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Mor Aucon

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Recouvrer l'esprit avant de perdre la tête.

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  • Premier article le 15/06/2011
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Derniers commentaires



  • Mor Aucon Mor Aucon 16 août 2011 23:29

    Ce qui est en jeu est un fédéralisme budgétaire et non pas un fédéralisme à l’américaine. Les tenants de ce dernier font un pari dangereux en lançant cette idée maintenant. Elle est peut-être légitime et mérite aussi d’être étudiée mais faire passer la nécessaire mutualisation de la dette et la création d’une politique budgétaire, même avec une sorte de ministre des finances européens, pour un gouvernement économique européen est excessif et dangereux. Cet amalgame ne sert que la propagande des souverainistes et partisans de la sortie de l’euro qui oublient un peu vite que les détenteurs de la dette des pays en difficulté sont aussi les banques des pays les plus riches. Qui doute du fait qu’une sortie de l’euro de la France suivie d’un défaut de la Grèce provoquerait une secousse terrible dans le système bancaire français ? Un défaut espagnol ou italien et c’est la faillite et la nationalisation pratiquement assurée. Alors, pourquoi les partisans de la sortie de l’euro ne vont-il pas jusqu’au bout de leur logique et ne font-il pas publiquement la corrélation très probable : abandon de l’euro -> défaut des PIIGS -> faillite bancaire -> nationalisation ?

    D’autre part il est faux d’affirmer, comme dans certains commentaires, que les taux des euro-bonds se situeraient quelque part au dessus des taux les plus bas. La solvabilité de la zone euro est bien supérieure à la moyenne des solvabilités des pays membres et aussi à la solvabilité des plus solides.

    Le problème principal pour une fédéralisation budgétaire est le gouvernement allemand, sa politique électoraliste et la défense acharnée qu’elle fait de la structure actuelle de la zone euro qui la favorise et lui permet de conserver sa balance commerciale excédentaire, son déficit face à la Chine et son excédent face aux USA s’annulant pratiquement. Beaucoup de critiques aux PIIGS, mais au bout du compte ce sont eux qui ont rempli les caisses que l’Allemagne rechigne, aujourd’hui, à ouvrir.



  • Mor Aucon Mor Aucon 16 août 2011 14:12

    Je dois me corriger. A force de vouloir simplifier, j’en suis arrivé à caricaturer. Ce n’est pas le néant total à l’ONU en ce qui concerne les droits économiques et sociaux sinon que l’application effective de ces droits, à mon avis, est rendue illusoire par le manque de définition des limites de la liberté économique.

    Pour la doctrine libérale de l’économie : « La liberté économique est la liberté de produire, échanger et consommer n’importe quel bien acquis sans l’usage d’une contrainte d’aucune sorte. Elle s’incarne dans la Rule of Law, les droits de propriété et la liberté contractuelle. Elle se manifeste dans une ouverture des marchés, la protection des droits de propriété et la reconnaissance de l’initiative individuelle. Elle est donc indissociable d’une économie de marché. » (source Wikiliberal http://www.wikiberal.org/wiki/Libert%C3%A9_%C3%A9conomique ) Cette vision s’appuie surtout sur les théories de Von Hayeck et de Milton Friedmann où l’État se doit de protéger cette liberté. On en arrive donc à que l’État protège la loi de l’économiquement plus fort. Tout le contraire de ce qu’est censée protéger la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en ce qui concerne les libertés individuelles.

    Qu’en est-il dans le texte ? D’abord un considérant :

    « Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression. »

    puis les articles 25 et 30.

    « Article 25
    1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. »

    « Article 30
    Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés. »

    Ces textes devraient suffire pour limiter la liberté économique du capital quand « un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés »

    Pourquoi ne parvient-on pas à développer juridiquement et internationalement ce point ? C’était l’objet de mon commentaire. Je pense que par peur de limiter la sacro-sainte liberté économique entendue comme l’absence totale d’entraves à l’activité économique du capital financier qui base sa défense sur l’argument qui dit que l’enrichissement de quelques-uns ( la croissance de l’inégalité ) n’est pas illégitime s’il conduit à l’élévation du niveau de vie des plus pauvres. Cet argument pose une logique fallacieuse qui ne correspond pas à la réalité empirique où il est facile d’observer que la concentration du capital sans contrôle provoque une spirale d’incrément de sa concentration et son détachement progressif de son principal but : financer l’activité productive. Le problème est donc idéologique avant tout, de définition de principes. C’est pour cela que les textes doivent être clairs et sans contradictions internes, comme ils le sont en ce qui concerne l’esclavage, le recours à la violence, etc... La violence économique existe bel et bien. La Déclaration sur le droit au développement n’apporte pas grand chose sur ce point, le Pacte International relatif aux droits économiques et sociaux, non plus.

