La parole des prostituées libres est portée par Morgane Merteuil, secrétaire générale du Syndicat des Travailleurs Sexuels (Strass). On peut l’écouter en maints endroits : Canal +, La chaîne parlementaire, i télé, France 5,...
Et dont on peut lire une interview d’elle sur Le Monde
Face à la fraction des féministes (OLF) qui s’est rangée sous la bannière de l’ordre moral, Mme Merteuil enrichit même le débat, en subvertissant, puisqu’elle déclare : « Les progrès du féminisme se verront quand les femmes oseront assumer leur désir en faisant appel à des professionels hommes. »
@ЕкатеринаSelenaOndirignee, votre réponse est-elle un blague ?
Je cite ces émissions pour que vous (et les autres commentateurs) ayez accès à la parole des prostituées libres et ce, par l’intermédiaire des propos de leur représentante. En effet, comme je l’ai indiqué dans mon post, celle-ci est totalement détournée par des personnes qui les infantilisent ou les considèrent comme des malades qu’il faut sauver d’eux-mêmes.
Pour commencer, les statistiques 90% « d’esclaves » contre 10% de personnes « libres » sont fausses, car basées uniquement sur celles et ceux que la police a interpellés. Or, fort heureusement il existe de nombreuses personnes qui travaillent par internet ou d’autres façons et qui ne sont pas répertoriées. Ensuite, sur celles qui se voient contraintes d’un façon ou d’une autre, il y a plusieurs catégories (dont aucune n’est reluisante je reconnais), mais qui correspondent à des degrés divers, qui vont de l’esclavage pur et simple au remboursement d’une dette contractée pour pouvoir migrer en France.
Ensuite, cette façon qu’ont nos parlementaires et les « bonnes âmes » qui les suivent de savoir ce qui est le mieux pour les Travailleurs de Sexe (TDS) est infantilisante et extrêmement désagréable. Rappelons que le même raisonnement était utilisé, il n’y a pas si longtemps que cela, à l’encontre des homosexuels que l’on considérait comme des malades auxquels il fallait venir en aide contre leur gré.
A l’argument « tarte à la crème » « que diriez-vous votre fille décidait de devenir prostituée », je ne répondrais qu’une chose : visionnez ces interventions de Morgane Merteuil, porte parole du Syndicat des TDS (Strass) sur La Chaîne Parlementaire, sur i Télé ou encore sur Canal + ou bien lisez son interview sur Le Monde et vous pourrez, me semble-t-il, ne dire qu’une chose (tout comme moi) : je serais très fier d’avoir une fille comme elle.
Maintenant, si un tel projet passait, nous irions vers des pratiques sexuelles normatives, car on n’imagine même pas ce qu’il adviendrait des nombreux couples dont un des conjoints se verrait obligé d’effectuer un stage de sensibilisation (réinsertion ?), comme il est prévu dans la loi présentée : « Art. 225-20-1. – Les personnes physiques coupables des infractions prévues à la section 2 bis du présent chapitre encourent également l’obligation d’accomplir un stage de sensibilisation aux conditions d’exercice de la prostitution, selon les modalités prévues à l’article 131-35-1. »
Il y aurait encore de multiples arguments à développer qui vont du droit fondamental à disposer librement de son corps, au concept de relations sexuelles entre personnes consentantes en passant par tous les risques qui seront encourus par le fait de faire passer les TDS dans la clandestinité (puisqu’évidemment on ne supprimera pas la prostitution), mais la pétition contre la pénalisation des clients des prostituées, lancée par le STRASS, parle de ce sujet encore mieux que moi...
Pour info, voici l’allocution prononcée, par Mme Chantal Compaoré, première Dame du Burkina Faso, à l’occasion de l’ouverture de la Conférence Internationale sur la Planification Familiale qui s’est tenue à Dakar du 29 novembre au 2 décembre 2011.