Travailler plus pour gagner plus ? La forme même des pyramides d'Egypte, nous enseigne que les ouvriers, et ce dès la plus haute antiquité, avaient développé une tendance naturelle à en faire de moins en moins.
1 200 000, ce sont des chiffres tibétains. L’auteur pourrait citer ses sources. Les chiffres chinois sont bien sur infiniment inférieurs.
Comme je l’indique dans un post plus haut ce chiffre est également contesté par Patrick French, un écrivain anglais président de l’association Free Tibet Campaign qui a eu accès aux archives du gouvernement Tibétain en exil et avance le chiffre de 500 000, incluant la famine qui suivit le fameux " Grand bond en avant" de Mao et dans une moindre mesure la révolution culturelle.
Cela-dit, rien que la grande famine qui sévit entre 1958 et 1962 (conséquence du " grand bond en avant ") fit entre 30 et 40 millions de morts en Chine.
Le problème des articles et commentaires est qu’ils reflètent le fait qu’à partir exactement des mêmes faits historiques, les interprétations chinoises et tibétaines ont toujours divergé (et celles de leurs supporters, idem).
Il est vrai que depuis son unification (au septième siècle après Jésus-Christ par le roi Songtsen Gampo), l’histoire tibétaine est complètement imbriquée avec celle de la Chine. En faisant simple :
Le Tibet fût lui même propriétaire/envahisseur de la Chine, brièvement de 763 à environ 800.
Il fut envahi comme la Chine par les mongols (Gengis Khan) et mis sous tutelle de la dynastie mongole des Yuan fondée par Kubilaï Khan et qui régna entre 1271 et 1368. Selon les Chinois, le Khan donna le contrôle du Tibet aux Yuan. Selon les Tibétains, Chine et Tibet étaient deux entités distinctes au sein de l’empire Mongol (première embrouille).
La dynastie Ming (1368-1644), d’origine Han (l’ethnie majoritaire de la Chine) hérita, selon les Chinois, de la dynastie précédente des Yuan le droit de régner sur le Tibet. Cette version est évidemment contestée par les Tibétains (deuxième embrouille).
Enfin sous la dynastie mandchoue des Qing (1644-1911) qui balaya à la fois le dernier Khan et les Ming, la relation entre la Chine et le Tibet se radicalisa véritablement. La prise de contrôle militaire du Tibet et sa mise sous tutelle par les Chinois apparaît plus clairement. Mais là encore, les Tibétains considèrent que le Tibet n’était qu’un vague protectorat sous les Qing et que les officiels tibétains continuaient à le gouverner (troisième embrouille).
Avec la fin de la dysnastie mandchoue au début du XXème siècle, la chine se désintégra (luttes entre les seigneurs de la guerre) et le Tibet fut la proie des anglais. En 1904, leurs troupes, menées par Sir Younghusband, en prennent le contrôle. A l’époque les Tibétains demandèrent l’aide des Qing, mais en vain car il y avait assez de problèmes internes comme ça. Ceci est considéré aujourd’hui comme une grave erreur par la Chine.
Enfin, le Tibet a été incorporé de force à la République Populaire de Chine (RPC) par Mao Zedong en 1950.
Bref, selon la version, le Tibet fût Chinois depuis le XIIIème / XIVème siècle ou jamais Chinois (ou si peu). Et ça continue sur AgoraVox, comme le confirment votre article et celui de Lilian hier et je crois que personne ne tranchera.
Trois remarques quand même.
Diversité et intégration sont l’essence même de la civilisation Chinoise (et une grosse partie du problème actuel). Pour un Chinois, les dynasties "envahisseuses" Mongols ou Mandchoues sont absolument chinoises même si elles ne sont pas Han (l’ethnie majoritaire de la Chine qui compte aujourd’hui pour 92% de la population). Aujourd’hui, on compte en Chine 24 ethnies chinoises et 55 minorités non chinoises. Selon leur Constitution de 1982, la Chine est une " République socialiste unitaire et multinationale ". Evidemment le Han diffuse partout, selon la politique de sinisation (de colonisation pour les détracteurs de la Chine) qui consiste à " ajouter du sable partout pour épaissir le ciment ", vocabulaire officiel Chinois. Ainsi, les Han constituent aujourd’hui la majorité de la population dans 20 provinces sur 22, à l’exception du Ouïgour (Xinjiang) et du Tibet. Probablement plus pour longtemps.
