Un libraire est un commerçant. En quoi son avis sur un ouvrage est-il plus fondé que celui du lecteur qui veut l’acheter, au point d’en organiser la censure, et de s’en vanter encore ? Un libraire qui refuse de vendre un livre parce qu’il ne lui plaît pas est un mauvais commerçant, une andouille et un prétentieux. Un libraire qui, par la suite, va pleurnicher dans les jupes du Ministère de la Culture que le méchant Amazon lui fait des misères est de surcroît un parasite vivant des subventions publiques, et en tant que contribuable, je me réjouirai de le voir tirer le rideau.
Je crois savoir que quand on lui demande son avis sur Agoravox (qu’il a contribué à créer), Joël de Rosnay répond invariablement « Ah, ne me parlez plus de ce truc là ! » Effectivement, il est difficile pour un scientifique de lire certains articles sans pleurer (de honte ou de rire).
Avant de vous indigner du fait que cette réalité est tournée en dérision, peut-être pourriez-vous vous interroger sur le fait qu’il s’agit bien d’une réalité, et pas du fait que vous prenez vos désirs pour des réalités.
La pratique du doublage n’est pas et n’a jamais été interdite aux USA. Il se trouve que les spectateurs américains n’aiment pas ça, donc ils ne vont pas voir les films doublés, donc ils ne sont pas diffusés.
Le but de cette série est de prendre pied sur le marché international. Le marché international, il parle en anglais, c’est comme ça, et il n’y a pas d’autre moyen pour rentabiliser les coûts de production que de produire en anglais. S’entêter avec le français, c’est se condamner à toujours perdre, comme on le fait avec rectitude à l’Eurovision depuis 1977.
La prééminence d’une langue est le résultat d’une diffusion culturelle, et pas son prérequis. Le Français était parlé dans le monde quand c’était la langue des Lumières. Personne n’a comploté pour le diffuser aux cours d’Europe, ni ne l’a imposé à la force des baïonnettes, le français a suivi la culture française, qui avait des idées neuves à apporter au monde. Aujourd’hui, la production intellectuelle médiocre de petits fonctionnaires de la culture, protégés par le prix unique du livre, les quotas de chanson française et l’exception culturelle, n’intéresse personne hors de nos frontières, et c’est la principale raison pour laquelle notre langue n’est plus apprise. On n’a plus de Sartre, plus de Foucault, sans parler de Camus, il ne nous reste que des auteurs bourgeois et putassiers léchant cent culs pour passer chez Hannouna entre une téléréalité de seconde zone et un téléachat. Qui apprendrait le français pour lire ces bouffons ?