Mais non, c’est un hypothèse raisonnable. Tiens, je parie que parfois, dans votre travail, vous y mettez du vôtre Cette séquence était merveilleuse, voilà tout, et il faut la savourer. Tant qu’à faire, remercier L. Ferrari pour l’avoir provoquée. Il n’y a qu’à voir quel tremblement de terre cela déclenche pour se convaincre que peu importe les préjugés qui sont les nôtres contre TF1, les journalistes le pouvoir, cet événement épatant a eu lieu. Et merci aux gardiens d’éviter de m’incendier, je garde mon sens des valeurs et de la relativité des choses.
Mais oui Ariane, je lis, et je mesure mes mots ; si j’étais celui que vous avez décidé de classer parmi vos ennemis et ceux je suppose du Front de Gauche, je ne soutiendrais pas le parti de gauche et Jean-Luc Mélenchon. Si j’étais celui que votre attaque à mon endroit blesse (je la craignais, mais j’ai pris le pari d’être respecté, lu et compris), je couperais court à mes raisonnements théoriques pour vous prendre à partie. Mais nous avons mieux à faire. Si vous avez réellement lu ce que j’ai écrit, alors vous ne l’avez pas compris. Votre angle d’attaque vous interdit d’y voir ce que j’y mets. C’est d’un point de vue que vous ne recevez pas que je parlais de « peine ». A prendre des mots qui ne vous visent pas pour attaques personnelles (j’ignore quelle est votre activité autre qu’écrivain, les journalistes sont régulièrement secoués par JLM), vous perdez de vue ce que je dis, qui est tout sauf hostile, que ce soit à votre égard et moins encore à celui de Jean-Luc Mélenchon dont je suis partisan (puisque je dois le réécrire). Vous vous faites des ennemis à bon compte, et c’est très regrettable. Alors qu’il est si difficile de convaincre les indécis et plus encore les opposants, parfois ennemis mortels. Car la cause que nous partageons, chacun à sa manière propre, ne réclame pas cette partisannerie là. Je serais tenté même de dire qu’elle le proscrit, le rassemblement se nourrissant de la diversité (c’est dans ce contexte que n’importe révolution fait par nature peur : qui saura respecter son prochain, dans la tempête ?). Jean-Luc par exemple est un homme de rassemblement des idées, un porte-parole : il a lié des opinions diverses, mettant entre parenthèse certaines de ses convictions (exemple, le rapport entre le plus petit et le plus grand salaire en entreprise, qu’il verrait plutôt de dix).
Vous savez aussi bien que moi, mais pas mieux probablement, que l’élection qui se joue n’est pas l’élection seule d’un royal président, mais, comme le dit Jean-Luc Mélenchon, une révolution citoyenne. Ce rassemblement massif ne peut que réunir femmes et hommes de sensibilités différentes, aux regards et aux actions complémentaires souvent. La diversité en ce qu’elle a de plus riche, et le désir de rencontre plutôt que la montée des extrêmes. Bannissons la violence, les procès sommaires, tentons la concorde – Bastille, l’intelligence et l’écoute, le respect mutuel (c’est avec cette idée que je m’adressais et m’adresse à vous).
Voilà encore une chose que dit Jean-Luc, lorsqu’il rappelle qu’en ces instants qu’il voit comme historiques, nous avons à prendre parti pour un bien commun plus élevé que la somme de nos intérêts particuliers. Vous détestez TF1, que je n’aime pas et dont je ne connais que Parole de Candidat par internet. J’y ai trouvé L. Ferrari hostile à Le Pen, et bien disposée à l’égard de Jean-Luc Mélenchon. J’ai vu, précédemment, de l’admiration chez Elkabbach, dont j’ai regretté que l’on puisse se moquer (car c’est improductif et dégradant sans raison ; je prends ce qu’il y a de bon et d’utile chez lui, comme en beaucoup d’entre nous. Sinon auriez-vous plus droit de cité que Marie ou Fatima, et moi donc ?). Je ne supporte pas plus que vous les attaques contre le physique ; c’est ce que je tente, à mots choisis, de vous faire remarquer.
Il n’y a pas une manière unique d’aborder nos sujets de société, pour preuve la manière dont vous le faites, qui ne peut s’imposer à tous. J’ai donc parlé de ce qui, à la marge de votre billet, me semblait important pour accompagner la cause que défend le Front de Gauche. J’ai du reste, ici ou ailleurs, exprimé mon soutien à son endroit. Ariane, vous avez tort à mon égard et, je le répète parce que vous le confirmez, dans votre emportement. Ces mots plus directs, je ne les avais pas employés, et les compliments que je vous adressais, vous devrez les retrouver dans mon billet précédent ; ils conservent leur propriété, puisqu’ils s’adressent à vos qualités, qui me semblent réelles. J’essaierai pour ma part de réduire à rien ma peine (relative) et de ne pas me faire plus d’ennemis que je n’ai jamais voulu en susciter. Vous parlez des assemblées qui se passionnent pour le programme du Front de Gauche, jusqu’en Suisse ; je ne ferai tout de même pas le voyage du 18 à la Bastille, mais mon cœur bat plus fort à cette perspective.
