Cela dit, il est bien certain que le discours de Mélenchon ne s’adresse ni à vous ni à moi, mais uniquement aux sots sans grande instruction qui votent habituellement pour l’extrême gauche. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut sous-estimer l’utilité de Mélenchon sur la scène politique. Car à l’instar de Sarkozy, Mélenchon n’hésite pas à s’adresser aux extrêmes, à leur tenir les discours populistes et bébêtes qu’ils ont envie d’entendre ceci afin de les arracher au vote stérile d’extrême gauche. Au final, les électeurs en question devraient venir grossir le nombre des sociaux-libéraux du PS et participer au maintien d’une ligne économique libérale. Bref l’homme à son utilité, mais il n’aurait besoin ni d’une socialiste ni d’un ultra-libéral de l’UMP dans ses rangs. Nous y sentirions le souffre...
L’argent achète tout, en effet et en l’occurrence, ce que je vous disais, c’est que je compte sur lui pour acheter la paix et la soumission de mes semblables à un monde où l’individu est le seul maître de son destin, car le marché, lui, n’a pas d’âme ni de volonté propre qui puisse s’opposer à la nôtre. Le marché est juste une force de la nature avec laquelle nous composons. Et je dois dire que cette conception du monde m’est plus agréable que celle où un petit groupe d’hommes, au nom de leur morale, entendent décider pour moi de ce que devrait être ou non le monde.
Du reste, nos opposants ne sont pas aussi nombreux que vous le dites et de moins en moins dirais-je même. A vrai dire, la seule chose par laquelle les anti-libéraux croissent ces temps-ci, c’est par leur agressivité. Plus ils réalisent l’indéfectibilité de l’essor libéral, plus ils se déchaînent, un peu comme ses étoiles qui au soir de leur existence libèrent d’un coup tout ce qui leur reste d’énergie. Mais si brillante soit la supernova, le fait est que ça n’est jamais rien d’autre qu’une étoile sans avenir et qui crève. N’est-ce pas ?!
Michéa raconte n’importe quoi. Moi je suis libéral et je sais pourquoi je le suis :
Je ne peux pas supporter l’idée qu’un individu ou groupe d’individus puissent décider en mon nom de ce qui est bien ou mal, de ce que doit être le monde ou ne le doit pas. Et c’est pourquoi je préfère m’en remettre à cette entité indéfinissable qu’est le marché pour décider de ce qui sera ou non car avec le marché et ses lois implacables, j’ai le sentiment que personne n’a réellement le pouvoir de décider de mon avenir, sinon moi-même et cette vague main invisible en laquelle tout libéral met presque religieusement sa confiance. Je crois que vous ne pouvez pas comprendre la foi dans le libéralisme sans appréhender la puissance de ce désir de préserver notre liberté qui nous étreint.
Quand j’entends des gens me dire que le marché est une machine aveugle et sans conscience, loin de me faire peur, cela me rassure. Je suis heureux de savoir que personne en particulier n’a la capacité de diriger le monde et de m’imposer ses choix de vie. Et, parce que je sais que les impératifs économiques s’imposeront toujours aux hommes sur toute autre considération, même religieuse, j’ai la certitude rassurante qu’il me suffit de défendre le libre cours de la vie économique pour garantir la préservation de ma liberté.
En effet, certains s’affolent par exemple de la progression de la population musulmane en France et des dangers que l’islam ferait selon eux courir à notre liberté. Mais moi ça ne m’affole pas car je sais que si l’on peut garantir à la majorité des musulmans, comme aux autres citoyens, une maison, une voiture, ainsi que des vacances ou des études à payer à leurs enfants alors forcément, au moment de voter, les impératifs économiques s’imposeront à eux au-delà de toute autre considération. Et pour préserver leur petit monde, ces gens n’auront jamais d’autre choix que de se prosterner avec moi devant le Seul et l’Unique dieu marché. Et jamais ils ne menaceront ma liberté, ils participeront au contraire par leur nombre à rendre la puissance d’entraînement de la machine encore plus implacable .
Les Français qui ont un emploi auront toujours bien trop à perdre pour tenter l’expérience hasardeuse du FN ou du NPA au pouvoir.
De ce fait, je crois que l’on peut légitimement penser qu’il n’existera jamais aucun danger de voir un parti extrémiste de droite ou de gauche arriver au pouvoir tant que nous n’aurons pas à traverser une crise économique suffisamment grave pour jeter dans la précarité et je dirais même dans la désespérance, une majorité de Français.
Cela les communistes l’on compris depuis longtemps et c’est pourquoi ils appellent tous de leurs vœux cette apocalypse économique.