Je résume : Vous n’aimez pas le capitalisme qui vous le rend bien. Enfin le capitalisme va s’écrouler. C’est une hypothèse qu’il est interessant de discuter et qu’il faut donc poser sur la table.
Et après ? Que proposez-vous ?
Au passage, il est vain pour les gros de mettre de l’argent (des capitaux) de coté si le capitalisme n’existe plus. Car alors l’argent et les capitaux n’existent plus non plus.
Si c’est faux en partie, c’est donc vrai en partie
L’augmentation de la productivité permet d’augmenter les salaires. On peut aussi décider de donner ce salaire supplémentaire au retraites. Mais dans ce cas là on se prive d’augmentation de salaire.
Dit autrement, l’augmentation de la productivité permet d’augmenter le salaire brut. Ensuite la société peut décider d’augmenter les cotisations sociales pour redistribuer cet argent aux retraités afin de maintenir la durée d’activité à 40 ans. Mais il faudra que nous acceptions que notre pouvoir d’achat stagne.
OK vous taxez le capital et prenez l’argent aux entreprises. Ca permet de régler le problème l’année prochaine. Mais si, bêtement, on continue en France à gagner 1 an de vie tous les 4 ans. Dans 4 ans le système est de nouveau déséquilibré. Vous avez déjà taxé le capital et les entreprises. Donc où trouvez-vous les ressources supplémentaires nécessaires à l’équilibre entre les cotisation perçues et les pensions versées à des retraités toujours plus nombreux. Et 4 ans plus tard ? Et encore 4 ans plus tard ?
On peut imaginer une contribution supplémentaire des entreprises. En fonction de sa sensibilité politique on sera pour ou contre, mais rien n’empêche de l’envisager. Cependant sur la durée, la seule solution c’est augmenter la durée d’activité proportionnellement à l’augmentation de l’espérance de vie.
Vous écrivez : La déformation du partage de la valeur ajoutée des années 80 au profit des
profits et donc au détriment des revenus du travail est considérée comme
naturelle et donc ne doit pas être touchée ! Si on regarde le différentiel
entre 1982 et 2007, le déport est de 9,3 points de PIB (environ 170
milliards d’euros)
Pour mémoire le rapport Cotis a montré que la répartition de la valeur ajoutée
entre les entreprise et les salaire est restée stable sur cette période. On parle
bien entendu des salaires bruts. Les salaires nets ont eux baissé en proportion
à cause de l’alourdissement des cotisations sociales et patronales qui
représentent aujourd’hui 45% des salaires.
Pour ce qui concerne le financement de l’augmentation de la
charge des retraites dues à l’augmentation de l’espérance de vie (1 an tous les
4 ans), quelle solution proposez-vous en dehors de l’augmentation de la durée d’activité
ou de l’augmentation des charges salariales ?
Une petite remarque au passage : Si un jour nos descendants ont la chance
de vivre 200 ans, quel niveau de taxation supplémentaire des entreprises serait
nécessaire pour maintenir une durée d’activité de 40 ans ?
Enfin, je précise que je suis contre la privatisation des régimes sociaux. Je crois dans les vertus de la compétition et pense que le meilleur moyen de rester compétitif n’est pas d’empêcher le concurrent de gagner mais d’être meilleur que lui. Il faut réformer la protection sociale pour la préserver. Se désoler de la montée en puissance des entreprises dans la protection sociale n’est pas une politique ambitieuse.
Question de Jean-Pierre Foucault : "A votre avis Paul, est-ce qu’un salarié du service public travaille : A - En moyenne plus qu’un salarié du secteur privé ? B - En moyenne moins q’un salarié du secteur privé ? C - En moyenne autant qu’un salarié du secteur privé ?