"Nos parents et nos grands parents étaient en classe à 40 ou 60 et avaient un meilleur niveau que nous, et sans psy, sans orthophoniste, sans sophrologue, sans psychomotricien etc etc....vous l’expliquez comment ?"
D’abord, sur le supposé meilleur niveau de nos "vieux", j’ai un doute...
Ensuite, nos parents et grands parents avaient une autre éducation celle des enfants scolarisés actuellement. On ne leur demandait que d’obéir aux adultes... (faut-il être nostalgique ?)
De nos jours, c’est l’excès inverse : tout tourne autour de l’enfant, et ce avant même sa conception !! Il sait, l’enfant, qu’on l’écoute quand il donne son point de vue (ça c’est plutôt un point positif...). Le problème c’est que l’adulte le lui demande pour tout et n’importe quoi et souvent....obéit à ses caprices (par lâcheté, ignorance, fatigue ou manque de temps...peu importe).
Vu dans un magasin : Une mère et sa fille (3 ou 4 ans)
"-Qu’est-ce-que tu veux comme dessert ma chérie ?
-Des lactimels comme ssez mamie
-La dernière fois tu ne les as pas bus, c’est moi qui les ai finis...
-Si ! Ze veux des LAC-TI-MELS !
-Bon... tu promets de les boire ?"
- ......(pas de réponse car chérie court déjà à la caisse à la recherche d’une friandise à obtenir)
Et maman met les "lactimels" dans le caddie
Entendu en classe :
"Ma mère elle a dit que je ne devais pas faire la punition parce que vous n’avez pas le droit de donner du travail écrit à faire à la maison"
"Oh non ! Pas du basket ! Moi j’veux faire du foot. J’m’en fout je jouerais pas !"
"On est obligé de faire ce travail maîtresse ?"
Je pourrais en écrire des pages et des pages... (et je vous passe, volontairement, les comportements perturbateurs...)
Et vous voudriez nous en coller 40 des comme ça !!!! (Je vous signale au passage que ces réactions quotidiennes sont le fait d’élèves de tous niveaux sociaux confondus et de tous niveaux scolaires - cancres comme petits génies).
Nous devons gérer ces petits egos surdimensionnés du mieux possible. Et avec ça faire, nous faire respecter. Nous ne choisissons pas nos élèves (et ce ne sont pas les instits qui vont les faire changer), nous ne choisissons pas nos programmes, nous ne choisissons pas notre budget, nous ne choisissons pas nos infrastructures et la marge de manoeuvre que constitue la liberté pédagogique est assez faible.
Enfin, en ce qui me concerne, je suis de plus en plus convaincue que la structure "école" est tout à fait inadaptée et obsolète pour les élèves que nous y accueillons maintenant. N’espérez pas de progrès avant que nos politiques et pédagogues en aient pris conscience.
Jour de larmes que ce jour là (lacrimosa dies illa)
quand de la cendre (qua resurget ex favilla)
surgira l’homme coupable, face au juge (judicandus homo reus)
...
Mozart savait que sa fin était proche. Il s’est cru empoisonné (propos rapportés par Constance). En tout cas, il n’a rien fait pour éviter cette mort prochaine et l’a plutôt précépitée en travaillant à la composition de ce qu’il savait être son propre Requiem. En parfaite conscience. Cet acte est admirable.
Le lacrimosa... humilité, ferveur, félicité, espoir, sérénité...
Voici ce qu’écrivait Mozart à son père 4 ans auparavant :
"Comme la mort - si l’on considère bien les choses - est l’ultime étape de notre vie, je me suis familiarisé depuis quelques années avec ce meilleur et véritable ami de l’homme, de sorte que son image non seulement n’a pour moi rien d’effrayant mais est plutôt quelque chose de rassurant et de consolateur. Et je remercie Dieu de m’avoir accordé le bonheur (vous me comprenez) de la découvrir comme clé de notre véritable félicité. Je ne vais jamais me coucher sans penser (quel que soit mon jeune âge) que je ne serai peut-être plus le lendemain, et personne parme tous ceux qui me connaissent ne peut dire que je sois d’un naturel chagrin ou triste. Pour cette félicité, je remercie tous les jours mon Créateur et la souhaite de tout coeur à tous mes semblables."
Mozart, qui nous souhaitait à tous de connaître sa félicité, nous a permis de l’approcher grace à cette oeuvre réellement divine (que l’on soit croyant ou non n’y change rien).
A lire votre réaction, on pourrait vous croire envieux du sort des RMistes !!!
Si mes impôts permettent à des gens "hors du système" de survivre, je ne vois pas le problème (ils servent souvent à des choses moins humaines...).De même, l’éducation reçue n’est pas un "investissement". Cette idée que tout être humain est redevable ad vitam aeternam à l’Etat me fait froid dans le dos.