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W.Best

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Je ne sais pas où l'on va mais on y va. 
 

Tableau de bord

  • Premier article le 18/12/2008
  • Modérateur depuis le 27/08/2009
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Ses articles classés par : ordre chronologique








Derniers commentaires



  • W.Best fonzibrain 11 juin 2008 12:53

    NE jamais abandonner

     

     

    l’injustice ne paye pas,même si on peut croire et voir le contraire

     

    tu nous a deja INFORME ET CEST LE PLUS IMPRTANT

     

    MERCI DENIS



  • W.Best fonzibrain 11 juin 2008 11:58

    Peu importe. Philippe Karsenty, directeur de société et candidat malheureux dans la 6e circonscription des Hauts-de-Seine, condamné à un an d’inéligibilité pour défaut de présentation de ses comptes de campagne, apporte en France un exemplaire du film de La Ména et en fait une copie à l’insu de celle-ci, l’exploitant à son profit. Karsenty connaît le sujet : depuis le début de l’affaire, il participe à toutes les manifestations, à toutes les pétitions, à toutes les émissions. C’est un militant convaincu doublé d’un lobbyiste infatigable. Au printemps 2004, il crée une agence de notation des médias, Media-Ratings, et un site Internet, m-r.fr. Véhément, il se positionne désormais en chef de file de la contestation.

    Fort du soutien de l’écrivaine américaine Nidra Poller, il tente - non sans succès - d’attirer l’attention de médias néoconservateurs américains. Peut-être espère-t-il aussi lever des fonds aux États-Unis, comme réussit à le faire un universitaire dont il est proche, Richard Landes. Ce spécialiste des peurs millénaristes a saisi le filon et exploite à son tour le film de La Ména, contre la volonté de Shahaf, qui le menace de poursuites...

    Le boycott de Charles Enderlin prend de l’ampleur. On accuse même le correspondant de France 2 d’avoir provoqué l’Intifada, voire d’être à l’origine indirecte des attentats du 11 Septembre ! Les sites de dénonciation se multiplient : acmedias.org de Patrick Van Straaten ; Desinfo.com et debriefing.org de Charles Gouz ; Laverite- maintenant.org, animé par le correspondant de La Ména à Paris, Serge Farnel... En 2004, Juffa charge un journaliste du Monde à la retraite, également correspondant de La Ména à Paris, Luc Rosenzweig, d’approcher deux journalistes de renom : Denis Jeambar, directeur de L’Express, et Daniel Leconte, producteur et réalisateur de l’émission « Doc en stock » sur Arte. L’affaire fait long feu : se rendant bientôt compte qu’ils sont piégés et manipulés, Jeambar et Leconte font marche arrière. Ils publient un article en demi-teinte dans Le Figaro du 25janvier 2005, qui ne les exonèrera en rien des dépêches insultantes de La Ména.



  • W.Best fonzibrain 11 juin 2008 11:51

    Enfin, « Richard Landes, journaliste, professeur à l’université de Boston »(…), « après avoir étudié les rushes de Reuters et le reportage de Charles Enderlin avec lequel il s’est entretenu » conclut à la probabilité de la mise en scène de la mort de l’enfant (à plus de 95 pour cent).

    La juge reprend alors les conclusions du premier jugement, et expose ses raisons de l’infirmer.

    Rappelons encore une fois ici, qu’il est possible d’être acquitté au bénéfice de la bonne foi, même en ayant fait une erreur, on peut « se tromper de bonne foi » à condition de prouver sa sincérité. (l’auteur disposait d’éléments suffisants pour croire à la vérité des faits relatés).

    Mais l’erreur de bonne foi n’est pas le motif invoqué par la juge. Sans pour autant la valider, la cour ne considère pas que la thèse de Philippe Karsenty soit erronée : au vu des rushes, les arguments et preuves présentés apparaissent désormais assez solides et pertinents pour qu’on ait le droit de la prendre en compte sans être traîné et condamné en justice.

    En effet les rushes, demandés en appel comme complément d’information, qui, avait-il été affirmé pendant 7 ans, devaient présenter les critères d’authenticité absents du reportage diffusé, ne permettent pas d’infirmer les éléments du dossier, suffisamment étayé pour qu’un doute sérieux soit légitime. Enfin les attestations produites par le cameraman, ne peuvent pas être tenues pour parfaitement crédibles.

