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Patrick Adam

Patrick Adam

55 ans - Résident dans l’ex Rio de Oro, aujourd’hui Sahara marocain. Chercheur autodidacte intéressé à l’histoire de l’Ouest saharien et du Maghreb. Spécialiste du raid de Michel Vieuchange, jeune Français mort en 1930 à son retour de Smara, cité interdite du désert, et dont les Carnets de route, préfacés par P. Claudel, ont connu leur heure de gloire avant de sombrer dans l’oubli. Auteur de différents articles sur le sujet et d’un ouvrage paru en février 2006, aux éditions L’Harmattan, intitulé : "De Smara à Smara".
 [décédé début décembre 2006]
 

Tableau de bord

  • Premier article le 07/02/2006
  • Modérateur depuis le 27/02/2006
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Derniers commentaires



  • Patrick Adam Patrick Adam 26 octobre 2006 09:37

    @ Marsu

    Salut. J’aime bien ta théorie « la tectonique des plaques culturelles ». 1 ou 2 cm par an... on a pas mal de temps devant nous.

    Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 26 octobre 2006 09:32

    @ C Florian

    L’idée de métissage ne peut être admise que dans une société qui admet la diversité en son sein, ce qui n’est le cas que des sociétés occidentales qui ont atteint un niveau de développement qui leur permet de remettre en cause des modes de fonctionnements primitifs. Les sociétés anciennes fonctionnent avant tout à l’identification, à l’appartenance. La société de la péninsule arabique dans laquelle s’est forgé l’islam en est un exemple patent. Il en allait autrement de la Palestine du Ier siècle où se mélangeaient les populations les plus diverses.

    Le XIIIème arrondissement de Paris ne se métisse pas beaucoup, Chinatown non plus. Les Chinois ont une conception du monde qui n’est pas la notre. Les étudiants africains souffrent beaucoup dans ce pays. Il y a régulièrement des morts, mais on préfère ne rien en dire. Les Russes sont aujourd’hui sur la même voie, mais eux aussi ont des problèmes identitaires depuis le Moyen Âge. Le mâle musulman peut se marier avec des femmes hors de la communauté (qu’il s’empresse quand même assez souvent de vouloir convertir) mais le contraire (une musulmane épousant un chrétien) est souvent considéré comme un crime impardonnable.

    J’ai évoqué les thèmes de « métissage » et de « nomadisme » (en faisant référence à J. Attali qui sur d’autres sujets se montre une excellente « tête chercheuse ») car ils me semblent significatifs des concepts qu’on « balance », juste pour se faire plaisir, sans se rendre compte qu’ils occasionnent plus de dégâts que de bonheur.

    En l’état actuel du monde, supprimer les frontières est une utopie dangereuse, à moins de vouloir faire une Yougoslavie ou un Libéria planétaires, c’est-à-dire une terre parcourue par des milices qui se vendront au plus offrant.

    Avant de vouloir faire le bonheur de la planète, attachons nous sérieusement à faire le bonheur des continents, en développant le notre selon des règles de vie commune parfaitement définies, et en aidant ceux qui, manifestement, ne peuvent s’en sortir seuls.

    Vous dites : Quand le Maghreb, puis le reste de l’Afrique auront une économie prospère, rien n’empêcherait d’ouvrir l’espace Schengen ou d’étendre le marché commun. » Vous mélangez deux objectifs : étendre le marché commun, la masse d’accords bilatéraux entre l’UE et le reste du monde s’en charge. Quant à l’espace Schengen, qui n’est pas étendu à notre continent, apprenons d’abord à le faire fonctionner chez nous avant de vouloir l’exporter, d’autant que la prospérité de l’Afrique demandera sans doute un effort gigantesque sur un bon siècle et que tant que ce continent ne s’attaquera pas sérieusement à son problème démographique, il n’est pas possible de lui offrir nos portes comme vous le souhaitez.

    Bien à vous. Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 26 octobre 2006 09:09

    @ Le furtif

    Bien sûr l’Europe telle que nous la construisons n’est qu’un supermarché qui, de plus en plus, est abandonné à des mafias économiques ou culturelles. Il faudra du temps pour assimiler la Pologne, la Hongrie ou la Roumanie. On peut espérer arriver à un résultat mais si nous ne nous montrons pas exigeants c’en est fini de l’espoir d’une Europe culturelle. Nous aurons une nouvelle ligue hanséatique qui continuera de fabriquer des tas de réglementations stupides. Pas plus.

