L’éditorial d’Eric Fottorino, l’article de l’auteur, mais aussi les divers réactions ne sont pas inintéressants.
En lisant cet article, j’ai en premier lieu penser à un article d’hier sur le Web 2.0 dont fait partie AgoraVox.
Mais j’avoue être assez en accord avec Eric Fottorino sur les pseudos journaux citoyens que l’on voit se développer. En effet je comprends mal comment un simple citoyen pourrait écrire un article d’information sur un sujet dont il n’est pas un spécialiste et sans avoir à sa disposition tout les moyens d’un journaliste professionnel, même en étant totalement indépendant. Pour moi c’est plus la réflection d’une certaine ambition, voir prétention. Qui plus est, affirmer l’indépendance des rédacteurs AgoraVox est également pour moi trop ambitieux : combien de rédacteurs font partie d’un partie politique, d’une ONG, ou d’un autre mouvement proche de la politique ? Non sur de nombreux sujets, on ne peut pas considérer AgoraVox comme un site d’information, et on aurait tord de le faire.
Pour moi AgoraVox est plus un lieu d’échange d’idées plus qu’un lieu d’échange d’informations et est donc plus un complémentaire aux grands journaux qu’un concurrent.
J’ai dit plus haut qu’un simple citoyen ne pouvait pas donner de véritable information sur un sujet dont il n’est pas spécialiste. Mais ce serait malhonnête de ma part d’ignorer que finalement chaque citoyen est spécialiste dans au moins un domaine, ne serait ce que celui dans lequel il travaille. Et finalement des sites comme AgoraVox permettent à des spécialistes de s’exprimer, opportunité qui leur est trop rarement offerte dans les grands journaux. Je prends pour exemple la série d’articles de masuyer sur la forêt française. En lisant ses articles, je sais que l’auteur parle d’un sujet qu’il connaît et qu’il maîtrise. Je sais également que ce n’est pas en ouvrant le Monde, le Figaro ou Libération que je vais trouver de tels articles. Et pourtant c’est aussi de l’information.
En conclusion, je ne considère pas que des sites tels AgoraVox peuvent rivaliser avec les grands journaux pour fournir une information détaillée sur les grands titres de l’actualité. Par contre ils peuvent donner les différents points de vue de certains citoyens. Et aussi aborder des sujets qui ne sont pas assez vendeurs (ou estimer comme tel) pour apparaître dans les journaux traditionnels.
AgoraVox n’est pas un nouveau journal sous forme participative concurrent des autres, c’est un nouveau mode de communication d’idée. Et ce serait, selon mon humble avis, une erreur de se tromper sur ce que ce site est vraiment.
Contrairement à Zen et à l’auteur, je ne pense pas que l’intervention de partenaires privés soit un frein à la recherche fondamentale. Il n’y a qu’à voir chez les prix Nobel de physique (le domaine où il y a le plus de recherche fondamentale) : Penzias et Wilson (prix en 78) ont découvert le rayonnement thermique cosmologique alors qu’ils travaillaient aux laboratoires Bell, Schawlow (prix en 81) y a également fait un passage. On peut également citer tous les mathématiciens dont les théories trouvent directement des applications dans les domaines financiers.
Le problème pour moi de la recherche en France est au contraire qu’elle n’est pas assez proche du milieu industriel. Et fait trop de la recherche juste pour faire de la recherche sans penser aux possibles applications et on reste un peu trop enfermé dans notre univers de recherche. Par exemple certains ont cité Pierre Gilles de Gennes. Bien qu’étant en avance dans le domaine des cristaux liquides, celui-ci avec son équipe s’est fait doublé par les japonais car ils n’avaient ni breveté leurs découvertes, ni partenaires industriels.
Et puis enfin les USA qui sont l’un des pays où le privé est le plus investi dans la recherche est également le pays qui fourni le plus de prix Nobel.
En conclusion pour je ne pense pas qu’il faille opposer la recherche fondamentale avec l’implication du privé.
Vous dites « sauf l’église », mais si vous parlez de l’Église Catholique, je pense que vous vous trompez. J’ai découvert cela en lisant l’article de Wikipédia sur le Big Bang. Cela montre bien que la position de l’Église vis a vis de la Science a profondément évolué depuis Galilée.
Maintenant si vous parlez des églises comme on en rencontre aux USA, je suis tout à fait d’accords avec vous : leur position est totalement décalée avec la science.
