquoi je pense qu’il faut faire un retour à la psychologie, nécessairement sociale.


      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 2 février 11:30

        @bakerstreet

        Vous avez malheureusement raison. Le tableau brossé est très juste !


      • chantecler chantecler 2 février 14:05

        @Luc-Laurent Salvador
        Re bonjour,

        Certaines personnes s’y sont essayées , de populariser des concepts basiques dans le cadre de la prophylaxie familiale .
        Je pense par exemple à Françoise Dolto qui a livré un livre immense « Psychanalyse et psychiatrie »
        sa thèse de médecine de 1949 .
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7oise_Dolto

        Elle a rendu service probablement à plein d’enfants , de parents , mais les antis n’ont eu de cesse que de la ringardiser .

        La « droite » : « quand j’entends le mot psychanalyse , je sors mon revolver . »

        Encore qu’un philosophe comme M. Onfray n’a pas été bien clairvoyant sur ce coup là .

        Faut dire qu’elle se heurtait aux Debray- Ritzen de l’époque ...
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Debray-Ritzen
        Tiens j’avais pas lu l’article wiki avant ce jour ...

        Il se trouve que j’étais étudiant en médecine en 67/68 et que j’ai vécu les examens , post évènements , bidonnés de l’époque .

        Donc D.R disait avec d’autres que « tout s’est passé normalement ... »

        Et bien un souvenir :
        Les « sections » passaient leurs examens les unes après les autres ...
        Donc les sortants pouvaient passer leurs questionnaires à certains suivants ...

        Dans l’amphi où je passais les miens , un responsable devant le malaise , a demandé si oui ou non certains étudiants avaient pris connaissance des questions en cours .

        La réponse a été oui .

        Le prof responsable a donc déclaré que l’examen était annulé.

        Le soir à la TV , ou à la radio , nous entendions : « les examens se sont déroulés dans les meilleures conditions », ils sont donc validés ".

        C’était sous la fin du gaullisme et le début du pompidolisme .

        A+
        Cr.


      • Shawford Shawford 2 février 14:20

        @Chanteclair

        Hey buddy, une petite question, tu as déjà échangé des commentaires avec Etbendidon ?


      • chantecler chantecler 2 février 16:34

        @Shawford
         ?
        Non .
        J’ai toujours été chantecler .


      • chantecler chantecler 2 février 16:49

        @Chawarma42
         smiley
        Et bien volontiers !
        PS : non pas de problème !


      • alinea alinea 1er février 12:26

        Si ces jeunes étaient des révolutionnaires anarchistes, prêts à tout pour changer le monde, je ne suis pas sûre que j’aimerais que l’ EN soit dévolue à les mettre dans le droit chemin, de la passivité, de la consommation et de la soumission aux non-valeurs de nos sociétés.
        Le fait est que ces jeunes cumulent deux choses contradictoires : se dépasser pour une cause, devenir héros, mais avoir été sous-éduqués au point d’être gogo du premier racoleur qui passe.
        Les jeunes ont donc le choix entre la drogue, la petite ou grande délinquance, la guerre peu-importe-la-raison, s’ils ne sont pas heureux d’être dans les clous, forts étroits, ou résignés à l’échec obligé d’appartenir à un monde fort excluant.
        Il ne s’agit donc pas, pour moi, d’éduquer, mais bien d’inverser la vapeur pour que toutes ces énergies soient disposées à changer le monde mais avec, au bout, la création d’un espace pour chacun.
        Il est évident que notre système d’une injustice et d’une abjection crasse ne peut en aucun cas faire quoique ce soit !


        • Xenozoid Xenozoid 1er février 12:34

          @alinea

          @alinea
          Il est évident que notre système d’une injustice et d’une abjection crasse ne peut en aucun cas faire quoique ce soit !

           et j’ajouterais c’est bien le but,car c’est ce qu’est/ fait le pouvoir

        • Shawford Shawford 1er février 12:43

          @Xeno

          T’es en train de couler là, cocotte, je vais re retrouver un de ces quatre dans un lit de bas étage ou de lesbos smiley smiley


        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er février 12:46

          @alinea
           
          Merci Alinéa pour ce discours... radical dont je comprends le pessimisme mais dont je ne peux partager les conclusions.
           
          En effet, éduquer à la psychologie du soi serait déjà une petite révolution pour l’Education Nationale car ce serait aider chacun à comprendre ce qu’est un sujet et comment on est censé le respecter (ce que l’E.N. a, jusqu’à présent, très mal fait, je vous l’accorde, cf. mes précédents papiers sur le thème de l’éducation démocratique ici et ).
           
