« Je suis de ceux qui pensent que
l’être humain ne se construit pas sans structure, sans ordre, sans
statut, sans règle. Que l’affirmation de la liberté n’implique
pas la négation des limites. Que l’affirmation de l’égalité
n’implique pas le nivellement des différences. Que la puissance de
la technique et de l’imagination exige de ne jamais oublier que
l’être est don, que la vie nous précède toujours et qu’elle a
ses lois. J’ai envie d’une société où la modernité prendrait
toute sa place, sans que, pour autant, soient niés les principes
élémentaires de l’écologie humaine et familiale. D’une société
où la diversité des manières d’être, de vivre et de désirer
soit acceptée comme une chance, sans que, pour autant, cette
diversité soit diluée dans la réduction à un plus petit
dénominateur qui efface toute différenciation. D’une société
où, malgré le déploiement du virtuel et de l’intelligence
critique, les mots les plus simples – père, mère, époux, parents
– gardent leur signification, à la fois symbolique et incarnée.
D’une société où les enfants sont accueillis et trouvent leur
place, toute leur place, sans pour autant devenir objet de possession
à tout prix ou enjeu de pouvoir. J’ai envie d’une société où
ce qui se joue d’extraordinaire dans la rencontre de l’homme et
de la femme continue à être institué, sous un nom spécifique.
»
Ce paragraphe final jouxte quand même le grand
n’importe quoi réac et limite fasciste, et oui, parfaitement
homophobe, habillé des frasques du « spirituellement correct ».
J’ai pris le temps, mais je ne voulais certainement pas laisser
passer ça.
« Je suis de ceux qui pensent que l’être
humain ne se construit pas sans structure, sans ordre, sans statut,
sans règle. »
Et alors, en quoi le mariage homo serait-il contraire à la «
structure, l’ordre, le statut ou la règle ? » Sans doute parce
qu’il considère encore que l’homosexualité est « contre la régle
(divine), le statut (biblique), l’ordre (naturel) et la structure
(sociétale). Bien sûr, quand on en est resté à la Genèse, on ne
peut avoir que cette vision des choses....
« Que
l’affirmation de la liberté n’implique pas la négation des
limites. »
Mais quelle négation des limites ? Une fois
de plus l’homosexualité est « hors limites » ? limites de quoi,
d’ailleurs ?
« Que l’affirmation de l’égalité
n’implique pas le nivellement des différences. »
Mais
quel nivellement des différences ? Les homos qui souhaitent
construire leurs couples n’ont aucunement l’intention de « niveller
les différences » entre les sexes, pas plus que les noirs, en
exigeant l’égalité des droits n’avaient l’intention de nier la
couleur des blancs ! [mon dieu, mais comment peut-on être con à ce
point !!!!]
« Que la puissance de la technique et de
l’imagination exige de ne jamais oublier que l’être est don
»
Don de qui, de quoi ? Encore un présupposé religieux
qui n’a de sens que pour celui qui croit en Dieu. L’être est avant
tout, et ça c’est la seule réalité incontestable, le résultat de
la rencontre entre 2 gamètes males et femelles, quelques soient les
moyens utilisés pour que cette rencontre se fasse.
« que
la vie nous précède toujours »
Et alors ? On en revient
toujours au discours subliminal « on vous a donné la vie, donc vous
avez le devoir de la transmettre (sous-entendu « sinon, vous êtes
des nuls et des inutiles »).
« et qu’elle a ses lois.
»
???? Sans doute fallait-il placer quelque part le mot
LOI, qui va bien avec ORDRE, REGLE, STRUCTURE, et STATUT. Toujours
pour sous-entendre que l’homosexualité ne ferait pas partie des LOIS
(divines ? naturelles ?) de la VIE... « Et pourtant elle existe »
(pour paraphraser Galilée).
« J’ai envie d’une
société où la modernité prendrait toute sa place, sans que, pour
autant, soient niés les principes élémentaires de l’écologie
humaine et familiale. »
Des grands mots pour dire quoi ?
C’est QUOI « l’écologie humaine et familiale » ? L’écologie
serait une référence subliminale à la Nature, sous-entendant que
l’homosexualité, et par extension, l’homoparentalité serait «
contre-nature » ? Mais en quoi plus « contre-nature » que les
techniques modernes de procréation assistée pour des couples qui ne
peuvent « naturellement » pas FAIRE d’enfants ?