    Bien à vous. Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 26 octobre 2006 09:00

    @ Serge

    Vous dites que ma posture à « focaliser sur les différences culturelles immobilise les deux partes dans une posture de défense peu propice à la communication ».

    Je fais une analyse différente. Je pense que l’immobilisme est là et qu’il est en train de se développer en tant que problème identitaire. Je l’ai écrit dans le premier texte publié sur Agora, je pense que tant que les frontières de l’identité ne seront pas tracées, nous serons confrontés à un déséquilibre qui fait des ravages. Je ne souffre de rien d’autre que de voir que nos sociétés vont dans le mur faute d’avoir le courage d’appeler un chat un chat. On ne peut parler de communication et encore moins de compréhension en refusant d’appliquer les mêmes principes aux différents groupes culturels qui s’affrontent dans nos sociétés. On ne peut exiger une « tolérance à sens unique » et réécrire nos livres d’histoire sous prétexte de ne pas heurter la « sensibilité » d’une catégorie sociale ou « ethnique » particulière. Le monde continuera sans nous, mais il me semble judicieux aujourd’hui de prendre date. Pas plus.

    Bien à vous. Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 26 octobre 2006 08:18

    @ Franck Aigon

    A stupide, stupide et demi... Je crois bien que vous êtes le premier intervenant sur Agora que je rencontre et qui doive être corrigé sur chacune des lignes qu’il a écrit. C’est un record. Non que je m’arroge la posture du maître face à l’élève, je n’ai que peu de bagages intellectuels pour ça, (juste quelques bribes) mais vous nous avez fait là un florilège de contrevérités qui, s’il ravit les bobos strausskahniens ne peut manquer le laisser sur leur fondement pas mal d’intervenants qui ont encore conservé le goût de l’histoire et de la géographie...

    Pour ce qui est de la géographie et de la célèbre formule de Braudel, ne savez vous pas que le terme de géographie tel qu’il est utilisé là ne signifie pas seulement ce qu’on peut lire en couleur sur une carte mais qu’il représente un environnement terrestre qui a conduit à l’élaboration de cultures distinctes : tant au point de vue politique (peuples nomades ou sédentaires - continentaux ou maritimes - culture du fleuve ou des montagnes, etc... qu’au point de vue culturel (alimentation, habillement, transports, loisirs, façon de faire la guerre, traditions éducatives, potentiel commercial, etc...)...

    Sachez aussi que pour qu’un détroit (ou un col) soit un lieu de passage et d’échange (merci de me le rappeler car passant régulièrement Gibraltar et au Perthus, je ne l’avais jamais remarqué...) il faut bien que ces échanges correspondent à des besoins équilibrés de chaque côté des espaces qu’ils séparent et qu’ils réunissent.

    Alors, vous avez peut-être envie de refaire le monde avec tous les bobos qui en ont fait leur préoccupation première quand ils se réunissent dans les cafés philosophiques, mais on ne refait pas la culture des gens simplement parce que ça fait joli sur une affiche de Benetton et qu’il faut permettre à M. DSK « d’user d’une formule ». C’est avec des formules de ce genre que les gens renverront tous nos hommes politiques à la poubelle. Non seulement M. DSK n’a rien compris au « non » au référendum sur le TCE mais il en rajoute une couche alors que, visiblement, il ne connaît rien de la réalité du monde dans lequel nous vivons. Bien sûr, posséder un ryad à Marrakech peut lui donner bonne conscience, surtout s’il y reçoit D. Debbouze et J. Balasko plus une bonne partie du « gratin marocain » qui affame son peuple. Mais la réalité du Maghreb est toute autre. Comment se fait-il qu’à moins de quinze kilomètres de l’Espagne ce pays ait encore 48% d’analphabètes (chiffre officiel) et soit encore dans une état de misère avancé (et ne me faites pas le coup de la colonisation : le Maroc ce n’est pas même 40 années effectives de présence étrangère).

    Quant à l’histoire, vous mettez là les pieds sur un terrain encore plus glissant.

