Pour répondre à 1° et 5°, un extrait du livre The Energy of Nations (sorti en 2013) de Jeremy Leggett, un entrepreneur, géologue de formation, qui a eu l’occasion d’observer de prés la politique énergétique du Royaume-Uni et des grandes compagnies pétrolières : (rapidement traduit par mes soins, extraits des pages 28-33 du livre)
Parc St James, Londres, Octobre 2004 (écrit du point de vue de Jeremy Leggett, qui discute avec un homme de Tony Blair) (...) Je trouve qu’il a une connaissance du sujet qui dépasse de loin les bases. Il ne me dit pas qu’il est d’accord avec moi qu’il y a un problème. Il ne dit pas non plus qu’il n’est pas d’accord.
Je lui demande comment les citoyens inquiets comme moi peuvent mieux inscrire nos préoccupations au sujet du pic pétrolier dans le débat politique dominant. La question languit, comme il le sait, très loin derrière le changement climatique dans l’esprit du public et des politiciens.
Il réfléchit pendant un moment, regardant par la fenêtre. J’assume qu’il se demande comment au mieux répondre évasivement. C’est un homme qui sait bien évader les questions.
« Le problème que vous avez, Jeremy, c’est que les hommes politiques n’ont aucun bénéfice à en retirer. »
Je trouve sa réponse incroyable. Je lui demande d’expliquer.
« Si l’argument du pic pétrolier précoce est vrai, et que le pic et le choc pétrolier frappent lorsque vous êtes au pouvoir, vous êtes foutus. La machine à mensonges de l’opposition va vous en faire porter le chapeau, et vous ne pourrez rien faire pour persuader le public friand de tabloides du contraire. D’un autre côté, si vous êtes dans l’opposition et croyez au pic pétrolier précoce, et essayez d’en avertir la population, vous serez accusé d’alarmisme irresponsable par l’industrie de l’énergie ainsi que par le gouvernement du moment. Vous allez vous faire crucifier par la presse. Oh, et les électeurs vont vous détester de leur faire imaginer un futur sombre. »
Donc, je dis, si je comprends bien, vous vous cramponnez et espérez que les compagnies comme BP ont raison dans leur estimations ?
Il hausse les épaules, en utilisant les mains de cette manière latine qui sous-entend : « hé, qu’est ce qu’on peut y faire ? »
Pas d’évitement des questions aujourd’hui, il semblerait...
Je note qu’il a l’air de trouver tout cela assez amusant.
Je me demande si c’est un pré-requis à la survie dans son univers...
Siège de BP, Place St James, Londres, 11 Novembre 2004 (écrit du point de vue de Jeremy Leggett, qui discute avec Tony Hayward, une ancienne connaissance du temps ou ils étaient tous les deux des jeunes géologues, dans les années 80. En 2004 Tony Hayward est presque au sommet de la hiérarchie de BP) (...) BP a choisi depuis longtemps d’admettre la réalité du réchauffement global et du changement climatique qu’il provoque.
« Le gouvernement doit s’y mettre et gouverner », me dit il. « Ils doivent mener sur cette problématique ».
C’est ce que disent tous les patrons de compagnies pétrolières, j’objecte. Et les gouvernements disent l’inverse - tout du moins, ceux qui prennent la ménace au sérieux : « Si seulement les compagnies des énergies fossiles cessaient leurs efforts infernaux de sape de nos efforts d’élaboration des politiques », ils me disent, « si seulement ils agissaient de manière volontaire en face de la menace, peut être que nous pourrions arriver à quelque chose. » Cette partie de ping-pong du transfert de blâme est une des raisons majeures pour laquelle on n’arrive pas à sortir du piège des gaz a effet de serre. Comment sortir de cette impasse ?
Tony Hayward regarde sa montre. Je suis clairement en train de tester sa patience. (...)
Oui, le thorium est un espoir, mais : - qui devraient assurer la production d’énergie durant très longtemps : « très longtemps » ne devient plus que quelques siècles si on assume une croissance exponentielle de 2% et plus que réclame notre système économique pour bien fonctionner. Il va falloir changer de paradigme à un moment. - le soucis, c’est que les transports sont pratiquement entièrement dépendants du pétrole, et qu’il n’est pas du tout certain qu’on puisse généraliser les alternatives comme l’hydrogène, le CO2 ré-transformé et « la batterie dont on peut faire le plein » aux échelles et puissances nécessaires (spécifiquement toutes les machineries lourdes tels que les poids lourds, tracteurs, bulldozers...)
Si les processus naturels renouvelaient les ressources fossiles (en extrayant le carbone de l’atmosphère) plus rapidement que l’espèce humaine ne les brûle, alors le taux de CO2 dans l’atmosphère n’augmenterait pas. (Ou alors qu’un nouveau processus naturel rejetterait du CO2 dans l’atmosphère et qui aurait curieusement débuté au moment de la révolution industrielle ?)
L’humanité utilise/transforme dans un certain laps de
temps plus de matières premières qu’elle n’en avait apparemment à
disposition au point de départ selon les meilleures estimations
scientifiques disponibles à ce moment. Les ressources technologiquement
disponibles à la fin de ce laps de temps sont toujours plus élevées
qu’au point de départ. Cela vaut pour toute matière première et pour
toute époque, dans le passé comme dans le futur.
Faux. Contre-exemple : toutes les civilisations (avant la notre, pour l’instant). Un autre contre-exemple probable, pour notre civilisation, est la ressourcehalieutique.
Europe Écologie les Verts sont une disgrâce (en France en tout cas). Ils sont écologistes comme la « République populaire démocratique de Corée » est une démocratie.
(La même chose s’applique probablement pour le Parti Communiste, mais je ne suis pas assez au courant pour me prononcer avec certitude pour ce parti.)
Un petit rappel de ce qu’étaient les vrais écologistes : La campagne de René Dumont pour l’élection présidentielle de 1974 : (le cœur du message est à partir de 4:30)
Ce qui est intéressant, c’est que le réchauffement climatique peut lui aussi « détruire pour plusieurs millénaires une vaste région, occasionner des dégâts majeurs irréversibles pour l’homme et la nature, compromettre tout simplement la vie. »
Mais bon, c’est plus révélateur de l’angoisse des scientifiques qui se rendent compte que l’on n’arrivera probablement pas à arrêter le réchauffement climatique à temps. Quant au nouveau nucléaire, même s’il pouvait aider à éviter le désastre (ce qui n’est pas sûr), ça ne se féra pas de toute façon, car il est trop cher et long à développer.