« D’une
société où la diversité des manières d’être, de vivre et de
désirer soit acceptée comme une chance, sans que, pour autant,
cette diversité soit diluée dans la réduction à un plus petit
dénominateur qui efface toute différenciation. »
Là,
on atteint carrément le fond du n’importe quoi. En quoi, ici la
reconnaissance de la « diversité homo » procéderait de la «
réduction à un plus petit dénominateur commun qui efface toute
différenciation » ?? Qui, ici, nie toute différenciation, les
homos ou les extremistes religieux de tout poil ? En gros, c’est «
oui pour que la diversité des manières d’être, de vivre et de
désirer soit acceptée comme une chance, tant qu’elle reste de
nature hétérosexuelle ! »
« D’une société où,
malgré le déploiement du virtuel et de l’intelligence critique,
les mots les plus simples – père, mère, époux, parents –
gardent leur signification, à la fois symbolique et incarnée.
»
Ben, je ne crois pas que ces mots aient été effacés
du dictionnaire dans les pays où ces droits ont été accordés. Je
ne crois pas qu’ils aient été interdits d’utilisation où que ce
soit par un supposé « lobby gay ».... Même les enfants d’homos
parlent avec respect et amour de leurs « pères », « mères », «
parents » et « époux » !
« D’une société où les enfants
sont accueillis et trouvent leur place, toute leur place, sans pour
autant devenir objet de possession à tout prix ou enjeu de pouvoir.
»
Ben voyons ! Le « désir d’enfant » de couples
hétéros serait le comble de la générosité et du don de soi, et
celui de couples homos, le comble de l’égoisme... Ce n’est pas ce
semblent dire ou penser les enfants élevés par des couples homos,
si l’on en croit les quelques interviews disponibles ici et là... Et
bien sûr, les enfants ne sont les « objets de possession ou l’enjeu
de pouvoir » que dans les couples homos, jamais dans les couples
hétéros, c’est bien connu ! Et encore on a cette fois échappé à
la rhétorique subliminale liée au mot « désir » (dans «
l’enfant, objet du désir... ») qui laisserait entendre que les
enfants pourraient être « objet du désir » dans les couples
homos, plus que dans les couples hétéros... Moi aussi, je rêve
d’une société ou TOUS les enfants, même homos, sont accueillis et
trouvent leur place, TOUTE leur place dans la FAMILLE. Ce que n’ont
pas encore compris les Bernheim, Barbarin et autres donneurs de
leçons familiales, c’est que ce qui détruit la famille, ce n’est
pas les homos qui veulent en construire, et donner de l’amour
inconditionnel à des enfants, mais les discours hypocrites qui
sous-entendent que les notions de famille et d’homosexualité sont
intrinsèquement incompatibles. Ce qui détruit les familles, c’est
d’entendre — ou de finalement comprendre— de la bouche de parents,
de frères ou de sœurs que les sentiments, les amours de leurs
enfants /frères / sœurs homos ne sont pas dignes du même respect,
de la même considération humaine et sociale ; Ce qui détruit les
familles, c’est la blessure d’être invité aux fiançailles de son
propre frère spécifiquement sans son conjoint de 8 ans (un exemple,
au hasard...)
« J’ai envie d’une société où « ce
qui se joue d’extraordinaire dans la rencontre de l’homme et de
la femme continue à être institué, sous un nom spécifique. »
Et
quid de « ce qui se joue d’extraordinaire dans la rencontre de 2
hommes ou de 2 femmes qui s’aiment, et qu’on appelle l’AMOUR » ? Ca
n’existe pas ? Ce n’est pas au même niveau ? Du même ordre ? Mais
qui est-il pour JUGER de ce qui passe entre 2 êtres ? Quelle
prétention, quelle condescendance, quelle arrogance !!! Son discours
laisse à penser que l’amour serait seulement justifié ou sanctifié
par la possibilité « naturelle » de procréation. Mais ce qui se
passe entre 2 êtres n’a besoin d’aucune justification, et
certainement d’aucun jugement ni de sa part ni de personne
d’autre. Enfin, ce n’est pas parce que sera reconnu AUSSI « ce
qui se joue d’extraordinaire dans la rencontre de 2 hommes ou de 2
femmes » que ne sera plus « institué, sous un nom spécifique
(mariage), ce qui se joue d’extraordinaire dans la rencontre de
l’homme et de la femme ». Par ailleurs, et in fine, il faut qd
même rappeler au bonhomme, parti planer dans des considérations
philosophico-religieuses, qu’on parle ici seulement du mariage CIVIL,
qui a des implications légales et juridiques qui n’ont rien à voir
avec « l’amour », mais seulement avec « la volonté mutuelle et
libre d’engagement dans une union légale entrainant des droits et
des obligations, notamment de solidarité ».
