« Je suis sur le qui-vive, on est confronté à de la haine pure et dure. »
À 50 ans, le chanteur montpelliérain, star de l’émission de TF1 « The Voice » l’année dernière, se dit « alarmé par la une du journal Minute. Ça doit nous alerter, le racisme est toujours bien présent ». Originaire du Cameroun, Emmanuel Djob s’installe à Toulouse en 1984 pour ses études. En arrivant en France, il est confronté à « un racisme flagrant, de la haine pure et dure. Nous étions dans une période de montée des extrêmes. Certains de mes profs ne tentaient même pas de cacher leur racisme. C’était très violent et plein de colère. Je me suis fait insulter plusieurs fois dans la rue, gratuitement ». Vingt ans plus tard, l’artiste juge le racisme « parfois plus subtil ». Dans certains magasins, il a « la sensation de ne pas être le bienvenu », et même le monde de la musique, dans lequel il évolue, garde quelques « a priori racistes. Certains producteurs exigent que dans un groupe de gospel il n’y ait que des Noirs ! Ça fait partie des clichés racistes dont la société ne s’est pas débarrassée ».
« J’ai voulu acheter une crêpe à ma fille, on m’a répondu : »Des gens comme vous ne devraient pas exister.«
Depuis quinze ans, Nadeva Robinson travaille à Radio Lengadoc (95.4 FM) à Montpellier. Originaire de Guyane, cette femme de 41 ans est régulièrement victime de racisme et »ne s’étonne pas de l’attaque raciste portée à Christiane Taubira. Moi aussi, on me rappelle tous les jours que je suis noire. Dernièrement j’ai amené ma fille manger une crêpe à Palavas. J’ai attendu 45 minutes alors que trois personnes étaient servies avant moi. Finalement, on m’a apporté une crêpe... noire ! Je me suis plaint et la patronne m’a répondu : « Des gens comme vous ne devraient pas exister. » La Montpelliéraine se sent impuissante et préfère ne pas déposer plainte. « Ça n’aboutirait pas, juge-t-elle. On m’a déjà virée d’un hôtel et de plusieurs restaurants parce que je suis noire. J’en souffre, mais ça fait partie de ma vie. Pour moi, la solution est dans l’éducation de nos enfants. Les manuels scolaires devraient parler du racisme. »
La France figure dans le top 10 des pays les plus racistes du monde, et il s’agit du pays européen le moins tolérant et le seul à atteindre un taux de plus de 20%… Honte au pays des droits de l’Homme !
À Bischwiller (Bas-Rhin), « Ich bin Charlie » a été tagué sur la mosquée.
A Nantes, une enveloppe contenant de la poudre blanche a été découverte dans la boite aux lettres d’une mosquée, ce qui a entrainé l’hospitalisation préventive de trois personnes. Finalement, il semble que le produit contenu dans la lettre n’était pas dangereux.
A Digne-les-Bains, un homme a tiré plusieurs coups au fusil de chasse contre un lieu de culte musulman dans la nuit de vendredi à samedi.
A Péronne, dans la Somme, une croix gammée a été découverte jeudi soir sur le monument aux morts destiné aux combattants d’Afrique du Nord.
A Mérignac (périphérie bordelaise), des voitures sont passées en trombe près de la mosquée en criant des menaces et des insultes islamophobes dans la nuit de jeudi à vendredi.
En Corse-du-Sud, France 3 parle de trois actes simultanés, dans la nuit de vendredi à samedi. D’abord à Ghisonnaccia, où une balle de 22 Long Rifle a été découverte devant la boucherie halal et une carcasse de sanglier devant la salle de prière. Et aussi à Baleone (commune de Sarrola-Carcopino, près d’Ajaccio) où la mosquée (« l’un[e] des plus grand[e]s de Corse et siège du Conseil régional du culte musulman ») a été visé par des tags à caractère raciste (« Arabi fora » soit « Arabes dehors ») et des croix gammées. Il faut savoir que les errements de certaines franges du mouvement nationaliste corse ont conduit à supplanter peu à peu sur les routes de l’île de beauté les inscriptions hostiles aux institutions françaises (« IFF ») avec ce type d’inscriptions racistes.
