Votre commentaire est l’un des plus refléchi qu’il m’ait été donné de lire depuis l’avenement du débat sur le mariage pour tous.
« Je ne sais pas si c’est intéressant ou dangereux. Moi j’aspire à autre chose. »
Cette refléxion est belle. Je pense comme vous : je ne sais pas. Rares sont ceux qui parlent sans affirmer quelque chose ni vouloir convaincre. La société et la famille traditionnelle ont des défauts certains,patriarchisme, déterminisme social et sexué ... On sait ce que l’on gagne, et on devine ce que l’on perd. Mais le mariage homo n’en est pas la cause du déclin de ces valeurs traditionnelles, mais l’une de ses représentations. (Je suis, sur le mariage homo, incapable d’avoir un avis tranché).
- les français n’ont plus confiance en leurs partis politiques - les personnes les moins éduquées sont aussi les plus méfiantes par rapport à l’autre (journalistes, politiques, les pays tiers, l’UE) - sur certaines questions, que le réseau Voltaire choisit de mettre en avant dans cet article, la séparation traditionnelle entre droite et gauche n’a plus de sens.
Vous en faites votre propre interprétation, mais elle n’est pas forcément partagée par tout le monde ...
Peut-on être patriote et vouloir encore plus d’intégration européenne ? Est-on nécessairement fasciste et corrompu si l’on pense que l’idée européenne est une bonne chose, quels qu’en soient les prix à payer à court terme ? Peut-on être pour une intégration européenne forte et contre l’ingérence dans d’autres pays tiers ? Pour une UE forte et contre la politique transatlantique (OTAN, impérialisme US) ?
A t on le droit de penser que la mondialisation nous a avant tout été favorable tout en la considérant imparfaite et donc réformable ?
A t on le droit d’être du petit peuple et de considérer que ceux qui ont peur de l’UE, peur de la mondialisation sont avant tout ceux qui n’en comprennent pas vraiment les enjeux et mécanismes ? Que ceux qui la pensent responsable de la situation des pays européens n’ont pas compris qu’ils se sont eux même gavés sur son dos ?
Peut-on penser les hommes politiques comme des requins avides d’ambitions personnelles sans pour autant être incompétents ?
J’apprécie d’avoir des opinions et sources d’informations différentes comme le Réseau Voltaire, mais vous tombez dans les mêmes travers que les médias traditionnels, des politiques et de l’individu en général, travers qui plombent nos sociétés : la catégorisation des personnes dans des carcans, la construction de réflexions par l’opposition, et, sur certains domaines, la més-information, volontaire ou incompétente.
Si l’on se revendique comme un cercle de pensée, on ne montre pas un côté des réalités en cachant l’autre. Sinon, on est aussi, et seulement, un lobbyiste médiatique.
Un pessimisme un peu trop prononcé à mon goût mais une description extrêmement juste et pertinente de notre société.
Dès lors que l’on traite d’actualité, de politique et de thématiques sociétales, le système entraine le peuple, les médias, les politiques aux jugements à l’emporte pièce. La tendance est à l’immédiat. Mieux vaut vite au risque d’être précipité. Mieux vaut une opinion tranchée et passionnée au risque de simplisme, qu’une réelle réflexion.
Et, figurez vous, le peuple en redemande, même ici. La tendance est à l’opposition : en politique, dans les médias, entre les individus. Il est bien plus facile de s’identifier par opposition à quelque chose qu’à un destin commun. Le moindre débat cristallise les oppositions, dualise les opinions et annihile la réflexion.
La tendance est aussi à l’indignation sélective, dans les faits, dans le temps. On s’indigne trop souvent de ce qu’on ne comprend pas. Il est plus facile de s’indigner de l’inconnu que de sa propre ignorance. Si je ne comprends pas, c’est donc que c’est mal expliqué. Et donc que quelqu’un, le malin, ait mal expliqué. Volontairement ou non, une tête doit tomber. Au mieux, être clouée, au pilori, de la main médiatique ou de l’autre politique.
