@alinea Effectivement, c’est aussi une manière intéressante de voir les choses. Le péché originel peut également être vu comme l’acte de naissance de l’humanité qui devient par là différente des hominidés dont elle fait partie. Nous sommes invités chacun à réitérer ce « péché originel » pour faire partie de l’humanité. Les puissants n’en n’ont que faire et préfèrent vivre dans leur « paradis » où il peuvent assouvir tous leurs désirs. Ils n’ont probablement pas le sentiment d’une transgression et leur comportement social n’est pas très éloigné de certains grands singes. Quand à la culpabilité qui étouffe les humbles, elle provient plus certainement du refus des puissants de leur donner une dignité que du péché originel, même si ce fameux péché a été exploité dans ce sens par quelques puissants aidé de personnes qui se disaient religieuses mais plus attirées par d’autres idoles.
Votre chemin vers l’amour est parfaitement respectable et peut tout à fait fonctionner. J’accompagne depuis quelques temps des baptêmes catholiques d’adultes et je suis impressionné par la variété des chemins suivis. On ne peut pas proposer de cheminement standard et le baptême n’est jamais un pré ou post-requis. Dieu n’est pas bureaucrate. Cela peut tomber abruptement sur une personne qui n’attendait rien, comme cela peut être le fruit d’un long travail de recherche spirituelle. Quand Gandhi parle de Dieu, je ne peux qu’approuver. Les mots que nous mettons dessus dépendent de notre culture, mais les religions qui n’ont pas peur de l’amour peuvent aider à structurer nos pensées.
@philouie Si pour les Chrétiens, le péché originel existe, il n’a pas du tout le sens qu’on lui prête dans l’article.
Adam est symboliquement la première personne à avoir pris conscience que Dieu existe et que, parce qu’il existe, l’homme ne peut pas faire tout ce qu’il veut, comme tuer son frère ou son voisin par exemple. Mais le Dieu découvert par Adam ne se manifeste que par un amour parfait auquel il est difficile de répondre. Cet amour est donné à tous, ce qui veut dire que Dieu peut tout pardonner, y compris le pire. Pour l’humanité, il suffit d’accepter librement cet amour et d’y répondre par l’amour. Malheureusement, si cela paraît simple sur le papier, nous sommes en fait sans arrêt en train de refuser cet amour. La notion de péché nait de notre refus, et certainement pas d’une liste de choses à faire ou ne pas faire imposée de l’extérieur. Nous sommes fondamentalement libres de nos choix. Pour ceux qui acceptent cet amour, l’expérience spirituelle qui en résulte va jusqu’à modifier leur personnalité.
Nous sommes bien dans le cadre d’une réponsabilité individuelle pour les Chrétiens, mais il ya d’autres différences fondamentales entre les Chrétiens et les Musulmans.
En particulier sur la notion de justice. Quand on parle d’un Dieu juste et miséricordieux, les Chrétiens pensent que si Dieu est miséricordieux, il n’a pas besoin d’être juste. En effet, s’il offre sans arrêt son pardon, pourquoi aurait-il besoin de nous juger ensuite alors qu’il nous a pardonné ? Le jugement dernier ne peut venir que de nous qui continuons encore à refuser l’amour offert. Les salafistes affirment qu’il ne savent pas où Dieu à placé le curseur de sa justice, ce qui les poussent à en faire toujours plus pour être du bon côté. En faisant cela, ils oublient la miséricorde et l’amour de Dieu, un peu comme les Pharisiens des Evangiles.
@Auxi C’est un peu trop facile. Dans ce cas, il s’agit de l’interprétation de phénomènes sensibles, non de croyances et vous êtes incapable de démontrer que ces phénomènes ne viennent pas de Dieu.
Si Dieu se manifestait par des phénomènes démontrables, nous n’aurions pas la liberté de croire ou ne pas croire en lui. Même ce que on appelle parfois des miracles échappent totalement à l’analyse scientifique. Les médecins peuvent juste dire qu’en l’état actuel de la science, il ne peuvent pas comprendre ce qui s’est passé mais ils affirment que la guérison a bien eu lieu.
Dieu manifeste le plus souvent sa présence par un immense amour, sur lequel on ne peut répondre que par l’amour, non seulement vers lui, mais aussi vers le reste de l’humanité. Cet amour échappe a toute analyse scientifique, mais il est bien reçu par ceux qui en sont les destinataires. Il ne s’agit pas de crédulité, mais de l’interprétation d’un phénomène qui échappe à l’analyse scientifique, ce qui n’interdit évidemment pas d’essayer.
L’absence d’analyse scientifique fait que l’interprétation change d’une personne à une autre et les siècles qui passent montrent une évolution dans l’interprétation du phénomène. De Zoroastre aux chrétiens d’aujourd’hui, l’interprétation d’un même phénomène a largement évolué, en grande partie avec l’influence des connaissances historiques et scientifiques. La bible est un excellent marqueur de cette évolution.
S’il s’agissait de crédulité, nous ne pourrions faire d’exégèse de la Bible. Or non seulement cela s’est toujours fait, mais la foi en Dieu existe depuis plusieurs milliers d’années sans vraiment faiblir. Les catholiques sont maintenant plus d’un milliard sur la planète. Aucune idéologie non religieuse n’a eu une telle longévité ni une telle extension. On a cru, en particulier en France, que nous pouvions nous passer de Dieu mais l’évolution actuelle montre plutôt le contraire. Et plus la société montre son vide spirituel, plus il y a du monde qui retourne vers l’Eglise. 14 millions de catholique en plus entre 2011 et 2102 dans le monde... La disparition de la fraternité en France est un effet du vide spirituel. Ceux qui l’ont inscrit au fronton des mairies croyaient encore en Dieu, même s’il bouffaient du curé.
Sans fraternité, il n’y a plus de vivre ensemble possible. La solution dans les pays qui ne reconnaissent pas la fraternité est l’interdiction de la liberté spirituelle et de la liberté d’expression. Allons nous dans cette direction ?
Mais non, je ne suis pas trop jeune. L’Europe s’est construite sur les valeurs de la chrétienté, pas sur ses dogmes. Et encore, les valeurs telles que la fraternité, la laïcité... sont issus de l’enseignement du Christ, mais pas uniquement. Les Chrétiens n’ont aucun monopole sur les valeurs et le fait qu’elle soient partagées avec d’autres est plutôt un signe positif. Si vous voulez assimiler ces valeurs aux religions, c’est que vous voulez les supprimer et il n’y a alors plus de vivre ensemble possible.
Vous ne pouvez pas démontrer que Dieu n’existe pas. Si vous ne l’avez jamais rencontré, vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous même. De toute façon, la foi est quelque chose de très personnel et nul ne peut vous l’imposer. C’est même tellement personnel qu’il n’est pas possible de créer un enseignement sur la foi et pourtant, il y des milliers de personnes qui se convertissent chaque année en France.