    Aux détracteurs des grandes déclarations universelles deux rappels :

    - Il ne s’agit pas d’obliger les États à pourvoir aux besoins économiques des personnes sinon de les protéger contre les atteintes à leurs droits donc de développer un cadre juridique qui limite la liberté économique des plus riches pour protéger celle des plus pauvres.

    - lors de la crise des subprimes en 2008, les agences de notation brandirent la liberté de libre opinion pour justifier leurs errements. Les grandes déclarations universelles servent donc à quelque chose pour elles aussi.

    Voilà si quelqu’un veut en débattre, c’est le point de départ fondamental, à mon avis.



  • Mor Aucon Mor Aucon 16 août 2011 03:13

    Je comprends très bien votre problème avec la terminologie puisque j’éprouve la même difficulté. Le modèle dont je parlais ( salariat, capital, entrepreneurs et marchands ) est celui que présente Paul Jorion dans Le Capitalisme à l’Agonie. Il permet de mieux représenter les rapports de forces à l’œuvre dans la société mais, par exemple et à mon sens, on ne peut lui superposer une échelle de pouvoir d’achat allant des pauvres aux riches. Si on essaye de le faire sans dogmatisme, on se rend vite compte que certains salariés sont plus riches ( en pouvoir d’achat ) que des entrepreneurs, des marchands et même des capitalistes ( petits rentiers ) et que toute personne appartient, fonctionnellement, à plusieurs catégories à la fois. De plus, le système tel qu’il est, c’est à dire consumériste jusqu’à l’excès afin d’inciter la production, tend a promouvoir la frustration donc la sensation de pauvreté indépendamment des conditions objectives. Remettre tout cela dans sur un plan rationnel demande, à mon avis, une définition des conditions économiques de base dont tout être humain devrait avoir le droit de jouir et donc l’organisation politique et économique, le devoir de lui donner. Ce serait le premier échelon, il faudrait le quantifier et appliquer un multiplicateur pour constituer une échelle.

    La chose est assez claire en ce qui concerne les libertés individuelles où l’on ne limite pas les droits des personnes au simple droit à la vie. Par contre sur le terrain économique c’est le néant. Par exemple, le seuil de pauvreté se calcule relativement alors que les besoins de base sont universellement constants. C’est pourquoi je pense qu’il serait temps de commencer à essayer d’énoncer succinctement mais très clairement les principes de base qui définiraient les droits économiques des personnes et les limites de la liberté économique comme une extension de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Un peu dans le genre de ce que Roosevelt essaya avec sa Second Bill of Rights aux USA, mais universelle cette fois. Je pense que l’on sous-estime, en général, le pouvoir d’une déclaration universelle de ce genre pourtant, sur le plan juridique, il est incontestable que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme a obligé, et continue à le faire, à beaucoup de gouvernements à limiter les abus de pouvoirs sur les populations qu’ils gouvernent.



  • Mor Aucon Mor Aucon 15 août 2011 23:07

    Depuis quand l’Europe aurait été fédérale ? C’est vraiment la quintessence du populisme néofasciste ce genre de commentaire. Inventer la réalité sans qu’elle existe pour la dénoncer. Ça pourrait, à la rigueur, marcher en le faisant vers le futur, ce serait de la spéculation. Mais non, les ras du front inventent carrément l’Histoire. Faut oser, c’est balaise.

    Et puis je vous ferais remarquer que je n’ai parlé d’aucun bienfait ni méfait du fédéralisme. Seulement qu’il existe des propositions de solution dans ce sens et que l’Europe n’étant pas une fédération ni ses dirigeants enclins, actuellement, à avancer dans ce sens, il est absurde de parler d’une crise du fédéralisme. Comme je sais bien que vous adorez mettre les gens en cage, donc d’accord, je suis un brin fédéraliste.



  • Mor Aucon Mor Aucon 15 août 2011 22:39

    Foufouille a oublié ses classiques. Rappelez-vous celui qui écrivait pour se plaindre au député et recevait la transcendantale réponse : « Dites-nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer ».

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