« ...la Françafrique, c’est terminée ». J’aimerais être aussi optimiste que vous ; mais je crains que vous ne rêviez. Bongo le disait : « la France sans l’Afrique, c’est une voiture sans carburant » :
- des entreprises sans marchés captifs, obligées de s’affronter à d’autres du vaste monde !
- une diplomatie française devant se passer du vote de ses satellites africains pour peser proportionnellement à son dynamisme économique échevelé, sa puissance militaire de tout premier plan, son rayonnement culturel subventionné ! Je tremble.
Non, la Françafrique, c’est loin d’être terminée ; elle est juste en train de muer : les anciens dictateurs piochés par Foccart dans la soldatesque coloniale (Eyadema, Bongo etc.) sont juste en train d’être remplacés par leur progéniture appuyées un peu plus discrètement par des pseudo-privés (Debbasch, Montoya etc. : le paradigme Denard)...
La Françafrique, des pans entiers de notre pays en est dépendant, accro, c’est précisément une toxicomanie, dont nous sommes incapables de nous sevrés. Ce cordon ombilical, seuls les peuples africains sauront le couper et « à la hache » comme disait Sankara. Alors, nous perdrions beaucoup ; et jusqu’à notre langue (car dans une économie de la connaissance irriguée par l’Internet, les élites africaines considereront vite que le français est un handicap pour eux relativement à l’anglais (plus de 80% du Web)
Comme disait Bourdieu, « l’opinion publique n’existe pas ». Personne ne se lève le matin en faisant la revue de tous les sujets et son opinion y afférent. Dès lors que notre opinion semble sollicitée de quelque manière, nous nous alignons sur l’opinion qui paraît dominante ; surtout si elle semble portée par des groupes de référence bien sous tous rapports.
Réfléchir, c’est coûteux ; l’état normal de notre activité cognitive est la sous-activation : la « mindlessness » ; moins nous pensons, mieux nous nous portons. Surtout si ce faisant nous nous en remettons aux « nobles » idées, bien politiquement correctes, et qui nous tiennent bien au chaud dans le troupeau.
Le formatage intellectuel a donc encore de très beaux jours devant lui ; pour tout dire l’éternité... tant qu’il y aura des hommes. Mais bon comme disait Brassens
« quand les cons sont braves,
comme toi, comme moi, comme nous, comme vous
ce n’est pas très grave,
qu’ils commettent, se permettent des bêtises, des sotises
Bel article.... Darwin se fût volontiers tenu à l’écart de ceci.
En somme, nos socialistes ne connaissent pas la société... ce qui est bien grave pour des socialistes ! Peut-être est-ce parce qu’ils sont trop bien adaptés à eux-mêmes, au champ de leur propre bataille interne.
A bien y regarder, les socialistes n’ont pas besoin des Français... ils ont assez de ressources tous autant qu’ils sont, ils ont assez d’intérêts tous autant qu’ils sont ; ne serait-ce que pour leur jeu entre eux ; ils sont pris, ils travaillent beaucoup, ils s’épuisent... à lutter les uns contre les autres... Pendant plus de 10 ans, ils se sont épuisés à ne surtout pas bouger ; embusqués, chacun attendant de pouvoir doubler ses adversaires au finish. Outsider, peu attendue, Royal a coiffé tout le monde au poteau. Depuis les présidentielles, le PS n’a plus qu’un programme : neutraliser Royal , pas bouger jusqu’à ce que les choses se jouent entre Fabius et DSK (quand il aura jugé qu’il est temps pour son grand retour). Duel arbitrées, voire tranchées, par Aubry... pourquoi pas.
C’est dire combien les Français sont le cadet des soucis des socialistes.
Les seuls à avoir besoin des socialistes, ce sont les Français... mais ils repasseront ; sauf à y aller se servir.
Et encore M Tsakadi, est en dessous de la vérité : ces relations ne se résument pas à des relations avec les partis et le personnel politique français. Elles ont un arrière plan institutionnel, militaire, dramatique pour les populations africaines : la défense militaire de ces potentats contre leurs peuples par notre armée directement (Togo, Tchad etc.)ou via la « l’insgtruction » de la soldatesque qui massacre ces populations.
Pour dire les choses sans langue de bois : nos « anciennes » colonies sont pour notre pays ce que Hitler voulait pour l’Allemagne : une « lebensraum » ; ce que les pays européens seraient devenus si Hitler avait gagné sa guerre « coloniale » contre nous. Il en va ainsi, ce que nous n’avons pas voulu pour nous ; il ne nous dérange pas de l’imposer aux autres. Il ne reste plus aux peuples africains qu’à monter leur Résistance contre notre pays