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Le Modèle Joule d’André Giardino — modèle économique postcapitaliste fondé sur la comptabilisation de l’énergie humaine. Poète essayiste militant syndicaliste à la retraite.
La vie commande d’être convaincu qu’il y a un absolu où tout ce que nous concevons s'écroule, Il faut donc comprendre que celui qui dispose d’une certitude absolue peut se suicider car c’est un mort vivant et ne peut développer pour vivre que la mort qu’il porte.
Voir le site « La République de l’énergie humaine »
 

Tableau de bord

  • Premier article le 06/06/2007
  • Modérateur depuis le 27/06/2007
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • ddacoudre ddacoudre 21 août 2007 17:29

    Bonjour grap.

    Je crois effectivement que notre président sera un très grand communicateur. Je pense que tu as vu juste dans ton article. Il y en aussi d’autre qui ne se sont pas fait dupé. Je pense que ce type de situation dramatique, suivant la nature des actes commis dont nous n’avons pas connaissance, nous pousse à des présuppositions fantasmagoriques par rapport à l’idée que nous en avons ou par rapport à la diffusion médiatique qui fut la sienne il n’y a pas si longtemps au travers d’affaire qui ont fait la une des médias. C’est un sujet très sensible auquel nous nous sommes sensibilisé par des campagnes d’informations thématiques. Ce qui me parait navrant c’est justement l’absence de retenu de notre président. C’est le genre d’affaire qui réclame de la sobriété et de la sérénité, surtout après la triste affaire d’Outreau. Bien au contraire le pouvoir, le président en l’espèce mais il n’est pas le seul, exploite la juste empathie de la population devant des drames affectant des enfants pour se « zorroifier », se présenter en sauveur de tous les drames.

    A moins qu’il ne soit un génie et qu’il est la compétence fondée en toute chose, notre société compte suffisamment de praticien confirmé, pour savoir que ce n’est pas des effets d’annonces qui apporterons une solution à ce problème de déviance sexuelle criminalisé. Je pense que beaucoup connaissent l’histoire du petit chaperon rouge, si vous n’avez pas établi de lien il serait temps. L’empathie est une bonne chose car elle permet à chacun de se représenter ce que vit l’autre, seulement se le représenter car on ne peut pas partager avec lui la souffrance que l’on n’a pas reçue. Mais en abuser à tous les instants pour toute chose c’est pousser à la neurasthénie car nous ne pourrions pas vivre en pensant à tous les instant qu’il peut nous arriver quelque chose qui vient d’atteindre autrui. En cela le comportement de notre président est de ceux qui orchestrent l’événement est délétère. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas se protéger des nuisances d’autrui mais induire de la haine par compassion des victimes il y a là une dichotomie.

    Alors ensuite, ce que l’on réclame à la justice de l’État, ce n’est plus une justice « équitable », mais d’expurger le mal et de venger les victimes. On lui demande d’entreprendre une campagne de purification au bout de laquelle l’on s’aperçoit qu’il n’y a pas grand monde de propre y compris ceux qui le demandaient.

    Ce besoin d’inquisition s’est toujours manifesté dans toutes les sociétés, car il est sous-jacent du fait social qui semble toujours découvrir avec horreur les délits et crimes dont il est porteur dans l’unité de ses membres (les individus), et qui surgissent plus facilement suivant le type d’organisation que l’on se choisit, bien qu’il soit plus difficile à discerner dans les démocraties.

    Au moyen âge l’on exposait les délinquants et les criminels au pilori, et l’on brûlait sorcières et hérétiques. Aujourd’hui on les expose dans la presse populaire et autre, et les bûchers sont des fagots de mots qui remplacent le juge et le bourreau et font de l’opinion publique un « assassin » en liberté.

