Eh bien, rajoutons-en. Il y a des années de cela je lisais (peut-être dans le magazine de vol de la compagnie aérienne SAS, version anglaise ou danoise, difficile de me souvenir) une longue interview du président du comité du Prix Nobel à l’époque. A la question du journaliste, « Est-il arrivé que quelqu’un refuse le Nobel ? », il répondit sans citer de nom que oui, c’était arrivé une seule fois, mais que quelques années plus tard, la personne en question, en manque d’argent, était venue en réclamer le montant. Le comité, bien évidemment, l’avait envoyée se faire paître. Or, sachant que Sartre avait refusé le Nobel...
Et tant qu’on y est, n’oublions pas Bianca Lamblin, qui toute jeune encore, se faisait manipuler plus littéralement que littérairement, faut-il préciser, par M. J.-S. Partre et Mme de Beaubavoir.
Il y a plus bien simple : suffirait de respecter les traditions et d’envahir la Pologne pour en faire une colonie française. C’est en tous cas la manière dont on avait procédé en 1827, lorsque le Dey d’Alger s’était énervé et avait réclamé le remboursement d’une dette contractée par le Directoire.
Sincèrement désolé, j’étais tout à fait ailleurs il y a 21 ans, et pas du tout en francophonie. N’empêche que le contraste ces dernières années est énorme d’un côté et de l’autre des Alpes – la répression sanglante des manifs, les arrestations, les passages à tabac, les condamnations sont à peine mentionnées dans la presse française en général (au contraire des répressions de manifs, etc. dans d’autres coins de la planète qui sont utiles aux atlantistes de service). Donc, de nouveau, bravo.
Bravo, merci. Vu de mon côté des Alpes, et vue l’ampleur de la résistance populaire à ce projet dément, ça fait des années que je m’étonne du peu de réactions qu’il suscite en France. Ainsi, il y a quelques mois encore, le site Rue89, qui, qu’on le veuille ou non, était encore une référence avant de se faire bouffer, n’avait jamais touché au sujet.
Il est vrai que les formes de centralisme qui sont jugées acceptable par les Français, monarchiques et républicains dans la même gamelle, sont encore très peu appréciées dans certains recoins des montagnes italiennes, où pour des tas de gens, la terre (leur lopin), c’est encore la survie. Peut-être M. Léo devrait-il se (re)faire une « sagesse » et passer quelques mois dans le val de Suse. Il y apprendrait par exemple que ça fait plus de deux décennies que dure l’opposition des gens du lieu, désormais rejoints par des franges de la population de toute l’Italie que sous d’autres latitudes on dénommerait « Occupy ». Pas quelque chose qu’on liquide avec quelques tours de passe-passe rhéthoriques, donc.
Je suis depuis toujours contre les armes, n’en possède pas et n’en ai jamais eues. Contre la violence, la chasse, les guerres, et tout ce qui de près ou de loin a à voir avec tout ça. Je serais – peut-être – prêt à mourir pour mes principes en la matière.
Et pourtant. La vie et les principes ne s’harmonisent pas toujours. Un de mes bons amis était petit bijoutier dans sa petite ville, pas rupin du tout, pas grande gueule, gentil et doux, un plaisir d’homme et de père de famille, quoi. Je dis « était » parce qu’un beau matin, il y a une dizaine d’années, on l’a retrouvé descendu dans l’arrière-boutique. Aucun témoin. Plusieurs mois plus tard, on a arrêté le coupable, un type qui essayait de braquer une banque avec un pistolet que les analyses ont fait remonter au meurtre de mon ami. Mais ce qui s’était passé entre lui et mon ami, personne ne l’a jamais su : perdu dans des délires psychopatiques, il a toujours refusé de parler, et quelques mois après sa condamnation on l’a enfermé à perpette dans un établissement à haute sécurité, car il constituait une menace pour les gardes et les codétenus.
Alors, qu’aurait fait mon ami s’il avait eu une arme, et s’il avait su s’en servir ? Et que lui aurais-je dit si c’est lui qui avait abattu l’assaillant ? C’est pas toujours facile, la vie.