Marié avec une anglaise, je vis à cheval entre la France et l’Angleterre. Pour le moment le Brexit n’existe que dans formule de Theresa May : « brexit means brexit » qui est une formule creuse, vu que personne ne met la même chose dedans : « 50 nuances de brexit » . La confusion règne surtout après l’arrêt de la haute cour demandant l’accord du parlement pour activer l’article 50. Et après commenceront les négos avec les équipes de Michel Barnier qui est redouté outre manche surtout au sujet de ses positions vis à vis des banksters de la city.
La seule certitude à ce jour, c’est l’incertitude qui a fait chuter violemment la livre et commence à créer de l’inflation vu que le Royaume uni est largement plus importateur qu’exportateur. Cette chute de la livre pénalise fortement les retraités anglais installés en France, Espagne ou Portugal.
Donc, le brexit n’a pas encore eu le début d’un commencement. Seule la livre a chuté pour le bonheur de quelques exportateurs et le malheur des vacanciers, des consommateurs et des retraités du continent.
D’où le jacobinisme, d’où cette hiérarchie sociale calquée sur la hiérarchie catholique, d’où ce concept de nation imposé d’en haut ; en résumé toutes les tares de la société française.
Pour nous, protestants de France, nous l’avons très mal vécu : après un siècle de relative tolérance , de 1598 à 1685 grâce à l’édit de Nantes, ce potentat criminel que fut Louis xvi nous plongea dans un siècle de « st Barthélemy permanente » où l’on tuait ou envoyait aux galères nos ancêtres sans procès. La révolution de 1789 nous amena une reconnaissance factuelle, mais la mafia catholique œuvrait pour nous interdire toute promotion dans la fonction publique et enfin la loi de 1905 (grâce à des protestants comme Ferdinand Buisson) établit la séparation de l’église catholique et de l’état et reste aujourd’hui un modèle pour la coexistence des religions et de la société civile.
Que vous le vouliez ou non, l’Europe qui se construit est une union économique ; les états qui la composent ont accepté de déléguer une partie de leurs pouvoirs à Bruxelles pour négocier en leurs noms.
Les traités bilatéraux sont à négocier avec Bruxelles. Quand il n’y a pas si longtemps la Suisse essayait de traiter séparément avec les différents pays d’Europe pour protéger son secret bancaire, cela n’a pas réussi, et maintenant le secret est terminé pour le plus grand bénéfice des finances françaises, allemandes , italiennes et autres.
L’accès au libre marché européen des services et des biens est lié à la libre circulation des personnes et l’acceptation de règles communes en cas de conflit. Les anglais n’ont jamais voulu que le libre marché, ont choisi de partir, bon débarras.
A ce que je sache, la Suisse ne négocie pas séparément aujourd’hui avec la Californie ou avec l’Ohio, elle ne négocie qu’avec Washington et cela peut être chaud comme dans le cas du Crédit Suisse.
Vous pouvez tout à fait continuer de profiter du marché Européen pour votre prospérité en acceptant les règles, ou adhérer à l’Union Européenne pour influencer sur les règles ou renoncer au marché Européen et ainsi retrouver votre bucolique pauvreté . VOUS ETES LIBRES !
Réflexion intéressante à rapprocher du problème brexit.
La suisse est un petit pays extraordinaire avec son multilinguisme, multireligions, démocratie directe,un modèle pour une Europe à construire.
De petit pays pauvre elle est devenue très prospère grâce à sa neutralité pendant les 2 guerres mondiales où elle était un refuge pour tous les capitaux d’où qu’ils viennent.
Elle a pu ainsi construire, grâce à une population travailleuse et superbement instruite une industrie fortement exportatrice s’appuyant sur un énorme marché européen dans un premier temps et sur le reste du monde ensuite.
Refusant d’adhérer à l’union européenne, elle a néanmoins négocié le libre accès au marché européen pour les biens et la finance qui implique des obligations de libre concurrence, de libre circulation et une participation aux finances européennes. C’est aussi le cas de la Norvège et bientôt le cas du Royaume uni (si ils arrivent à s’accorder entre eux ce qu’ils entendent par brexit !).
Il est difficile d’avoir le beurre et l’argent du beurre. Libre aux Suisses de se replier sur eux mêmes, mais alors fini le marché Européen et avec un mur construit autour de la Suisse (aux frais des Suisses selon Trump) la seule voie d’export sur le reste du monde serait aérien. Et là, les Suisses retrouveront la pauvreté bucolique de leurs ancêtres. Je ne suis pas sûr qu’ils en soient d’accord.
Mais ils sont automatiquement réintégrés s’ils perdent leurs mandat, et les trimestres en disponibilité comptent pour leur retraite de fonctionnaire ; ce qui n’est pas le cas du privé.