23 ans, je fais des statistiques en recherche agronomique.
J'essaie de m'intéresser à l'actualité pour voir ce qui va m'arriver en pleine poire. Je ne devrais certainement pas :-)
En même temps, Surya, je crois quand même que l’artiste, et pas seulement contemporain, n’est plus appelé à faire du beau, mais aussi à heurter la sensibilité des gens et à pousser à la réflexion.
Je n’ai pas vu la statue comme France Eternelle, mais sa réaction me fait penser au déroulement logique suivant :
Je vois un enfant de dos, agenouillé, dans un coin de salle. Bon. Mon analyse immédiate aurait été : « est ce une représentation de la prière ? de la soumission ?... » et je m’approcherait.
Et là, paf, Hitler. Evidemment cela fait un choc. J’ai été pris par surprise, je me détourne immédiatement de mon analyse première et je vais devoir chercher un nouveau sens à la pièce. En supposant que l’artiste veuille faire passer l’image du mal à travers la figure d’Hitler, Prière = Mal ? Enfant = Mal ? Sans indice supplémentaire, je vais devoir réfléchir par moi même.
En littérature, j’ai lu une petite nouvelle dans le même esprit, ou on raconte l’histoire d’un enfant victime de la violence de ses camarades et non défendu, ni aimé, par sa mère. On le plaint, jusqu’à la dernière phrase, quelque chose du genre : « Tu n’a aucun avenir, Adolphe. » (je ne me souviens pas de l’auteur ni du titre malheureusement)
Par rapport à une statue, le livre est moins choquant parce que tu as plus de temps pour analyser avant qu’on te révèle la fin, tu peux t’y attendre peut être. Mais à mon avis c’est dans le même esprit : de la surprise, de la provocation, pour provoquer une réflexion.
Bon, après c’est sur que la statue comme la nouvelle ne cassent pas trois pattes à un canard, les messages de l’un et de l’autre sont assez banals (mais sans doute différents) ; mais j’estime que ces pièces ont leur place dans l’art et sa signification actuelle.
Le non évènement est quand même dans notre tradition de consommation. Une fin du monde tous les 5 ans, une coupe du monde tous les 4 ans, ensuite on aura des jolis souvenirs creux à mettre sur facebook. Nos illuminés vraisemblablement y allaient pour améliorer leur profil d’une expérience neuve.
Et puis, par dessous, des reliquats de conscience, qui sont fatigués de cette folie incessante du quotidien et des non évènements, et on aimerait bien que tout s’arrête un peu. Pour les esprits peu responsables, seule une fin du monde extérieure peut arrêter tout ça.
Mais pas d’inquiétude ! Pour fêter la non fin du monde et le retour au quotidien, les gens iront au shopping et achèteront un souvenir. Victoire des magasins.
C’est la première fois que je viens commenter vos articles sur votre segpa, qui sont toujours aussi agréables (dans le style) qu’informatifs et moins agréables, souvent, dans les faits exposés. Cette fois-ci, je pense quand même que ces citations ne sont pas représentatives du bonhomme que vous nous présentez, dans l’ensemble : la première, « Heureusement pas méchant, mais... » est horrible, les « avenirs incertains » aussi. Du reste, je ne me souviens pas que les remarques de bulletin scolaire soient faites pour conseiller les élèves, ni systématiquement les encourager. J’aurais tendance à croire qu’il s’agit d’un résumé de l’image de l’élève qu’a le professeur et qui est destiné aux parents. Pour ma propre scolarité, autour de 12 partout et sans participation de la 6ème à la prépa, j’avais des « peut mieux faire », « manque de participation » et « RAS » sur tous mes bulletins (puis « mauvais », « paresseux », « en baisse inquiétante » en prépa bien sur) et il ne m’est jamais venu à l’idée que ce soit pour m’encourager à améliorer quelque chose, ni que ce soit fait pour moi.
Bref, je m’attendais plus à un exemple de matraquage verbal en public d’un élève, ou une horreur de ce genre, après la lecture de votre introduction. Mettre des commentaires crus pour des attitudes crues me semble plus proche de la résignation que du lynchage.
Mais je laisse la question ouverte, quel genre de commentaires donnez vous sur ces bulletins, quand l’élève est difficile ?
Seules les grandes écoles privées et inutiles (du genre celles qui t’apprennent le commerce, la gestion et la communication, fabuleux) se permettent d’enfler les étudiants en leur faisant payer un max. HEC par exemple, 50.000 euros pour les 3 ans d’études.
A coté de ça, des écoles de type fac ou bien celles renommées (je prend l’exemple de centrale Paris que je connais de plus près que les autres) ont des frais d’inscriptions viables pour les élèves, payables avec une bourse accessible en cas de besoin.
Mon école avait un tarif d’inscription de 400 euros par an (je suis sorti d’école cette année, ça reste d’actualité), en considérant le coût normal des profs et celui des locaux, c’est plus que gratuit, c’est subventionné.
A mon avis, les journalistes amateurs de buzz sont beaucoup plus responsables que Duflot dans cette polémique. Sinon je suis d’accord qu’elle n’est pas assez renseignée ; mais s’il est possible de faire un inventaire des ressources foncières possédées par chacun via les services des impôts, savoir lesquels sont vides relève d’un autre genre d’information ; et consulter l’archevéché à ce propos ne me parait pas excessivement déplacé.