Le critère de la langue est délicat à manier. Il y a environ 200 langues pratiquées en Chine. L’ethnie majoritaire Han elle même, se scinde d’un point de vue linguistique en deux : ceux qui parlent le chinois mandarin ou putonghua (environ 67%) et ceux qui parlent l’une des 24 langues chinoises autres que le mandarin (environ 38O millions de personnes, présentes principalement dans le Sud-Est du pays), dont le wu (77,1 millions), le cantonais (52 millions), le jinyu (45 millions), le hakka (36 millions), le gan (20,5 millions), etc.
Les 1 200 000 morts sont un chiffre avancé par les Tibétains et contredits par les Chinois. Chiffre également contesté par Patrick French, un écrivain anglais président de l’association Free Tibet Campaign qui a eu accès aux archives du gouvernement Tibétain en exil et avance le chiffre de 500 000, incluant la famine qui suivit le fameux " Grand bon en avant" de Mao et dans une moindre mesure la révolution culturelle. Cela-dit, rien que la grande famine qui sévit en Chine entre 1958 et 1962 (conséquence du " grand bond en avant ") fit entre 30 et 40 millions de morts en Chine.
En résumé, on peut voir la Chine (Taiwan inclus) comme un tout, comme un pays multiculturel et multinational de 1,3 milliards d’habitants. C’est la position officielle chinoise.
On peut aussi la découper, le Tibet ici, le Sichuan là, le Xinjiang, etc. en mille morceaux. Mais ce n’est plus la Chine de 1.3 milliards d’habitants, alors. Et ce n’est plus la position officielle Chinoise, évidemment.
C’est difficile à résoudre, cela n’a rien à voir avec la colonisation en Afrique, le sport, les JO ou le CIO, ni même avec les droits de l’homme (ce sont des problèmes réels mais distincts) et ce n’est pas en deux phrases péremptoires et trois amalgames que les uns ou les autres pourront imposer un point de vue.
Comme disait De Gaulle, « La Chine est un vaste pays, et qui est peuplé de Chinois ». Ca c’est envoyé !
Les troupes Mandchoues ont absolument occupé militairement le Tibet (anglaises aussi à une époque différente), mais assez brièvement.
Sous les 3 dernières dynastie (1271-1911) mongole des Yuan, Han (l’ethnie majoritaire chinoise) des Ming et enfin mandchoue des Qing, cette province a toujours été considérée et administrée de loin.
Résultat, les tibétains parlent de vague protectorat chinois (selon eux le Tibet n’aurait jamais été chinois) quand les chinois parlent de suzeraineté (selon eux le Tibet aurait toujours été chinois). C’est bien là le problème.
C’est aussi ce qui me gêne dans le texte de Mélanchon (dont je partage le point de vue par ailleurs), l’aspect "bienfaits de la civilisation chinoise". Il n’y en avait pas besoin. C’est comme si en France quelqu’un parlait des bienfaits de la France en Normandie... C’est pas là le problème.
La Chine essaye de maintenir l’intégrité de son territoire depuis des siècles et y parvient (excepté Taiwan). C’est pas facile (cf la Russie qui elle a explosé). Les méthodes sont parfois brutales (dans le passé maoïste elles ont pu être sanguinaires). Le problème c’est que la démocratie est un mode de gouvernement peu adapté à l’enjeu (garder 1.3 milliards d’habitants dans la même nation).
C’est pas une question de morale ou de droits de l’homme, c’est une équation politique. On pourrait évidemment découper la Chine en 20 morceaux, comme l’ex Yougoslavie mais je crois pas que ça soit la solution favorite du gouvernement chinois.
Le "droit des peuples colonisés à l’autonomie". Je croyais avoir fait le tour des conneries, là vous battez tous les records. Quand on est colonisé c’est à l’indépendance qu’on aspire, pas à l’autonomie. Et à l’indépendance, le Tibet ni le Dalaï lama n’aspirent pas. La colonisation, c’est l’Afrique, l’Algérie. Pas le Tibet.
Quand à votre refrain sur l’Africain pacifiste et humaniste hors de ses frontières... Quand on voit les massacres entre ethnies à l’intérieur des frontières, au Rwanda, au Darfour, en Somalie, au Zimbabwe, en Sierra Leone, au Nigeria, etc. on prie effectivement pour que les Mugabe, les Deby, les Bongo et les autres n’aient pas la bombe atomique.