    Le plus souvent cela se fait au nom de la liberté de la presse qui ne cache que la jouissance du pouvoir qu’elle c’est octroyée grâce à l’angoisse et aux peurs qui paralysent la capacité de réflexion des individus, entretenues par la permanence d’une régression sociale qui se cherche des boucs émissaires. On ne peut tout à la fois demander qu’un individu soit mis à nu au nom de la vérité, qu’il soit donc fragile et vulnérable, et ensuite une fois qu’il est devenu faible, se jeter sur lui pour le « dévorer », et par-là se considérer comme des êtres civilisés. Cordialement



  • ddacoudre ddacoudre 21 août 2007 01:39

    Bonjour en théorie tu as raison les cycles de kondratiev le démontre même si les éléments à prendre en références se modifient et si les réponses à l’endiguement d’un krach sont plus rapide grâce à l’informatique. Les écarts entre nos pays riches et les tarifs pratiqués par nos propres investissements dans les pays d’orient (Chine Inde) devraient y conduire si dans ces états le niveau social ne croit pas ; alors le notre paraîtra spéculatif et finira par exploser comme n’importe quelle bulle qui se réajuste aux réalitées. Ceci ne ce contrecarre que par un autre projet de société, mais celui-ci en l’état ne pourra naître que du conflit, ou du krach. Cordialement.



  • ddacoudre ddacoudre 21 août 2007 01:19

    Bonjour moebus. Pour répondre à ta question. Quand je parle de l’Etat c’est toujours d’une communauté d’individus qui confient leur choix à un gouvernement car ils ne peuvent pas l’exercer directement du seul fait de la loi du nombre. Je n’entends pas ce qui se conçoit aujourd’hui un groupement d’individus qui une fois élus ou désignés se croient les chefs ou le conseil d’administration de l’entreprise France.

    Economiquement pour moi le déficit est un moyen de mettre de la monnaie en circulation sans devoir allez la demander à ceux qui en possède de trop et qui vous la prête à des taux usuriers faute de pouvoir la consommer (investissements) pour privilégier les hauts seuils de rentabilité, spéculation. S’il existe des mines de matière première il n’existe pas des mines de monnaies, si dans notre esprit et par la confiance que nous nous accordons autour d’une valeur. La monnaie est née de la reconnaissance de dette acceptée par les parties pour réaliser un échange et sous condition que cette reconnaissance de dette ne soit pas détruite et puisse passer de main en main, c’est cela la monnaie. Qu’ensuite sa quantité régule la rareté est un autre débat. Mais sans déficit nous n’aurions pas atteint dans notre économie le seuil de développement qui est le notre ; c’est pour cela qu’a été abandonné la référence à la réserve d’or, car sa quantité limitée aurait limité de fait le nombre de personnes qui en possèderaient. C’est pour cela que l’usage du déficit ou de l’endettement n’est pas inconcevable, comme on nous le présente aujourd’hui, mais il est d’un usage savant pour ne pas glisser dans l’inflation qui annihilerait ses effets bénéfiques sur la création de monnaie. Cordialement.



  • ddacoudre ddacoudre 21 août 2007 00:39

    Bonjour antérieurement la notation et les contrôle étaient réalisé pour vérifier si les maîtres éduquaient bien leurs élèves, aujourd’hui les temps ont changés, mais l’enseignement reste un sujet bien compliqué. l’enseignement n’est pas seulement obtenir un diplome pour exercer un métier, même si cela passe aussi par là.

    L’éducation au travers de l’école possède également une historicité. L’école n’est pas apparue spontanément, elle a émergé du rôle éducateur de la famille, lorsque l’acquisition de savoir-faire plus complexe et de modes de relations plus élaborés ont nécessité d’avoir recours à des institutions éducatives : confréries de classes d’âge, périodes d’initiations sous la direction d’hommes spécialisés dans un lieu donné. Tout autant que la division du travail, l’éducation comme fonction différenciée commence là. C’est avec la division du travail que se développe la fonction éducative, car il est arrivé un seuil où, ni la famille, ni les groupes indifférenciés ne peuvent se transmettre directement tout le savoir-faire devenu trop complexe pour être partagé par tous.

