Nous pourrions tous solennellement pleurer sur le cadavre de l’éducation nationale et ériger une stèle en l’honneur du professeur inconnu.
Nous pourrions encore retranscrire la lutte du corps enseignant pour l’instruction des plus indigents.
Nous pourrions analyser les rouages en forme de réformes et les coupes budgétaires qui sabotent jours après jours le brio de ces professeurs philanthropes et passionnés.
Nous pourrions… Tant de choses, excepté que l’école est un concept surfait et ses employés complètement anachroniques.
Politique, pop star, pape, chef d’entreprise ou le dernier buzz internet, toute la réflexion de fond est minée par le culte de l’immédiateté et la déresponsabilisation du zapping permanent.
Quand les maux deviennent les faits, la sanction devient le mobile.
Tirer sur une ambulance c’est une chose, s’acharner sur une ambulance qui ne sait pas où elle va, s’en est une autre.
La passion pour la spéculation des mouvements humains ne saurait se substituer au doute raisonnable de l’investigation pour les professionnels ou de l’apprentissage pour les amateurs.
Le mot création est l’une de ces prétentions consanguines qui n’a de sens que dans les livres.La création traduit et matérialise le besoin enfantin d’existence dans le regard de l’autre qui obsède les gens sains. Car les fous, eux, ont la modestie et l’honnêteté de ne pas faire état ni commerce de leur soi-disant découvertes ex-nihilo.
Internet n’est qu’une technique de langage sophistiquée de plus qui, en promulguant la liberté extrême, a permis de définir les limites des utilisateurs et d’institutionnaliser l’autocensure comme outil démocratique.La dictature de l’instantanéité voudrait nous faire croire que nous sommes en pleine révolution, mais tout au plus il s’agit d’une vulgaire révision mécanique des 4,7 milliards d’années.
Les insultes ou jeux de l’esprit sont, quant à eux, gratuits lors de leur formulation confidentielle et payants a posteriori, via la diffusion de masse.Puisque la civilisation est l’objet de maîtrise sociale le plus high-tech, les lois qu’elle engendre ne tolèrent pas ce qui sort de son cadre mais elles pardonnent parfois pour le bon fonctionnement du système de refroidissement culturel.
Nous sommes dans l’ère des dix commandements où la glorification fanatique précède la condamnation sacrificielle avant de tout oublier et de recommencer.
Toute problématique trouve une raison et une finalité dès qu’un visage ou un logo correspond au portrait robot que se forge l’opinion publique, peu importe les faits ou les hypothétiques récidives.
Nul besoin d’imaginer des complots téléguidés par des puissances invisibles pour procéder aux jugements éternels et aux pardons administratifs.
Nous sommes dans l’ère des dix commandements où la glorification fanatique précède la condamnation sacrificielle avant de tout oublier et de recommencer.
Toute problématique trouve une raison et une finalité dès qu’un visage ou un logo correspond au portrait robot que se forge l’opinion publique, peu importe les faits ou les hypothétiques récidives.
Nul besoin d’imaginer des complots téléguidés par des puissances invisibles pour procéder aux jugements éternels et aux pardons administratifs.