La conscience commune à tout le vivant consiste, pour lui, à trouver la bonne particule pour fonctionner. Pour fabriquer son énergie artificielle (donc) qui lui permette de se mouvoir, en générant du bruit, mais surtout du temps.
En tant qu’anesthésiste, c’est vous qui modifiez cette conscience en utilisant une autre molécule. Et même qui la modulez comme vous le dites vous-même : « si je pousse trop l’anesthésie, l’ECG devient plat petit à petit et si je vais encore plus loin à l’aide des drogues injectées, je peux obtenir un ECG complètement plat ». Avec un ECG plat, en modulant, en poussant trop loin, vous avez remonté puis stoppé le temps du vivant (votre patient). L’arrêt du temps du vivant correspond à l’état de mort.
La question qui se pose pour vous est de savoir s’il y a quelque chose au-delà puisque vous êtes positionné sur cette frontière entre la vie et la mort. Et qu’il vous est possible de « fournir le ticket retour ». Mon expérience de 1986 sur le terrain, si je puis dire sans rancune, m’amène à vous le répéter : y’a rien, que dalle.
Peut-être le terme « réanimer » est-il péjoratif, inexact ? : il ne s’agit pas d’un malaise, d’un évanouissement d’une personne mais bien de sa mort.
Cette dialectique inappropriée concernant la mort sur une table d’opération est-elle destinée à masquer la gravité d’une erreur médicale, notamment ?
Sans procédure de « réanimation » la personne morte RESTE MORTE.
Alors, lorsque vous écrivez « non ce n’est pas parce qu’un EEG est plat que l’on peut dire d’une personne qu’elle est décédée » je vous réponds : c’est parce que j’étais morte que l’on m’a « réanimée ».
Les témoignages de mort imminente où le rapport est toujours le même celui d’une lumière blanche et d’un tunnel ou des stupidités de ce genre, c’est de la littérature et de l’affabulation : je vous confirme qu’il n’y a strictement rien après la mort.