J’ai toujours cru que dieu représentait la somme de nos ignorances. En ce sens, la science n’a de cesse de l’amputer petit à petit de son omnipotence, repoussant ainsi les limites des puissances de l’Homme. Malheureusement, chaque découverte ne fait qu’accroître cette ignorance en dévoilant l’étendue de son champ d’application et son interaction avec les autres. Dieu a encore de beaux jours devant lui, dieu est la complexité.
Une petite question : Dieu est-il capable de créer une pierre qu’il ne pourrait pas porter ?
Un bien bel article ma foi. La remarque pertinente de JL me fait penser à un passage du livre d’Ouspensky, fragment d’un enseignement inconnu. Voilà ce qui a pu ressortir d’un entretien entre l’auteur et M. Gurdjieff, à propos de la connaissance :
"[...]
la connaissance [...] est beaucoup plus accessible
qu’on ne le croit généralement à ceux qui sont capables de
l’assimiler ; tout le malheur vient de ce que les gens, ou bien
n’en veulent pas, ou bien ne peuvent pas la recevoir.
« Mais
avant tout, il faut saisir que la connaissance ne peut pas appartenir
à tous, ne peut même pas appartenir au grand nombre. Telle est la
loi. Vous ne le comprenez pas parce que vous ne vous rendez pas
compte que, comme toute chose au monde, la connaissance est
matérielle. Elle est matérielle — cela signifie
qu’elle possède toutes les caractéristiques de la matérialité.
Or, l’un des premiers caractères de la matérialité est d’impliquer
une limitation de la matière, je veux dire que la quantité de
matière, en un lieu donné et dans des conditions données, est
toujours limitée. Même le sable du désert et l’eau de l’océan
sont en quantité invariable, et strictement mesurée. Par
conséquent, dire que la connaissance est matérielle, c’est dire
qu’il y en a une quantité définie en un lieu et dans un temps
donnés. On peut donc affirmer que, dans le cours d’une certaine
période, disons un siècle, l’humanité dispose d’une quantité
définie de connaissance. Mais nous savons par une observation même
élémentaire de la vie, que la matière de la connaissance
possède des qualités entièrement différentes selon qu’elle est
absorbée en petite ou en grande quantité. Prise en grande quantité
en un lieu donné — par un homme, par exemple, ou par un petit
groupe d’hommes — elle produit de très bons résultats ;
prise en petite quantité par chacun des individus composant une très
grande masse d’hommes, elle ne donne pas de résultat du tout, si ce
n’est parfois des résultats négatifs, contraires à ceux que l’on
attendait. Donc, si une quantité définie de connaissance vient à
être distribuée entre des millions d’hommes, chaque individu en
recevra très peu, et cette petite dose de connaissance ne pourra
rien changer ni dans sa vie, ni dans sa compréhension des choses.
Quel que soit le nombre de ceux qui absorbent cette petite dose,
l’effet sur leur vie sera nul, à moins qu’elle ne soit rendue plus
difficile encore.
« Mais
si, au contraire, de grandes quantités de connaissance peuvent être
concentrées par un petit nombre, alors cette connaissance donnera de
très grands résultats. De ce point de vue, il est beaucoup plus
avantageux que la connaissance soit préservée par un petit nombre
et non pas diffusée parmi les masses.
« Si,
pour dorer des objets, nous prenons une certaine quantité d’or, nous
devons connaître le nombre exact d’objets qu’elle permettra de
dorer. Si nous essayons d’en dorer un très grand nombre, ils seront
dorés inégalement, par plaques, et paraîtront bien pires que s’ils
n’avaient pas été dorés du tout ; en fait, nous aurons
gaspillé notre or.
« La
répartition de la connaissance se base sur un principe
rigoureusement analogue. Si la connaissance devait être donnée à
tout le monde, personne ne recevrait rien. Si elle est réservée à
un petit nombre, chacun en recevra assez non seulement pour garder ce
qu’il reçoit, mais pour l’accroître. "
Il m’apparaît clair aujourd’hui que toutes les inégalités découlent d’une répartition inégale de l’information. L’argent sert à acheter ou conserver cette information, qui, comme tout bien, se transmet par le biais de l’héritage.