    Le Monde introduit ainsi son article intitulé : « Charles Enderlin a perdu son procès » : « Un permis de douter a été décerné, mercredi 21 mai, par la cour d’appel de Paris, dans l’affaire qui oppose, depuis sept ans, France 2 et Charles Enderlin au directeur d’une agence de notation des médias, Philippe Karsenty, à propos des images de la mort de, Mohammed Al Dura, 12 ans, dans les bras de son père à Gaza. »

    « (…) si aucun des arguments du prévenu ni les conclusions de l’enquête menée à l’initiative personnelle du général Samya (…) ni l’imprudente affirmation de Charles Enderlin déjà relevée, (concernant l’agonie de l’enfant) n’a paru aux premiers juges à lui seul suffisamment déterminant en regard du reportage contesté, il apparaît que l’examen, en cause d’appel, des 18 minutes de rushes de Talul Abu Ramah communiquées par France 2 ne permet pas d’écarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure ou ayant versé leurs contributions aux débats, les attestations produites par les soins du cameraman (…) ne pouvant pas, en revanche, au vu de leur présentation comme de leur contenu, être tenues pour parfaitement crédibles. »

    Puis la juge écarte l’argument opposé à Media Ratings, le silence et/ou l’absence de soutien supposée de l’armée israélienne à sa thèse : « aucun principe ne permet de refuser sans examen ni explication tout crédit à un document qui ne bénéficierait pas d’un label officiel ou qui ne recueillerait que peu de crédit de la part des autorités, ».

    Elle relève aussi que « les premières déclarations des autorités israéliennes, notamment celle du Général Eiland, ont été faites au vu des seules images du reportage de France 2, qu’il est par ailleurs notoire, ainsi que l’ont expliqué Denis Jeambar et Daniel Lecomte, que l’armée israélienne ne répond quasiment jamais sur rien, c’est le choix de communication qu’elle a fait. »

    Enfin, analyse est faite de la réponse de Charles Enderlin à Denis Jeambar et à Daniel Lecomte dans le Figaro du 27 janvier 2007.

    « en répondant (…) que l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie, alors que la définition d’un reportage s’entend comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu, Charles Enderlin a reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entraînant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné, ce qui est également l’avis donné par Daniel Dayan, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des médias, dans son attestation »

    Le jugement examine ensuite la prudence, un des critères nécessaires pour retenir la bonne foi.

    « il convient de souligner que les limites de la critique admissible sont d’autant plus grandes que le sujet est d’intérêt public et les accusations étayées sur un faisceau d’éléments d’enquête, et d’autant plus larges à l’égard de ceux qui, par leur fonction ou leur activité, s’exposent au public.
    Que c’est en ce sens qu’il convient d’entendre le propos de Francis Balle, professeur à l’université de Paris 2, spécialiste de l’image et de l’information, qui a déclaré devant le tribunal qu’il ne lui semblait pas que Philippe Karsenty ait franchi la ligne jaune en usant des termes incriminés pour parler d’un sujet d’intérêt public. »

    « Enfin, (…) il résulte d’une lecture plus approfondie de l’article en ligne, (…) que leur auteur explique avec véhémence, mais sans véritable outrance en quoi la chaîne publique a mérité sa critique au regard des critères de notation de son agence.

    « le prévenu rappelle les faits, relate la polémique, indique que la Mena accuse la chaîne française de faux, avant de donner sa propre analyse et ses conclusions, (…) dans ce cadre, il qualifie le premier épisode de pure fiction, ce qui est aussi soutenu par plusieurs des grandes signatures de la presse et de l’information ayant vu les rushes en 2004 ; « il expose ensuite, au sujet de la scène principale, dans laquelle il a observé des incohérences inexplicables et des contradictions dans les explications sur l’agonie de l’enfant donnée par Charles Enderlin, que celui-ci se trompe, ce qui revient à lui imputer une simple erreur, et du même coup, trompe le public, ce qui apparait comme une formulation euphémique ; (…) en concluant par une interrogation sur les raisons de chercher et couvrir cette imposture, Philippe Karsenty aborde le fond du sujet avec une vivacité de l’expression que l’importance de la question débattue doit pourtant autoriser.

