1) Même si l’époque n’y est sans doute effectivement pas propice, je ne pense pas qu’on puisse en conclure que nous allons vers la fin de l’imaginaire et du rêve. Je crois que de tout temps, l’imaginaire et le rêve (comme notions positives) se sont particulièrement développés dans les périodes de développement ou de bonne santé économique. Sans être sociologue, cela me paraît assez évident : Cf. le siècle des Lumières fécond en "rêves" surtout en France, la révolution industrielle et le romantisme et la philosophie allemands, les années 60 et les utopies, ainsi que l’incroyable production américaine de fictions ces dernières 50 années (même si on peut critiquer le contenu, ça reste balèze). Bien sûr, les périodes de crise ne sont pas exemptes de créations artistiques et littéraires fortes, mais elles sont souvent globalement plus sombres et moins porteuse d’imaginaire et de rêve que de critique sociale (Houellebecq ne faisant à mn avis pas exception, ce qui n’enlève rien à ses qualités d’écrivain, qui ne se jaugent pas à la capacité à raconter de zolies zistoires).
Aujourd’hui, dans un cycle économique difficile depuis 30 ans, l’imaginaire et le rêve ne sont guère à la fête. Pour faire simple, les créateurs artistiques ont tendance à se prendre la tête. Est-ce anormal ? Je ne crois pas et je pense qu’il s’agit d’un vaste mouvement de balancier, qui se perpétuera aussi longtemps que l’homme existera.
2) Sur la disparition du Livre (avec un grand L) lui-même, je pense que c’est une vaste blague. Un intervenant a rappelé plus haut qu’avant le Livre il y a eu des pierres gravées, des tablettes d’argile, des papyrus, des parchemins... et je crois qu’il a fai mouche. Le Livre moderne n’est que l’étape la plus récente de ce processus, qui est technique et qui ne doit pas être confondu avec l’évolution du contenu. Le Livre moderne de Gutenberg a duré fort longtemps, mais déjà moins longtemps que les parchemins et papyrus divers !, et va probablement s’effacer progressivement au profit des nouveaux média (notamment le Livre électronique), cela mettra du temps car les habitudes sont ce qu’elles sont et que l’amour de l’objet Livre restera. Il est difficile d’exposer un Flexbook... Mais les textes, les mots ? Eh bien ils resteront... ailleurs. Ils voyageront, ce n’est pas très grave.
Au passage, cette évolution du support littéraire me paraît très découplée de celle des autres Arts "plastiques", notamment la peinture (la toile, les couleurs), où la relation support-matière / message est beaucoup plus forte et l’importance de l’objet par rapport au message plus équilibrée... Une toile nous renvoie directement aux peintures rupestres, c’est-à-dire bien avant l’apparition de l’écriture, et la peinture est sans doute beaucoup plus fortement liée à notre cerveau reptilien que le Livre qui est une technique moderne.
cotcodec
PS : ah oui, au fait, j’ai trouvé la nouvelle (l’article ?) de Werber nazebroque voire niaiseuse, désolé d’être aussi dur, mais je n’aime pas. Quant à la série "complots capitaux", elle me semble s’apparenter à une vaste opération de dénigrement des tentatives de réflexion sur les véritables complots. Abaisser les légitimes interrogations sur différents évènements graves au niveau de romans de plage me est une sacrée arnaque intellectuelle. A fuir. En cela, la position de Werber n’est pas claire, puisqu’il participe de ce qu’il semble vouloir (fait semblant de ?) critiquer : le bâillonnage de la Pensée. Et ça, c’est beaucoup plus grave que la fin du support papier.
Dommage qu’on puisse pas faire de cocottes avec l’écran de l’ordinateur ! C’est ce que j’aurais fait si j’avais lu cet article sur support papier. Ah, quelle décadence !!!
Tous ces commentaires sont bien jolis, mais si on regarde concrètement le résultat de cette campagne anti-Siné, il est tout simplement que SINE NE FERA PLUS D’EDITOS DANS CHARLIE.
Donc, vous aurez bon commenter dans tous les sens, le bâillon a parfaitement fonctionné et tout ce que vous écrivez n’est que combat d’arrière-garde.
Ainsi, la presse et la télé ressemblent de plus en plus "à un ciel bas et lourd pesant comme un couvercle recouvrant tout le cercle de l’horizon" (merci au Bau)...
