Photographe professionnel. Passionné par l’actualité, le corps humain, les paysage urbains et les métiers de l’image. Je suis hostile à toute forme de cynisme ou de renonciation. L’Homme se définit par ses actes. Et en matière d’humanité, je suis convaincu que tout reste à faire.
Le « naturellement » a pour moi un sens simple. Il est humainement naturel d’avoir envie d’avoir plus d’argent, avec les facilités et le confort que cela suppose.
Si vous avez une interprétation plus complexe, je serais ravi d’en discuter.
@ Bertrand
Votre intervention est passionnante - sans ironie aucune.
Je suis d’accord avec vous : personne de censé ne peut se réjouir de voir des gens dormir dans la rue ou élever des enfants dans des squatt.
Là où je ne vous rejoins pas et c’est bien le fond du problème, c’est sur le gateau.
On nous bourre le crâne en France, avec l’idée déprimante que le « gateau » a une taille déterminée : c’est faux ! Mais il faut se battre pour faire grossir le gateau. Ce n’est jamais facile. Et mon propos est simplement de dire que le système français pousse dehors les gens (je pense surtout aux petits entrepreneurs, pas aux milliardaires) qui veulent se battre.
Dans mon activité, la photo, le marché français était restreint et les tarifs faméliques. J’ai décidé d’aller chercher des clients aux USA et le seul discours que j’ai entendu ici était : « mais mon pauvre ami, tu crois qu’il n’y a pas de photographes aux Etats-Unis ? Tu crois qu’ils attendent après toi ? »
Non, personne n’attendait après moi, ce qui ne m’a pas empêché de trouver des clients qui paient cinq fois plus pour le même boulot qu’une société française.
Mon propos, au delà de l’anecdote, est de dire qu’il faudrait retrouver cet esprit et apprendre à se battre. J’ai vu hier soir (France Europe Express, sur France 3) un jeune arabe qui avait échoué à trouver du boulot en France après avoir envoyé 100 CV, souvent sans réponse. Et qui a trouvé du boulot (visiblement bien payé) dans le secteur de la finance à Londres, après avoir envoyé 7 CV. J’avais envie de l’embrasser !
Il faudrait selon moi :
- apprendre aux gens à se bouger et à ne pas trop compter sur le système
- changer le système pour le rendre sinon attractif, au moins pas repoussant.
Et des exemples de ce type, je pourrais vous en sortir d’autres. Mais le fait de vouloir échapper au système français fait qu’on vous considère nécessairement comme un fielleux nanti.
Personnellement, j’adore mon pays, mais je souhaiterais ardemment qu’il soit plus accueillant et plus fonctionnel, pour les créateurs d’entreprise - et qu’il ne considère pas le fait de vouloir faire du fric comme une maladie honteuse.