    Vient ensuite l’analyse des buts légitimes (informer et non pas nuire).

    Le jugement écarte l’animosité personnelle : les attestations produites par l’accusation sont postérieures à la publication de l’article et du communiqué dont le contenu ne révèle « aucun sentiment personnel hostile à l’égard de Charles Enderlin et de France 2 . »

    Le jugement rappelle enfin l’intérêt général inclus dans la problématique de fond : « le danger d’un pouvoir, en l’occurrence celui de la presse, en l’absence de contrepoids, et le droit du public à une information sérieuse », et conclut que :

    (…) Philippe Karsenty a exercé de bonne foi son droit de libre critique ; que, ce faisant, il n’a pas dépassé les limites de la liberté d’expression reconnue par l’article 10 de la convention européenne des droits de l’homme, laquelle vaut non seulement pour les informations ou idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent.

    Que la décision de première instance sera donc infirmée, Philippe Karsenty renvoyé des fins de la poursuite et les parties civiles déboutées de leurs demandes.

    La copie PDF de l’intégral du jugement est sur wikipedia en notes

    **********************************************************

    9/ ANNEXE :

    LES PERSONNES CITEES DANS LE CORPS DU JUGEMENT

    TEMOIGNAGES EN FAVEUR DE KARSENTY (A LA BARRE OU EN ATTESTATION)

    FRANCIS BALLE : ancien assistant de Raymond Aron , professeur de sciences politiques à l’université de Paris 2, spécialiste de l’image et de l’information, De 1989 à 1993, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel Depuis 2004, membre du Conseil d’administration de la société Radio France. Crée en 1999, le Master professionnel Communication et Multimédia (ex. DESS Communication et Multimédia). Il y dirige l’Institut de Recherches et d’Études sur la Communication (IREC).
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Franci...

    DANIEL DAYAN : directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la sociologie des médias.
    http://cems.ehess.fr/document.php?id=181

    GERARD HUBER : docteur en psychopathologie clinique et psychanalyse (Paris), et psychanalyste. A été membre du comité d’éthique du CNRS (COPE) et vice-président de la commission française "sciences fondamentales et appliquées" à l’Unesco. Spécialiste de bioéthioque, a pris position contre les tests ADN. Auteur de Contre expertise d’une mise en scène.
    www.gerardhuber.fr/

    RICHARD LANDES journaliste, professeur à l’université de Boston. Richard Landes is an American historian and author, specializing in Millennialism. He currently serves as an Associate Professor in the Department of History at Boston University. Landes is the director of the Center for Millennial Studies
    http://en.wikipedia.org/wiki/Richard_Landes

    LUC ROSENZWEIG ; ancien journaliste à Libération, puis rédacteur en chef du Monde. Aujourd’hui écrivain.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Rosenzweig

    ESTHER SHAPIRA ; rédactrice auteur - réalisatrice de la chaîne allemande ARD, (équivalent Fr 2/Fr 3) auteur du documentaire Qui a tué Mohammed Al Dura ?

    http://www.3sat.de/3sat.php?http://...
    en 2002
    http://www.3sat.de/3sat.php?http://...

    EXPERTISE BALISTIQUE : Jean-Claude Schlinger, expert en armes et munitions près de la cour d’appel de Paris, agréé par la cour de cassatio. rapport sur Wikipedia :

    Affaire Al Dura :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Affair...
    / Rapport établi[pdf] par Jean-Claude Schlinger.

    TRAVAUX CITES ET ANALYSES DANS LE DOSSIER DE LA DEFENSE JEAMBAR ; directeur de l’express jusqu’en 2006. Denis Jeambar débute sa carrière dans la presse écrite à l’hebdomadaire Paris-Match en 1970, puis il est recruté, en 1972, par l’équipe fondatrice du Point. Actuellement directeur des éditions du seuil.

