Avec tout le respect que je vous dois, la science est au contraire un niveau de conscience supérieur acquis par une curiosité sur la Nature qui est tout à notre honneur par rapport aux animaux.
Je parle évidemment de la science de la curiosité des lois de la nature, comme par exemple l’astrophysicien qui se questionne sur le fonctionnement de l’univers.
Hors dans le mot science, la plupart des gens n’y voient que les applications technologiques barbares du quotidien, du genre de votre transistor qui vous a donné vos home vidéos, vos chaines hi fi, vos balladeurs pour vous couper du monde dans la rue, conçus à partir de lois de physiques qui ont valu des prix Nobels de physique.
Rabelais ne dit pas que la science est sans conscience, mais que la science FAITE sans conscience est ruine de l’homme.
Ce n’est pas du tout pareil.
Une machine a vapeur n’est pas un simple tas de feraille qui se meut selon des lois mécaniques pour laquelle on l’a formatée.
Elle porte un message tellement plus lourd de conséquence que ce que la plupart des gens imaginent.
De la pierre de silice de l’âge de pierre au silicium des ordinateurs, entre les deux il y a votre machine à vapeur, qui permet la fabrication de machines outils permettant la fabrications d’ordinateurs.
Machines à vapeur autour desquelles toute une industrie, par conséquent toute une sociologie, se sont créés. Au passage industrialisation aussi des campagnes, avec des moissonneuses à vapeur.
Si, votre machine à vapeur est porteuse de bien plus de message que la plupart des gens ne l’imaginent.
Machines fabriquées par des gens comme vous et moi, persuadés du bien fondé de leurs innovations technologiques qui permettront d’envoyer des robots se faire massacrer plutôt que des soldats humains.
J’en connais, quand je leur demande ce que cela leur fait de savoir que les missiles qu’ils fabriquent vont finir par tomber sur des civils et des militaires français, on me répond des choses du genre « oh tu sais avec de bons avantages sociaux comme la crèche pour les gosses on ne pense plus à ces choses là. »
On comprend donc comment la bombe atomique et les camps de concentrations ont pu être conçus, par toute une armée de gens faisant correctement leurs boulots à leurs niveaux, ignorant le but final.
Remarquez que les drones de combats aériens seront tellement faciles à abattre en combat tournoyant par un pilote de chasse un tout petit peu expérimenté.
Drones dont il faudra encore des siècles d’apprentissage et d’innovations pour être capables de se comporter avec doigté humain afin de ne pas envoyer ses missiles sur des civils, afin de savoir détécter une situation psychologiquement complexe, s’y adapter et réagir en conséquence et ne pas faire de conneries qui meneront à une agravation du conflit.
Et quand ces drones seront au service d’intentions du genre fabrication d’armes massives, de politiques d’erradications, que feront ils ? A moins que les concepteurs aient déjà imaginé ne pas les doter du moindre niveau de conscience, tellement plus faciles à manipuler. Comme le bon humain faisant son travail quotidien sans se demander à quoi cela sert il.
Les consommateurs apprécient beaucoup les nouvelles technologies numériques, les salariés se posent des questions sur l’évolution du travail, leur mode de vie... "
Oui mais qu’en font ils et comment les utilisent ils ?
Quand vous vous appercevez que la plupart des agent administratifs en sont encore à croire qu’ils feront de meilleurs documents parce qu’ils auront le dernier monstre quad core à la mode, alors qu’ils ont déjà du mal à se servir correctement d’Excel sur un antique Pentium II sous Windows 98...
Combien en sont à réclamer un logiciel fabriqué maison en Delphi par le service info de la boite ou de l’administration, mais tellement mal foutu que quasi inutilisable, plutôt que d’apprendre à se servir d’Excel et vont jusqu’à ignorer qu’ils peuvent eux mêmes rapidement concevoir les logiciels dont ils ont besoin avec le Visual Basic d’Excel ?
Quand aujourd’hui encore les agents que je forme en sont encore à me parler de leurs inquiétudes du genre « c’est pour mieux nous fliquer, c’est pour virer du personnel... ».
Et les cadres de se pavaner avec leurs portables mieux que celui du chef et de ramener leurs sciences avec des termes technos à la mode bidons s’imaginant impressionner le sous fifre, sortant sans broncher des énormités du genre « je travaille en mode sans echecs c’est plus rapide... », alors qu’en fait ils en sont strictement au même stade d’apprentissage du logiciel que leurs agents de leurs services...
Ils apprécients leurs gadgets qui leurs permettent de regarder des vidéos, écouter leur musique, mettre la photo en 32 millions de couleurs des gosses en fond d’écran, mais dès qu’il s’agit de ne plus se servir passivement du pc mais d’en prendre le contrôle et de concevoir soit même ses documents et applications, on se heurte à un mur chez 99% des agents.
Faire un pps comique avec un ramassi de photos douteuses trouvées sur le net et le faire circuler dans la boite par email, là ça marche, ils adorent, ils savent tous faire.
Mais leur parler d’Excel et VBA pour programmer ce dont ils ont besoin pour travailler, ça les gave.
Malgré qu’ils travaillent avec Windows, la plupart sont incapables de mettre leurs documents en multi fenêtres et travaillent encore en document plein écran, exactement comme s’ils travaillaient encore avec des documents papiers.
Quand ils passent devant mon bureau et qu’ils voient 4 applis différentes sur mon écran, tous épatés quand je leur parle du alt+tab.
Quant à faire un glisser déposer d’une fenetre à l’autre sans passer par copier sur un papier les données, c’est encore exceptionnel de le voir faire.
Résultat, l’informatique était censée rendre plus pratique et plus productif tout en rendant quasi inutile les documents papiers, mais comme la plupart des gens n’ont strictement rien compris à l’utilisation de leurs pc, c’est l’inverse qui se produit.
Et on les entend le midi ou à la pause café, s’étendre en poncifs niais sur l’Intelligence Artificielle, ignorant jusqu’à l’existence des algoritmes génétiques.
« Je crois que dans une cinquantaine d’années, il sera possible de programmer des ordinateurs de telle sorte qu’ils joueront si bien au jeu de l’imitation qu’un interrogateur moyen n’aura pas 70 chances sur 100 de faire la bonne identification après cinq minutes de questionnement.
Je crois qu’à la fin du siècle, l’usage des mots et l’opinion générale des personnes éduquées aura changé si complètement que l’on sera capable de parler de machines qui pensent sans s’attentre à être contredit. »
Alan Turing, 1950.
Pour la première phrase on y est (des agents administratifs ont été remplacés par des systèmes experts, et les collègues ne se sont apperçus de rien pendant des mois), mais pour la deuxième, en 2007 on en est encore si loin.
N’empèche qu’en 1980 quand Ibm vient offrir la poule aux oeufs d’or du Pc.Dos à Gates, j’aurai été informaticien à l’époque je me serai jeté dessus.
Kildall qui se barre et laisse sa secrétaire se débrouiller avec le gars d’Ibm, qui, dégouté, retourne voir Gates pour signer le contrat du siècle, mais quel nul !
J’aurai peut être des millions en stock options aujourd’hui.