« Plusieurs études font état que la faune et la flore repeuplent avec vigueur les zones les plus irradiées autour de Tchernobyl et de Fukushima. Anders Pape Møller, chercheur au Laboratoire d’Ecologie, Systématique et Evolution du CNRS, illustre la réalité à travers un enregistrement audio. Un premier son nous fait entendre des dizaines de cris d’oiseaux différents dans une zone proche de la centrale japonaise accidentée. 200 mètres plus loin, un autre enregistrement se limite à un silence lugubre. Ce qu’il se passe est qu’autour d’un site accidenté, la radioactivité se dépose par tâches et »il y a une survie plus faible de la faune en zone contaminée« , assure le chercheur.
Selon une étude menée sur des hirondelles de cheminée, seuls 30 % des individus survivent dans des zones contaminées, contre 50 % dans des zones peu ou pas contaminées. D’autres études montrent une prévalence de l’albinisme chez des mésanges et de cataractes chez les rongeurs en zones contaminées, deux facteurs de mortalité précoce. Pour Jean-Christophe Gariel, directeur de l’environnement à l’IRSN, les résultats discordants reflètent le fait que »l’étude des effets sur la faune et la flore par des éléments de stress extérieurs est extrêmement complexe« . Cela demande des approches pluridisciplinaires (écologie, biologie, statistique et dosimétrie) qui ne sont pas toujours bien maîtrisées. »