« Il a d’ailleurs écrit le brouillon de la lettre AVANT l’attaque de Pearl Harbour.
L’ouverture récente des archives américaines l’a révélé. »
Votre premier lien dit exactement le contraire. Vos deux autre liens n’y font même pas mention.
Si c’est bien les États-Unis qui forceront le Japon à s’ouvrir, et à se moderniser, cette modernisation s’effectuera surtout contre les puissances européennes, France et Angleterre surtout, et Russie en second, qui s’amusent en Chine à cette époque. En fait durant toute la seconde moitié du 18e siècle, une fois les accord commerciaux obtenus, les USA vont se renfermer dans l’isolationnisme et se désintéresser de l’Asie. C’est la victoire japonaise contre les Russes, en 1905 qui marquera le grand retour de la diplomatie Américaine dans la région, diplomatie qui aura là également surtout des visées commerciales. Il faut noter également que c’est à la suite de cette guerre, par l’annexion de la Corée en 1910 ( comme mesure défensive contre la Russie entre autres raisons ), que le Japon va vraiment commencer à devenir imperialiste, alors même que la période de formation empires européens touche à sa fin et montre les premiers signes de craquements.
Ensuite, le contentieux est très lourd en 1941. La demande US d’un retrait des troupes japonaises de Chine, où elles sont enlisées est le point sur lequel achoppe les négociations. C’est ainsi la note de Cordell Hull de novembre 41 qui provoqua la rupture pour les Japonais. Pourtant, Washington n’avait pas été vraiment gêné par les avancés du Japon durant les années 30. C’est en fait l’occupation du Tonkin, puis de tout le Viet-Nam, en aout 40 et juillet 41, ainsi que le soutien apporté à la Thaïlande, qui vont faire planer une menace inédite sur l’ensemble du Sud-Est Asiatique. Les pressions contre les Anglais et les Hollandais, qui luttent déjà désespérément contre Hitler en Europe s’intensifient, tandis que la signature d’un pacte de non-agression pour 5 ans a vec l’URSS montre aussi qu’entre la tentation d’aller au Nord, vers les richesses de la Sibérie, et celle d’aller au Sud, vers les Indes Néerlandaises, c’est finalement le Sud qui a été choisi comme objectif stratégique. Ce traité signe aussi le lâchage par les Soviétiques de la Chine, car il reconnait le Mandchukuo, état fantoche Japonais créer pour diviser la Chine nationaliste.
C’est donc pour contrer cet expansionnisme de plus en plus prononcé, maintenant clairement tourné vers l’Asie du Sud et le Pacifique, que les États-Unis vont décréter des embargos de plus en plus sévères, avant d’imposer le gel des avoir Japonais sur le sol US. Mais surtout, en septembre 40, Tokyo a conclu le pacte tripartite avec Berlin et Rome, consacrant la naissance de l’Axe. Le Japon lie ainsi sa destinée à l’Allemagne, déjà désignée à Washington comme l’ennemi principal. Dans la vision globale des Etats-Unis, tout gain du Japon est dorénavant un gain d’Hitler.
Cet engrenage fatal, qui va de l’été 40 à Pearl Harbor, ne peut être arrêté par les diplomates, tant à Washington, qu’à Londres et même à Tokyo, malgré de nombreux efforts. Tous jugent la guerre insensée. Mais à Tokyo, les échéances militaires entremêlées aux rêves impérialistes font capoter tout compromis. Ainsi, Roosevelt retorque à l’amiral Kichisaburo, qui lui proposait une rencontre avec le Prince Konoe en août 41 « Quand vous négociez avec le Secretaire Hull, les troupes Japonaises se sont avancées en Indochine Française. J’ai peur que, tandis que je négocierai avec le Prince Konoe, elles n’envahissent le Siam ». En fait le dernier négociateur Japonais, Kurusu Saburo, se demandera quelques jours avant Pearl Harbor s’il n’est pas utilisé comme écran de fumée. Et selon le journaliste Katô Masuo, qui approchait quotidiennement les délégués nippons, ceux-ci avaient beaucoup de mal à comprendre la position de leur propre gouvernement, et jugeait les contacts avec Tokyo plus difficiles que ceux avec les Américains.
Ne restait plus qu’au Premier Ministre Tôjô qu’a faire le choix. Renoncer à la fuite en avant en à une partie de ses gains en Chine ou tenter l’incroyable coup de de dés, que Yamamoto rends possible : espérer que, durant les 18 mois où le Japon peut espérer dominer le Pacifique, l’URSS s’effondre et les Etats-Unis réduits à l’impuissance. C’est à se second choix que Tôjô se prétendra acculé, lors de la Conférence Impériale du 5 Novembre 41, qui décide de l’entrée en guerre.
En fait, entre le 20 juillet et le 30 septembre 40, période qui voit à la fois le Tonkin occupé et l’Axe crée ( pacte tripartite ), les Américains, jusque-là férocement isolationniste et donc de facto pacifistes, basculent de manière décisive en faveur d’un attitude de fermeté. Le nombre d’américains prêt à risquer une guerre pour empêcher le Japon de contrôler la Chine bondit de 12% à 39%. A la question « Les USA devraient-ils prendre des mesures pour empêcher le Japon de se renforcer, même au risque d’un guerre ? » : 57% de oui. Et 88% approuvent l’embargo partiel décidé par Roosevelt, selon le Princeton Public Opinion Center. Et nous n’étions qu’en 1940.
En fait, au cours de la dernière année avant Pearl harbor, le président Américain aurait même retenu le public Américain.
Voir aussi le Nevada, qui était chargé d’essence et de munitions, devant commencer des manœuvres le lendemain. Le dépôt de munition de la base à West lock, était lui surchargé de munitions, avec près de 10000 obus de 14 et 16 pouces destinés aux cuirassés.
