oh, bien sûr que non ! les Français ont juste un "sentiment de chute de confiance" , "dans les faits", ils sont confiants et pètent la forme... à l’insu de leur plein gré.
En matière de Science (ce qu’est censée être l’histoire) le bon indicateur n’est pas le nombre de bouquins fourgués à la ménagère de 50 ans, mais la reconnaissance des pairs reflétée par exemple par les citations, la référence qu’ils font à vos travaux...
A cette aune, M. Gallo n’EXISTE PAS pour la communauté des autres historiens du monde... Autre indicateur indirect : les historiens-chercheurs écrivent la plupart du temps des articles et rarement des bouquins... ils pissent très peu souvent des "histoires romancées" ou des "romans historiques"...
Sérieusement il vaut mieux oublier ce type de guignols, qui font honte à la France.
Pour ce qui me concerne, des aspects moins internalistes, plus macroéconomiques du problème, m’interpellent :
suivant des statistiques assez récentes (quelques années) : environ 35 % de la population française est titulaire d’un Bac+3 ; contre 50% pour la moyenne européenne et 70% et plus dans les pays scandinaves. Certes, pour diverses raisons, des diplômés Bac+5, voire post-docs, sont méprisés par notre système économique et se retrouvent dans des situations indignes. Pour autant, on ne peut considérer que la France dispose de TROP de diplômés : elle en a beaucoup moins que la plupart des pays de l’OCDE
Sans entrer dans les détails, il est entendu que la mondialisation impose aux vieux pays développés "d’élever" au plus vite leur économie vers une "économie de la connaissance" ; celle justement qui requiert qu’on investisse massivement dans l’université, dans la RECHERCHE, dans un capital humain hautement diplômé. Suivant la division du travail, optimiste, que les économistes occidentaux ont à l’esprit, la Chine, l’Inde, le Brésil, la Corée... sont censés rester quelques temps encore les usines, (les bras), du monde ; pendant que nous, nous nous efforcerions d’en rester les "cerveaux". Seulement, nous ne nous efforçons pas beaucoup ; et ces "salauds" d’ex-pays-pauvres ne veulent pas rester bien sagement à leur place : tous les ans, l’Inde forme des centaines de milliers d’ingénieurs ; le budget de recherche de la Chine rivalise avec celui des USA ! Manifestement, ils ne veulent pas seulement être les "usines du monde", ils en deviennent aussi les "laboratoires" ! Pendant ce temps, les universités françaises passent pour des fossiles d’un autre temps ; la lie du classement mondial des universités.
Sur ces seules bases déjà, je me demande si la meilleure utilisation que nous puissions faire de nos Bac+5, c’est de les envoyer enseigner à "Lire, écrire et compter" en primaire ou ânoner des rudiments de physique au Lycée. Pour enseigner la Physique en classe de terminal, a-t-on vraiment besoin d’avoir fait un Master2 de Physique ? Quand on a un Master2 de Physique, ne serait-on pas plus utile aidé à muscler la R&D d’une PME ?
J’en viens à me demander si cette "masterisation" procède d’autre chose que de l’obsession de M Sarkozy pour le "bling-bling", le tape-à-l’oeil, l’épate... Lui faut-il une commission pour travailler sur des indicateurs ? il faut qu’elle soit composée de Prix-Nobels ; lui faut-il ceci ou cela, ? il faut que ce soit le "meilleur du monde" ; lui faut-il des professeurs, pour former les petits Français ? il faut que ce soit les plus diplômés !
Il ne lui vient manifestement jamais à l’esprit de penser les choses en termes de "juste nécessaire et suffisant"... il faut toujours qu’il en fasse trop !