Bonjour, et navré que votre article n’ait pas encore débouché sur une réflexion de fond, méritée dans ce cas
En fait, supprimer la TVA inter-entreprises ressemble à une bonne idée et vos arguments, qui sont ceux avancés par le syndicat patronal le C.E.R.F dirigé par Hervé Lambel, méritent d’être examinés avec soin.
Pour être franc, le chiffre de création d’emplois me paraît fantaisiste, ça ressemble presque à un argument de vente. Certains des gains que vous listez me semblent surestimés.
Certains aspects négatifs de la situation actuelle snt aussi surestimés. De nombreuses PME/PMI sont au régime des encaissements, et dans ce cas la tva représente pour eux une avance de trésorerie qui leur rend service. Dans ce cas, le fait générateur, c’est la date d’encaissement. Les situations de trésorerie tendues que vous décrivez sont celles que connaissent les entreprises qui sont à la tva sur les débits : en pratique, dès que la facture est émise, la tva est considérée comme dûe à l’Etat ; dès lors ce que vous écrivez est juste.
Malgré ces précisions, le dispositif me semble intéressant et les gains de temps, pour l’Etat et pour les entreprises, semblent très réels et positifs. MAIS.
Chaque facture deviendra différente selon que l’on facture à un particulier ou à une entreprise. Que croyez-vous qu’il arrivera, lors des contrôles fiscaux, lorsque les inspecteurs devront décider sur chaque facture si oui ou non le vendeur avait affaire à une vraie entreprise ?
A mon avis, ce qui se passera, c’est que l’entreprise vendeuse sera « redressée », même lorsque son client aura prétendu à tort qu’il ne fallait pas facturer la tva.
Je vous laisse imaginer le redressement que ça peut faire, si le fisc considère que lui revient de droit 19,6% du chiffre d’affaire sur certaines factures... c’est plus que le taux de marge bénéficiaire de la plupart des entreprises !
Vous confondez deux notions différentes : - accroitre la productivité (baisser les coûts pour chaque unité produite) - accroître la capacité de producton (augmenter le nombre de biens ou services que vous pouvez produire)
Parfois un investissement pourra permettre de réaliser les deux ; mais pas obligatoirement.
Les théories de l’auteur pourraient être défendables si le transport et l’énergie étaient gratuits et disponibles à l’infini.
Bien sûr, grâce au traficotage des monnaies et des prix, et grâce au post-colonialisme tel que le pratiquent total et areva pour ne citer qu’eux, les prix énergétiques semblent négligeables. Imagine-t’on que le nucléaire français serait rentable s’il fallait l’extraire, non du Niger mais du Luxembourg ? Eh bien il n’aurait juste pas le même prix. Le pétrole, le gaz, le charbon subissent aussi ce genre de distorsions de prix. Enfin, une partie du prix de l’énergie est payée par la planche à billets et on le retrouve en occident sous forme de dette et de menace d’hyperinflation.
Ce traficotage des prix de l’énergie, héritage colonial, est paradoxalement ce qui a permis au mondialisme d’exister. Sa clé de voûte.
Maintenant, c’est la quantité de ressources disponibles qui commence à poser problème. Le modèle « mondialiste » de l’auteur se révèle de jour en jour mort et déjà putréfié, bien plus en tout cas que le protectionnisme.
Mais bon sang ! Une fois que tout le monde aura appliqué vos belles recettes et supprimé complètement les salaires puisqu’ils ne sont qu’un nuisible coût, l’impôt qui n’est qu’un nuisible coût, et les charges sociales et patronales qui ne sont qu’un nuisible coût, et qu’on aura fait tout cela à l’échelle mondiale...
Il n’existe aucune relation automatique entre la suppression de postes de fonctionnaires (suppression qui entraîne de facto une baisse du revenu disponible dans le pays) et une montée des investissements des entreprises ni de leurs profits. Encore moins de liens avec une éventuelle redistribution de ces profits parmi la population.
Pour le coup, c’est Stiglitz qui critique le FMI et la banque mondiale (La Grande Désillusion), pour avoir créé un dogme là où il aurait fallu faire du cas par cas avec une extrême prudence, si le but avait été le bien-être des populations concernées.