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Pascal L

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  • Pascal L 25 février 2015 12:13

    Dans toutes les écoles de commerce, A Sciences Po ou à l’ENA, on enseigne en économie que le salaire est forcément le reflet de la valeur de celui qui le touche. La formation à l’analyse critique qui leur permettrait de prendre du recul est remplacée par une formation à la dialectique pour qu’ils puisse faire passer comme vraie n’importe quelles idées.


    Il ne faut donc pas s’étonner que la classe politique toute entière suive ce mantra.
    Toute notre économie est tournée vers la prédation, beaucoup plus rentable que la création de richesses. Les salaires reflètent donc une capacité certaine à la prédation de l’économie. Tricher avec les imôts n’est qu’une sous-discipline de la prédation.


  • Pascal L 24 février 2015 21:58

    @Le p’tit Charles
    Il n’y a pas plus de 5% de la population qui fréquente l’Eglise sur une base régulière. Pour les autres le catholicisme est plus culturel que lié à la foi.



  • Pascal L 24 février 2015 20:42

    @Jacob Guérin
    Effectivement, changer le système monétaire est une décision d’état qui implique beaucoup de monde, mais ce n’est pas impossible. Aujourd’hui le système actuel s’est imposé progressivement dans la plupart des pays après l’abandon de l’étalon or. Il permet de créer une monnaie relativement stable et facilement échangeable sur les marchés. La stabilité vient du fait que toute monnaie créée par le crédit est détruite lorsque celui-ci est remboursé. L’inconvénient principal est qu’il faut créer en permanence du crédit pour qu’il y ait assez de monnaie en circulation. Ce crédit fait qu’il y a partout des intérêts à rembourser. Ces intérêts n’ont pas fait l’objet d’une création monétaire et pompent la monnaie en circulation dans l’économie réelle pour la placer sur les marchés financiers qui ne créent pas beaucoup de valeur. Le système actuel peut tout de même s’efondrer quand la confiance dans le remboursement du crédit diminue (subprimes, Grèce…)


    En général, la création de richesse demande des développements longs qui ne rapporte rien les premières années et crée de l’incertitude. Si on emprunte pour ces investissements, il faut alors rembourser intérêts et capitaux avant que le projet rapporte quelque chose, ce qui rend les coûts financiers prohibitifs. 
    Les financiers ne sont donc pas du tout portés sur les investissements créateurs de richesse et préfère s’adresser aux marchés financiers largement plus rentables et moins risqués. Aujourd’hui, plus de 98% de la monnaie en circulation est sur ces marchés et l’économie réelle doit se contenter du reste.

    Il faudrait donc financer ces investissements par des capitaux permanents non remboursables.
    Il est donc tout à fait possible de créer une monnaie, non sur une ligne de crédit mais sur des fonds propres d’une entreprise ou d’un organisme public qui a un projet de création de richesse. La contrepartie est bien évidemment des parts de l’entreprise pour un investissement privé et dans le cas d’un investissement public, la valeur de la monnaie est tenu par l’enrichissement probable du pays à l’issue de l’investissement. D’ailleurs beaucoup d’investissements utiles ont plus de retombées sur la société elle-même que sur les créateurs. Les logiciels sont typiquement dans cette situation. L’inconvénient d’un tel système est que le banquier doit avoir une réelle expertise technique sur les projets financés pour éviter les opportunistes et les projets délirants.

    On peut également ajouter un deuxième mécanisme pour renforcer la création de richesse en créant une monnaie fondante. Cela fonctionne comme un intérêt négatif. Les comptes où il reste de l’argent en fin de mois sont diminués tous les mois d’un petit pourcentage. Cela a plusieurs effets :
    • compenser l’usure et l’obsolescence des investissements,
    • pousser ceux qui ont de la monnaie à la faire circuler plus vite. Cela augmente le rendement économique de la monnaie.
    • rétablir l’équilibre entre l’acheteur et le vendeur. Dans ce cas l’acheteur est maintenant préssé comme le vendeur, car la monnaie s’use comme le produit vendu.
    • pousser les financiers à s’intéresser plus à la création de richesse qu’à la prédation des richesses existantes.

    Des mécanismes de blocage de la fonte sont possibles pour permettre de faire des économies pour un projet déterminé. On peut également faire appel à une monnaie non fondante pour les économies.