"Or les prises de position
depuis des mois sont, dans 99% des cas rationnelles, argumentées
juridiquement et anthropologiquement (Lisez le texte de Gilles
Bernheim par exemple)."
Mais oui, mais oui...
L’avez-vous seulement LU, ce « fameux texte » de Gilles
Bernheim, qui n’est qu’une collection de clichés les plus usés et
de contre-vérités les plus éculées ?
Je l’ai déjà
démonté, ici et là, et le redemonterai pour vous encore avec
plaisir.
"qu’il est de la plus haute importance d’expliciter les
véritables enjeux liés à la négation de la différence
sexuelle"
Ca démarre bien mal. le sujet de l’accés
du mariage à tous n’a RIEN à voir avec une "négation de la
différence sexuelle". C’est comme si les revendications
raciales avaient été contrecarrées sous prétexte que les noirs
refusaient la différence « naturelle » de couleurs
(sous-entendu, voulue par Dieu !). Si tout le pamphlet est de la même
eau, ça promet...
"Ma vision du monde est guidée par la Bible et par les
commentaires rabbiniques – ce qui ne surprendra personne.
Concernant les sujets-clés de la sexualité et de la filiation, elle
est fondée sur la complémentarité de l’homme et de la femme.
Dans cet essai, je me suis référé exclusivement au livre de la
Genèse..."
Au moins, il est honnête... Mais
réalise-t-il seulement qu’il s’en est passé des choses depuis la
Genèse ?
"Face à cette déferlante de
revendications, il est légitime de se demander si l’objectif des
militants n’est pas finalement la destruction pure et simple du
mariage et de la famille, tels qu’ils sont traditionnellement
conçus."
Ah, quand même, je savais bien qu’on y
arriverait, aprés 20 pages d’élucubrations variées, de raccourcis
éhontés, d’analyses faussées, de statistiques détournées, de
« gender theory » lourdement caricaturée (et dont on ne voit
pas bien ce qu’elle vient faire dans ce débat...).
Eh bien
non, il suffit assez de constater que dans tous les pays ont ces
droits sont aujourd’hui acquis, la famille « traditionnelle »
existe toujours, qu’elle n’est pas plus mal en point qu’ailleurs.
Tout ça pour ça ???? Franchement....
Tout ça pour
conclure avec un fatras théologique sur la différenciation et la
complémentarité (biblique) homme-femme, qui laisse enfin comprendre
que ce qui gêne véritablement l’auteur n’est même pas tant le
« mariage homo » que l’homosexualité elle-même, qui ne
serait qu’une négation de cette "complémentarité
Biblique« ....
»Ils renvoient aux fondamentaux de
la société dans laquelle chacun d’entre nous a envie de vivre."
Oui, chacun d’entre nous, et moi
aussi donc. Et je n’ai pas du tout envie de vivre dans une société
tel que LUI la conçoit, et basée sur l’interprétation de la
Genèse. Et je ne suis pas le seul !
Ce qui est fort drole
d’ailleurs, c’est que d’un coté, il affirme (pas à tort, mais
principalement pour questionner l’utilité de cette loi) que cette
loi va concerner trés peu de monde (peu de mariages homos, et encore
moins d’adoption homoparentale - dans la réalité, combien de cas,
même dans les pays où les droits sont acquis ?), et de l’autre, il
ne cesse d’évoquer les chamboulements sociétaux majeurs qui
découleraient forcément de cette loi.... Bref, pas trés cohérent.
"Si vous saviez ce qu’il se passe dans certains milieux homos, je peux
vous assurer que vous mettriez à l’abris les gamins et vite.«
Oui, et d’ailleurs on devrait aussi interdire le mariage hétéro vu »ce qui se passe dans certains milieux hétéros".... (DSK et compagnie, ca ne vous rappelle rien, non... et même certain Président de la République divorcé 2 fois et remarié 3...)
PS : et d’ailleurs, Cassandre4, j’espère que vous l’avez vous-même lu cet article Wikipédia sur le mariage, qui démontre, s’il en était besoin, que les modalités du mariage ont bien changé selon les époques et les lieux.... (ages, conditions, procédures, droits qui en découlent, etc...) et que ce n’est pas cette « institution millénaire et ancrée dans le marbre » que certains voudraient nous dépeindre.