Quels que soient les commanditaires et les exécutants, il n’en demeure pas moins vrai que la France est un pays souverain doté de Services de renseignements placés sous la tutelle du Conseil National de la Sécurité dont la présidence et le pilotage sont confiés au Président de la République depuis l’Elysée. Et ce, depuis le décret de Sarkozy de Décembre 2009.
Apparemment (et non en apparence) Merah n’a rien cassé du tout. IL - c’est-à-dire le Conseil de la Sécurité Nationale présidé par Sarkozy et piloté depuis l’Elysée par Sarkozy - n’allait pas arrêter ce réseau (? ?) pour qu’il commette ces trois attentats dont le dernier avait des cibles repérées de 3, 5 et 7 ans. C’était le but de « la pub sarkozienne en pleine campagne électorale. »
Après l’affaire Thévenot où Pasqua, Juppé, Sarkozy sont impliqués, après l’affaire Human Bomb où Sarkozy et Pasqua sont impliqués, après l’affaire Colonna (qui a sauvé sa peau) où Sarkozy est impliqué, après la tuerie de Toulouse et de Montauban où Sarkozy et Juppé sont impliqués, il est évident que nous avons un serial killer à l’Elysée.
Présenté au Conseil des ministres du 23 Décembre, il crée le Conseil de la sécurité nationale, présidé par le CHEF de l’ETAT, dont une instance sera dédiée au Renseignement. Cette centralisation à l’Elysée, si elle a des avantages, n’est pas exempte de reproches.
Le décret visant à réorganiser la coordination du renseignement a été présenté au conseil des ministres du 23 décembre 2009. Il traduit dans un texte de droit ce que prévoyait le Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale, puis la loi du 29 juillet 2009 c’est-à-dire la centralisation du pilotage du renseignement à l’Elysée. Ce qui avait été abandonné, en droit, depuis les débuts de la Veme République, à la suite notamment de l’Affaire Ben Barka. Le SDECE (devenu la DGSE) passait alors sous la tutelle du ministre de la Défense. Plus tard, sous Michel Rocard, le Conseil interministériel du renseignement (CIR), première ébauche de coordination du renseignement civil et militaire, était sous la tutelle du Premier ministre.
Lorsque le décret présenté hier au Conseil des ministres sera publié au Journal officiel, il sera créé un Conseil de défense et de sécurité nationale (CDSN) chargé de « définir les orientations » et « fixer les priorités » notamment de renseignement, de sécurité intérieure ou de lutte contre le terrorisme. Ce conseil, aux attributions plus larges que l’ancien Conseil de défense, et présidé par le Chef de l’Etat, sera composé du Premier ministre et les ministres de la Défense, de l’Intérieur, de l’Economie, du Budget et des Affaires étrangères. D’autres ministres peuvent participer aux débats, ainsi que toute autre « personnalité en raison de sa compétence ». Le secrétariat du CDSN est assuré par le SGDSN (Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, ex-SGDN).
Ce conseil comprendra deux instances spécialisées : le Conseil des armements nucléaires et le Conseil national du renseignement (CNR), qui remplace donc le CIR. Il sera chargé de définir les « orientations stratégiques et les priorités » du renseignement et de planifier les « moyens humains et techniques » des services secrets français. Ce CNR se compose du président de la République, du Premier ministre, des ministres et directeurs des services spécialisées dont la présence est requise par l’ordre du jour, ainsi que du Coordonateur national du renseignement, Bernard Bajolet, dont l’équipe se renforce.
Curieusement, L’AFP, dans sa dépêche relatant le décret, souligne que les services de renseignement concernés sont au nombre de quatre : DCRI, DGSE, DRM, DPSD. Elle ne cite pas les services de renseignements du ministère de l’Economie et du Budget : Tracfin et DNRED. Un oubli ou le signe de l’autonomie de ces puissants services ?
Quoi qu’il en soit, la centralisation du renseignement à l’Elysée, si elle peut entraîner une meilleure efficacité des services dont les objectifs pourraient ainsi être mieux précisés et les « commandes » à eux adressés plus fermes, a en revanche des aspects négatifs certains que souligne une note universitaire publiée par la fondation Terra Nova, proche du Parti socialiste.
Faut-il comprendre que tous ceux qui pensaient tenir et manipuler Mohamed Merah se sont fait balader par lui ? Que c’était un électron libre ?
Vous nous faites rentrer dans les arcanes de la Police et l’on se rend bien compte à quel point leur boulot est difficile et complètement épuisant. Rien qu’à lire, on a envie de jeter l’éponge.
Merci pour l’article.
Je ne peux pas m’empêcher de penser cependant que les enfants étaient des cibles repérées car ils étaient les fils du rabbin (tué lui aussi) et la fille du directeur de l’école.