Aucun système n’est parfait. La "tenure track" n’est pas sans inconvénients, c’est sûr, mais s’il ne s’agissait que d’un CDD comme vous dites, il y aurait une forte désaffection car beaucoup, tant d’efforts pour rien ? Les grosses universités sont plus sélectives, mais les candidats perdants se rabattent alors sur des universités moyennes, et font tout de même. De même, on assiste aussi à beaucoup plus de mouvements migratoires entre universités, la carrière étant moins linéaires
Vous comparez aussi systèmes français et américain... j’ai parlé du système anglo-saxon, le principe de tenure-track ne se limitant pas aux USA, où le système est effectivement plus difficile à vivre, du moins dans certaines universités. On le retrouve dans d’autres pays comme le Canada, et on constante que ce principe de CDD n’est pas si vrai. D’autre part, cela évite de rester coincé toute une carrière dans une position de maître de conférence, comme cela se voit aussi régulièrement en France. Il y a aussi moins de profs déconnectés de la recherche.
Je le répète, comme écrit plus haut, le système parfait n’existe pas. Il y a du bon et du mauvais partout, mais si les universitaires américains trouvaient tant de mérite au le système français, pourquoi n’en trouve-t-on pas plus en France ? Quitte à lancer un pavé dans la marre, outre la question de la langue d’enseignement, n’y a-t-il pas un problème avec le systèmes de concours et de nominations à la française ? Enfin, au moins, nous ne parlons pas du système italien,...
L’évaluation de l’enseignement est une question délicate, mais utile. Le danger reste de voir des professeurs diminuer les exigences pour obtenir de bonnes évaluations. L’intérêt est de mettre le professeur plus en phase avec les étudiants. Il n’y a pas de système parfait, mais pour peu que l’évaluation de l’enseignement demeure un outil, pas une fin en soit, c’est utile, et très prisé dans le système anglo-saxon.
On peut aussi remarquer toute la logique du "tenure track" dans ce même système anlgo-saxon. L’enseignant-chercheur n’obtient pas de suite la permanence, mais est évalué au cours de 5 à 6 ans sur son enseignement et sa recherche, suivant des critères souvent propres à l’institution, et d’autant plus sévères que l’institution est réputée (pour un salaire par contre souvent en conséquence). C’est plus stressant, pousse à favoriser parfois un peu trop le court terme, mais à l’avantage de s’assurer un peu plus de l’adéquation entre le candidat et le poste. Une fois la tenure obtenue, la pression du court terme diminue, mais on garde en général des profs plus actifs que dans d’autres systèmes.
Aucun système n’est parfait, mais l’évaluation des enseignants-chercheurs a du sens pour peu qu’elle reste équilibré. Je ne vois pas par contre en quoi il s’agit de privatiser la recherche. Pour peu que l’Université ait suffisamment d’autonomie de décision, il s’agit avant tout comme pour toute entreprise de s’assurer que l’on a le bon personnel (et sur ce point, un doctorat ne suffit pas à faire un bon prof).
Reste que le prof finit par être surchargé par tout ce qui est demandé aujourd’hui, et la concurrence accrue antre les institutions et le nombres de candidats valables sur le marché.
Définissez ce qu’est une ville américaine... Montréal est certaine américaine dans le sens géographique vu qu’elle se trouve en Américe du Nord. Mais après... Montréal a une atmosphère beaucoup plus latine que nombre de villes du continent ; on sent un certain héritage français. Mais le développement économique britannique et américain a joué, avec notamment un centre-ville assez typique de certaines grande-villes. Ce qui fait qu’au final, un américain y trouvera un air d’Europe, et un Européen un air d’Amérique.
Reste qu’ici aussi, la diversité est telle qu’on ne peut trancher. Montréal et Toronto s’oppose totalement, et au niveau de l’architecture, on préféra souvent Québec ou Washington D.C., dont les plans des bâtiments gouvernementaux étaient... français. Seattle s’oppose à Victoria à l’ouest. Le nord diffère sensiblement du sud.
C’est un peu comme si on ne faisait aucune différence entre les pays européens. Or, en se limitant aux USA, a-t-on vraiment un pays ou une cinquantaine de pays ? Chaque état a ses caractéristiques et lois propres. Certains correspondrant certainement au témoignage de Catherine X. Mais d’autres,... beaucoup moins.
A ce cher cousin d’Amérique, dont je partage à présent le territoire, je rappelle que sa vision de Québécois indépendantistes n’est pas partagée par nombre de Québécois, sans parler des Canadiens Français d’Ontario et du Nouveau Brunswick.
Mon avis sur les Américains a considérablement changé depuis que je vis au Canada, car j’ai eu régulièrement à m’y rendre. A chaque fois, j’ai été agréablement surpris de l’accueil, que ce soit dans le Vermont, petit état rural (et écologiquement nettement en avance sur le Québec) et chaleureux, ou à Seattle.
Le Québec vit de BS de la part de l’état fédéral, et chiale au lieu de se prendre en mains, alors qu’il jouit de ressources extraordinaires. Au lieu de critiquer ces maudits Anglais, nombre de Québécois feraient mieux de se bouger et de se réveiller. Un Québec indépendant irait droit à sa ruine en cas d’indépendance, du moins si le système politique ne change pas fondamentalement.
Le Québecois de base n’est pas si éloigné de l’Américain moyen dans sa surutilisation de la carte de crédit, et parfois un individualisme, une superficialité dans les contacts, bien décevant. Mais il a l’avantage et l’inconvénient de jouir de meilleur systéme social, lequel s’effondrera cependant si rien n’est fait.
Je ne regrette en rien mon immigration au Québec, laquelle est cependant plus opportuniste que par idéal. Au final, comme toute société, j’y ai trouvé beaucoup de positif et de négatif, et à terme, pour peu que le Québec reste dans le Canada, que je ne considère par comme britannique (malgré l’effigie de la reine sur la monnaie), mais comme une terre d’avenir. L’anti-américanisme primaire ce certains est affligeant, alors que s’il est vrai que certains états sont au bord de la catastrophe (c’est un fait qu’on ne peut nier), d’autres états restent une terre accueillante et agréable à découvrir. Je ne remets pas en cause le témoignage de Catherine X. Les USA sont un pays de contradiction. On y trouve le meilleur et le pire. Mais on ne peut généraliser ainsi.