    DANIEL LECONTE : Lauréat du prix Albert Londres, il dirige Doc en stock et Films en stock, sociétés de production de films documentaires et de fictions pour la télévision et le grand écran. Il anime le plateau de De quoi je me mêle, c’est-à-dire le débat suivant les documentaires des Thema d’Arte, http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Leconte

    METULA NEWS AGENCY DITE MENA : agence de presse franco israélienne controversée basée à Metula, à la frontière du Liban. Force est de constater que chaque fois que ses informations ont pu être vérifiées, elles se sont révélées exactes, ce qui ne prouve pas que ce qui n’a pas pu l’être, le soit. Défend et enquête sur la thèse de Nahum Shahaf. Le site semble « politiquement éclectique », mais soutient les accords de Genève fr.wikipedia.org/wiki/Metula_News_Agency

    NAHUM SHAHAF : physicien, " spécialiste du guidage des missiles pour l’armée israélienne "d’après Jeune Afrique. " En tout état de cause, d’après Adi Schwartz dans le Haaretz du 4 11 07 : "(..) La nomination de Shahaf, qui n’avait aucune fonction militaire ni policière officielle, à cette époque suscite la critique du fait des doutes qu’il avait émis, dans le passé, sur l’identité de l’assassin du Premier ministre, Yitzhaq Rabin (...)" (selon d’autres sources, il aurait étudié l’implication possible de complices et non mis en doute l’identité de l’assassin).

    [email protected]

     

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article67305

     

     

     

     

    voila on ne peut faire mieux

    je tiens à remercier michel rollin pour ce travailde synthese extremement riche



  • W.Best fonzibrain 11 juin 2008 11:48

    Pour bénéficier de l’exonération de vérité ou de bonne foi, le prévenu doit de surcroit prouver que sa démarche est légitime, motivée par le devoir d’information : s’il découle automatiquement de la fonction de journaliste de la grande presse, un site indépendant peut avoir plus de mal à le faire reconnaître.

    Media- Ratings, dont Philippe Karsenty est directeur de la publication, se présente comme « une « instance indépendante évaluant la fiabilité des informations diffusées par les médias ». Tout pouvoir ayant par essence tendance à devenir abusif s’il n’est pas limité par un contre pouvoir, Media Ratings postule que « face à l’influence grandissante que les médias prennent dans les sociétés modernes il est nécessaire de disposer d’un outil fiable d’évaluation ». Il élabore ainsi une méthode d’analyse selon 7 critères : Précision, Homogénéité, Indépendance, Liberté, Transparence, Responsabilité Exhaustivité. (qui se déclinent en sous-critères.)

    Invoquer le droit à l’information peut inciter le juge à plus de rigueur envers un site indépendant (qu’il n’en aurait montré pour un site amateur) et se révéler périlleux, s’il est poursuivi par une chaîne nationale qui dispose d’énormes moyens pour attaquer. Enfin, les grands médias peuvent-ils être tentés d’utiliser la diffamation pour échapper à toute critique, tout en considérant que les exonérations de diffamation doivent être réservées à leur usage exclusif.

    La cour d’appel a tranché : « (…) il est incontestablement légitime pour une agence de notation des médias d’enquêter, serait-ce en raison de l’impact qu’on eu les images critiquées dans le monde entier, sur les conditions dans lesquelles le reportage en cause a été tourné et diffusé, et de porter les résultats de l’enquête à la connaissance du public ainsi que de les soumettre à la critique des professionnels.

    (…) alors que Philippe Karsenty aborde des sujets d’intérêt général, telles les méthodes de travail des médias et, précisément de la chaîne publique, la force des images et la pertinence des commentaires sur le vif, partant, du droit du public à une information sérieuse, ce qui donne toute sa légitimité à la publication de ses recherches, Charles Enderlin peut d’autant moins se soustraire à la critique qu’elle le vise en tant que professionnel de l’information, correspondant en Israël et dans les territoires palestiniens pour les journaux télévisés de France 2 diffusés aux heures de grande audience, et qu’à ce titre il s’expose inévitablement et consciemment à un contrôle des plus attentifs de ses faits et gestes de la part de ses concitoyens comme de ses confrères… »

    Sans trancher sur le fond (l’authenticité ou non des faits) ce qu’elle n’a d’ailleurs pas à faire, compte tenu de la spécificité de l’affaire, la cour rejette l’exception de vérité, laquelle doit être « parfaite, complète et corrélative aux imputations diffamatoires dans leur matérialité et toute leur portée » car, « en faisant valoir que ses offres de preuve établiraient un montage douteux, largement contesté à la date de la diffusion des propos incriminés, le prévenu ne peut prétendre démontrer le fait d’avoir sciemment diffusé un faux reportage (…) ».

