à Bébé : « ou passe le fruit du gain de productivité ? »
Dans le cas de l’agriculture, il ne passe nulle part car il n’y a pas plus de fruit. En effet il ne faut pas confondre gain de productivité et de gain de compétitivité : - le gain de productivité c’est : il faut moins de personnes pour produire la même quantité (par exemple avec des machines plus puissantes, une meilleure organisation ou un procédé plus rapide) ce qui ne préjuge pas d’une augmentation des revenus - le gain de compétitivité c’est : le prix de revient unitaire des produits fabriqués diminue, il est obtenu en général par l’effet d’échelle (optimisation de l’utilisation de l’outil de production et de distribution) et l’amélioration de l’efficacité (diminution de la quantité de ressources nécessaires ou utilisation de ressources meilleur marché) ce qui ne préjuge pas d’une augmentation de la production
Et si on se réfère aux théories économiques en vigueur, pour une production donnée l’augmentation de la production dans les mêmes conditions se fait au détriment de la compétitivité car le coût des productions additionnelles tend à augmenter (intrants plus difficiles à obtenir donc plus cher) tandis que le prix de vente tend à diminuer (menace de surproduction donc baisse des prix). Pour que le coût de production n’augmente pas il faut un progrès voire une rupture technologique amenant évidemment une diminution des coûts, pour que le prix de vente ne diminue pas il faut élargir le marché. Dans l’agriculture ces deux conditions ne sont plus remplies depuis 30 ans au point qu’actuellement une grande partie subit à la fois l’augmentation de ses coûts (énergie, engrais, pression climatique) et la diminution de ses prix de vente, les espoirs placés dans les OGM et les bio-technologies en général ayant été déçus car ils ne sont pas pour le moment des facteurs de réduction de coût significatifs.
Salauds de pauvres : s’ils étaient moins pauvres, on pourrait les taxer plus et il n’y aurait plus de déficits. Mais qu’attendent-ils pour travailler plus ?
Je propose quand même de rétablir la gabelle sur tout les produits de première nécessité, comme ça pour s’en sortir ils seront bien obligés de travailler plus.
Le problème c’est que les raffineries appartiennent au secteur privé et donc que leur employés ne sont pas soumis une obligation de service public, leur seule obligation c’est d’assurer la sécurité des installations.
Si on se place dans une perspective libérale, qui est celle du gouvernement, l’Etat n’a pas à intervenir dans les raffineries puisque elles appartiennent au domaine privé. Et donc le gouvernement à entièrement raison de faire appel aux stocks de réserve voire aux importations car c’est sa responsabilité.
Maintenant si les transporteurs qui sont aussi du monde privé font grève à leur tour pour ne pas à devoir respecter les injonctions du gouvernement : on fait quoi ? On les menaces de poursuites judiciaires ?
Concernant la « qualité » du personnel des raffineries, il ne faut pas en attendre plus que ce qu’ils font déjà car ils sont sous la menace de la perte de leur emploi (cf celle Dunkerque qui est en cours de démantèlement) : le long terme pour eux c’est le licenciement et les plans sociaux.
L’armée n’a de stocks de carburant elle non plus parce qu’elle doit faire des économies elle aussi depuis des années, elle l’achète au fur et à mesure et en général le plein des citernes de fuel se fait quelques semaines avant le début de période chauffage (traditionnellement à partir de la Toussaint), autant dire qu’il doit y avoir un paquet de militaires qui craignent de se les geler dans peu de temps.
D’autre part, Sarkozy déteste les militaires et il n’a pas hésité à les brimer chaque fois qu’il a pu, ces derniers l’ont très bien compris et ils ont un gros ressentiment. Alors ça m’étonnerait qu’ils envoient en Banlieue le peu de troupes opérationnelles qui restent en métropole. Et puis pour faire comment : la plupart des équipements en bon état sont sur les théâtres extérieurs et ceux qui sont en métropole servent de réserve pour les dépanner. Et si on veut concentrer un minimum d’effectifs pour intervenir, il faut arrêter vigipirate.
Qu’elle soit de conscription ou de métier ça ne fait pas de différence pour ceux qui ont vu leurs camions, c’est à dire leur outil de travail, détruit par des chars pour dégager la route.