Il faut comprendre que la pensée religieuse n’est pas une sorte d’armure impénétrable. Les êtres humains sont beaucoup plus dépendants de leur situation économique et sociale que des règles établies aux temps où peu de gens comprenaient les ressorts de l’humanité. C’est ce qui permet à Jean-François Bayart, auteur de l’article Être laïque en terre d’Islam, de conclure que : « La question à laquelle sont confrontés les musulmans, islamistes et
laïcistes confondus, est sociale et non religieuse. Et, pour la résoudre, le « petit père Combes » (il avait préparé le projet de loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat qui sera votée en 1905) leur sera moins utile que l’économiste Keynes. »
J’ai l’impression que vous ne comprenez pas le terme exégèse. Les textes fondateurs du christianisme seraient-ils moins violents que l’Islam ? Les évangiles auraient-elles effacé l’Ancien Testament ? Aucune religion n’est imperméable à l’exégèse de ses textes sacrés puisque l’interprétation des textes est une constante normative dans l’histoire des religions. Le Coran n’échappe pas à cette règle : « L’exégèse traditionnelle du Coran (Tafsir) est couramment faite à partir du Coran lui-même et des hadiths du prophète Mahomet. »
Avant que l’on ne m’accuse d’islamophobie, je tiens à préciser que je ne parlais que d’islamisme radical et non pas d’Islam ni de musulmans. L’Islam comme n’importe quelle religion est parfaitement capable de s’adapter à une laïcité démocratique. Les textes sacrés ne sont des obstacles qu’en attente d’une exégèse qui permette une transition. L’Histoire du christianisme nous montre que le processus est graduel et qu’il est illusoire de penser pouvoir l’accomplir en une ou deux générations. Ce processus est déjà en marche dans bon nombre de pays à majorité musulmane et même s’il peut être récupéré partiellement par l’aile radicale des islamistes, le monde laïc ne peut que s’en féliciter. http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/28/etre-laique-en-terre-d-islam_1610163_3232.html#ens_id=1554592
Notez le paragraphe : « L’islam a été peu présent dans le déclenchement des « printemps arabes ».
Il s’y est vite (ré)inséré. Mais n’énonçons pas ces recompositions selon
un jeu à somme nulle. »
Un jeu à somme nulle est un jeu où l’un gagne ce que l’autre perd alors qu’un jeu à somme non-nulle est un jeu où tous les joueurs peuvent gagner ou perdre à la fois. http://fr.wikipedia.org/wiki/Dilemme_du_prisonnier
Il est assez facile de comprendre pourquoi la laïcité se radicalise au point d’en arriver, parfois, à une forme d’intolérance contraire au principe démocratique qui la sous-tend.
Il suffit, par exemple, de se rappeler de la situation algérienne quand un parti islamiste radical ( GIS ), qui gagnait des élections plus ou moins propres, s’est fut refusé l’accès au pouvoir « démocratique », qu’il ambitionnait pour mieux le démonter, par une manœuvre typiquement antidémocratique telle que l’annulation pure et simple des résultats révélant par là, toute la contradiction du principe démocratique.
Cette stratégie de la mise en évidence de la contradiction est une des composantes principales des revendications islamistes. Tous les symboles religieux sont utilisés dans ce sens, c’est la force de la provocation. Les manuels de guerre subversive sont d’accord sur un point : la cible de la subversion sont les indécis et la radicalisation des opinions permet d’en rallier une bonne partie aux idées prônées par cette subversion. C’est la stratégie de la provocation et de la spirale incrémentale de l’intensité du conflit. La laïcité en France court le danger de se voir prise en otage par cette stratégie et poussée à des réactions contraires à ses principes.
Le Brésil, malgré les apparences et sa croissance époustouflante, semble sur une pente très glissante. Aucune réforme profonde n’a été entreprise depuis la fin de la dictature ce qui a installé le pays dans une schizophrénie politique qui n’est pas toujours perçue depuis l’extérieur : un gouvernement issu de l’extrême-gauche dont le principal appui sont les électeurs les plus pauvres ( région nord-est, principalement ) mais une politique largement influencée par les traditionnels pouvoirs de facto ( finance, armée, religion ) auxquels rien ne peut se refuser sous peine de graves troubles.
« "O Brasil atualmente tem 137 mil milionários (de acordo com a lista de
bilionários do mundo da ’Forbes’ em 2011) e cerca de 30 bilionários, com
70% da riqueza do país concentrada em São Paulo e no Rio de Janeiro",
diz. A revista deixa, claro, entretanto, que são milionários nos termos da
economia brasileira, o que equivale a pessoas com patrimônio equivalente
a cerca de US$ 540 mil. "Indivíduos com patrimônio entre US$ 539 mil e
US$ 2,7 milhões (R$ 1 milhão e R$ 5 milhões) formam o grupo de novos
milionários« , diz a »Forbes« . »
« »Le Brésil compte, à l’heure actuelle, 137.000 millionnaires ( selon la liste des billionnaires dans le monde de Forbes en 2011 ) et près de 30 milliardaires, avec 70% de la richesse du pays concentrée à São Paulo et Rio de Janeiro«
La revue éclaire, d’autre part, qu’ils sont millionnaires dans les termes de l’économie brésilienne, ce qui équivaut à des personnes avec un patrimoine équivalent à près de 540.000 US$. »Les individus aux patrimoines entre 539.000 et 2.700.000 US$ ( 1 a 5 million de R$, real brésilien, ) forment le groupe des nouveaux millionnaires" »