    En somme, la pertinence ou non de la démonstration n’est pas le motif du rejet de l’exception de vérité : prouver qu’un reportage est douteux, ou même mis en scène, ne prouve pas pour autant que le journaliste (absent du terrain) qui a commenté les images, ait été au courant. Cela ne prouve pas d’avantage que le diffuseur, France 2, s’en soit rendu compte. Faire une erreur, n’équivaut pas à diffuser consciemment et volontairement un faux, « tant il est vrai que la première imputation (accuser le reportage d’être douteux) ne constitue au mieux qu’un diminutif de l’imputation poursuivie : accuser Enderlin et la chaîne d’avoir sciemment diffusé un faux. Les expressions employées par Media Ratings, « effectivement diffusé un faux » « se sont livrés à cette supercherie », « imposture médiatique », peuvent s’entendre e se résumer par le terme sciemment.

    Reste donc l’exception de bonne foi.

    Le jugement rappelle que, pour la bonne foi « Il convient d’apprécier la validité de l’enquête du prévenu en fonction, non pas de sa vertu démonstratrice de la vérité des imputations diffamatoires, mais de la valeur et de la variété des sources utilisées, ainsi que de la pertinence de leur contenu. »

    (…) « l’enquête de Philippe Karsenty fait ressortir deux grands types de critiques à l’encontre du reportage, soit que Charles Enderlin ait présenté à tort les tirs mortels comme délibérés en provenance des positions israéliennes, soit que les images de la mort du jeune Mohammed Al –Dura, fictives, ne correspondent pas à la réalité commentée par le journaliste. »

    Philippe Karsenty « s’appuie essentiellement sur l’incohérence inexplicable, des images visibles, selon lui, même dans la scène principale, sur l’absence de caractère probatoire des photos des blessures de Jamal Al dura présentées par France 2, enfin sur les réponses contradictoires de Charles Enderlin aux interrogations relatives aux coupures existant dans son montage, comme de celles de son cameraman au sujet de l’enchaînement des scènes filmées et des conditions de tournage. » (…)

    « Charles Enderlin n’a pas été témoin des faits qu’il a commentées », (…) « selon un procédé nullement contraire à la déontologie des journalistes, dès lors qu’il est compris des spectateurs » mais, note la juge, « les indications données (…) ne permettait pas nécessairement d’en déduire que le commentateur n’était pas sur les lieux » et « ce fait avait conduit Philippe Karsenty à s’interroger sur la concordance entre les images choisies par le cameraman palestinien(c’est moi qui décide de ce qui est important) l’entend- on dire dans une des interviews, et le commentaire de ces images par Charles Enderlin. »

    Le film d’Esther Shapira réalisé pour la chaîne allemande ARD en Mars 2002, (l’équivalent de nos Fr 2ou Fr 3) en mars 2002, et le film Al Dura, réalisé en novembre suivant par la Mena à partir des déclarations du physicien « Nahum Shahaf, désigné pour diriger une commission d’enquête initiée par le commandant de la zone sud », ne parviennent pas aux mêmes conclusion : le premier conforte la thèse de la mort de l’enfant sous une balle perdue palestinienne, le second conclut à une mise en scène, mais « il n’importe pas que ces thèses soient inconciliables, dès lors que les deux documents ont conduit le prévenu, par étapes successives, à interroger le reportage de France 2 quant à la réalité des faits rapportés par des professionnels de l’information. »

    « La thèse dite de la Mena, sujet de l’ouvrage de Gérard Huber « Contre expertise d’une mise en scène » paru en janvier 2003 (mise en scène) qui infère, du fait qu’on voit de jeunes Palestiniens mettant à profit la présence de caméras pour jouer des scènes de guerre et de blessures, le caractère fictif de la mort du jeune Mohammed AL DURA, reprise par Philippe Karsenty, s’appuie sur les réticences persistantes de France 2 à laisser visionner les rushes de son cameraman, sur l’imprudente affirmation, par Charles Enderlin, qu’il aurait coupé au montage l’agonie de l’enfant et sur les déclarations faites par plusieurs journalistes ayant visionné les rushes.

