Je ne crois pas personnellement que J.-L. Mélenchon aurait pu réclamer des garanties. En tout cas, je pense ne pas faire erreur si je me souviens l’avoir entendu expliquer sur ce sujet qu’il n’en a pas réclamé pour des raisons stratégiques. C’est donc effectivement un choix réfléchi de sa part, ce qui est rassurant et ne me semble décidément pas condamnable. Il s’agit en l’occurrence d’une attitude propre à tout politicien, toute politicienne, consistant à élaborer une stratégie qu’en tant que citoyen très éloigné de ces occupations je prétends n’avoir pas la compétence de juger.
Par analogie, JLM répond parfois, lorsqu’on l’accuse de se tenir à des principes et de refuser une discussion qu’il juge vaseuse : Oui, c’est idéologique. S’il faut interpréter et tenter de comprendre en quoi consistent ses convictions et ses actions, ceci sous la haute autorité de nos subjectivités et de notre entendement parfois limité, je relève qu’au moins Jean-Luc annonce la couleur, sur le point particulier que nous évoquons. Je préfère cela de loin à un J. Cahuzac (simple exemple) qui jure qu’il travaille pour la beauté de la geste politique.
On connaît ce genre de stupidité. Pourquoi je qualifie ce propos de cette manière ? Peut-être parce que je finirai par me laisser emporter par l’incorrection qui se généralise, en contradiction avec mon sentiment qu’il faut rester correct dans la discussion. Il se trouve que soit vous êtes effectivement stupide ou malhonnête, et/ou vous « trollez », soit vous avez manqué un simple fait que vous serez heureux de comprendre, une année après qu’il soit survenu : Mélenchon a appelé à voter Hollande afin d’écarter Sarkozy, ce qui était le voeux d’une majorité de Français. Du point de vue stratégique, il n’y avait pas d’alternative, et j’espère que vous vous en rendez compte. Quatre millions d’abstentionnistes auraient ouvert un boulevard à N. Sarkozy : regrettez-vous que cela n’ai pas eu lieu, sans parler de ce que donne à voir Hollande, que l’on aurait tout de même difficilement pu imaginer aussi désastreux ? Cela rappelle l’élection de Chirac en 2002, que rapporte Wikipedia
(extrait) « Jacques Chirac refuse de débattre à la télévision avec Jean-Marie Le Pen. Un grand mouvement, lancé par des militants de gauche et d’extrême gauche sur internet invitait les électeurs de gauche à aller voter pour Jacques Chirac avec des gants ou une pince à linge sur le nez » source
Ça vous embête, hein, la morale. C’est même devenu une injure, à ce que je lis régulièrement u peu partout. Je me demande qui sont ceux que ce mot irrite. J’essaie d’imaginer qu’ils la pratiquent, « la morale », même à géométrie variable, puisque je ne sais rien d’eux.
Mais je ne parviens pas à comprendre ce qui les irrite tant à l’évocation de cette valeur effectivement bientôt disparue, pourtant à la base même des seules relations humaines vivables. On peut bien avoir son idée de « la morale », mais alors mieux vaut se taire plutôt que de fustiger celui qui prétend la défendre.
Au nom de la morale, on s’efforcera de ne pas mentir, de ne pas léser son semblable, d’établir avec autrui des relations humaines, la liste est longue et riche. Moebius, qui seriez-vous, privé à la fois de ces simples valeurs et en butte à l’agression d’un entourage qui les mépriserait ?
Aura, l’empilement des lois aggravant un arsenal juridique énormissime est une maladie grave, et Nicolas S. s’en était fait le champion : un problème, la promesse d’une loi. Alors que la loi exercée permet dans la majorité des cas de sanctionner la plupart des délits. Encore faut-il vouloir l’appliquer à chacun avec la même rigueur, et dans les temps. Mine de rien, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu honoreras (ton père, ta mère, mais par extension, ton semblable évidemment). Non aux lois émotion, pur produit démagogique. Non aux non-lieux félons.
Vous me faite rire : enfin pas vraiment parce que vous semblez croire à l’idée que puisque les gouvernements sont pourris, nous sommes libérés de nos obligations de citoyens responsables. Perso, j’ai plusieurs comptes en Suisse. Et, pardon pour le recours à l’exemple personnel, je me suis rendu compte un jour que j’avais omis, réellement sans en avoir eu conscience, de déclarer au fisc un petit compte postal. Comme je m’en inquiétais auprès de mon conseiller, lui disant ne pas savoir comment résoudre ce qui m’apparaissait comme un problème moral, il m’a regardé « pour tout de bon », comme on dit en Suisse. Il a cherché à évaluer la date de naissance du perdreau qui lui faisait face, puis il a laissé parler son coeur : pffffffff, a-t-il fait, enfin, si vraiment vous croyez devoir le déclarer... Il m’a fallu quelques jours pour mesurer à peu près le sens du pffffffff. Manifestement, la règle de la conscience civique, que j’ai beaucoup de peine à accepter (dans le contexte du tous pourris auquel nous sommes effectivement confrontés), n’est pas appliquée avec la rigueur que nous pourrions espérer. Ah, j’habite en Suisse.