    C’est tout d’abord une école élitiste comme résultante d’une stratification sociale.

    Dans n’importe laquelle des sociétés considérées, l’école a été d’abord conçue pour une minorité de personnes, telle l’école hellénistique pour les lettrés, écoles romaines pour Patriciens et certains plébéiens libres, écoles monastiques. En Europe, Émile Durkheim situe à l’époque carolingienne le début de la création d’un réseau d’écoles, dont leurs fonctions sont de former de futurs prêtres, et de futurs fonctionnaires. Philippe Ariès (historien français) rapporte plus tard l’existence de petites écoles, pour les moins misérables, et d’universités dont les riches avaient des chances de faire partie.

    Ce sont de ces universités que naîtront peu à peu les collèges, préfiguration de l’enseignement secondaire. D’abords parallèles à l’université, ils y préparèrent. En France, du XVI ième au XVIII ième siècles, les collèges devinrent plus prospères que les universités, et constituèrent une forme d’éducation dont nous avons directement héritée. Une stratification sociologique de l’enseignement, indépendante et séparée, se développe, et se rapproche d’un système scolaire sans qu’il soit pour autant unifié, de telle manière qu’un enfant ne passe qu’exceptionnellement d’un type d’école à l’autre.

    Mais la révolution sort l’éducation des « salons » élitiste.

    Comenius, (nom latin de Jan Amos Komensky) humaniste tchèque et évêque des frères moraves préconisa vers le milieu du XVII ième siècle une école commune à tous, garçons et filles, mais surtout enfants de toutes conditions. On y décèlera, contre toutes idées reçues, qu’ils sont capables de suivre un enseignement à des divers degrés scolaires. Ce sera le départ de la première conception d’un système scolaire. En France, la Législative puis la Convention reprendront l’idée d’école de base, et viseront l’institution d’une « instruction publique » (notamment dans le but d’unifier une langue du français). Et puis, dans l’esprit de tous, l’acquisition du français était devenue une des formes de l’égalité, et l’unification linguistique une affaire nationale. Condorcet considère « l’égalité de fait » comme la visée de l’art social qui se constitue et ne peut être atteint, selon lui, que progressivement par l’instruction. Ce n’est que plus tard au cours du XIX ième siècle, que l’école élémentaire se réalise en France, 1866 ligue de l’enseignement ; 1881-82 scolarité obligatoire et gratuité ; en 1883 obligation faite aux communes de posséder une école. Émile Durkheim quant à lui définit le rôle de l’éducation scolaire, comme destiné à « susciter et développer chez l’enfant un certain nombre d’états physiques, intellectuels et moraux que réclame de lui la société politique dans son ensemble et le milieu spécial auquel il est particulièrement destiné ». En toute hypothèse l’action de l’école comporte une socialisation morale, technique et intellectuelle, qui conduit l’enfant à devenir, en tant qu’adulte, un « honnête homme ». Il est imprégné d’une façon d’être, une façon d’être qui paraît immuable.

    Sauf que le développement de l’économie entraîne un retour vers l’élitisme pragmatique et idéologique.

    Mais l’accent mis sur la croissance économique, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, a considérablement investi le système éducatif à partir des années 1960, d’une part pour le rationaliser par des techniques de gestion et d’analyses issues de l’économie, et d’autre part pour répondre à la compétitivité des compétences professionnelles exigées par les modes de gestion et de production. Ces compétences doivent être de plus en plus affinées et élevées pour se maintenir à un niveau de performance compatible avec l’évolution des besoins du marché et être en mesure de systématiser les nouvelles technologies issues de la recherche.

    Ce n’est pas sans débat passionné (Mai 68), sans de multiples lois, sans permanence des inégalités (la démocratisation de l’éducation a seulement déplacé les inégalités vers le haut), sans erreur d’orientations (apprentissage) que le processus de rationalisation a poursuivi cet objectif de mise en adéquation de l’éducation avec l’économie qui est éminemment politique.