    Vient alors l’analyse du témoignage de Luc Rosenzweig, ancien rédacteur en chef du monde, et de l’article, versé au dossier, de Denis Jeambar (directeur de l’express) et Daniel Lecomte, producteur réalisateur de Dock en stock/Arte, lauréat du prix Albert Londres.

    Il sont les seuls journalistes à qui la chaîne France 2 avait accepté de montrer les rushes, qu’ils ont visionnés en présence d’Arlette Chabot et de Didier Epellbaum.

    Le jugement examine d’abord le témoignage de Luc Rosenzweig : « après avoir rencontré en mai 2004des confrères lui ayant fait part de leurs doutes sur le reportage de Charles Enderlin et s’en être ouvert, par la suite, à Denis Jeambar et à Daniel Leconte, il a visionné avec ceux-ci le 22 octobre 2004, les rushes de France 2 et a été surpris de ce que, sur les 27 minutes des rushes de Talal Abu Ramah, plus de 23 minutes de scènes filmées n’avaient rien à voir avec les images diffusées par la chaîne, dont celles de la mort du petit Mohammed, et consistaient dans la présentation de fausses scènes de guerre par de jeunes Palestiniens ; » (…) le témoin a conclu à l’audience de première instance « en déclarant avoir la conviction que la version de la mise en scène(de la mort de l’enfant) a une probabilité plus grande que la version présentée par France deux, tout en reconnaissant qu’en tant que journaliste, les critères ne permettent pas d’aller plus loin. »

    Le témoignage de Luc Rosenweig est « conforté par les opinions, non contraires pour l’essentiel, de Daniel Lecomte et de Denis Jeambar, issues d’un point de vue donné au Figaro du 25 janvier 2005 et (…) et d’une interview diffusée le 1er février 2005 sur l’antenne de RCJ. »

    « Les deux journalistes déclarent sans ambiguité avoir confié à Arlette Chabot leurs doutes sérieux mais être prêts à écarter les accusations de Rosenzweig sur la mise en scène de la mort de l’enfant si le visionnage de l’ensemble des rushes tournés par Talal Abu Rahma confirme ce que Charles Enderlin a déclaré à deux reprises au moins, dont à Télérama : j’ai coupé l’agonie de l’enfant. C’était insupportable… Cela n’aurait rien apporté de plus » puis, au vu des rushes, que cette fameuse agonie qu’Enderlin affirme avoir coupé au montage n’existe pas. »

    Voici l’extrait du texte de l’article :

    Sauf que le visionnage des rushes ne nous apprend rien de plus sur « l’agonie de l’enfant ». Ou plutôt, si ! Cette fameuse « agonie », qu’Enderlin affirme avoir coupée au montage, n’existe pas.

    (…) En revanche, le visionnage permet de relever, avec l’approbation de nos confrères de France 2 présents autour de la table, que, dans les minutes qui précèdent la fusillade, les Palestiniens semblent avoir organisé une mise en scène. Ils « jouent » à la guerre avec les Israéliens et simulent, dans la plupart des cas, des blessures imaginaires. Le visionnage intégral des rushes démontre aussi qu’au moment où Charles Enderlin donne le gamin pour mort, tué par les Israéliens, c’est-à-dire le soir même sur le journal de France 2, rien ne lui permet d’affirmer qu’il [le garçon] est vraiment mort et encore moins qu’il a été tué par des soldats israéliens. Tout, bien au contraire, à commencer par l’emplacement des uns et des autres sur le terrain, incriminerait plutôt une ou des balles palestiniennes.
    Face à cette dernière remarque, nos confrères de France 2 reconnaissent que rien, effectivement, ne permet de dire que l’enfant a été touché par des tirs israéliens (...)"

