Bonjour @baliste « Vous ne pensez pas que tout ce que l’on vie durant notre vie , est a vivre ? »
C’est toujours une question de choix personnel !
Si nous ne disposions à tout moment de cette liberté du suprême refus consistant à pouvoir volontairement mettre un terme définitif à notre existence, nous ne pourrions à contrario poser le choix de vivre « quoiqu’il en coûte », et que resterait-il alors de notre dignité ???
J’entends bien ce qu’en disent les traditions et je ne doute pas du fond de vérité et de sagesse qu’elles nous transmettent mais, au delà de l’immense tristesse et désolation qu’il suscite immanquablement, je ne me permets personnellement en aucun cas de juger du suicide d’un être cher ou — les raisons étant, c’est bien connu, faites pour s’en servir ! — de la validité de ses éventuelles motivations.
La question du droit à l’euthanasie ou à l’assistance au suicide est évidemment plus bien plus complexe dans la mesure même où — si le suicide s’exonère aisément du droit — elle implique quant à elle l’intervention d’un tiers et donc la gestion par le droit de cette transgression du tabou anthropologique fondamental posé sur le meurtre.
Bien à vous, en vous présentant mes respectueuses salutations !
@Mélusine ou la Robe de Saphir. "Heureusement, un ami qui possédait une arme (trouvée dans un
vide-grenier-un riot gun) l’a lui a donnée en lui expliquant après avoir
consulté un ami médecin, l’endroit exact où elle devait tirer sur la
tempe. Heureusement, on l’a retrouvée appaisée. L’impact n’avait pas été
douloureux....«
Si l’anecdote n’est pas totalement fantasmée, cette personne a eu bien de la »chance« , parce que conseiller à quelqu’un de se tirer une balle dans la tempe correspond certes aux meilleurs clichés romanesques et cinématographiques en vogue, mais relève surtout du grand n’importe quoi ! Sans prétendre qu’on »se rate" à tous les coups, le recul de l’arme à feu garantit certes bien des dégâts, mais en aucun cas le trépas assuré !
@Fergus « Dans les deux cas, il s’agit, non d’un « meurtre », mais d’une euthanasie dictée par la compassion ! » Désolé, mais pas à mes yeux ! Qu’elles qu’en soient les conséquences le cas échéant létales, la sédation est une démarche qui s’inscrit pleinement dans le Serment d’Hippocrate, quand le meurtre « compassionnel » le transgresse de toutes les manières.
« Est-il question de cela ici ? Evidemment non puisque l’on parle de malade ayant expressément fait connaître leurs attentes ! » Ben, ne soyons pas hypocrites, c’est un pas de plus vers la banalisation de telles solutions, qui n’ont guère attendu la perspective d’un cadre légal à l’euthanasie pour s’envisager et se pratiquer !
Quant à l’acte d’euthanasie et par respect pour les malades en ayant expressément exprimé la volonté, il me semble qu’à l’instar de l’avortement, une dépénalisation partielle ferait parfaitement l’affaire et devrait largement suffire à satisfaire toutes sensibilités philosophiques en présence !
@Fergus « Quel intérêt alors que l’administration d’un dose adaptée de pentobarbital aboutit au même résultat — le décès — en quelques minutes ??? » Et bien que dans un cas il s’agit de sédation et de soulager, quand votre solution consiste en un meurtre !
Quant à « la souffrance d’une famille confrontée à cette mise à mort à petit feu », l’argument est d’autant plus spécieux qu’il ne s’agit précisément pas d’une mise à mort, mais bien d’une sédation ayant pour conséquence le trépas du patient, et qu’à cette aune la souffrance du personnel médical et soignant quotidiennement confronté à la douleur qu’il a pour mission de soulager justifierait — et risque bien de justifier très bientôt — de larges hécatombes.
Juste pour info ou rappel, j’ai moi-même et suite à un très sévère burn-out du mettre terme à 27 ans de carrière consacrés à soulager les handicaps et souffrances — tant physiques que psychiques — de mes semblables et frères en humanité. Et j’ai eu l’occasion durant ma carrière d’assister à quelques vibrants plaidoyers proposant d’abréger les souffrances de personnes qui n’avaient strictement rien demandé en ce sens, alors même que ces plaidoyers visaient bien plus probablement à soulager la projection qu’en faisait sur elles la souffrance (très compréhensible) des intervenants qui y étaient confrontés.