    Ce choix s’oppose peut être à d’autres missions plus sociologiques qui devraient fournir aux individus des repères culturels pour se mouvoir dans une évolution plus rapide que celle des siècles antérieurs de notre monde, sans que la référence de l’analyse politique soit les guignols de l’info, (ce qui ne préjuge pas de la qualité contestée ou non de cette émission). Ainsi la mission qui demeure attachée à l’éducation, quelle que soit l’anticipation à laquelle ses analystes se livrent, ne peut précéder l’événement, elle ne prépare qu’à ceux qui sont connus, elle s’ajuste à ceux qui se déroulent, et elle développe les choix qui lui sont politiquement assignés.

    Aussi les « sciences de l’éducation » sont soumises au débat de savoir si elles doivent se limiter à préparer à tel ou tel moment d’un processus d’acquisition ou si elles doivent aussi éclairer sur la philosophie de la vie. La réponse n’est pas facile. On peut considérer que c’est un domaine réservé aux individus que d’élaborer leur propre opinion, mais comme ils la tiennent aussi de l’apport du système éducatif, sans doute vaudrait-il mieux qu’ils soient instruits de ce que les sciences humaines ont permis de comprendre de la vie.

    Mais partant de là nous nous retrouvons avec le dilemme de Condorcet dans le texte qu’il présenta au début de 1792 à propos des écoles primaire : « On pourrait me reprocher d’avoir trop resserré les limites de l’instruction destinée à la généralité des citoyens ; mais (....) le petit nombre d’années que les enfants des familles pauvres peuvent donner à l’étude nous a forcé à resserrer cette première instruction dans des bornes étroites ; il sera facile de les reculer lorsque l’amélioration de l’état du peuple, la distribution plus égale des fortunes, suite nécessaire des bonnes lois (...) en auront amené le moment ».

    Si l’éducation s’est acquittée de ses missions professionnelles, il en va tout autre de la formation du citoyen aux sciences humaines, de telle manière que le système éducatif devra apporter une réponse au commerce de l’information. D’autant plus qu’il se développe par Internet et qui va être un concurrent direct en tant que système « éducatif » parallèle dont on peut nourrir de fructueuses espérances, mais qui n’est pas contrôlable et sera bien évidemment un moyen de diffusion de propagandes en tout genre.

    Et comme aujourd’hui faute d’avoir accès aux sciences politiques, les jeunes s’inspirent aussi des guignols de l’info pour affiner leur opinion politique, d’autres trouveront la leur dans les pages d’Internet, sur lequel nous trouveront certainement toutes les grandeurs de nos créations, mais aussi toute la tyrannie de notre espèce. Et dans les choix qui devront être fait, celui du commerce idéologique auquel nous avons préparé nos esprits l’emportera sur celui de la philosophie. cordialement.



  • ddacoudre ddacoudre 21 août 2007 00:08

    Bonjour j’ai aimé l’article sauf quand il prend les enseignant pour tête de trucs justifiants les échecs d’évolution de l’éducation nationale, c’est le coup de violon traditionnel. J’ai également apprécié le tient et j’ai bien peur qu’avec le gouvernement actuel il faille attendre même plus de 50 ans s’il réussi sa réforme des universités.

    La « transdisciplinarité » est peut-être une évidence pour les scientifiques d’aujourd’hui, certainement moins pour Mr tout le monde qui n’a le regard que vers un lien direct du savoir débouchant sur un emploi.