          « inverser la vapeur pour que toutes ces énergies soient disposées à changer le monde », c’est bel et bien éduquer. C’est même la plus belle manière d’éduquer tant il est vrai qu’éduquer pour (re)produire des petits robots qui feront les guerres économiques et armées de nos sociétés sans âmes a un je-ne-sais-quoi de déprimant et de malsain.
           
          Quoi qu’il en soit, je pense que c’est lorsque chacun est en pleine possession de soi, de ce qu’il est, de ses dépendances (sociales) comme de ses moyens, qu’il est le plus en mesure de contribuer à changer le monde.
           
          C’est pourquoi une éducation psychologique me paraît pouvoir être un formidable catalyseur de changement. L’éducation est dans l’Ancien Régime. Il est tant que chacun soit éduqué à sa nature de « sujet » pour en comprendre les tenants et aboutissants, cad, les potentialités, comme les responsabilités vis-à-vis des autres.


        • Xenozoid Xenozoid 1er février 12:46

          @Shawford

          ouai mais bon t’es pas obliger de répondre 
           smiley

        • bakerstreet bakerstreet 1er février 13:39

          @alinea
          Le problème c’est qu’on trouve la dedans des jeunes très bien éduqués, diplômes, et même surdiplomés. Le fait est qu’ils n’ont pas forcément d’emploi, et que c’est cette opposition entre« tête instruite », et homme non reconnue, donc bafoué, qui est aussi à l’oeuvre.


        • alinea alinea 1er février 13:58

          @Luc-Laurent Salvador
          Éduquer, certes, mais pas par n’importe qui ! Or notre « éducation » est à la solde de (non)valeurs qui, justement excluent !!
          On va dire qu’on se mord la queue ; personnellement, je ne compte pas sur les pouvoirs, qu’ils soient publics ou non, pour changer la donne !!
          Ni sur « les gens » qui sont convaincus que leurs futilités, leurs désirs, leur « ego » sont ce qu’il y a de plus importants, pire, universels !!
          C’est juste notre « civilisation » qui est sur sa fin, puisque la grande majorité des gens restent sur leur faim ! faim jamais rassasiée puisqu’elle cherche aliment dans la daube, à en oublier son appétit véritable.
          Tu amputes de sa spiritualité n’importe quelle psyché, reste la névrose !!


        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er février 14:21

          @alinea
           
          On ne peut pas compter sur les pouvoirs publics, ni sur les gens du commun pris « en l’état ». Sauf que le public, fait de tous ces « gens », a encore un certain pouvoir et peut influer sur ceux qui sont supposés en être les représentants.
           
          Je crois pour ma part qu’il y a un furieux besoin pour la jeunesse d’être éduquée à « l’Etre », au sens que cela a de devenir une personne adulte, épanouie, autonome, responsable, qui a la connaissance et la maîtrise de son mental, qui est capable de dire « je » en sachant ce que cela veut dire, etc.
           
          Sous ce rapport, il est très clair que la philosophie et la vulgate psypsykakanalytique qu’elle continue de répandre ont failli à leur mission. Les jeunes adultes sont de plus en plus des automates pulsionnels narcissiques et si, heureusement, il en est encore beaucoup qui arrivent à tirer leur épingle du jeu, ce n’est pas au système éducatif qu’ils le doivent mais à la capacité héritée de leur famille d’en faire un usage efficace.
           
          Autrement dit, même s’il y a mille choses à changer dans l’E.N., elle est encore en mesure de faire passer des contenus de valeur et l’éducation psychologique pourrait, à mon sens, en faire partie.


        • alinea alinea 1er février 14:31

          @Luc-Laurent Salvador
          Je pense LLS que nous sommes d’accord sur le fond, c’est juste que l’État ni ses sbires ne peuvent faire quoique ce soit en l’état !
          C’est à ce niveau-là que je me place, c’est pourquoi, si je n’en change pas, je te contredirai jusqu’à la fin des temps !
          Oui, mais ne rêvons pas
          Les études « abstraites », je veux dire celles qui passent seulement par les mots, ne conviennent pas à tous ; je rejoins bakerstreet là : l’action si petite soit son échelle, est bien souvent la meilleure des solutions !


        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 1er février 16:48

          @alinea

          Qui parle de mots ? Une éducation, ce n’est pas un cours magistral, c’est de la pratique. Le « make and know » c’est vieux comme le monde. De là vient le nom de « Meccano », ce jouet vintage. Donc oui, bien sûr il faut l’action. Il n’y a pas d’éducation sans action. Faudrait-il dire Educ’action psychologique ?

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