L’article relate aussi une distribution de tracts islamophobes à Bastia (Haute-Corse), « faisant état de ’légitime défiance’ [...] sur les pare-brises de voitures stationnées au centre-ville. »
On avait du mal à trouver de l’info sur le rassemblement des fachos de « Riposte Laïque » jeudi soir à Bourse. La nouvelle émission « Comme un bruit qui court » lui consacre un petit reportage, à partir de la 24e minute (l’émission dans son intégralité est intéressante).
Rebondissement dans l’affaire d’Aix-les-Bains (Savoie). L’incendie de la mosquée a évidemment beaucoup inquiété. Une version officielle qui privilégiait la piste accidentelle a vite été donnée pour désamorcer l’affaire. Ça nous paraissait un peu étrange quand même. Malheureusement, notre scepticisme n’était pas sans fondements puisque la nouvelle version parle d’une forte probabilité d’une incendie criminel.
Un lycéen de 17 ans, d’origine maghrébine, a déposé plainte ce jeudi après-midi au commissariat de Bourgoin-Jallieu (Isère) pour violences aggravées. L’agression s’est déroulée en marge de la minute de recueillement observée ce matin au lycée de l’Oiselet à Bourgoin-Jallieu, lors de l’hommage aux victimes de Charlie Hebdo.
Ce jeudi soir (8 janvier), les Identitaires s’étaient donné rendez-vous à 20h place des Jacobins dans le 2e arrondissement de Lyon pour réagir à leur manière à l’attentat à Charlie Hebdo. Près de 250 personnes ont fustigé « l’islamisation de la France et de l’Europe » à l’aide de banderoles et de slogans, demandant la « démission de François Hollande et le retour de Charles Martel ». Source : MLyon.
Un obscur rassemblement des « hooligans anti-salafistes » était aussi appelé à Paris jeudi soir. Pas plus d’infos trouvées sur ce rassemblement mais ça montre bien les deux dynamiques des groupes fascistes français : d’un côté agressions, tags, attentats pour maintenir la tension ; de l’autre, organisation de rassemblements et de manifestations contre l’Islam (contre les musulmanEs et assignéEs musulmanEs en réalité) en se prétendant être des anges qui défendent la liberté. Les stratégies fascistes, qu’elles viennent des fascistes religieux musulmans ou des groupes d’obédiences chrétiennes, païennes ou laïques français (nettement plus installés en France, on le rappelle), sont les mêmes : coups d’éclats pour cliver la population et avancer vers de larges affrontements raciaux et communautaires (ce que la rhétorique médiatique de « la guerre (civile) qui est déclarée » ne fait qu’encourager).
Vandalisme raciste à la mosquée de Bayonne. À la bombe de peinture jaune, ils ont tracé le mot « charliberté » sur le portail qui ferme le site de la mosquée. Sur une poubelle et un mur voisin, d’autres écrits, racistes : « assassins » et « sales arabes ».
Une tête de porc et des viscères ont été découverts, accrochés à la porte d’une salle de prière musulmane, vendredi matin à Corte (Haute-Corse).
À Liévin (Pas-de-Calais) une tête de porc a été déposée et des croix gammées taguées sur les murs d’une mosquée en chantier.
Le Nord-Pas-de-Calais a aussi vu la même nuit le chantier de la mosquée de Béthune tagué d’une tête de cochon et de l’inscription « dehors les arabes ».
Un tabac et une mosquée ont été la cible de tirs de fusil à Vendômedans le Loir-et-Cher.
Des croix gammées et des tags racistes ont été inscrits sur la mosquée de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Marne).
À Macôn, un tag sur une artère routière : « Islam on va vous niquer - Charlie » et un autre de « soutien à Charlie Hebdo ».
À Rennes, une inscription en breton « Er Maez Arabed » que 20 Minutestraduit par « Arabe dégage ».
À Saint-Juéry (près d’Albi, dans le Tarn), au moins quatre tirs d’arme à feu sur la salle de prière musulmane.