    Pourtant cette démarche les scientifiques ont dû apprendre à la faire, en battant en brèche l’idée selon laquelle ne peut être prises en compte que les recherches pointues compétitives dans une spécialité donnée. Encore en 1950 des scientifiques s’opposaient sur l’idée que seulement leur spécialité spécifique était la plus capable d’expliquer le monde. Cette démarche de transdisciplinarité a été qualifiée de « vision sommaire du Tout » par Murray Gell-mann (prix Nobel 1969 pour la théorie des quarks) qui a contribué à la création d’un institut pluridisciplinaire, le Santa Fe Institut , et Benoît Mandelbrot (polytechnicien qui décrivit la géométrie Fractale en 1975) exprime la même idée en se qualifiant de « pionnier par nécessité ».

    « La diversité de la vie sur Terre représente une information distillée au cours de quatre milliards d’années d’évolution biologique, et sur la relation analogue qu’entretient la diversité culturelle humaine d’Homo sapiens sapiens. Je soutiens que la diversité biologique et la diversité culturelle méritent toutes deux de grands efforts afin d’être préservées »... « Mais il n’est pas réellement possible de considérer ces questions isolément. Le réseau de relation qui lie l’humanité à elle-même comme le reste de la biosphère est aujourd’hui si complexe que tous les aspects s’affectent les uns les autres à un point extraordinaire. C’est une étude du système tout entier qu’il faut réaliser, aussi sommaire doive-t-elle être, parce qu’aucune mise bout à bout d’études partielles d’un système adaptatif complexe non linéaire ne peut donner idée du comportement du tout. Certains efforts débutent pour mener une telle étude sommaire des problèmes mondiaux, intégrant tous les aspects pertinents, qu’ils soient aussi bien environnementaux, démographiques et économiques, que sociaux, politiques, militaire et idéologiques. La vocation de l’étude n’est pas de se réduire à une simple spéculation sur le futur, mais de tenter d’identifier, parmi les multiples sentiers possibles pour l’avenir de l’espèce humaine et le reste de la biosphère, quels sont ceux qui avec une probabilité raisonnable pourraient mener à une plus grande durabilité. Durabilité est ici entendu au sens large pour inclure non seulement l’évitement d’une catastrophe environnementale, mais d’une guerre désastreuse, d’un despotisme généralisé à long terme et d’autres fléaux de cet acabit tout au tant. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage un nombre d’allusions au Santa Fe Institue, que j’ai contribué à fonder... ». Murray Gel-Mann. Le quartz et le jaguar. Édition Flammarion.

    Convaincu de devoir créer sa propre mythologie, Mandelbrot ajouta cette phrase à son entrée dans le Who’s Who : « La science irait à sa perte si (comme le sport) elle plaçait la compétition au-dessus de tout, et si elle clarifiait les règles de cette compétition en se confinant à l’intérieur de spécialités étroitement définies. Les rares savants qui ont choisi d’être nomades sont essentiels au bien être intellectuel des disciplines établies » ? Ce « nomade volontaire » qui se qualifiait de « pionnier par nécessité », quitta l’institution académique en quittant la France et en acceptant le refuge que lui offrait le Thomas J. Watson Research Center d’IBM. Gleick. La théorie sur le chaos. Éditeur Flammarion.

    Quand des hommes aussi intelligent, l’on fait, qu’est-ce donc qui empêche les plus humbles de le faire ; si ce n’est qu’ils se croient plus intelligent que ce qui le sont, et qui eux sont humbles.

    Pourtant, nous restons dans une version généraliste d’un « maximum minimal » du Tout, à cause d’un enseignement général tronqué. Certaines disciplines manquant du fait même de sa limite arbitraire, fixée dans sa durée par nos contraintes économiques, et nos pratiques culturelles. Une situation dont nous devrons tous sortir, pour entrer dans le maximum possible dans l’intérêt socio-économique de l’espèce.

