C’est quoi la révolution ? C’est quoi être révolutionnaire ? Et votre tolérance envers Chavez viendrait uniquement du fait qu’il ne soit pas un dictateur spoliateur à la Somoza ? J’imagine que vous avez écrit trop vite. Parceque si changer l’ordre incroyablement injuste des choses comme il l’a fait et le fait, redistribuer comme il le fait, construire, soigner, éduquer, se défendre, s’aligner sur le développement durable, aider à l’extérieur c’est juste populiste alors vive le populisme et à mort la révolution et la gauche.
Alors révolutionnaire ou pas ? Nationaliste ou anti-impéraliste ? Et puis, c’est quoi être de gauche... ou de droite ? Est-ce ces étiquettes souillées qui comptent ou ce que l’on fait ?
Il y a certainement des critiques à faire, mais de grâce argumentons et donnons des faits.
Désolé, mais de vous un tel post ne me laisse pas indifférent
Le choix entre la Birmanie et l’Argentine dites vous ? Je n’ai pas l’impression. Technologiquement l’Iran est au même niveau que l’Argentine et culturellement elle s’en rapproche. En revanche l’Iran et la Birmanie c’est un peu le jour et la nuit.
Les freins réels à la démocratie Iranienne (s’en est une bien que restreinte) ne sont que géopolitiques. Sur les plans technologiques et culturels, elle a déjà atteint les seuils nécessaires pour basculer dans la modernité. Mais tant que les problèmes du MO persisteront et que les parangons de la démocratie seront aussi les ennemis de l’indépendance des pays de cette région, la liberté n’y sera jamais acquise et l’islamisme prospèrera.
Ce n’est donc pas vécu comme un choix par l’Iran, mais comme une question de survie et de dignité. C’est également le cas de la Chine (de moins en moins puisqu’elle passe à l’offensive) et de plusieurs autres pays émergents ou du 1/3 monde.
Nous sommes donc loin du RDV des civilisations et tout autant de celui du choc des mêmes civilisations, mais tout simplement dans un vieux conflit d’impérialisme et d’indépendance. Et dans cette lutte sans merci, la modernité et la liberté dans leur acception authentique auront d’autant moins de chance de prévaloir que le conflit sera rude dans un camp comme dans l’autre.
Je n’ai pas l’impression que Todd invente la poudre avec son livre ; du moins d’après votre retour. Il reprend gentiment l’evolution des critères classiques de la modernité dans une partie du monde islamique. Tout observateur averti (la grande presse n’est pas d’un grand secours) devrait l’avoir noté.
En revanche, une analyse par pays révèlerait que les ordonnateurs et les vecteurs ne sont pas les mêmes partout. En Iran par exemple, ce sont les mollahs qui les ont ouverts à toute la société. Et surtout, ces évolutions sont loin d’être un flot constant car intrinsèquement liées à des facteurs exogènes.
En réalité elles ne sont que le produit et non le générateur du RDV des civilisations dans la modernité (Y a-t-il d’ailleurs un sens à ça vu que c’est l’adoption de valeurs occidentales, dont un déplacement unilatéral ?). L’élément clé et le seul véritablement opérant reste la politique et notamment la géopolitique. Depuis le début les tyrans imbéciles et rétrogrades ont été adoubés contre les démocrates et les progressistes. Le résultat est là et le restera tant que la force et la ruse seront les seuls principes des relations occident/orient et ailleurs.
Se restreindre à une analyse monodisciplinaire me semble passer à côté de l’essentiel. Dans cet échange, les interventions de Fouad sont riches de vérités.
Selon votre nouvelle théorie du développement, le salut de l’Afrique passe par la transformation des produits agricoles financée par la générosité des pays occidentaux. Et plutôt que de se former dans le tertiaire, les Africains doivent apprendre l’utilisation des énergies renouvelables (dont la combustion d’arbres) et l’hydraulique. Comme ça on est bien sûr que dans 1000 les Africains seront encore et auront besoin des gens comme vous pour les aider.
20 ans en Afrique aux frais de la princesse pour produire ça ! Est-ce bien sérieux ? A quoi avez-vous donc servi ?
Vous parlez d’impossibilité de produire à bas coût localement. Pourquoi ? A cause du CFA surévalué dans les anciennes colonies françaises ?
Et il ne vous vient pas à l’idée que ce carcan imposé depuis Paris pourrait sauter ?
Que Areva au Niger pourrait payer l’uranium au prix du marché international ?
Que Total et les autres pétroliers pourraient payer le pétrole au prix OPEP ?
Que le Congo pourrait décider librement de l’exploitation et de la vente de ses inestimables ressources ?
Que les subventions sur les produits agricoles et les aides aux exportations vers l’Afrique qui faussent éhontément le marché pourraient cesser ?
En un mot que le pillage (authentique crime contre l’humanité) orchestré depuis plusieurs siècles et qui se poursuit allègremment pourrait enfin s’arrêter.
Trop simple pour votre esprit, il vaut mieux hurler au désespoir sur la misère d’un continent spolié et appeler à la générosité des gouvernants auteurs même du forfait. Surtout ne pas solliciter la justice.
Non Monsieur Jean-Michel B. et cie, l’Afrique et le monde n’ont pas besoin d’aide, ils ont juste besoin qu’on ne leur nuisent pas. Les véritables amis de l’Afrique militent chez Survie www.survie-france.org.