Votre démonstration a ceci d’intéressant que si vous changez ’FN’ par ’UMP’, votre raisonnement pourrait être exactement le même.
Quoi de commun entre Boutin et Dassault, entre Frédéric Lefebvre et Bruno Lemaire, encore NKM et Ciotti...
Le phénomène que vous décrivez n’est sans doute pas faux ; mais je le vois partagé par de nombreux autres partis. Il n’y a rien là-dedans qui soit vraiment spécifique au FN...
Tout a déjà été dit sur le mode de financment inacceptable de la mesure.
Mais à contre-courant de la plupart des interventions, je vais relever quelques éléments indiscutables qu’avance l’auteur :
- Quand on crée un emploi à l’échelle d’une PME, l’emploi est rarement viable financièrement dès le début : il y a une période de montée en charge du poste, inévitablement. C’est simple à comprendre : regardez vos deux mains et demandez-vous : comment vais-je créer 30000 € de valeur ajoutée cette année avec ces deux mains-là ? Vais-je y arriver dès la première année ?
En période de raréfaction des crédits, nous manquons d’idées pour permettre ces montées en charge. Certaines aides à l’emploi des conseils généraux et régionaux en secteur asso étaient basées sur cette idée (il y en avait une qui couvrait les charges d’un cadre sur 5 ans, de façon dégressive : 80%, puis 60, 40,20...) mais ce type d’aide disparaît alors même que c’était pluôt bien vu.
- C’est vrai que dans une PME, quand on a formé un salarié, créé des habitudes, un mode de fonctionnement, des liens humains, on ne veut pas forcément les voir partir.
Comme le rappelle Hervé Lambel (syndicat orienté TPE le C.E.R.F.), la rémunération moyenne des chefs d’entreprises est de 1800€/mois : ce n’est pas avec une marge de manoeuvre aussi petite qu’on développe de l’emploi ! On ne créera donc pas d’emploi en TPE/PME sans un investissement conséquent.
Du coup je propose de financer autrement cette mesure : l’ASP doit pouvoir faire un emprunt direct auprès d’une banque centrale, de façon d’une part à ne pas faire peser ce coût sur le Pôle-Emploi, et d’autre part que les banques privées et les spéculateurs ne puissent pas rafler la richesse crée par un tel dispositif (pas d’intérêts usuriers)
Et oui, je sais , les statuts de la BCE ne le permettent pas...
Vous mettez le doigt sur quelque chose de fondateur :
Comment Bernanke ou Draghi, dont le rôle est de lutter contre l’inflation, peuvent-ils se permettre de lâcher des milliards dans la nature sans redouter que les monnaies ne s’effondrent ?
Dans l’équation M*V, qui définit la masse monétaire, ils veulent contrôler V (la vitesse) :si l’argent ne circule pas, il n’y aura pas d’inflation. Cet obsession du contrôle (complètement anti-libérale, d’ailleurs) justifie et rend morales à leurs yeux toutes les manipulations (Libor, Euribor, etc...). Cela explique l’impunité quasi-totale des protagonistes, et l’arnaque qui consiste à dire que la finance n’aurait pas de visage... C’est pratique : pas de visage, pas de procès. Et des relais obéissants qui restent en place pour truquer les marchés dans le sens souhaité par les dirigeants de banques centrales.
Il y a d’ores et déjà deux monnaies Euro, substanciellement différentes. Et je ne parle pas d’un euro du nord vs celui du sud. L’euro-temps-de-travail, rare et cher, composé en gros des pièces, des billets et des comptes courants, s’oppose à l’euro-fonds-spéculatifs. Le deuxième cannibalise le premier ou lieu de l’abonder ; à tel point que c’en est presque devenu une anti-monnaie. La frontière des deux euros est déterminée en grande partie par les crédits que les banques accordent aux entreprises et aux particuliers.
J’aurais dû effectivement utiliser le terme précis « valeur ajoutée » en lieu et place d’« EBE » ; toutefois, quand carrefour décide de virer 600 personnes pour faire des économies, c’est bien l’EBE que l’on cherche à rendre conforme à un objectif.
Par ailleurs ce n’est pas l’EBE qui sert de base au calcul de l’impôt, mais le RCAI (Résultat courant avant impôt). Voici les soldes intermédiaires de gestion pour la clarté du discours.
Bonjour, étant donné que les entreprises répartissent leur EBE entre la rémunération du travail, l’investissement (machines, immobilier, recherche et développement), et la rémunération du capital (dividendes etc...),je propose deux pistes complémentaires pour cet article très intéressant :
-Evolution comparée des investissements R&D et du nombre de brevets déposés pour différents pays-clé sur 20 ans : on va se rendre compte que l’on a préparé tout doucettement une érosion par perte d’initiative sur les innovations, sauf sur le pharmaceutique (un domaine où le nouveau n’est pas forcément synonyme de progrès, car le dépôt de brevet y est aussi une stratégie pour éviter le basculement des médicaments dans le domaine public)
- La rémunération des actionnaires. Eh oui, le capital, ce n’est pas seulement une ressource, c’est aussi un coût ; et à l’heure où on cherche comment faire des économies, il est légitime de se demander comment réduire ce coût-là aussi.
Rappelons qu’en période de bulle spéculative (ex:2000), les actions sont parties à la hausse mais les salaires stagnaient ; et en période de dégonflage de bulle, des stratégies étaient mises en place pour que l’actionnaire dégage quand même ses revenus ! (ex : les couvertures, les ventes à terme, la mobilité des capitaux, les délits d’initiés pour prendre ses bénefs et revendre avant que ça pète...)
Sur ce thème, je propose deux règles simples : Une action d’entreprise, cela ne peut pas et ne doit pas être quelque chose que l’on peut revendre 3 millisecondes plus tard. Seules des parts bloquées sur une durée correspondant à ’amortissement des investissements devrait avoir droit à la qualification de « capital social »
Favoriser au maximum les sociétés coopératives. Ca implique, au passage, de lutter contre les programmes de soi-disant « participation », où le salarié ne participe pas aux décisions de l’entreprise mais reçoit seulement une part de revenu d’acions (afin de lui faire perdre l’envie de lutter contre la rémunération excessive du capital).