"Bracam, Vous avez raison, il faut bien commencer par quelque chose... Commencez donc par nous dire ce qui est dérangeant dans la
Constitution actuelle ?"
Curieuse entrée en matière, que je déplore. Injonction peu
pertinente, dès qu’on la lit. Curieux procédé, trop connu, qui consiste à
mettre en cause nommément une personne, en la confrontant à ce que l’on prétend
incontestable, que tout le monde semble devoir approuver, et donc manière de
dévaloriser le propos de l’autre, et lui faire porter la charge souvent
infamante des idées qu’on lui attribue. Avez-vous la moindre idée réelle
de ce que je pense ?
Par exemple, un partisan de la peine de mort dira
: je suppose que vous ne considérez pas le crime comme acceptable !
Sous-entendu, en fait si, puisque vous vous opposez à la peine capitale, seule
sanction qui puisse faire réfléchir les assassins.
Donc non, cela ne me gêne pas que l’article
10 prescrive le respect des opinions. On dirait que vous mettez en
cause mon éthique, et ce procédé vous occupe sur la moitié de votre
intervention. Je ne dis pas que la Constitution actuelle est mauvaise ni en
totalité, ni foncièrement, ni partiellement : je ne l’ai pas lue (pour diverses
raisons qui, connues, serviraient à me discréditer indûment). Mon constat
s’appuie sur une autre réflexion et se nourrit du partage de l’idée de nombre
de personnes impliquées en politique, à qui j’accorde une part de confiance,
autant qu’on puisse le faire. Dont je lis ou écoute ce qu’elles disent, avant
toute idée d’étiquette politique. En ce sens, j’ai souvent lu Asselineau avec
intérêt sur tel ou tel point.
Le monde actuel est pourri par des principes morbides qui risquent
comme jamais auparavant d’entraîner l’Humanité à sa disparition. Au niveau
national, le premier et peut-être le seul encore envisageable pour le citoyen,
les moyens de faire face à ce défi de vie ou de mort commencent par l’indispensable
rétablissement de la souveraineté de l’Etat dans tous les domaines où il s’est
désavoué ou a perdu toute capacité d’action. L’Etat, c’est-à-dire le peuple qu’il
représente, doit également se doter des moyens de changer radicalement les
orientations économico-sociales et écologiques qui aujourd’hui sont soumises
aux seules lois du marché et du capital. Même si la Constitution actuelle
permettait de prendre ce virage à 180 degrés, cela ne s’est jamais fait ni ne
se fera. Le système politico-financier est à ce point intriqué et pervers que,
la preuve nous en est infligée depuis 30 ans, les règles démocratiques
actuelles ne permettent pas d’échapper à l’esclavage dans lequel nous sombrons ni
aux perspectives de destruction de notre éco-système humain (celui dont a
besoin l’homme pour vivre ; la planète elle s’en moque). Il faut donc
marquer sa détermination dans un acte fort et rénovateur, démocratique au sens
vrai, qui casse également les codes régis par les castes dominantes.
Je ne me suis pas remis de mon saisissement face aux
rugissements (attendus) de triomphe des idéologues de la Liberté, qui se sont
permis de beugler que c’est elle qui avait triomphé lors de la chute du Mur à Berlin,
avec nos vraies et seules valeurs. Et avec la protection du grand capital,
gloire. Etrange de voir comme la victoire enchante avant tout lorsqu’elle résulte
de la défaite du camp adverse, si possible un peu plus loin que sous ses fenêtres,
histoire d’éviter une balle perdue. La révolution, voyons, c’est tout de même une
histoire de sauvages, ça ne peut pas être démocratique, ni pacifique, paraît-il.
C’est pourtant une « révolution » citoyenne que les promoteurs de la
sixième République portent au coeur. Je vais jusqu’à croire que la plupart d’entre
eux réfléchissent bien au-delà de leur personne : je le précise puisqu’il
semble si difficile d’accorder la moindre confiance à personne ici-bas. De quoi
certes terroriser quelques grands capitaines, mais en principe pas un peuple
appelé à souffrir toujours plus dans le monde à venir.