La tendance est impitoyable car bouleversante. L’accélération sociétale est brutale. 10000g à encaisser en quelques décennies, le choc est dur et long à absorber. L’avènement du web, de l’immédiateté de l’information, de la manipulation, des changements sociétaux, de la montée en puissance de la finance, de l’industrialisation et de la mécanisation quasi-totale du travail, du culte de la consommation.
Il n’existe pas, à mon sens, d’organisation pouvant supporter tant de mutation sans en subir des conséquences néfastes. Plus encore quant la tendance est à l’uniformisation.
Mais le temps, ou le mur, remettrons de l’ordre dans tout ça.
Moi je trouve que Hollande fait du bon boulot compte tenu des marges de manoeuvres qui sont les siennes.
Aucun homme politique, fut-ce Mélanchon ou LePen, n’aurait pu faire une politique très éloignée de celles que nous propose Hollande et nous proposait Sarkozy.
Non pas que cette politique menée soit la bonne, bien au contraire, ni qu’elle ne devrait être totalement réorientée, mais parceque toute autre politique menée contre ce qui nous fait nous indigner (libéralisation totale des échanges, organismes financiers, injustices sociales) aurait des conséquences à court et moyen terme intenable devant le peuple pour un responsable politique.
Les seules différences à noter entre les différents politiques est la manière dont ils font passez au peuple les mesures prises, et, en cela, je préfère, de loin, Hollande à Sarkozy.
Mais n’oublions pas une chose : aucun homme politique ne se fait élir sans faire de promesses ... qu’il ne pourra de toute manière pas tenir.
Nous attendons beaucoup trop et sommes trop éxigeants avec les hommes politiques et pas assez avec nous même. La voix du changement, c’est nous tous, et pas cet homme politique comme un autre qu’est M. Hollande. Organisons notre quotidien différemment, favorisons les initiatives populaires, les échanges de services, de biens, d’informations. L’homme politique qui donnera envie de voter n’est pas pour demain !
Ces questions de l’élevage des enfants sont tellement révélatrices de l’importance de l’héritage culturel et religieux dans la société.
Mais parler de l’élevage d’un enfant au par un couple homme/femme comme naturel n’a pas de sens. Tout ce que la nature propose est naturel. Certaines espèces animales confient l’élevage de leurs enfants à des groupes de femelles, d’autres de males, d’autres à un individu, d’autres ne les élèvent pas ... et ces modalités d’élevagevarient et évoluent même au sein des espèces !
L’être humain ne déroge pas à la règle, et au sein même de l’espèce, si le modèle majoritaire d’élevage est celui homme/femme (père/mère), il n’est pas universel. Il n’y a donc rien de non naturel à envisager l’élevage sous un autre modèle d’une partie de nos enfants, ni même de considérer à priori, comme vous le faites, que ces modèles soient nécessairement moins bons que le majoritaire.
En fait, la capacité d’un modèle à être efficace dans l’élevage des enfants dépend principalement de l’acceptation et la possibilté sociétale de ce modèle : là joue tout le poids de l’héritage culturel. Le débat actuel est à ce titre extremement révélateur de l’importance accordée à l’héritage culturel dans notre pays.
L’amour, comme vous le dites, n’est pas non plus nécessairement gage d’élevage efficace des enfants. Certes, dans notre société, cela revêt une importance capitale tant l’amour porté à l’enfant correspond assez bien à l’attention qui lui est portée dans son éducation. Mais on peut très bien s’imaginer des systèmes d’éducation autres, basés sur des centres collectifs d’élevage, ou la rigueur, l’autorité, l’effort, la curiosité et le travail seraient enséignés aux enfants. J’avoue que cette perspective n’est pas réjouissante, mais rien ne dit que, dans ce système, les enfants soient moins bien élevés que dans le notre ...
Tout cela pour conclure sur le fait que l’évolution des modalités parentales d’élevage des enfants - et l’efficacité dont on se doit, comme vous, d’exiger - est surtout fonction de l’ouverture d’une société au modèle dominant aux modèles minoritaires. En somme, de la liberté d’une société.