Mais leur vision de la science est également assez proche de celle qu’a un (trop) nombre de nos concitoyens, ainsi que de celle qu’avait l’Eglise du temps de Galilée. Je m’explique : pour beaucoup de personnes, la science est capable de donner des réponses sur des sujets qui ne sont pas dans le domaine scientifique, des réponses quasi méta-physique. Il n’y a qu’à voir les émissions scientifiques qui marchent à la TV avec l’exemple particulièrement honteux (à mon humble avis) de E=m6. Alors que le nom laisserait penser qu’il s’agit d’une émission purement scientifique, les thèmes abordés sont plus proches de la psychologie, du télé-achat (Comment bien choisir son aspirateur par exemple). En gros les téléspectateurs qui sont également nos concitoyens attendent que la science leur dise ce qui est bon ou mauvais pour eux. Cette vision date en fait de l’antiquité où les scientifiques étaient également des philosophes (par exemple Pythagore), la science et la philosophie étant nés en même temps en Grèce. Et c’est Galilée qui le premier a dit que la science ne pouvait répondre qu’à des questions scientifiques et non méta-physiques (la fameuse révolution galiléenne). Pour en finir avec E=m6, j’ai pensé à un moment faire une pétition pour que M6 rende la formule d’Einstein au monde scientifique, en gros qu’elle renomme l’émission.
Alors si la position de l’Église vis a vis de la science a évolué, celle d’un grand nombre de nos concitoyens est elle resté figée, car la science pure est assez inquiétante, ne répondant aux questions intérieures de l’Homme. Du coup on adapte, voir nie, les résultats de la science pour répondre à nos questions (en premier lieu celle du pourquoi de l’Homme).
Et finalement la réponse à la question originelle de l’auteur est peut être : parce que les gens ne veulent pas savoir ce qu’est vraiment la science.
Je me permet juste quelques précisions concernant votre article.
Votre calcul ne correspond pas à ce qui se pratiquait sous la quatrième République. En effet il y avait déjà un aspect local dans les élections législatives car la représentation se faisait à la proportionnelle pour chaque département, et non pas au niveau national. Qui plus est, le scrutin n’était pas exactement proportionnel, mais ce faisait suivant la méthode de la plus forte moyenne (je vous invite à lire l’article Wikipédia y faisant référence que j’ai trouvé très instructif).
Qui plus est il me semble faux de dire que seul l’UMP se prononce contre une dose de proportionnelle. Il me semble que Nicolas Sarkozy l’avait évoqué (certains avait alors dit qu’il faisait un appel en direction des électeurs du FN).
J’admire la méthode ! Pour regarder un phénomène global, je commence par regarder mon nombril et là j’en tire toutes les conclusions, car je vois bien que c’est vrai ! Dans le même ordre d’idée, à une certaine époque, on voyait bien que la Terre était plate. D’ailleurs même aujourd’hui si vous regardez autour de vous, elle est toujours plate. On doit certainement nous mentir depuis quatre siècles.
C’est toute la différence entre une mesure objective (l’indice des prix à la consommation) et une mesure subjective (votre belle-mère). La première est une mesure qui permet d’avoir une estimation globale d’une valeur, et dont on maîtrise les hypothèses ce qui permet d’en connaître les limites. La seconde, c’est juste ce qui est ressenti, mais pour la mesure on maîtrise rien du tout.
Mais ça tombe bien car l’Allemagne est un pays que je connais bien, et mon indicateur subjectif me dit que les prix n’ont pas augmenté (même la bouteille d’huile). Et là où j’ai vraiment de la chance, c’est que le Bundesamt me dit la même chose.
Enfin concernant le calcul de l’indice des prix à la consommation, vous semblez penser que nos fonctionnaires de l’Insee sont de sombres crétins qui n’ont rien compris à la vie et pour qui l’augmentation du prix du caviar compte autant que celle du prix de la baguette. Dans ce cas je vous renvoie à la fois vers la page de Wikipédia et à celle de l’Insee qui expliquent toutes deux de façon assez complète ce qu’est ce fameux indice des prix à la consommation. (Je cite notamment : « Il mesure l’évolution des prix à qualité constante. », donc encore désolée pour votre bouteille d’huile qui diminue).
J’ajoute juste un dernier mot : tant que c’est pas gratuit, c’est que c’est trop cher.