Puisque
la Constitution actuelle comprend des éléments fondamentaux, qui serait assez
borné pour décréter que ces éléments devraient à tout prix être proscrits de la
nouvelle ? Très étrange procès en sorcellerie. C’est entendu, il existe
des gens qui manquent un peu de réflexion, on peut leur faire confiance pour ne
rien comprendre à un raisonnement simple :
Ce
qui est foncièrement bon dans la Constitution actuelle est rétabli dans la
suivante. L’éthique reste le fondement absolu de la réflexion et des textes à
venir. Ce qui manque pour mettre fin aux agissements de la mafia du fric est
ajouté. Ce qui fait défaut pour donner aux intéressés, le peuple, un contrôle
sur l’application réelle de la nouvelle Constitution est adopté. Chaque citoyen
engagé pour son pays réfléchit, échange, discute, propose, évolue en fonction
des opinions de son semblable, transmet aux constituants s’il n’en fait pas
partie, par le jeu démocratique, le résultat de ses réflexions et
espoirs.
C’est
donc un processus long et interactif entre le monde politique et le peuple,
dans lequel on se méfiera de ceux qui arrivent aujourd’hui déjà avec une
nouvelle Constitution toute prête, ou décrètent qu’ils sont seuls habilités à
la rédiger. Nombre de personnes se dressent de toutes leurs forces pour empêcher
que cette rénovation débute alors que la majorité n’y songe même pas ou s’en
fout : c’est étonnant. Demandez à Jean-Luc Mélenchon « son » texte ;
il n’en a pas, expliquant ce que je viens de rappeler : la nouvelle Constitution
appartiendra au peuple, qui la rédige en bonne intelligence entre tous les
contributeurs fondés à participer. Je crois entendre le journaliste qui dit :
alors Monsieur Untel, quelle est votre solution ? Comment, vous n’avez rien à
dire, cela signifie forcément que vous êtes pour le statut quo, ou pour la
guerre civile, pour l’établissement du goulag que vous défendez depuis un
siècle, pour la suppression des droits civiques des femmes, pour le retour à la
calèche et de la bougie, et on espérait que ces propos qui rappellent les
années trente appartenaient au passé.
Parlons d’avenir, c’est
du nôtre qu’il est question.
Hahaha, quel comique tu fais. Dommage que tu ne puisses t’apprécier en tant que tel, ni moi non plus, tout toi-même que tu sois. Merci de ne pas employer le Monsieur à propos de Jean-Luc Mélenchon. Es-tu conscient que le monde d’il y a vingt ans en arrière ne se présentait pas de la même manière qu’aujourd’hui ? Tu n’en donnes pas l’impression, je ne te suggère pas de réfléchir là dessus.
Vingt temps plus tard, réalisé... tout est écrit. Il y a des limites à la compréhension. Tu vois, ceux qui dégueulent comme tu le fais entraînent les autres dans la fange, j’y tombe D’éminents chercheurs relèvent le phénomène ; je me rends compte de cette réalité que je ne parviens pas à surmonter à l’instant, et tu l’alimentes.
Pardon, plus sérieusement : il faut bien commencer par quelques chose ; s’agissant d’une Constituante, je ne vois pas pourquoi l’affliger d’un préalable négatif. C’est un manie de faire systématiquement obstruction, ne jamais s’engager, naïvement diront les insulteurs patentés, de partir du principe critique que rend toue chose impossible ? Renverser le capital avant ? Ben voyons, je fais ça cette nuit et demain on se met au boulot. Zut, demain c’est jour du Seigneur... J’aurais juré qu’avant encore, il était indispensable de résorber le chômage, un chômeur ne peut pas penser, remplir les assiettes de produits sains, ventre affamé n’a point d’oreilles, comptabiliser le vote blanc, électeur méprisé va à la pêche, rendre le ticket de métro gratuit, travailleur sans transport ne connaît point la joie, moraliser la politique, franc-maçon ignore le ciment social, établir l’égalité salariale, sinon femme souvent varie.
Commençons par une nouvelle Constitution, en empêchant les méchants bourgeois d’y prendre part. Punaise, va pas rester grand monde, sachant que les salauds de pauvres ne participent pas à la vie publique, ni les sans papiers, et que le FN est pestiféré. Ça y est, ça me reprend. Pas moyen de causer entre gens sérieux.
Eh bien, pissons. C’est au moins aussi naturel que de penser, et presque plus nécessaire. Par contre, s’il était possible de le faire dans un urinoir plutôt que dans un violon.. j’aime bien la musique, les musiciens et les luthiers.