Dans ces conditions, et nonobstant les bienfaits d’internet ou nous pouvons (encore) écrire tout ce qui nous sied, il convient surtout de PARLER TOUS LES JOURS AVEC SON ENTOURAGE . Sans oublier de jeter sa télé par la fenêtre auparavant.
cotcodec
PS : parions que le Canard sera la prochaine cible.
C’est quoi cet article ? Comment ça passe le Comité de Lecture d’Agoravox ?
Juste une citation "...de pays de l’UE, logés loin de la méditerranée à l’exemple de la Slovénie.".
Cher auteur, documentez vous un minimum si vous ne connaissez pas votre géographie. La Slovénie n’est pas "logée loin de la méditerranée", pas du tout même, puisqu’elle a effectivement une façade sur la Mer Adriatique... qui est une partie de la Méditerranée.
Superbe article riche d’enseignements, merci M. Mourey vous montrez la voie et donnez envie d’aller plus loin ! Et sans chercher à donner de leçons, bravo !
Vous avez beau prendre plus de précautions oratoires dans vos billets, les arguments que vous avancez ne tiennent pas davantage à l’analyse.
OPA : vous affirmez qu’on n"avait pas parlé d’OPA depuis 8 ans. Vous êtes très mal informé par vos sources de la SG. Je vous le répète : rien que l’année dernière, il y a eu 3 rumeurs d’OPA, c’est d’ailleurs celles-ci qui avaient propulsé le titre SG à 160 Euros (on parlait d’une OPA d’Unicredito à 180 Euros). Ce type de rumeur, quand elle se traduit à ce point dans le cours de Bourse, repose sur des faits concrets. Depuis 10 ans, il y en a eu des dizaines.
Forte chute du cours de la SG : certes, mais guère plus violente que celle de ses confrères, et encore, parfois moins violente. A replacer aussi dans le contexte où le cours de la SG avait enregistré une hausse très forte à cause des rumeurs d’OPA, une hausse pour le coup bien supérieure à celle du secteur. Il suffit de regarder un peu des graphiques.
Sentier 2 : cette affaire est une affaire de trafic de chèque entre essentiellement les entreprises du Sentier à Paris et des entrepprises basées en Israël. Les personnes qui en ont profité sont lesdites entreprises, pas la SG. Bouton est mis en examen en tant que PDG de la banque, pas pour avoir participé activement à la malversation. Il y a d’ailleurs une dizaine de banques impliquées dans cette affaire. Elles sont en fait victimes des indélicatesses commises mais la Justice a considéré qu’elles étaient complices dans la mesure où les circuits utilisés par les malfaiteurs passaient par leurs comptes. Je ne vois pas trop ce que vous reprochez à Bouton dans l’affaire...
Stratégie aventureuse de la SG : de quoi parlez-vous ? La stratégie de Bouton pour la SG a été dans l’ensemble brillante depuis sa prise de responsabilités. Témoin l’évolution du cours de Bourse de l’action depuis 12 ans. Il y a de nombreux exemples de grande réussite : la gestion d’actifs, la banque d’investissement, l’Europe de l’Est... et relativement peu d’échecs, le principal étant le rachat raté de Paribas (mais peut-on vraiment le lui reprocher personnellement ?) et l’échec de l’intégration de Cowen.
Bouton cherche à préserver l’indépendance de la SG : Bouton agit conformément à la volonté conjointe 1) des actionnaires, qui, compte tenu du potentiel de croissance rentable de la SG, n’ont pas intérêt à un rachat, sauf si le prix est vraiment bon, 2) des employés du Groupe, en partie parce qu’ils sont actionnaires, mais surtout parce qu’ils sont très attachés à leur entreprise et ne veulent pas d’un processus, et 3) les pouvoirs publics, qui craignent un passage sous pavillon étranger et des destructions d’emploi, même si une partie de lobbyistes font pression en faveur de la BNP.
Pas de preuve contre Kerviel : vous avez sans doute omis de lire les communiqués de la Justice qui précisent que Kerviel a avoué... Quel scénario alambiqué imaginez-vous derrière ? Votre idée que la SG aurait fait exprès de perdre 5 milliards est plutôt abracadabrante, qu’il s’agisse de s’affaiblir volontairement pour faciliter une OPA ou de masquer les provisions passées sur les Subprimes !
Que reste-t-il de vos analyses ? Finalement, peut-être que vous comprenez simplement de travers ce que vous expliquent "vos sources à la SG" ?