    « Unir ce qui a été séparé ? » Encore une perle de bobolitude. Savez-vous seulement ce qui, culturellement, a fait la séparation entre le nord et le sud de la Méditerranée ? Croyez-vous que ça se résume au fait de prier Dieu, Yahvé ou Allah ? Les religions ont façonné des peuples différents jusqu’au plus profond de leur conception du monde : et on revient là à des manifestations, culturelles, éducatives, économiques et politiques. Croyez-vous sincèrement qu’il soit possible de tout brasser en une ou même deux générations. Si vous croyez que c’est possible, vous êtes un « visionnaire » dangereux. Voyez plutôt ce qui se passe en Bosnie Herzégovine avant de nous proposer un modèle « explosif ».

    Vous parlez de « siècles de propagande », mais qu’en est-il de l’autre côté ? N’y a-t-il pas eu la même propagande quand elle ne fut pas pire. Pourquoi croyez-vous qu’à la fin du XIXè siècle (pas au Moyen Âge) la quasi-totalité du Maroc était toujours coupé du monde extérieur ? Voulez-vous une description de ce pays sous le dernier grand sultan d’avant le Protectorat, Moulay Hassan Ier... et ce qu’en pensait alors un de ses conseillers Mohammad Ibn Al Hassan Al-Hajwi ?

    Vous dites : « Que l’Europe se soit construit un temps sur le refus de l’Islam, c’est l’histoire. Ce n’est pas la nature. » Difficile de trouver plus « stupide », n’y voyez bien sûr aucun mal. Vous croyez que la présence des Turcs en Anatolie ou dans le Bosphore soit l’œuvre de la nature ? La notion d’Europe telle que nous l’appréhendons aujourd’hui n’a jamais existé avant la Révolution Française et l’entreprise napoléonienne. Au temps de la confrontation entre les deux rives de la Méditerranée on parlait de « Chrétienté ». Ne le savez-vous pas ?

    Alors effectivement, les Européens ont troqué cette notion de « chrétienté » jugée trop entâchée culturellement par celle d’Europe, exactement comme les révolutionnaires avaient nommé les départements par une identification géographie (fleuves, plaines ou montagnes) pour demander à la géographie de gommer les déchirures de l’histoire.

    Quant à vos exemples sur les « frises géométriques des églises romanes » je me permettais de vous signaler que le pauvre ignare que je suis ( qui pense que les peuples ont toujours vécu en autarcie les eux par rapport aux autres) peut vous signaler quelques chapiteaux du XIIè siècle qui représentent des lions à la crinère peignée à la façon de ceux de Persépolis, ainsi qu’un autre (c’est une curiosité d’un abbaye catalane) qui représente sur chacune de ses faces un personnage qui a tous les attributs des mandarins chinois... Est-ce cela la nouvelle frontière que vous proposez à l’Europe. On pourrait aussi évoquer le style empire ramené d’Egypte par Napoléon et ouvrir dès demain des négociations avec ce pays pour l’accueillir au plus tôt dans notre giron « communautarisme ». Vous parlez de Venise ? Qu’elle interpénétration culturelle cette République fascisante a-t-elle mise en oeuvre avec la Sublime Porte ? Y a-t-il eu des échanges de populations massifs (si on excepte le More de Venise) Ouallou ? Elle a conclu des accords commerciaux et politique mais aucune ouverture à des populations qui ont gardé leur « chez-soi ». Alors si c’est ça le modèle européen que vous nous proposez (et peut-être celui de DSK dont vous vous faites le porte-parole), je pense que vous n’allez pas être compris par la population et que, comme pour le TCE, vous irez de déconvenue en déconvenue.

    Dernier point. Encore plus abyssal mais c’était une péroraison. Vous dites : « Car enfin, on en appelle toujours à la géographie et à l’histoire pour défendre une conception étroite de l’Europe. » Et à quoi faut-il faire appel monsieur le visionnaire ? A la cosmogonie ? Au fakirisme ? Au chamanisme ? Au maraboutisme ? Au manuel d’apprentissage de voile des Glénans ? Ah ! c’est vrai, j’oubliais : à la Rome de Caracalla et de Julien l’Apostat... Celle qui entretenait des dizaines de légions surarmées aux quatre coins d’un empire sans cesse attaqué par les Barbares (excusez du terme, ce n’est pas moi qui l’ait inventé). Un empire qui construisait un limes en Ecosse, en Afrique du Nord et avait les pires soucis avec sa frontière danubienne et dont les relations avec les syriens n’était pas un exemple de la coexistence pacifique que vous nous avez inventée d’un coup de plume.

    Patrick Adam

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