    Certains s’en exclus de fait par le choix des orientations professionnelles, dans lequel l’exercice de leur profession ne nécessitera pas d’avoir une compétence pluridisciplinaire, disons la majorité d’entre-nous. Quant à l’apprentissage professionnel, s’il offre la souplesse d’un enseignement général plus lent, ce dernier est relégué à un rang subsidiaire par les acteurs eux-mêmes, et il ressort de ce processus, des professionnels qui auront à construire leur bagage de culture générale sans aide, et il en est de même pour les filières professionnelles. Des professionnels pour qui Platon est une planète (pluton) ou un militaire, De Gaule un porte-avions en panne, et que nous les laisserons aux soins « éducatifs » des mas média, parce que disons-nous, ils ont la liberté (indépendance financière que donne le revenu du travail) de rester des ignorants faute de temps à leur consacrer. D’une autre manière, nous disons, si durant leur scolarité nous n’avons pas les moyens techniques de suivre les retardataires, au moins s’ils ne deviennent pas instruits ils auront un métier.

    C’est certes une réalité cruelle, mais elle pèsera bien évidemment sur les choix qu’exige l’exercice de la citoyenneté.

    Dans une étude sur les « tendances » des français il ressort de l’analyse sur la formation (éducation permanente), qu’elle jouera un rôle essentiel, de même que la culture générale, et de dire : « Les connaissances resteront sans aucun doute importantes, mais c’est surtout la capacité de les relier entre elles et de faire une synthèse intelligible qui seront déterminantes ». Les employés et les cadres seront emmenés à chercher les informations pertinentes, à les actualiser et à les appliquer dans un contexte particulier. Dans cette optique, la Culture générale redeviendra essentielle. Les lettres pourraient alors prendre leur revanche sur les mathématiques. La sociologie, la géopolitique, la philosophie, l’art, l’histoire des civilisations ou des religions seront des outils de plus en plus nécessaires aux cadres et aux dirigeants, dont le métier pour ceux-ci est d’intégrer le présent afin d’inventer l’avenir ». Si je me félicite de cette tendance, elle ne correspond pas tout à fait à celle que je défends, et qui va au-delà des seuls actifs cadres et dirigeants. Cette tendance est exclusive, donc élitiste, confiant toujours aux dominants l’exclusivité de la connaissance, comme s’il devait toujours exister des privilèges ou des privilégiés, comme si les dirigeants étaient investis d’une fonction prédestinée de guide, voire messianique.

    Et elle présente encore les spécialités en termes de confrontation.

    Ce n’est qu’une Idée reçue que les mathématiques et la littérature s’opposent. Cette tendance des français ne tient évidemment pas compte de ceux qu’ils ignorent, que notre monde et nous y compris sommes conçus de « particules » (ondes et corpuscules en mécanique quantique). Son approche par la seule pensée philosophique n’a pas suffit à ouvrir les voies de la compréhension du fonctionnement de notre Univers et de notre Être, sans passer par une traduction mathématique qui quantifie, nous éclaire donc, mais figent les choses dans une mesure. Une mesure qu’il nous faut regarder comme une rampe de lancement. Et ainsi la pensée ayant conçu les mathématiques, il n’y a pas d’opposition entre connaissances littéraires et mathématiques. Cela évitera à des commentateurs de dire au cours d’un matche de football lors d’un tir, que le ballon s’accélère en touchant la pelouse mouillée. En effet, ce sont les mathématiques qui sont devenues le langage de la concrétisation scientifique, de l’ensemble de nos théories bâties par la pensée, et elles ont permis d’en faire la vérification et l’application. Bien que ce soit les deux, littérature et mathématique, qui associées et vulgarisées, permettent à chacun, de naviguer dans toutes les autres disciplines. La construction du raisonnement repose tout autant sur la connaissance du langage lexical qui permet le développement de la pensée abstraite, que des mathématiques qui offre la logique déductive, et séparer les deux n’est pas sans incidence sur l’appréciation de notre existence. Ceci permet à chacun d’y trouver les repères dont il a besoin. L’inverse est allé à contre sens de la nécessité de transdisciplinarité, parce qu’il est aussi nécessaire dans notre société, d’avoir des dirigeants compétents que des citoyens qui le soient tout autant. Quelques hommes célèbres ont décrit cette nécessité d’être compétent en raillant l’ignorance. C’est ainsi que Chateaubriand dans « René » disait : « on ne hait les hommes et la vie que faute de voir assez loin », et Lamartine « infini dans sa nature, borné dans ses vœux, l’homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux ». Prévert, lui écrivait « il poursuivait une idée fixe, il s’étonnait de ne pas avancer ». Et comme rien n’est jamais simple je conclurai avec ce propos de Victor Hugo « l’homme qui ne médite pas vit dans l’aveuglement, l’homme qui médite vit dans l’obscurité. Nous n’avons que le choix du noir ».

