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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
 
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 14/08/2012
  • Modérateur depuis le 01/12/2012
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Derniers commentaires



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 4 décembre 2012 14:52

    @ Roungalashinga :

    Merci pour cette belle réponse.
    Je constate en effet que nous sommes sur la même longueur d’onde, et vous devez vous faire traiter, tour à tour, tout comme moi, de réac’, de néo-libéral et de crypto-socialiste par des gens trop soucieux de faire entrer des gens dans des cases, par paresse intellectuelle.

    Je vais lire Antoine Blanc de Saint-Bonnet, merci pour cette information précieuse.
    Pour ma part, j’ai trouvé beaucoup de vérité chez Leo strauss, penseur sulfureux dans le milieu universitaire français, ainsi que chez des gens comme Éric Weil, Michel Villey, mais aussi Hannah Arendt, bien sûr, Ortega y Gasset et Gomez Davila, et les œuvres rééditées depuis quelques mois du Persan Al-Farabi. Le dénommé Eurasie et moi parlions, justement, de Douguine et de Confucius, sur ce même fil (à retrouver). Et bien sûr, les penseurs antiques depeurent une source d’inspiration inépuisable.

    Pour finir avec votre commentaire, je pense que notre désaccord est surtout formel, et beaucoup moins profond que celui que j’ai avec Desbois. Je vous comprends, je crois, tout à fait quand vous parlez des défauts structurels de ce que nous appelons nos démocraties, mais le désaccord provient selon moi du fait que je donne à la démocratie un sens très large, idéal, exempt de références civilisationnelle ou culturelle : je pose simplement la démocratie comme la cité où le peuple décide souverainement de ses lois.

    => J’écris un livre en ce moment sur la question. Si ça vous intéresse, écrivez-moi à cette adresse : [email protected] et je vous communiquerai des extraits de ma prose.
    J’ai moi aussi une opinion plus haute de la démocratie que cet ersatz que l’on nous propose, avec ou sans tirage au sort, une opinion plus « noble », paradoxalement, mais à notre portée et portée par des gens véritablement exemplaires (des gens simples, probes et curieux de tout). Et pour reprendre vos propres termes, "la cité où le peuple décide souverainement de ses lois" ne peut, selon moi, advenir que si l’on cesse de considérer que chacun a le même talent pour la politique, et pour chaque chose en général. La démocratie est magnifique quand elle postule que le talent peut provenir de partout, mais on la rend détestable et suicidaire lorsqu’on lui fait dire que le talent est présent et homogène en chacun.

    À vous lire,
    EG



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 4 décembre 2012 12:42

    @ Roungalashinga :

    Merci pour ces précisions, c’est vrai qu’elles m’avaient échappées.
    Je dois dire que votre échange est passionnant et essentiel à mes yeux.

    Sommes-nous en démocratie ?

    Si nous nous référons au concept originel, non. Et il n’y a pas de pays démocratiques sur terre, pas plus chez nous que chez les Suisses et leur Jacques-à-dit géant à intervalles réguliers (boutade).
    Pourquoi ? Parce que l’homme a changé de perspectives, d’intérêts, d’attachements, de moyens de production (il n’a plus d’esclaves), de mœurs, de manière de consommer. Bref, la démocratie athénienne est condamnée à n’être plus qu’un article de musée.
    Il faut savoir, au passage, que le mot « démocratie » a été donné aux « démocrates » par les ennemis de ceux-ci, aristocrates (encore un truc que ne dit jamais Étienne Chouard).

    Mais si nous nous référons à ce que tour à tour les Hollandais, les Anglais, les Américains et les Français ont théorisé comme « gouvernement représentatif », nous sommes bel et bien en démocratie. Je sais ce que vous allez me répondre : nos élites sont des pleutres, le peuple n’est pas guidé et la démocratie est donc, de ce fait, en panne. Et vous avez RAISON. SAUF QUE... Sauf que le modèle théorisé aux XVIIe et XVIIIe siècles était voué à dégénérer de la sorte. De mon point de vue, il n’est pas en panne, il est en fin de vie programmée. Et le pire, c’est que nous nous réjouissons que, peu à peu, le monde entier nous emboîte le pas !

    Je m’explique rapidement :
    Pour reprendre ce que j’ai dit plus haut, l’aristocratie a ses bons et ses mauvais côtés, la démocratie de même. Dans le souci de corriger l’une par l’autre, nos théoriciens ont opéré une hybridation. Mais soumis à des desseins économiques et formatés par une civilisation tournée résolument vers, et uniquement vers l’utilité, la préservation et le confort, ils ont pris le mauvais de l’aristocratie - la propension oligarchique - et l’ont amalgamé au mauvais de la démocratie - le relativisme des valeurs.
    Total : le désastre actuel.
    Je me vois donc contraint d’être en désaccord avec vous sur ce point. Pour moi, je le répète, nous sommes bel et bien dans la démocratie que nous nous sommes ménagée au fil des siècles, c’est-à-dire condamnée à évacuer la politique au bénéfice de l’économie, et à se retrouver désarmée une fois celle-ci toute puissante et trop envahissante.