La grande peur qu’à eu l’amirauté a d’ailleurs été qu’un des cuirassé fut coulé dans le chenal d’accès à la baie, ce qui l’aurait obstrué et se trouvait... juste à côté de West Lock, ce qui aurait empeché de faire sauter l’épave. ( a moins de vouloir faire le plus grand feu d’artifice pré-arme atomique )
J’ai accès à une bibliothèque de près de 60 ans d’analyses. Vous avez intérêt à faire mieux comme contre-argument.
« Attendons. »
Vous tombez bien. J’ai eu la réponse. Ils vous offre le poste de chef du cours tactique. Vous pourrez tout à votre aise apprendre à ces marins professionnels quels paramètres leur petits cerveaux ignorent depuis 60 ans. ( Je vous épargne le mail complet )
"Discuter
avec des militaires ne sert strictement à rien. Ce qui se passait à
Washington n’est pas connu des militaires. En outre,sur ce genre de
sujet, un militaire comme un autre fait passer ses préjugés et son
confort moral avant le reste. Avec quelques exceptions comme Stirnett,
qui lui a étudié les faits, y compris à Washington.«
Oui, oui, les militaires sont stupides, ne s’intéressent pas à l’histoire, ne savent pas ce qui se passent dans leur propre armée, et n’étudient jamais les faits ( qui vont déterminer quand même leur survie en temps de guerre ). Amusant comme vous enfilez les perles.
»Vous caricaturez. Il n’y a pas de consensus dans les états-major, les
doctrines peuvent toujours être remises en question à la lumière des
évènements. «
Exactement, les doctrines peuvent ( généralement avec un peu de retard ) changer. Spécialement lorsque la force sur laquelle se basait toute la doctrine a cessé d’exister. Il n’y avait pas de doctrine agressive d’emploi des porte-avions fin 41, tout a du être improvisé, brillamment d’ailleurs.
»Concernant les Américains, les plans ne pouvaient être que
des projections théoriques, puisqu’ils n’avaient pas l’initiative.«
Mais enfin tout les plans sont théoriques, qu’ont ai l’initiative ou pas. Les plans peuvent aussi bien être offensif que défensif.
»Peral Harbor a de toute façon chamboulé les plans.«
Exactement
»De plus, vous ne
devez pas ignorer le poids du politique. La défaite de Midway doit aussi
aux conflits internes de l’état-major Japonais et du gouvernement.«
Les causes de la défaite de Midway sont multiples pour les Japonais. Manque de chance, indécision, problème de communication, trop grande confiance en eux. Mais une fois l’opération lancée, il y eu peu d’interférence de la part du quartier général impérial ou du gouvernement à Tokyo.
»Les officiers américains ne sont pas comme les Français, et ils savaient s’adapter très vite."
L’armée française se bat avec une guerre de retard depuis la fin du Premier Empire.
« De nombreuses unités ont été transférées vers le Pacifique. »
Évidement, la flotte du Pacifique était anéanti dans les esprits de la quasi totalité de l’Amirauté. ll ne restait plus d’unités lourdes, a part des porte-avions dont il fallait revoir intégralement la doctrine d’emploi ( quoique Pearl Harbor ai constitué un cour magistral )
"les options tactiques étaient constamment discutées au sein de
l’amirauté, et je vous répète que les flottes étaient le plus souvent au
pot.«
Les options stratégiques sont discuté à l’Amirauté. Comment mener la bataille est toujours laissé au commandant à la mer. Et si les flottes restaient souvent au port, les batailles se déroulent quand même généralement en mer.
»Le chef de la flotte, Fletcher et non Spruance, a ainsi défendu la
nomination de Spruance, en remplacement de Hasley, malade. Le Yorktown
est parti le 30 Mai de Pearl harbor, avec Fletcher à bord. Midway a eu
lieu le 4."
Exact, Fletcher a obtenu la décision de Nimitz en faisant valoir que Spruance était un marin tout de même confirmé, avec de grandes capacités d’adaptation et surtout un état-major expérimenté, qui avait déjà vécu la bataille de la Mer de Corail
"Et c’est Fletcher qui a commandé jusque vers la fin de la bataille.
Les qualités d’un chef de groupe naval sont de décider, pas de connaitre
en détail les procédues de telle ou telle action.«
Exact Fletcher commandait, mais Spruance prit les décisions majeures. De votre propre texte que vous n’avez à l’évidence pas lu :
»Le contre-amiral Spruance, responsable des
croiseurs, allait le remplacer provisoirement. Bien qu’il n’eût pas
d’expérience des porte-avions, il se révélait néanmoins un technicien, doué
d’une vive intelligence et d’une rigueur mathématique et, comme les
événements ne manqueraient pas de le prouver, d’un esprit de décision.«
»Spruance savait à ce moment-là que, dans trois
heures au plus, il serait à moins de 100 milles de la flotte de Nagumo,
ce qui représentait une distance confortable pour que ses chasseurs puissent
procéder à une attaque. Mais en trois heures, il ne l’ignorait pas, il pouvait
perdre son principal avantage réel : l’effet de surprise. Il lui fallait donc
faire prendre tous les risques à ses avions. Et c’est ce qu’il fit."
Quand au reste, ce la confirme ce que je disais. C’est bien l’escadrille de McClusky, suivie de celle de Max Leslie, arrivant à l’improviste suite à une décision heureuse qui trouva l’escadre japonaise désorganisée, ses chasseurs dispersés, et qui mit 4 porte-avions hors de combat avant qu’ils puissent lancer une frappe complète contre les porte-avions US qui avaient été repérés plus de 2 heures plus tôt par l’avion de reconnaissance du Tone.