    Il nous reste donc à l’éclairer.

    Il n’est pas concevable aujourd’hui de devenir de petits génies. Quand nous avons besoin de compétences « pointues », nous faisons appel à des spécialistes ou à des experts, car nous nous sommes répartis le savoir comme nous nous sommes répartis les tâches, les deux étant interdépendants. Si nous ne pouvons être experts en tout, nous pouvons accroître notre niveau général de Connaissance et de compréhension. Et c’est ce qui s’est produit avec le développement de l’instruction générale, C.E.P, et aujourd’hui l’objectif est le BAC pour tous, avec en fond, l’incompréhension populaire de trouver des techniciens de surface bachelier. Cela, en relevant que le CEPE est tombé dans l’oubli et que le BES suit la même voie, comme diplômes permettant d’accéder à des emplois. Pourtant malgré ce nous prétendons, nous perpétuons ce vieil adage Sumérien : que l’initie instruise l’initié, l’ignorant ne doit pas savoir, de telle manière que certaines disciplines ne sont accessibles qu’à certains, qu’elle que soit la sélection par laquelle cela procède, et que nous qualifions de « sélection naturelle », pour devoir nous dispenser de la démocratiser. Et il y a aujourd’hui d’impérieuses raisons socio-économiques à enclencher une vitesse supérieure, pour maîtriser notre puissance technologique, réduire la résurgence de l’intolérance, et réduire la violence croissante.

    Et pour cela il n’est pas nécessaire d’être des génies, mais bien obligé d’en savoir un peut plus, d’accéder à se savoir que se réserve l’élite pour ne pas se tromper de cible, en croyant que le bac d’aujourd’hui est un ascenseur social, alors qu’il est tout juste l’équivalant du BEPC d’après guerre,si cen’est pas moins.

    Alors, nous avons un certain choix. Le développement de la pensée « créatrice » peut se faire, par la seule observation de l’existence en fonction de nos seules aptitudes réduites à leur environnement, dans le but d’un seul intérêt immédiat, comme nos ancêtres Cro-Magnon pour les plus lointains. Ou bien par l’observation de notre existence, grâce à des structures d’un apprentissage permanent, pour enseigner tout ce que nous avons accumulé comme savoir et connaissance depuis nos illustres ancêtres durant notre existence, afin de se préparer à des événements que cette accumulation de connaissances et savoir induiront également. Actuellement, nous passons au mieux 13 années dans un enseignement de culture générale ou professionnelle, et nous restons environ 55 ans et plus à considérer que nous avons assez appris, tout en restant en permanence conditionnés à notre apprentissage empirique, ou à ceux qui en font l’effort, à l’éducation permanente. En effet, nous sommes aussi cela, un animal qui apprend en permanence, mais nous y donnons aussi un autre nom, « le vécu ».

    Faute de comprendre cela nous ne trouverons aucune raison qui justifie un apprentissage permanent tout au long de l’existence, et nous demeurerons socialement des hommes des « cavernes », même si nous sommes capables d’aller en trouver sur Mars, parce que nous transporterons ces cavernes avec nous, pour nous être abandonné. (J’utilise le terme « caverne » pour l’image erronée populaire qu’il véhicule.)

    COrdialement. Et désolé pour la longueur ;

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