    Le jugement poursuit : (…) selon eux, les journalistes de France 2 leur ont assuré lors de la séance de présentation des rushes que leurs experts eux même ont démontré (…) que l’enfant a été touché par des éclats, ( ?) ou par des balles qui auraient ricoché sur la chaussée, des balles, qui, en tout état de cause, ne visaient, ni l’enfant, ni le père. (…)

    Mais (…) « tout en notant que leur confrère devrait reconnaître qu’il avait extrapolé à partir des rushes et de la version des événements fournie par son cameraman, et que le commentaire sur « la barbarie israélienne » n’ a rien à voir avec les images qui ont fait le tour du monde, Denis Jeambar et Daniel Lecomte refusent de prendre à leur compte la thèse de la mise en scène de la mort de l’enfan .

    Ils s’appuient, « sur le film de Talal Abu Rahma présenté par France 2 le 18 novembre 2004 pour démontrer que les blessures du père correspondaient exactement aux pansements qu’il avait le lendemain à l’hôpital de Gaza » sans, note la juge au passage, « s’arrêter sur la possibilité d’une contradiction entre les photos qui leur ont été présentées et leurs propres constatations que, dans les rushes, le père porte un T- shirt sur lequel on ne voit aucune trace de sang. »



  • W.Best fonzibrain 11 juin 2008 11:47

    7/ SUR LA NOTION DE DIFFAMATION ET DE BONNE FOI

    "L’allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation" http://fr.wikipedia.org/wiki/Diffamation, aussi blog d’Eolas.

    " En matière de diffamation, l’intention coupable est présumée (L. 19 juillet 1881, art. 35bis), il appartient donc à l’auteur des propos prétendument diffamatoires d’apporter la preuve de sa « bonne foi ». La démonstration de la bonne foi est parfois difficile et exige la réunion de quatre critères : la sincérité : l’auteur disposait d’élément suffisant pour croire à la vérité des faits relatés ;la poursuite d’un but légitime : les propos visent à informer et non à nuire ;la proportionnalité du but poursuivi et du dommage causé ;le souci d’une certaine prudence.

    En outre, si la preuve des faits jugés diffamatoires est rapportée, l’auteur de la diffamation peut être relaxé en vertu du principe « d’exception de vérité » (pouvant être exercé dans un délai de 10 jours). Il conviendra d’apporter la preuve de la vérité des faits mais également celle de la légitimité du propos relatant le fait diffamatoire.

    Cf mon post http://lille.indymedia.org/spip.php... informations et liens à propos de l’affaire Karsenty contre France 2

    D’après le site http://www.e-juristes.org/L-injure-... et
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Diffamation

    **********************************************************

    8/ LE JUGEMENT RENDU LE 21 MAI 2008

    Le jugement rappelle le contexte de la diffusion du reportage par France2 : « Le 30 septembre, au journal de 20 heures de FRANCE 2, (…) annonce « des affrontements et une violence sans précédent ayant fait 15 morts et 500 blessés côté palestinien samedi » en Israël et dans les territoires palestiniens après la visite à Jérusalem d’Ariel Sharon, président du parti d’opposition ; (…) la présentatrice illustre cette information par un reportage d’une durée de 57 secondes, signé de Charles ENDERLIN (…) », puis il décrit le reportage.

    Ensuite, il revient sur les principaux faits de 2000 à 2005 : retour ces événements par France 2 du 1er octobre au 28 novembre 2000, diffusion du film d’Esthe Shapira sur ARD, projection sur grand écran devant France 2 lors de la remise du prix de la désinformation, réalisation du film de la Mena, parution du livre de Gérard Huber Contre expertise d’une mise en scène, conférence de presse de France 2, présentation par Arlette Chabot des rushes aux 3 journalistes Rosenzweig, Jeambar et Leconte, parution de l’article des 2 derniers.

    Puis il cite les passages de l’article et du communiqué poursuivis par les parties civiles, soulignés lorsqu’ils ne visent que Charles ENDERLIN.

