"Aujourd’hui, on sait tout. On sur-sait et on commente"
Aujourd’hui on sait que si l’on se contente du discours de la presse "professionnelle", on sait mal. D’où l’utilité des sites et blogs d’information. Oh bien sûr, on n’y rencontre pas tous les jours du vrai journalisme d’investigation mais ça arrive ! De plus, ces sites permettent, en croisant les informations, d’avoir un point de vue moins subjectif.
Quant à la commentarite aiguë, c’est un travers de la démocratie dont je m’accommode, personnellement, très bien. Elle a des vertus. N’ayant pas la TV, je lis ainsi régulièrement l’opinion de mes contemporains.
Il arrive (si !) qu’au fil de commentaires de vrais arguments aparaissent qui me permettent d’affiner ma propre réflexion, ce que font moins facilement les discussions de vive voix puisqu’à l’écrit on a le temps de penser avant de s’exprimer ! (enfin, certains intervenants devraient prendre le temps de penser...)
Oui, tout le monde se croit autorisé à commenter l’actualité. Tout comme chacun se croit expert en musique, en cinéma, en littérature malgré la pauvreté de la culture du français "moyen". C’est le problème incontournable des médias de masse. Mais cela vaut mieux que l’ignorance des siècles précédents.
Il ne faut pas pour autant croire que c’est la fin d’une certaine noblesse de la culture et de la pensée. Elle existe toujours. Elle est maintenant plus cachée, mais elle est aussi, paradoxalement, plus accessible à qui se donne la peine de l’atteindre.
Continuez à écrire. Vous alimentez la pensée, et elle en a besoin. Aujourd’hui encore plus qu’hier !
Soit ces infâmes esclaves volontaires ont, un jour, eu une liberté qu’ils auraient "abandonnée" par souci de ne pas se mettre en danger... (entre nous...en arriver à se tuer pour ne pas se mettre en danger... ;)
Soit ils sont des esclaves nés (donc n’ont jamais été libres...).
A bien relire La Boétie et son discours de la servitude volontaire on s’aperçoit qu’on est plutôt dans ce cas à l’heure actuelle :
"Celui qui verrait les Vénitiens, une poignée de gens vivant si librement que le plus misérable d’entre eux ne voudrait pas être roi, nés et élevés de façon qu’ils ne connaissent d’autre ambiltion que celle d’entretenir pour le mieux leur liberté, éduqués et formés dès le berceau de telle sorte qu’ils n’échangeraient pas un brin de leur liberté pour toutes les autres félicités de la terre..."
Détournons :
Celui qui verrait les occidentaux, une nuée de gens vivant si dépendants du regard des autres qu’au plus puissant d’entre eux il ne suffirait même pas d’être roi, nés et élevés de façon qu’ils ne connaissent que l’ambition d’être au moins à la hauteur de ce qu’on attend d’eux au détriment de leur liberté, éduqués et formés dès le berceau de telle sorte qu’ils n’échangeraient en rien leur misérable bien être social, souvent chèrement acquis, pour une promesse de liberté...
Ces personnes que vous traitez avec beaucoup de mépris méritent de la compassion car, oui : ils sont tombés dedans quand ils étaient petits !
La liberté ça se conquiert et, contrairement à ce que vous avez l’air de croire, ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir le faire ! Aujourd’hui encore moins qu’hier. Car le mode de tyrannie auquel nous sommes confrontés (ou soumis) n’a pas été anticipé par la pourtant admirable pensée de La Boétie...
La multiplication des suicides liés aux conditions de travail pose aussi, en miroir, la question de la qualité de la vie privée...
Comment, en effet, envisager qu’on se suicide à cause de son gagne pain ? La pression est sociale, souvent tacite, et elle existe aussi au sein des familles et foyers. On joue (parfois inconsciemment) sur le sentiment de culpabilité et sur le besoin de reconnaissance de l’être humain. Il ne faut pas risquer de perdre son boulot, de devenir un parasite pour son entourage, il faut "assurer", garder un certain standing de base.
Combien de femmes sont-elles prètes à vivre avec un "inactif" ? Et le faire sans aucun espoir que son compagnon lui "rapporte" un jour quelquechose ? Je pose la question en sachant qu’il en existe puisque j’en suis et que j’en connais (une !).
Nous vivons dans une société de la rentabilité. Chacun doit être rentable et devient un investissement pour les autres (famille, patron, banque, télévision, assurance, magasins fidélisants, "amis" parfois aussi). Chacun devient donc un moyen pour les autres.
De plus, l’occasion d’être soi pour soi en toute gratuité et toute simplicité avec les autres est rare. Même en famille beaucoup jouent un rôle en permanence. Paraître...
Bref : tout concourt à la dissolution de la personne dans la société au bénéfice d’un individu interchangeable. Le pas à faire vers le suicide est d’autant plus facile qu’on n’existe déjà plus !!