    Bien à vous,
    EG.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 4 décembre 2012 12:18

    @ citoyenrené :

    Très bonne remarque de votre part. Et tout d’abord, je voudrais clarifier une chose : je parle du « nombre », je parle de « masse », termes qui paraissent nécessairement condescendants, ou « élitistes » comme vous le dites. Mais ne vous y trompez pas : je m’inclus dedans, bien évidemment. Et je dirais même que c’est la conscience de cette massification que me pousse à me battre avec moi-même pour m’en extraire. Non pas par esprit de contradiction, mais parce que la liberté est un bien que j’ai appris à mériter et à respecter. Je suis sûr que vous serez d’accord avec moi sur ce point. J’ai néanmoins, moi aussi, des moments où je suis le troupeau, où j’achète un smartphone, où je regarde Pujadas, ou pire, Koh-Lanta ! Oui, je regarde Koh-Lanta, tiens ! Voilà un aveu ! Je trouve cette émission pétrie de politique, voilà pourquoi. Mais pour deux heures de Koh-Lanta hebdomadaires, j’en consacre 20 à la lecture et presque autant à l’écriture (Agoravox inclus). La quantité n’est pas gage de qualité, bien entendu, mais tout ce temps, je ne le dépense pas pour mon seul profit, je le dépense à réfléchir au vivre ensemble, à mes prochains, à ma façon de me comporter vis-à-vis d’eux.

    Vous parlez, à juste titre, d’éléments politiques qui infusent par le biais de mails, d’échanges sur Facebook, etc. Mais qui en est alors le plus méritant ? L’émetteur, c’est tout bien souvent. Je veux dire par là que dans l’immensité des cas, une info va être distribuée, va faire son chemin de proche en proche (si elle n’a pas été déformée entre-temps) mais rarement discutée. Certains la trouveront stupide et ne la diffuseront pas, certes, mais j’ai dans l’esprit que ce genre de vecteur informatif n’est destiné qu’à transmettre un produit périmé rapidement, en attendant le prochain buzz dont il aura nécessairement fallu parler. Aucune synthèse n’émerge de tout ça. Sincèrement, j’ai 30 collègues autour de moi, nous ne sommes que 2 à connaître Agoravox. Peut-être aussi parce que nous ne sommes que 2 à ressentir le besoin de confronter nos idées avec des inconnus.

    De manière générale, le mot « politique » saoule les gens. Je sais bien que c’est parce qu’ils s’en font une fausse opinion, et que les clowns qui nous dirigent y contribuent énormément, mais si c’est le cas, c’est parce qu’ils ne sont pas allé voir ce qu’était réellement la politique. Je ne sais pas pour vous, mais personne n’est venu me chercher pour m’en parler, mes études ne m’y prédestinaient pas, mon boulot encore moins, c’est venu de moi-même, c’est très difficile et ça me prend du temps, mais je m’en fais un devoir, et plus j’en fais, plus j’aime ça.

    J’avais un débat avec ma femme l’autre soir : je lui disais que l’apprentissage du grec ancien me semblait une chose essentielle en 3e ou au lycée, car cela permettait à l’élève d’accéder à une autre langue bien plus facilement qu’avec une langue vivante, que le vocabulaire limité s’y prêtait bien, qu’il y avait un côté ludique dans le « décryptage » de l’alphabet et qu’en plus, au lieu de mettre en application les leçons de grammaire sur des exemples cons tels que « Jordan is in the Kitchen. Where is Jordan ? », on pouvait le faire en traduisant directement Démosthène, Aristote, Sophocle ou Hérodote, tout à fait accessibles du point de vue vocabulaire, et hautement roboratifs (même pour des lycéens). Eh bien ma femme était en total désaccord. Motif : ça ne leur sert à rien dans le monde actuel. Et bien sûr elle a raison... puisque l’immense majorité des gens pensent comme elle. Ce que veulent les gens, uniquement, c’est de l’utile, du palpable, pas du gratuit, pas du vent, pas de l’effort vain. Et la démocratie actuelle se prête magnifiquement à cet utilitarisme prédateur. On ne cherche pas à faire éclore des êtres humains rationnels, mais uniquement des travailleurs-consommateurs, éternels insatisfaits.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 4 décembre 2012 11:38

    @ parkway :

    « Le sens moral »dévoyé« pousse au ressentiment... »

    => Ça c’est présent chez Nietzsche.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 4 décembre 2012 09:27

    Allons, allons Messieurs, je vous assure que vu de l’extérieur, vous êtes presque d’accord sur tout !
    Pour aller dans votre sens, dites-vous que nous, les sans grade, les petits, pouvons nous permettre de critiquer le bon peuple, comme parties intégrantes de celui-ci. Entendez-vous, en effet, beaucoup de pontes dans nos médias reprocher à la masse son apathie ? À gauche, à droite, à l’extrême gauche, à l’extrême droite ? Chez les progressistes, comme chez les libéraux, chez les réactionnaires, les conservateurs ou les socialistes ? Non, jamais. Pourquoi ? Parce qu’ils ont toujours, toutes et tous et tous bords confondus, un truc à vendre (programme, bouquin, CD ou pin’s), et qu’il est toujours maladroit de dire aux auditeurs : « Vous êtes des veaux mais achetez mon produit ».
    Cependant, tout le monde, ou presque, est d’accord pour faire ce constat. Nos dirigeants ne sont-ils pas à notre image ?
    Le seul homme politique digne de ce nom de la deuxième moitié du XXe siècle - De Gaulle - aura été aussi le seul à avoir le courage de traiter les Français de veaux.

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