    Cela nous amène à un autre point : il est aujourd’hui possible d’utiliser plusieurs monnaies dans une même transaction. Les moyens électroniques de paiement permettent de débiter et créditer plusieurs comptes avec des algoithmes qui permettent de sélectionner la monnaie en fonction des priorités de l’acheteur et du vendeur. Les Suisses utilisent un système à deux monnaies depuis plus de 80 ans avec le Franc WIR qui s’ajoute au Franc Suisse. Dans ce cas plus ancien, le fonctionnement est manuel et les chèques ont deux lignes. Le Franc Wir se crée sur de l’investissement immoblier d’entreprise et pèse 10% du PIB suisse.
    Avec un pool de monnaie, nous pouvons spécialiser les monnaies selon les besoins de la société. Une monnaie pour l’éducation, une monnaie pour la santé, une monnaie pour l’énergie… Les prix sont affichés selon la valeur d’un ensemble de monnaies choisies parmi les plus stables. En faisant des choix sur les monnaies que nous voulons utiliser ou garder, nous pouvons également choisir les projets qui ont le plus de valeur pour nous. De la démocratie dans le porte-monnaie en quelque sorte.

    On peut des infos supplémentaires sur le site de Bernard Lietaer.


  • Pascal L 24 février 2015 15:43

    Il n’y a que les économistes néoclassiques pour croire que les règles qui s’appliquent à la maison sont également valables pour un pays. A ce jour, seul le contraire a été démontré (c.f. Steve Keen : « l’imposture économique »).


    Il existe une quatrième méthode pour réduire le poids de la dette : changer le système monétaire. Le système actuel repose sur la confiance dans le remboursement de la dette. On peut trouver une autre valeur pour appuyer la création monétaire : la confiance dans notre avenir. On peut financer des projets de construction de richesses futures sans passer par le crédit. La valeur future des projets garantie la valeur de la monnaie créée pour cet usage. Cela demande un peu de rigueur pour ne pas se laisser entraîner, mais c’est possible.


  • Pascal L 24 février 2015 13:37

    @tf1Groupie
    Ce ne sont effectivement pas les pauvres qui s’endettent, mais pour rembourser la dette ou à cause de la diminution de monnaie en circulation dans l’économie réelle, on diminue les salaires, les prestations sociales et tous le reste. Ils sont des victimes de la dette mais surtout de l’absence de création de richesse lié aux mécanismes de création monétaire.


    Le système de création monétaire basé principalement sur la dette ne permet pas le développement économique. Un projet de création de richesse prend le plus souvent des années pour être rentable et crée de l’incertitude. Il faut des capitaux permanents pour que cela fonctionne, sinon la dette va engloutir le projet avant la fin par le remboursement du capital et des intérêts. Les financiers trouvent qu’il est beaucoup plus efficace et moins risqué d’aller sur les marchés financiers que de créer du développement. Aujourd’hui, plus de 98% de la monnaie en circulation est sur de tels marchés. Lorsqu’une banque peut faire des transactions aller/retour en moins d’une milliseconde, j’aimerai voir où est la création de richesse ? Je dirai plutôt qu’il s’agit de prédation.
    La création monétaire basée sur la dette pourrait être contrebalancée par une balance extérieure bénéficiaire un une arrivée massive de capitaux étrangers. Malheureusement, si la monnaie n’est pas utilisée pour de l’investissement, la capacité d’exporter diminue régulièrement et les investisseurs fuient, sauf pour racheter ce qui reste de notre richesse a un prix défiant toute concurrence. Il aurait fallu des règles très contraignantes pour forcer l’investissement dès 1973 et cela aurait pu être viable.

    Un changement des règles de création monétaire permettrait de résoudre le problème. Il est possible de créer des capitaux permanents (donc non remboursable) lorsqu’il existe une valeur en contre-partie. Or la valeur future d’un projet peut être utilisée si on mutualise les projets et que cette valeur est surveillée de près. Les intérêts de prêts peuvent également être rendus négatif (on paye les intérêts lorsqu’on a de la monnaie inutilisée et on ne paye plus lorsque l’on a des dettes - cela oblige les financiers à s’impliquer dans la création de richesse).
    Ces changements impliquent de vrais choix politiques, techniques et sociétaux. Convaincre les financiers qu’ils doivent s’impliquer dans la création de richesse est à priori impossible.
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