Je retombe sur ce texte, et je le résumerai ainsi, puisque nous sommes dans la manipulation :
s’il était intellectuellement acceptable d’accuser Mélenchon de manipulation, il n’aurait pas le monopole de celle-ci. Au contraire, il serait rendu invisible, tant il serait minuscule dans l’ombre des géants, dont Asselineau est un des maîtres parmi les plus dégoûtants. M. Asselineau, vous faites partie des gens indignes en politique. Votre texte serait recevable si vous vous borniez à écrire : je suis le seul honnête homme de France, élisez-moi, je m’occuperai de mettre dans un cul de basse-fosse les ennemis de la France. Bravo, et non merci.
On ne devrait attirer l’attention de personne sur le caractère particulier de ce programme, fort judicieux en fait. Car j’attends avec délices les réactions furieuses qu’il peut à juste titre susciter, qui en sont le complément tout-à-fait indispensable. De toute manière, mis à part l’aspect bouffon de la proposition, ce texte pêche par angélisme et souffre d’un dramatique manque de répression juste, comme dirait la madone du care. C’est en ce sens qu’il peut sembler irrecevable aux vrais défenseurs du risque zéro.
Magnifique, sinistrement magnifique, synthétique. On débute sur un ton mutin, mais la réalité nous rattrape. Sinistre, magnifiquement ironique. froid dans le dos, une balle bien placée pour nous oter tout mal de tête. Magnifiquement tragique, dérisoire. Qui dira la vérité...
René permettez moi de vous demander, comme vous le faites inconsciemment, l’ai-je bien descendru ? Pardon pour le clin d’oeil, j’ai envie de vous dire qu’aujourd’hui, quelle que soit la solution choisie dans l’échiquer politique, il n’est pas de solution dont on puisse affirmer qu’elle produira des lendemains qui chantent. Je crains que nous ne soyons d’accord sur ce point. C’est bien la raison pour laquelle chacun de ceux qui espèrent encore en l’avenir tente l’ouverture.
Une chose est certaine : les lendemains qui déchantent nous sont apparus aussi vite que les promesses électorales ont été reniées hier, et ce sont nos jours d’hui qui déchantent. Je dirais même que pour beaucoup d’entre nous, ces jours du quotidien nous donnent le goût d’un certain enfer.
Quelle que soit la solution s’il devait en exister une, je n’ai pas envie de la confier à ceux qui en sont, directement ou par maladresse, les responsables.
je ressens comme toi une grande gêne face au discours ennamouré de certains, qui convainc les adhérents déclarés et trop souvent excite la rage des adversaires ou même des personnes intéressées, chez qui sans quoi la présentation des seuls projets trouverait un chemin bien plus facilement.
Puis cette admiration, légitime et que je partage pour Jean-Luc Mélenchon, sucite hélas parfois, lorsqu’elle est confrontée à la critique (légitime elle aussi), des réactions épidermiques, personnelles, qui polluent la cause politique défendue. Cela se comprend certes, mais c’est dommage.