Ariane, vous me peinez. Je pense que Parole de Candidat honore la télévision ; le format, la conception peuvent être discutés, évidemment. En d’autres mots, la perfection n’est pas de ce monde. Et l’esprit critique doit s’exercer toujours. Qui serait nourri à cette émission seule manquerait sans doute une part considérable de l’information dont il a besoin. Mais je trouve que TF1 s’honore par le travail qu’elle accompli avec ce programme, en contradiction avec le contexte de « diabolisation » qui lui est opposé par principe et si souvent à juste titre. J’estime que Laurence Ferrari fait un travail convenable, et pour le peu que je comprends en regardant cette émission, personnel et honnête. Je n’en peux plus de la stigmatisation bornée, puérile, de la profession de journaliste, dont le principe peut dès lors s’étendre à toutes les autres professions, semblant justifier l’imprécation et l’invective. Toutes ces choses sont totalement contre-productives dans le débat d’idées, mais terriblement banales dans nos sociétés.
Il est indéfendable de voir toujours et partout, en ceux qui ne partagent pas nos opinions, des ennemis contre lesquels nous estimerions légitime d’employer la raillerie ou l’insulte. En particulier, vous vous trompez lourdement en vous attaquant à des traits physiques de L. Ferrari : c’est assez déplorable et surtout, s’il fallait même écarter cet aspect, cela dénature profondément votre argument, la cause que vous défendez. Votre plume marche à hue et à dia, et c’est bien dommage. Car en tant que partisan de Jean-Luc Mélenchon, je souffre à chaque fois que lui ou l’un de ses partisans commet des abus majeurs qui sont aussi des outrages. Dresser les uns contre les autres ? N’est-ce pas précisément ce que tout rassembleur doit éviter par dessus tout ?
Je vous en prie, portez le message du Front de gauche de manière à ce qu’il soit entendu : vous avez toute latitude, et le talent certainement.
Hermes, se défausser de ses propres responsabilité relève surtout de la constante humaine ; la politique cristallise souvent le phénomème, qui se voit un peu plus si on veut bien regarder, et plus chez les autres que chez soi De là à désigner un courant politique en particulier... je ne suis pas convaincu par cette affirmation, chacun faisant de même à l’encontre de son contradicteur. J’en profite pour dire que je ne vois pas en quoi une idée de droite (ou de gauche) serait inacceptable, comme il est presque toujours dit, parce qu’elle vient du « bord opposé ». C’est là un drame de l’orgueil qui coûte très cher en blocages et guerres de religion (politique) et interdit parfois l’application rapide de principes parfaits pour tous.
Soit, on s’y fait, au bruit et à la fureur, enfin on essaie très fort. C’est comme si c’était fait, n’en parlons plus. Ce sont donc tous les autres qu’il faut enchanter. Comment franchir la si haute barrière, la « digue »... que la forme que si souvent le discours de JL Mélenchon rend si difficile à vaincre, pour tant de gens qui pourtant partagent nombre de ses idées et trouveraient en lui leur meilleur porte-parole ? C’est eux qu’il faut maintenant convaincre. Que j’aimerais l’entendre dire les mêmes choses sur un ton plus agréable, et je ne parle pas des meetings, évidemment.Quoique, sa détestation violente du FN l’emporte, et ne sert pas forcément sa lutte aussi bien qu’il serait possible, me semble-t-il. Par exemple, j’ai vraiment apprécié son entretien au sujet de l’Histoire, à France Culture. Je l’ai trouvé bien à TF1, mais « ingérable » face à Elkabbach, qui pourtant l’admire. Mais Mélenchon ne l’entend pas... Combien j’aimerais aussi qu’il cesse d’agresser les journalistes, de les harceler sur un ton qui leur donne à croire qu’ils sont interpellés personnellement. Quelle perte de temps et d’énergie passé à remonter la pente, sans toujours dissiper les malentendus, ni chez les interviewers, ni, plus grave, chez le téléspectateur ! Non, on ne fait pas de révolution, citoyenne, la révolution, et démocratique, le béret à la main. Mais cela ne va pas non plus à grands cris, sans l’aide du fusil.Et comme JL : Mélenchon proclame son amour de la démocratie, point de fusil (ce que ne comprennent pas toujours ceux à qui il fait peur). Je suis altéré par la quasi certitude que Jean-Luc résiste contre le bon sens à cette supplique de le voir s’emporter moins, peut-être parce qu’il croirait trahir, perdre son âme et celles de ses amis du peuple. Ah, si notre voix militante pouvait nourir sa réflexion dans le sens du conseil qu’amicalement nous aimerions lui faire entendre !