Au plan pratique, la banque centrale est la clé de voute du système financier d’une zone monétaire : c’est elle qui régule la masse monétaire en circulation et le niveau d’inflation via les réserves qu’elle impose et les taux d’intérêts qu’elle pratique.
Historiquement, les banques centrales ont été créées en réaction à des crises financières ou monétaires, donc par nécessité. Aux USA, la création de la FED en 1913 suite à la panique bancaire de 1907 a permis l’unification du système monétaire (avant les monnaies aux USA étaient régionales et il fallait tout un système de compensation pour régler les échanges entre états).
En adoptant le dollar le Panama s’exonère de banque centrale puisqu’il s’en remet à la FED. Mais la contre partie est la vassalisation monétaire du Panama vis à vis de USA, autant dire que l’indépendance du Panama est une fiction.
La crise financière de 2008 a été jugulée par l’action des banques centrales sous la supervision des Etats.
Le problème avec l’Iran, ce n’est pas son utilité ou pas stratégique, c’est capacité de nuisance. La véritable position stratégique, c’est l’Irak, mais les USA ont échoué à en tirer parti malgré la conquête.
Le fait est que l’Iran est devenu, à cause de la disparition d’un Irak fort, la principale puissance régionale indépendante du moyen orient.
Quelque soit le régime en place (démocratique ou pas), l’Iran est une gêne pour le USA dès lors qu’il n’est pas aligné (type Turquie). Les USA ont compris que l’alignement de l’Iran est hors de portée, donc la solution passe par son affaiblissement. Or la seule configuration permettant cet affaiblissement est que l’Iran ait un régime totalitaire (une intervention contre un régime démocratique serait injustifiable).
On donc là l’explication des gesticulations et des menaces contre l’Iran : maintenir le régime en place tant qu’une action militaire d’affaiblissement n’a été réalisé et isoler l’Iran au plan international, mais pour cela il faut réunir deux conditions : - opportunité militaire intéressante du point de vue coût/efficacité - approbation de la communauté internationale pour asseoir la légitimité de l’opération donc vote favorable du conseil de sécurité de l’ONU
Pour le moment la Chine et la Russie sont contre et les USA ne peuvent plus se permettre de refaire le coût de l’Irak de 2003. En attendant, les USA peaufinent leur stratégie d’encerclement diplomatique et militaire.
Soyons sérieux, les embargos et les sanctions n’ont jamais réussis à renverser un régime, bien au contraire. C’est l’erreur qui est commise depuis des années pour l’Iran. Le régime à bout de souffle des mollahs serait tombé depuis longtemps si le USA ne s’étaient pas acharnés comme ils l’ont fait depuis 2001.