23 ans, je fais des statistiques en recherche agronomique.
J'essaie de m'intéresser à l'actualité pour voir ce qui va m'arriver en pleine poire. Je ne devrais certainement pas :-)
Ben non. L’expérience, c’est des lots de 10 rats pendants 2 ans.
L’espèce de rats fait que, selon la littérature, il y a au bout de deux ans en moyenne 30% de morts coté mâle et 45% coté femelle.
Séralini conclue à une toxicité en observant 2 morts sur 10 dans le groupe témoin contre de 3 à 7 morts dans les groupes de test coté femelle, et en observant 3 morts sur 10 dans le groupe témoin mâle et de 1 à 5 morts dans les groupes de test mâles. Comment prouvez vous que les morts sont dues à la toxicité ?
Notons aussi que l’espèce en question développe naturellement des tumeurs cancéreuses fréquentes et que la question des apparitions de cancers se pose de la même façon que celle des morts.
Les constats de Séralini reposent sur un groupe témoin anormalement résistant pour ses comparaisons.
Bonsoir, je suis bien conscient que le résumé ne vous satisfait pas, vous n’auriez pas écrit cet article sinon. A la première phrase de ce résumé, il y a un lien vers le rapport complet en pdf, que je n’arrivai pas à copier jusqu’à maintenant ; le voilà. Vous y trouverez toutes les raisons chiffrées que les résultats de Séralini ne peuvent être séparés de la fluctuation statistique.
En tout cas, avec le résumé vous aurez pu constater que ceux qui ont écrit le rapport n’ont pas de lien avec l’autorité sanitaire et ont été convoqués comme experts indépendants. Avez vous noté les deux autres études de deux ans, sur du soja GM, qui ont été considérées ? Les deux ne voient pas d’effets significatifs, l’une a autant de rats par groupe que Séralini mais l’autre a des groupes de 35 et 50 rats.
Parmi les conséquences que vous attendiez, voilà par exemple un communiqué de l’EFSA qui porte à 2 ans les durées réglementaires d’études portant sur la toxicité et la carcinogénicité.
Ensuite, vous ne pouvez pas espérer voir de nouveaux résultats en un an pour une étude de deux ans... mais il y en a une financée par l’UE.
A noter que conjointement, Monsanto à retiré ses demandes de mise en culture des autres OGM que le Monsanto 810 le 18 juillet 2013, donc non le NK603 n’est pas mis en culture en Europe et ne l’a jamais été.
Mettez-vous donc à la place de ces gens qui souffrent. Il faudra attendre bien des morts pour que l’erreur soit reconnue.
Ecoutez, c’est marrant mais l’argumentaire de Monsanto, c’est (et vous pouvez le voir au travers du post du troll Werner Laferier) « Regardez tous ces gens qui souffrent de la faim dans le monde et qu’on nous empêche d’aller sauver. Il faudra attendre combien de morts avant que notre légitimité soit reconnue ? »
Vous comprenez bien que c’est de l’éthique minimale d’éviter de prêter attention aux sentiments.
Pour la validité des études de 3 mois, il s’agit d’études de toxicité sub-chronique. Je cite leur intérêt (wikipedia) :
Les études de toxicité subchronique présentent un grand intérêt pour le toxicologue alimentaire. En effet, l’expérience montre que la plupart des effets indésirables qui risquent d’apparaître sont détectés lors de ces études à court terme. L’intérêt est double. D’une part, les organes cibles sont identifiés, d’autre part, il est possible, à partir de ces études de déterminer les doses sans effet observable.
Quand on connait certains des mécanismes de cancérisation liés à la mutation GENETIQUE de l’ADN, on peut facilement envisager que le bombardement de gènes permettant la résistance à un herbicide ultra toxique n’est pas anodin.
A vrai dire je n’en sais rien, mais je ne vois pas à première vue pourquoi une modification de l’ADN de la plante rendrait plus probable la mutation génétique de l’animal qui s’en nourrit. En revanche des molécules cancérigènes, ça oui on en connait. Mais donc rappelez vous que la portée de l’étude se limite au NK603 et au roundup, voir aux plantes résistantes au roundup si on trouve un rapport avec le cycle métabolique associé à cette résistance ; mais pas aux OGM en général.
Le moins que l’on puisse faire serait d’indiquer si un produit de consommation courante contient des OGM ou non, afin de laisser le libre arbitre au consommateur final.
Oui, tout à fait, mais ce n’est pas si simple. C’est bien pour ça que les travaux sur la coexistence sont engagés depuis 15 ans en Europe, pour assurer la séparation et la traçabilité des OGM et des cultures conventionnelles du semis à l’assiette.
Il ne s’agit pas de moi, mais de l’équipe qui a fait les vérifications dont j’ai donné le rapport en lien, qui est indépendante de l’autorité sanitaire qui les convoque de milieux variés (prof de fac, directeurs de recherche de plusieurs centre, toxicologiste, etc...).
Sinon, à propos du « faites vous connaitre »... est ce que vous respecteriez ce que je dis si je suis connu mais que je supporte des vues différentes de votre conviction, compte tenu de la confiance que vous pouvez avoir envers le monde scientifique en général, au vu du titre de votre article ? Pas franchement sur, vu ce que vous et d’autres commentateurs avez comme avis de l’expertise de Ronny, qui à 57 ans pourrait très bien être reconnu dans son milieu. Mais là encore, il s’agit de votre confiance et de votre capacité à lire ce qu’il écrit. Moi je vous fournis l’avis de Séralini lui même et de l’équipe de spécialistes en question, toutes les informations qui pourrait répondre à vos méfiances sur la probité ou l’inéquité de cette équipe, que l’ANSES se doit de donner par souci de visibilité ; et je vous demande de lire tout ça, et si vous n’avez pas le temps de lire tout ça de faire confiance à des gens qui l’ont lu.
Au final, je suppose que ce n’est pas la science qui perd de sa crédibilité mais les citoyens qui ne vont pas lire quand ça risque d’être compliqué...
Est ce que alberto et ses 7 plusseurs ont ouvert mon lien et ont constaté qu’il existe des études de toxicité sur les OGM depuis 25 ans ?
Est ce que cristophe nicolas et ses 3 plusseurs ont ouvert mon lien et ont pris connaissance des déclarations d’intérêts de chaque membre de l’équipe réunie pour l’occasion, et ont constaté que justement cette équipe a fait en sorte de reconnaître les cotés positifs de l’étude ?
Est ce que l’auteur et ses 8 plusseurs ont ouvert mon lien et a pu observer l’explication au sujet de la significativité des résultats ? S’il suffisait d’observer un triplement du nombre de décès pour conclure, alors oui, l’OGM NK serait nocif pour les rats femelles seulement et à dose intermédiaire seulement (pas à forte dose), mais aussi que l’OGM est bénéfique à forte dose pour les rats mâles pour lesquels il y a trois fois moins de décès que dans le groupe témoin !
Toutefois, Seralini n’emet pas de conclusions et présente simplement les résultats.
Il serait donc bon que l’opinion publique ne conclue pas à sa place non plus, hmm ? Séralini reconnait effectivement que son étude ne présente pas de résultats statistiques parce que la méthodologie ne lui permettrait pas d’aboutir à des conclusions significatives. Je ne peux que remettre le lien vers les discussions vous que vous évitiez de parler à la place de l’auteur... lien