    Article du 22 novembre 2004 FRANCE 2, Arlette CHABOT et Charles ENDERLIN doivent être démis de leurs fonctions(extraits)

    « Les critères de Précision, d’Indépendance de Transparence et de Responsabilité de la méthode Philtre ont été violés à de nombreuses reprises par FRANCE2 par la diffusion de la fausse mort de Mohamed AL DURA le 30 septembre 2000. « Précisions préalables(…)
    « Au moins deux membres du gouvernement de M. Jean-Pierre Raffarin et de nombreux journalistes savent que FRANCE 2a présenté un faux reportage le 30 septembre 2000. Il serait bien qu’ils se manifestent afin de faire cesser cette mascarade. (…)
    « Nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à cette supercherie »,
    « Au regard des éléments dont nous disposons, nous affirmons que le correspondant de FRANCE 2 à Jérusalem, Charles ENDERLIN, a effectivement diffusé un faux reportage ce 30 septembre 2000 »,.
    « Voici les incohérences du document de FRANCE 2 :
    « Dès le début du reportage, on s’aperçoit que l’on assiste à une série de scènes jouées(…) Ce premier épisode est une pure fiction (…) Charles ENDERLIN, en l’occurrence, se trompe et du même coup, nous trompe. Pourquoi ?
    Cherche-t-il à couvrir son imposture ?

    Et

    Communiqué de presse électronique diffusé le 26 novembre 2004 sur sa liste, dont France 2, par Media-Ratings.

    « Au regard des éléments dont nous disposons, nous affirmons que le correspondant de FRANCE 2 à Jérusalem, Charles ENDERLIN, a effectivement diffusé un faux reportage ce 30 septembre 2000 (…)
    « Nous vous invitons à découvrir les incohérences du document de France 2 sur Media-Ratings, ainsi que les réactions de certains médias à cette imposture.
    « Arlette Chabot a menacé de porter plainte contre toute personne qui accuserait France 2 d’avoir diffusé un faux ce 30 septembre 2000 (…)
    « Nous espérons que le Conseil supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à cette supercherie(…)
    « Espérons que les médias français informeront rapidement leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs de l’imposture médiatique à laquelle s’est livrée FRANCE 2, depuis plus de quatre ans. (…)
    Précisons qu’il ne s’agit que des extraits litigieux poursuivis par les parties civiles et pas de l’intégralité de l’article, qui est ici amputé de toute sa partie démonstrative. Les coupes provoquent un effet d’accumulation des propos litigieux, et « musclent » le texte. (qui n’en a pas vraiment besoin). Ce qui est d’ailleurs souvent le cas dans les affaires de diffamation.
    Le texte intégral est sur
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Affair...
    Liens vers des centaines d’articles traitant de l’affaire

    A la question, les propos publiés par Philippe Karsenty sont-ils à caractère diffamatoire, la réponse est évidemment oui.

    « (…) le fait de tromper sciemment le public en diffusant et/ou en faisant diffuser un faux reportage comportant des images qui ne reflètent pas la réalité en représentant une « fausse mort », même si l’auteur a pris le soin d’accompagner son accusation d’un certain nombre d’explications, porte incontestablement atteinte à l’honneur et à la réputation de professionnels de l’information, et ce d’autant plus que le fait diffamatoire est appuyé par l’emploi de termes tels que « mascarade », « imposture », « supercherie, » pour qualifier l’attitude de FRANCE 2 (…) »

    Le délit de diffamation est une véritable épée de Damoclès pour les sites indépendants.

    Diffamer, on ne le rappellera jamais assez, ne signifie pas calomnier, mais porter atteinte à l’honneur et à la réputation d’une personne et/ou d’une institution. Une diffamation peut être vraie. En bonne logique, le délit de diffamation devrait rendre impossible toute espèce de publication autre qu’apologétique.

    Aussi peut-on bénéficier d’exceptions en prouvant la vérité et/ou sa bonne foi. Si la diffamation est reconnue, la cour examine s’il convient « d’exonérer » (acquitter) le prévenu pour ces motifs.

    « Les éléments de preuve doivent avoir une origine licite, transparente et devaient être en la possession de l’auteur de la diffamation au moment de l’infraction. »
    http://www.e-juristes.org/L-injure-... :

    L’accès aux éléments de preuve (les rushes) n’étant pas public en France, le cas de Philippe Karsenty avait tout du cercle vicieux juridique, que le juge a rompu en exigeant le visionnage public des rushes, réclamés en vain par le procureur du premier procès.

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